Exposition Raoul Dufy à Sète : une vision personnelle de la grande bleue

Le grand arbre à Sainte Maxime, 1942

Dites à ceux qui se sont levés du pied gauche, qui se liquéfient dans les bouchons ou qui en ont simplement marre du sable, que l’on trouve avec l’exposition du musée Paul Valéry Dufy en Méditerranée une heureuse occasion de dissiper leur maussade humeur. D’abord fuir les plages bondées et les fruits jamais mûrs de la grande distribution, puis sortir des embouteillages en prenant de la hauteur. L’escale cimetière marin n’est pas obligatoire, mais nous la conseillons. En été ce sas de décompression n’a rien à envier aux activités réputées relaxantes des complexes nautiques, érotiques et ludico-commerciaux. Perché sur le Mont St Clair, le musée vient de rouvrir après une réorganisation muséographique, apprend-on sur place. L’architecture extérieure style Le Corbusier n’est pas une perle d’esthétisme, mais l’espace intérieur offre de beaux volumes.

Evidemment, par ces temps où les œuvres sont asservies partout pour valoriser la richesse patrimoniale locale, la vigilance légitime des amateurs s’éveille. Quelle est la pertinence thématique des expositions qui leur sont proposées à grand renfort de communication institutionnelle. Sans aller jusqu’à s’interroger sur celle des investissements publics en matière de création, rien n’empêche les néophytes de fonder leur jugement en se détournant des présentations expertes. Après tout, pourquoi se laisser bercer par les discours insensés d’une époque où tout et son contraire sont justifiables ?

Ce qui est génial chez Dufy, c’est la spontanéité de son expression. Cet artiste a le don de rendre sa peinture accessible sans jamais céder à la facilité. Il doit peut-être cela à ses origines modestes. C’est un type qui a fait les beaux-arts en suivant les cours du soir. Après avoir acquis une certaine reconnaissance, il crée une petite entreprise d’imagerie. Un artiste engagé aussi. En 1915, il diffuse des gravures de propagande patriotique et réalise des dessins pour la revue Le mot dirigé par Jean Cocteau. Mais cela ne l’empêche pas de s’engager comme volontaire.

Vénus à la coquille, 1925-1930

Vénus à la coquille, 1925-1930

L’expo réunit une soixantaine de ses œuvres, peintures, aquarelles et gouaches provenant de nombreuses collections publiques et privées. Il fait frais dans le musée. Les œuvres s’étalent dans un vaste espace. On se demande toujours en quoi la Méditerranée a bien pu influer cet artiste normand jusqu’à ce qu’on tombe sur ses toiles du marché de Marseille. Là, l’interrogation s’estompe assez vite. Face aux légumes, aux étoffes des robes, à la foule qui s’anime. On ressent le poids des personnages, le monde populaire qui se protègent de la chaleur sous les parasols des commerçants et les stores des terrasses. En début d’après-midi, après la fermeture, une senteur poissonnière passe dans la fraîcheur du marché couvert. Dufy a peint ces toiles en 1903. L’année où il présenta pour la première fois ses œuvres au Salon des Indépendants et où il découvre le Sud de la France, lors d’un séjour à Martigues. Il est resté fasciné par la lumière du Midi.

dufy-atelier

Dufy dans son atelier de Forcalquier, 1952

Cet artiste devait être un type bien. Il a poursuivi toute sa vie (1877-1953) une recherche avant-gardiste et personnelle. Sur l’autoportrait qu’il fait en 1904, il a les traits tirés. Il doit manquer de sommeil. Il est dans son temps et en même temps dans l’avenir. D’abord impressionniste, il passe au fauvisme sous l’influence de Matisse qui libère un peu plus son expression. Comme tous ses contemporains, il se prend un flash Cézanne. On discerne l’influence cézannienne dans plusieurs de ses toiles. Mais l’attention que Dufy porte à l’architecture spatiale, conserve un je-ne-sais-quoi du déséquilibre qui lui est propre. Son exigence le conduira à définir son propre langage plastique. Un langage aérien qui s’est nourri de la lumière méditerranéenne. A travers les œuvres présentées, réalisées en Italie, en Espagne, au Maroc, en Algérie, l’expo montre qu’il a beaucoup voyagé. Dufy recherche et capte l’éphémère. En regardant une petite fille qui court sur le quai de Honfleur, il comprend que l’esprit enregistre plus vite la couleur que les contours. A partir de ce moment, il va dissocier les couleurs et le dessin. Ce qui participe à son style avec le mouvement, les superpositions, la multiplicité des sollicitations. Dufy est un poète du trait et de la lumière. Allez-y les yeux ouverts !

