Gordon Brown expose sa réforme législative et constitutionnelle

gordon_brown_fat-7493811Le Premier ministre britannique Gordon Brown a exposé mardi les prochaines étapes du programme de son gouvernement en matière de réforme législative et constitutionnelle. Dans un discours rendu public par le gouvernement britannique, M. Brown a déclaré qu’il était urgent que les hommes politiques de tous partis rétablissent le contact avec la population et apportent des modifications importantes à la manière de gouverner au niveau national comme au niveau local. Une nouvelle pratique de la politique doit être développée, impliquant la fin du principe d’hérédité au Parlement, l’assurance que chaque membre du Parlement est soutenu par la majorité de ses électeurs, le droit de la population à révoquer les membres du Parlement qui enfreignent les règles, si le Parlement ne prend pas de mesures de lui-même, et la consolidation des progrès réalisés en matière de démocratie locale et de transparence, a-t-il également dit.

Selon ce discours, le programme pour une politique nouvelle s’ articulera autour de deux débats fondamentaux sur la modification de la manière dont le gouvernement distribue les pouvoirs entre les individus, les quartiers, les régions et l’autorité centrale, ainsi que sur la restauration de la légitimité, de la crédibilité et de l’efficacité du Parlement, par le biais d’une réforme de la Chambre des Lords (dont les membres ne sont pas élus), par la rénovation du système électoral pour la Chambre des Communes, et par une vie publique reflétant enfin le dynamisme et la diversité de la Grande-Bretagne. Selon le plan de M. Brown, le système électoral actuel du scrutin uninominal majoritaire à un tour pourrait ainsi être abandonné si le parti Travailliste remporte les élections générales, rapporte la BBC.

Le parti Travailliste avait promis un référendum sur une réforme législative en 1997, dans son prospectus électoral, mais il n’est jamais parvenu au stade de faire voter cette loi. M. Brown appelle à un référendum pour adopter un système de  » vote alternatif », consistant pour les électeurs à classer les candidats par ordre de préférence, mais ces modifications proposées ne seront pas appliquées lors des élections de cette année.Il a également promis d’offrir aux britanniques les meilleurs services de santé.

Xinhua

Obama un an après

Il y un an aujourd’hui, Barack Obama prenait officiellement ses fonctions de président américain. Le monde a placé de grands espoirs dans sa politique et a été déçu, estiment certains commentateurs. D’autres recommandent la patience en ce qui concerne la résolution des problèmes mondiaux. » suite

Extraits des publications suivantes:
Hospodá?ské noviny – République tchèque, Der Standard – Autriche, Delo – Slovénie, La Repubblica – Italie

Hospodá?ské noviny – République tchèque

Au cours de sa première année en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama a considérablement amélioré l’image des Etats-Unis, salue le journal économique Hospodá?ské Noviny. Mais son aspiration au dialogue et aux solutions pacifiques n’a pas rencontré de succès notable : « L’Afghanistan peut devenir le Vietnam d’Obama. Les talibans ont salué sa déclaration malheureuse selon laquelle l’Amérique ne mènerait pas une guerre interminable à tout prix en Afghanistan. Une rhétorique plus sévère à l’égard de la Russie ne serait pas de trop non plus. Obama a offert à Moscou un visage plus pacifique que son prédécesseur. Il n’est malgré tout pas parvenu à négocier jusqu’au bout le traité Start pour un nouveau cycle de désarmement. La Russie se révèle être un partenaire auquel on ne peut pas se fier, même en ce qui concerne la demande d’une pression accrue sur l’Iran. » (20.01.2010)


Der Standard – Autriche

Le président américain s’en est bien sorti au cours de sa première année de mandat, estime le quotidien Der Standard. Mais il ne faudrait tirer un bilan qu’à partir de 2012 : « Lors de ses douze premiers mois de mandat, Obama a dû aussi s’attaquer à des questions impopulaires. La réforme de la santé ou le renforcement des troupes en Afghanistan ont fait partie des sujets difficiles à faire passer, même pour Obama. A cela s’ajoute un ‘enthousiasm gap’, une grande désillusion avec laquelle tout président aurait des difficultés. … Outre la critique systématique d’Obama, la comparaison historique avec d’autres présidents est une discipline très en vogue en ce moment à Washington. Il résulte de tout cela que Ronald Reagan est le seul président à avoir disposé d’une côte plus défavorable que celle d’Obama après un an d’exercice. Le Californien avait obtenu sa réélection en 1984 par une large avance. Rien ne dit qu’Obama ne puisse en faire autant. Car on ne fera pas les comptes après sa première année de mandat, mais bien en 2012 seulement. » (20.01.2010)


