Macron évacue les esclaves de Libye. Enfin, presque…

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Chaque matin du lundi au vendredi, si possible à 9h15 précises, Daniel Schneidermann publie cette chronique sur les dominantes médiatico-numériques du matin. Ou parfois de la veille au soir (n’abusons pas des contraintes). Cette chronique est publiée sur le site indépendant arrêt sur images (financé par les abonnements) puis sur Rue89.

L’essentiel, c’est de nourrir la bête. Nourrir l’ogre médiatique avec des annonces, des réactions, des indignations, n’importe quoi pourvu que ça fasse titre. Ce matin, donc, Macron évacue les migrants esclavagisés en Libye. Vous avez suivi ? CNN, voici quelques jours, a réussi à filmer un marché aux esclaves. Images terrifiantes : c’est un exploit d’une journaliste soudanaise de la chaine, Nima Elbagir.

S’ensuit un « effet Aylan », en mode mineur. Pétition internationale. Mobilisation de Yannick Noah, Alpha Blondy, Omar Sy, Paul Pogba. Comment donc ? Réduits en esclavage ? Alors qu’on les imaginait bronzant tranquillement dans les camps, avec rafraichissements servis par les passeurs. Si on avait pu imaginer ! (En réalité, on pouvait parfaitement imaginer. On savait, comme l’a rappelé la Haute Représentante de l’UE Federica Mogherini à des journalistes en marge du sommet d’Abidjan. Mais il n’y avait pas d’images).

Bref, il faut faire quelque chose. D’urgence, bien entendu. Surtout s’agissant de la France, qui a tout de même créé l’actuel « chaos libyen », comme on dit. Et donc voilà l’idée : on va évacuer les migrants de Libye, annonce ce matin dans ses titres le journal de 8 heures de France Culture.

Ah, parfait. Excellente idée. Mais les évacuer vers où ? Le journal de France Culture note sobrement que « les modalités n’ont pas été précisées ». En effet. Pourquoi s’ennuyer avec les modalités ? C’est ennuyeux, les modalités. C’est compliqué.

25 migrants en France

Renseignements pris, il s’agit d’évacuer les migrants « qui le souhaitent » vers leur pays d’origine. Les mots importants, c’est « qui le souhaitent ». Ainsi tous ceux qui ne le souhaitent pas seront présumés consentants à l’esclavagisation en Libye. Qu’ils ne viennent pas, ensuite, faire les intéressants devant les caméras de CNN, en pleurnichant qu’ils ont investi toutes leurs économies dans le voyage.

D’autant, comme l’a rappelé la veille le même Macron à Ougadougou, au cours d’un stand up facétieux, que ce sont les Africains eux-mêmes qui esclavagisent d’autres Africains. (Je ne veux pas être injuste : Le Monde relevait voici quelques jours que la France montrerait l’exemple, en accueillant… 25 migrants évacués de Libye).

A propos de ces effets d’annonce matinaux, vous vous souvenez du glyphosate (je sais, c’est vieux c’était avant-hier) ? La France, la France seule, après la capitulation allemande, interdira le glyphosate au plus tard dans trois ans. Sonnez hautbois : l’écologie est un combat solitaire. L’ex-ministre de l’écologie Delphine Batho re-tweetait hier soir les toutes dernières lignes d’un article du Monde. Les toutes dernières. Tout en bas. Il faut aller jusqu’au bout de l’article (sauf sur Twitter, où elles sont passés au stabilo). Je vous laisse les lire. Et maintenant, à vous de deviner si elles ont fait les titres des journaux radio.

Lundi la France décide que le #glyphosate sera interdit « au plus tard dans 3 ans », mais le mercredi on nous annonce qu’en fait heu… non ce ne sera pas le cas… ???? pic.twitter.com/gwciBjUP8x

— Delphine Batho (@delphinebatho) November 29, 2017

 Pour lire la chronique sur ASI.

Source : Rue89 30/11/2017

La réponse de Macron sur l’esclavage en Libye
« Qui sont les trafiquants ? Pas des Français ! Ce sont des africains, mon ami » :
http://www.dailymotion.com/video/x6apwzz

M. Macron annonce des « opérations d’évacuation d’urgence » de migrants esclaves en Libye

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De nombreux dirigeants se sont retrouvés mercredi, en marge du sommet Europe-Afrique d’Abidjan, pour évoquer une action « immédiate ».