Jean-Marie Dinh

Dufy en Méditerranée Musée Paul Valéry A Sète jusqu’au 31 octobre 2010.

Voir aussi : Rubrique Exposition

Jean-Marie Besset donne le change

jean-marie-besset1

La présentation de la prochaine saison du CDN modifie le cap. Le nouveau directeur dramaturge présente son parti pris pour les auteurs français et vivants.

Jean-Marie Besset a pris les rênes du Centre dramatique national cet hiver. La saison 2010/2011, présentée récemment à Grammont, donne donc le la de la nouvelle direction après les années Fall. L’annonce de cette nomination a fait l’objet d’un consensus entre le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et le Président de Région Georges Frêche. Elle est à l’origine d’une polémique dont le fait majeur concerne la procédure même de nomination, cousue d’indélicatesses monarchiques. A ce propos, Jean-Marie Besset, qui campe sur une posture artistique, évoque une arrivée sous la pluie et souhaite qu’on le juge sur son travail.

La programmation artistique est celle d’un dramaturge auteur d’une vingtaine de pièces. Deux d’entre elles, mises en scène par Gilbert Desveaux, le directeur adjoint, sont à l’affiche. Elles permettront de découvrir son travail. RER, créé en 2006, ouvrira la saison. Une pièce d’aujourd’hui qui aborde la « victimisation » et le mensonge comme vecteur de vérité. Elle s’inspire d’un fait divers. Celui d’une jeune fille d’origine juive dont les déclarations avaient provoqué l’émoi de la classe politique jusqu’au sommet de l’Etat, avant que la victime ne déclare que cette histoire relevait de son imagination. Perthus, créé au Théâtre du Rond point en 2008, s’attache à la relation homosexuelle de deux adolescents, et particulièrement à l’amitié qui se noue entre leurs mères respectives, avec en creux, la problématique des jeunes garçons aux pères tus.

La charpente générale de la saison repose sur des auteurs vivants de langue française (Philippe Minyana, Pierre Notte, Florian Parra, Rayhana…). Côté répertoire, on attend La coupe et les lèvres de Musset, Le Platonov de l’Héraultais Nicolas Oton et Nicomède & Suréna de Corneille. Sous le titre de l’édito du directeur, intitulé Tintin en Amérique, se distingue un goût certain pour l’écriture contemporaine anglo-saxonne qui s’exprimera avec Harper Regan, du jeune dramaturge britannique Simon Stephens, Parlez-moi d’amour mise en scène par Jacques Lasalle d’après Raymond Carver et Break your Leg de Marc Lainé, qui s’attaque aux figures de la culture populaire US. A l’instar de cette histoire qui commence, Il faut je ne veux pas, création unissant les mots de Musset et ceux de Besset autour de l’union au sein du couple, devrait nous éclairer sur la nature du mariage. De cœur ou de raison ?

Jean-Marie Besset : « Moi c’est l’art qui m’intéresse »

Revenons sur les conditions difficiles de votre arrivée. Comment en analysez-vous les aspects ?