Delo – Slovénie

Un an après la prise de fonctions du président américain Barack Obama, les problèmes qu’il avait promis de résoudre pendant sa campagne sont toujours là, écrit le quotidien Delo : « Le système capitaliste américain et sa spéculation financière effrénée, les immenses inégalités sociales, la relation servile de la politique avec les grandes entreprises, le non-respect des droits des travailleurs et la terrible tragi-comédie que l’on qualifie de meilleur système de santé du monde : rien de tout cela n’a changé. Les adversaires d’Obama avaient déjà dit, avant son élection à la présidence, qu’il tenait de bons discours mais qu’il n’y avait aucune garantie que ses propos seraient également suivis par des actes. … Obama fait justement partie d’un système duquel il pourrait seulement tirer les forces surnaturelles d’un Baron de Münchhausen. » (20.01.2010)


La Repubblica – Italie

Après la première année de mandat de Barack Obama, le prix Nobel d’économie Paul Krugman, dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, demande avant tout au président américain une plus grande résistance à ses détracteurs : « Barack Obama ne s’est pas mis à l’abri des critiques de ses opposants. Obama a omis de faire ce qu’avait fait Ronald Reagan au début de son mandat : se préserver de toute critique en expliquant et en rappelant que la responsabilité de ce qui ne fonctionnait pas incombait aux gouvernements précédents. … Quelle qu’en soit la raison, Obama a ainsi toujours toléré que le public oublie très rapidement que les problèmes économiques n’ont pas débuté sous sa présidence. … La seule chose que peut désormais tenter de faire Obama, c’est de présenter les républicains pour ce qu’ils sont : des opposants aux réformes. Les démocrates doivent désormais tout mettre en œuvre pour mener à terme la réforme de la santé. L’adoption de celle-ci ne constituera certes pas leur salut politique, mais son rejet signifierait assurément leur perte. » (20.01.2010)

Voir aussi : Rubrique internationale Ses erreurs vues par Allan Lichtman

Manifeste pour l’indépendance de l’OMS

La controverse sur la gestion, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de la « pandémie » de grippe A(H1N1) jette une lumière crue sur l’action de cette agence de l’ONU. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, sur la proposition du docteur Wolfgang Wodarg, ancien président de la sous-commission de la santé, a décidé de préparer un rapport qui abordera la question d’une éventuelle connivence entre les fabricants de vaccins et certains experts conseillers de l’OMS.

Nous aimerions que ce souci de transparence s’étende à d’autres domaines, et en particulier à ses rapports avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont l’un des objectifs est la promotion du nucléaire civil . En effet, rares sont ceux qui savent que l’OMS et l’AIEA ont signé un accord, le 28 mai 1959 (WHA 12-40), par lequel ces deux agences de l’ONU ne peuvent prendre de position publique qui puisse nuire à l’une ou l’autre.
 
Cet accord peut expliquer la désinformation entretenue par l’OMS à l’égard du nucléaire, notamment sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl. Le communiqué du 5 septembre 2005, cosigné par l’OMS et l’AIEA, est un exemple de cette désinformation quand il donne pour bilan « définitif » de la catastrophe une cinquantaine de morts et environ 4000 décès potentiels des suites d’une radioexposition consécutive à l’accident. Pas un mot sur les quelque 830 000 « liquidateurs » venus de toute l’URSS pour décontaminer le site, et dont la santé est à la charge des États. Or, sur les 364 000 Ukrainiens mobilisés en 1986, 120 487 étaient décédés en 2006.

Rien, non plus, sur la situation sanitaire des enfants au Bélarus : en 2000, selon le vice-ministre de la Santé, seuls 20 % d’entre eux étaient considérés en « bonne santé », alors qu’ils l’étaient à 80 % en 1985.
 