« Je l’ai dit, je l’ai mal vécu. Car pour moi le théâtre a toujours été un lieu de liberté, un refuge contre ma famille, la société… De voir une corporation de metteurs en scène se retourner contre moi m’a profondément touché. Je crois que cela est d’abord lié à une méconnaissance. Ces gens n’ont jamais vu mon travail. Ils fondent leur jugement sur des ouï-dire. Au-delà de la dimension artistique, je suis diplômé de L’ESSEC, l’administration d’un CDN ne me pose aucune difficulté. Enfin, je pense qu’il y a une part d’homophobie. Au moment de ma nomination nous étions en pleine polémique sur l’affaire Polanski. On avait extrait du contexte des textes de Frédéric Mitterrand, qui prenait sa défense, pour le faire passer pour un pédophile. C’est devenu l’affaire Mitterrand et dans la foulée on m’a fait le procès d’être un pédé de droite. C’est tout bonnement infâme.

Reste la question politique : le ministre de la Culture n’a pas pris la défense de Marie NDiaye face à la sortie de Raoult sur le devoir de réserve des écrivains…

Je considère Marie NDiaye comme un grand auteur mais quand elle parle de France monstrueuse de Sarkozy, c’est un peu excessif.

Quelle image vous faites-vous de la composition du public des Treize Vents ? Souhaitez-vous l’élargir ?

Nous venons de vendre 4 000 places en six heures de temps. Cela représente à peu près 10% de notre jauge annuelle. C’est plutôt un bon début. Je crois que l’essentiel du public se compose d’enseignants et d’enseignés. Je souhaite aller vers davantage de mixité et toucher des publics qui ne se déplacent plus : les pharmaciens, les médecins, et aussi les gens qui travaillent dans les administrations.

Dans le triptyque auteurs, metteurs en scène, acteurs, vous misez sur le texte. Comment défendre le sens et l’imaginaire face au phénomène pesant de l’industrialisation culturelle ?

Je mets le triptyque à égalité sur ses trois pieds. Trop souvent la table est bancale. Le metteur en scène est apparu à la fin du XIXe. En cent ans, il a pris tout le pouvoir dans le théâtre de la République. C’est paradoxalement au moment où s’est développé le cinéma d’auteur que l’auteur de théâtre disparaît au profit de textes non théâtraux ou de recherche sur les classiques. En misant sur les auteurs, je compte infléchir cette tendance à partir de Montpellier. Cela se fait ailleurs comme au Théâtre du Rond-Point, mais demeure très marginal.

Votre engagement en faveur des auteurs français vous conduira-t-il à organiser un match Corneille / Shakespeare ?

J’observe un certain mépris du théâtre français chez beaucoup de programmateurs qui s’enthousiasment pour le moindre auteur étranger. Hormis Yasmina Reiza, très peu de pièces françaises contemporaines sont données à l’étranger. Cela passe aussi par le soin apporté à la traduction. La langue de Corneille comme celle de Shakespeare en Angleterre, sont des textes qui sont restés dans leur jus et restent assez peu faciles d’accès.

Que vous inspire la phrase de Godard : La culture c’est la norme, l’art c’est l’exception ?

Moi c’est l’art qui m’intéresse, ce n’est pas la culture. Je suis très heureux de faire du théâtre. Je n’ai pas écrit depuis six mois et ça commence à me manquer. »

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Voir aussi : rubrique politique culturelle , CDN Montpellier: “Le fait du prince”, Besset frondeur insoumis,

L’Arena sans fausse note

larena

Tout est parfaitement réglé comme sur du papier à musique. Un concert géant d’Indochine dans une salle high-tech impressionnante située au cœur du parc des expositions de Montpellier. Les 11 000 personnes présentent au concert vont certainement vivre un moment d’exception. Grâce à la Région et à l’Agglo de Montpellier, l’Arena est entrée dans l’histoire, lit-on sur les affiches. Tout se passe selon la volonté visionnaire d’un grand homme au service de l’aménagement du territoire.

On peut reprocher au président de région Georges Frêche d’aller un peu vite en investissant en pleine crise 68 millions d’euros dans cette infrastructure d’exception, mais pas d’être lucide. « Derrière le rideau qui va s’ouvrir sur ces spectacles, c’est d’abord d’économie dont il s’agit. » Les spectateurs qui vont débourser entre 47 et 52 euros pour voir Shakira de loin en novembre en savent quelque chose.

L’émergence de cette grande salle multifonction recouvre un très grand nombre de réalités, en termes de spectacles et d’événements sportifs dont il est encore trop tôt pour évaluer la rentabilité. Mais elle participe complètement à une organisation commerciale du divertissement où le spectacle s’insère dans la mise en place d’une économie libérale. Là encore, on peut décider de s’orienter vers cette nouvelle forme de spectacle où la logique économique et le progrès technique prédominent sur la proposition artistique, mais sans affirmer que c’est une évolution irrémédiable.

On sait depuis Debord en quoi le spectacle participe à la construction des imaginaires sociaux. Favoriser ce type de diffusion par rapport à un autre n’est pas un choix neutre, surtout quand on prévoit dans un même temps de réduire les moyens de la création artistique et des clubs sportifs.

Bref, tant que la culture visuelle de masse se développe, on pourra toujours surfer sur l’enthousiasme que l’on inspire aux foules. L’Arena a été conçue pour éblouir et drainer des dizaines de milliers de personnes autour de spectacles gigantesques. On est dans une dimension de la représentation où l’on migre d’un genre à l’autre tout en restant dans le domaine des loisirs un peu comme pour la clientèle des grands magasins. On peut y voir un nouvel espace de fascination ou un vaste capharnaüm. Mais n’oublions pas notre capacité à faire des choix.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique politique culturelle, visions croisées sur l’enjeu de la culture, rubrique musique, Indochine fin prêt pour l’Arena live,

Indochine fin prêt pour l’Arena live

indochine

Nicola Sirkis séduit ou agace en cultivant un esprit rebelle bien sage. Photo Laurent Boutonnet.

Après avoir décroché la lune à Bercy devant 80 000 personnes venues assister à son concert en juin, le groupe français Indochine récidive ce soir à Montpellier dans la nouvelle salle Arena de 14 000 places fraîchement inaugurée vendredi. Pour répondre à la demande des fans, le Meteor Tour devrait s’achever après deux ans et demi de tournée à la fin du mois à Bercy. Hier, les plus mordus avait déjà lancé leurs tentes « minute » devant le parvis de l’Arena. « On les a fait rentrer pour la balance », précise le leader du groupe culte Nicola Sirkis qui semble ravi d’inaugurer la nouvelle salle. « Elle a été conçue avec une bonne acoustique mais c’est le premier concert, et on peut prendre le temps de travailler dans le confort. On est très pointilleux sur la qualité de nos concerts.

A 51 ans, Nicola Sirkis apparaît à l’image de son groupe. Il séduit ou agace en cultivant un esprit rebelle bien sage. « On n’est mal placés pour se prononcer sur les retraites. Pour moi, le non-engagement est une question de décence. Mais je pense que les gens ont raison de défendre leurs droits.» Dans la chanson Play boy du dernier album d’Indochine *  Nicola s’est un peu lâché : « Moi j’ai du mal avec les artistes, surtout les Français qui habitent en Suisse. » dit le texte. Le chanteur confirme : « Quant on gagne de l’argent grâce au public qui vient vous voir, c’est normal de ne pas se délocaliser fiscalement. Payer ses impôts en France permet de redistribuer de l’argent dans les services publics. » Mais de manière générale, la thématique des textes de l’album tourne surtout autour de l’absence et la rupture amoureuse. Nicola Sirkis dit avoir été inspiré par « les générations sacrifiées par le pouvoir d’une petite poignée d’hommes. » Pour écrire les chansons, il a notamment consulté la correspondance amoureuse de poilus de la première guerre mondiale.