Le dernier communiqué commun de l’OMS et de l’AIEA, daté du 24 avril 2009, implique que les territoires affectés par l’accident ne sont plus dangereux pour les populations, qu’il faut seulement « rassurer par des conseils pratiques » et convaincre « d’un retour à la vie normale »… C’est dans ce contexte que l’institut indépendant Belrad, à Minsk (Bélarus), qui mesure depuis 1990 la radioactivité incorporée chez les enfants et les traite par des cures de pectine pour réduire leur taux de césium 137, s’est vu refuser les subsides qu’il demandait à l’Union européenne au motif suivant : « La thématique de votre projet n’est plus d’actualité. »
 
Or, un ouvrage scientifique, Chernobyl : Consequences of the Catastrophe for People and the Environment, d’Alexei Yablokov, Vassily Nesterenko et Alexei Nesterenko, vient d’être publié, dans sa version anglaise, par l’Académie des sciences de New York. Il présente une synthèse de 5000 études de terrain dans les pays contaminés, qui s’inscrit en faux contre le bilan de l’OMS-AIEA.

Cosmopolis

Voir aussi : Rubrique Santé, rubrique Politique internationale, Fillon mise sur l’aide de tokyo pour défendre le nucléair civil ,  Séisme Japon l’accident nucléaire,

En 2010, les banquiers reprennent leurs mauvaises habitudes

banquierLes banquiers ont repris leurs mauvaises habitudes: celles de décider entre eux ce qui leur semble « juste » pour la finance mondiale. Ainsi ce week-end, banquiers centraux et dirigeants des principales banques privées se sont réunis dans la plus grande discrétion à Bâle. Pour discuter de quoi? Difficile de le savoir exactement, puisque ni la liste des participants, ni l’ordre du jour n’ont été officiellement rendus publics. Les différentes fuites laissent cependant à penser que le gratin de la finance mondiale a passé le week-end dans les locaux de la banque des règlements internationaux (BRI). Jean-Claude Trichet, pour la Banque centrale européenne (BCE) et Ben Bernanke, pour la banque centrale américaine (la FED), étaient bien présents pour discuter avec les dirigeants des principales banques privées mondiales comme Deutsche Bank, Citigroup ou encore HSBC.

L’opacité de cette rencontre interpelle. En tant que parties prenantes, les banques privées doivent être consultées dans le cadre de la réforme de la régulation du système financier. Pourquoi dans ce cas une telle discrétion alors que cette rencontre n’a rien de choquant en soi? Difficile à expliquer. S’il s’agit de rappeler à l’ordre des banques défaillantes dans le contrôle de leurs risques, un rappel individuel confidentiel ou public se justifie. S’il s’agit d’un comportement collectif des banques, discuter de manière confidentielle avec elles ne semble pas d’une grande utilité… Ce ne sont pas les banques privées qui vont défendre des mesures qui viendraient au final diminuer leur rentabilité et par conséquent les salaires de leurs dirigeants ou les dividendes de leurs actionnaires.  Le dialogue entre banquiers privés et régulateurs implique donc une certaine distance. Or, seule la transparence peut garantir aux citoyens et aux décideurs publics le fait que les régulateurs conservent la distance nécessaire vis-à-vis des banques privées. Un enjeu crucial car la faillite de la régulation bancaire actuelle est en partie liée à l’influence trop importante des banques privées dans la définition de leur propre régulation. Les banquiers centraux, en charge de la future règlementation bancaire internationale, doivent donc changer leurs habitudes.

Un enjeu d’autant plus important que les recommandations publiées mi-décembre par le comité de Bâle font actuellement l’objet de consultation et seront très probablement reprises par la Commission européenne. En effet, celle-ci, faute de volonté politique mais aussi de ressources humaines et techniques, s’est contentée jusqu’à présent en matière de régulation bancaire, de reprendre directement les recommandations du comité de Bâle. Quand il s’agira de voter ces futures directives, il est essentiel que le Parlement européen puisse connaître la nature des débats à Bâle afin de juger du niveau de prise en compte du discours du lobby bancaire dans les recommandations émises par les régulateurs mondiaux.