Le groupe Indochine compte trente ans de carrière. Formé en 1981, il est issue du courant New wave qui émerge outre-Manche. Le groupe commence sur scène en faisant la première partie de Depeche Mode ou encore du groupe français de Daniel Darc Taxi Girl. Plus gentil et moins sombre, Indochine se taille un franc succès dans les années 80. Puis traverse le creux d’une longue vague durant les années 90 avant de renouer avec les paillettes en 2002 avec la sortie de l’album Paradize, et de Alice et June en 2005. C’est aujourd’hui le seul groupe français à pouvoir remplir Bercy. Un succès que Nicola ne semble pas s’expliquer. « Je m’efforce d’entretenir une vraie relation avec notre public. Ce qui m’émeut le plus c’est de toucher toutes les tranches d’âge. »

La république des Meteors est le onzième album d’Indochine. Il s’inscrit dans la droite lignée de ce groupe à succès. Rock exotique et acidulé aux paroles juvéniles qui traverse les générations. Mais ce qui se passe sur scène est une autre histoire…

Jean-Marie Dinh

* La république des Meteors

Voir aussi : Rubrique musique, rubrique société, L’Arena sans fausse note,

L’UE critique l’expulsion des Roms

expulsion-rom

La Commission européenne a exprimé dans un document interne, des doutes concernant la légalité de la décision prise par la France de reconduire à la frontière des Roms originaires de Bulgarie et de Roumanie. Les commentateurs font l’éloge de la critique de Bruxelles à l’égard de l’initiative française mais regrettent que la réaction de l’UE soit trop hésitante.

Frankfurter Rundschau – Allemagne

Le comportement indigne de l’UE

L’UE réagit avec beaucoup trop d’hésitation aux expulsions de Roms par la France, écrit le quotidien de centre-gauche Frankfurter Rundschau : « La Commission de l’UE à Bruxelles a la réputation douteuse d’éviter régulièrement d’entrer en conflit avec les Etats membres. C’est particulièrement vrai lorsque les Etats sont grands et puissants. Pourtant cette autorité pourrait se positionner avec assurance contre ces gouvernements. Si seulement elle osait le faire. Mais elle n’ose pas, comme les expulsions massives de Roms hors de France le montrent. Le comportement de la Commission est indigne. Elle nourrit de grandes réserves à l’encontre de l’initiative du gouvernement français de Nicolas Sarkozy mais elle ne les exprime pas de manière offensive. Et Barroso, le chef de la commission, se tait. » (03.09.2010)

Le Jeudi – Luxembourg

La France salit les droits humains

La politique française à l’égard des Roms est intolérante et rappelle des temps révolus, critique l’hebdomadaire Le Jeudi : « En quelques mois, pour des raisons bassement politiques, les dirigeants actuels de notre voisin, la France, ont fait de leur pays une tache de honte sur la carte universelle des droits humains. A tel point que même le pape s’en est ému. … Pour remettre à flot un président qui, si les Français votaient aujourd’hui, serait largement battu par tous les ténors de l’opposition socialiste, les conseillers de l’Elysée n’ont trouvé d’autre parade que d’aller brouter intensément sur les terres de l’intolérance. Et de brandir deux menaces dignes de ces temps où appartenir à un peuple était suffisant pour être envoyé dans un camp de la mort : la stigmatisation d’un peuple, en l’occurrence des Roms, et la déchéance de la nationalité française. » (02.09.2010)

Dagens Nyheter – Suède

La Suède doit balayer devant sa propre porte

La ministre suédoise déléguée aux Affaires européennes, Birgitta Ohlsson, a vivement critiqué la politique française d’expulsion des Roms. Pourtant, l’indignation suscitée par la France peut paraît bien hypocrite car les Suédois sont encore bien plus durs à l’encontre des Roms, estime le quotidien suédois de centre gauche Dagens Nyheter : « Dans sa critique de la politique français, Ohlsson a usé de grands mots. C’est justifié, mais la police française n’expulse même pas les Roms pendant les trois premiers mois. … [Il est] important que la Commission européenne ait commencé à réagir et que les commissaires Cecilia Malmström et Viviane Reding interrogent Paris sur ce qui se passe dans ce pays. Les expulsions de masse en France sont extrêmement regrettables, de même que la politique ignoble menée par la Bulgarie et la Roumanie contre les Roms de leur pays. Toutefois, pour être crédible dans ses critiques, la Suède doit d’abord balayer devant la porte du Rosenbad [siège du gouvernement]. » (03.09.2010)