L’audition des nouveaux commissaires européens aura lieu tout au long de cette semaine à Bruxelles. Auditions qui devraient fournir un début de réponse sur la volonté politique du nouveau commissaire en charge du marché intérireur et notamment des services financiers, Michel Barnier, de peser sur les discussions en cours sur la régulation financière. Une affirmation du pouvoir politique nécessaire pour sortir de ces tête-à-tête entre banquiers où les intérêts des banques priment sur les intérêts des citoyens et des entreprises.

Pascal Canfin (blog)

Voir aussi : Rubrique Finance : Kerviel dénonce la Société Générale, La spéculation attaque l’UE par le Sud, Les banquiers reprennent leurs mauvaises habitudes, Le Sénat américain  adopte un paquet de dépense, crise entretien avec Frédéric Lordon,

Rester mesurés face à la menace du terrorisme

scanner-pro-visionSi la menace d’attentats est réelle, certaines réactions n’en restent pas moins controversées. La presse européenne estime que la sécurité absolue n’existe pas, et qu’il ne sert à rien de collecter des données ou de supprimer les droits des citoyens.Extraits des publications suivantes: Der Standard – Autriche, El Mundo – Espagne, New Statesman – Royaume-Uni

Der Standard – Autriche

Qu’apportent des mesures de sécurité renforcées comme les scanners corporels dans les aéroports, se demande Der Standard : « Même si l’on fait preuve de beaucoup de compréhension en faveur des mesures sécuritaires, il est intéressant de considérer les éléments dont ont été amputés nos droits personnels ces dernières années – et le mutisme croissant qui a gagné leurs défenseurs. En 1997, le flicage informatique et les mises sur écoute clandestines étaient encore considérés pratiquement comme des pratiques scandaleuses. Mais après les attentats du 11 septembre s’est progressivement imposée l’idée selon laquelle quelqu’un qui n’a rien à cacher n’a rien à craindre non plus. Qu’apporte cependant le renforcement des mesures de sécurité hormis d’absurdes collectes de données ? Dans le cas du terroriste nigérian intercepté : rien. Ses parents avaient prévenu les autorités, mais celles-ci cherchaient probablement une aiguille dans une botte de foin. » (08.01.2010)

El Mundo – Espagne

La sécurité absolue n’existe pas face au terrorisme, même si l’on supprime tous les droits des citoyens, estime le quotidien conservateur El Mundo : « Si le monde démocratique se transformait en Etat Big-Brother de type orwellien, ce serait une victoire des fondamentalistes musulmans. C’est aux citoyens d’accepter le fait que ni la sécurité absolue ni le risque zéro ne peuvent exister. C’est ce qu’a montré l’expérience très critiquée menée par la police slovaque il y a quelques jours. Celle-ci avait dissimulé secrètement des explosifs dans la valise d’un de ses compatriotes qui avait pris l’avion pour Dublin, sans que ceux-ci ne soient détectés par les nombreux contrôles. Les Etats-Unis comme les Etats de l’UE doivent renforcer leurs mesures en vue de réduire les risques. La seule chose dont on est sûr, c’est qu’elles resteront insuffisantes tant qu’Al-Qaida ne sera pas complètement vaincu. » (08.01.2010)


New Statesman – Royaume-Uni

La peur du terrorisme est irrationnelle et exagérée, estime Mehdi Hasan dans l’hebdomadaire New Statesman. Il serait préférable de garder la tête froide : « Il n’existe aucun scanner, aucune technologie, aucune mesure de sécurité qui nous protège complètement du terrorisme. Le problème du terrorisme ne peut pas non plus être résolu militairement. Ce dont nous avons besoin, c’est de patience, de persévérance et d’un sens de la perspective historique. Lors de mes rencontres avec les ministres et les fonctionnaires [dans le quartier du gouvernement] à Whiteall, je vois souvent des affiches de la Seconde Guerre mondiale derrière les portes, portant la devise : ‘Keep calm and carry on’ [Rester calme et continuer]. Nos dirigeants devraient se montrer suffisamment sages pour suivre ce conseil, peut-être même l’adopter comme résolution de nouvel an. Rester calme. Continuer. » (08.01.2010)