Le premier succès du sommet réunissant l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) est déjà de s’être ouvert, mercredi 29 novembre, en Côte d’Ivoire. Car la querelle autour de l’invitation faite à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), reconnue par l’UA mais honnie par le Maroc, a failli faire échouer cette rencontre. Finalement, Rabat a mis sa colère en sourdine et le roi du Maroc, Mohammed VI, a fait le déplacement d’Abidjan, une métropole où il a ses habitudes, la capitale d’un pays où son pays investit massivement.

Avec une Afrique retrouvant donc une unité de façade, le sommet était placé sous le thème « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». Il n’a toutefois pas pu se soustraire à l’actualité. D’autant que celle-ci recoupait en partie le sujet de départ : depuis la diffusion par la chaîne américaine CNN d’un reportage montrant des migrants subsahariens vendus comme esclaves en Libye, les dirigeants du continent africain s’indignent, en appellent à une Cour pénale internationale que beaucoup abhorrent en temps normal pour qu’elle se saisisse de ce drame.

La question migratoire a donc bel et bien été le fil conducteur de la rencontre entre près de 80 chefs d’Etat et de gouvernement, qui devait s’achever, jeudi, par une déclaration longuement soupesée, ménageant les deux parties tout en les plaçant chacune devant ses responsabilités : obligation d’assurer un avenir à sa jeunesse pour l’Afrique, de mettre ses pratiques en concordance avec ses discours généreux pour l’UE. Vraie promesse ou faux semblant ?

« Avoir foi en l’avenir »

« Nous devons tout mettre en œuvre pour votre épanouissement sur notre continent ! Je vous invite à avoir foi dans l’avenir et ne pas vous lancer à l’aventure au péril de vos vies », a, en tout cas, déclaré l’hôte du sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara.

Si de jeunes Africains sont jetés sur les routes et tentent de gagner l’Europe en risquant leur vie c’est en raison de « la pauvreté, de la mauvaise gouvernance, du changement climatique », expliquait pour sa part Moussa Faki, le président de la Commission de l’UA. En clair, « des défis communs », « des responsabilités partagées ».

« Ces récentes images atroces nous rappellent l’urgence d’agir. Tous les pays ont le devoir de protéger leurs frontières mais ils doivent le faire dans le respect des droits humains », insistait le Portugais Antonio Gutteres, secrétaire général des Nations unies (ONU). Qui, appuyé par la chancelière allemande Angela Merkel, plaidait pour des canaux de migration « régulière et ordonnée ».

La situation en Libye n’a pas suscité que des commentaires. Elle a été au cœur de plusieurs réunions en marge du sommet. A l’issue de l’une d’elles, où étaient notamment réunis UE, UA, ONU, il a été décidé de mettre en place un groupe d’action censé mieux lutter contre les trafiquants, accélérer les retours de migrants dits économiques vers leur pays d’origine et la réinstallation des réfugiés. Un travail mené en coordination avec les autorités de Tripoli. Le texte évoque aussi l’obligation d’assurer « des opportunités de développement et de stabilité » aux pays d’origine.

« Sur les routes de la nécessité »

En conférence de presse, Emmanuel Macron a expliqué que des migrants seront évacués « en urgence » de Libye et qu’il avait encouragé les états européens à suivre le modèle instauré par la France de sélection des réfugiés, en amont, dans les pays du Sahel avant qu’ils ne s’aventurent « sur les routes de la nécessité ».

Du côté des institutions européennes, on semblait partagé entre le soulagement et une certaine frustration. « L’esclavagisme en Libye existait avant que CNN le découvre, relevait une source à haut niveau, mais tant mieux si l’emballement soudain sur une situation que nous évoquons depuis de nombreux mois permet d’agir. »

Se confiant à quelques journalistes mardi soir, avant l’ouverture du sommet, Federica Mogherini, la Haute Représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, se réjouissait aussi que le monde s’agite mais relevait que des témoignages recueillis auprès de femmes, à Lampedusa (Italie), avaient révélé depuis longtemps des situations comparables à celles révélées par la chaîne américaine. Et ils n’avaient pas suscité beaucoup d’émoi.

Faire davantage

Quoi qu’il en soit, « la Libye a besoin de notre aide à tous les deux, pas d’accusations », indiquait Donald Tusk, coprésident de ce sommet. Plus généralement, le président du Conseil se disait prêt à « faire davantage » pour tenter de résoudre cette question de la migration qui, soulignait-il, « va déterminer une part importante de notre relation dans les
années à venir ».

« Faire », mais aussi payer davantage ? Un Fonds fiduciaire pour l’Afrique est actuellement alimenté à hauteur de quelque 3 milliards d’euros par la Commission mais attend encore 66 des 260 millions promis par les pays membres, clairement sous pression pour aller au-delà de cet engagement puisqu’ils se disent désireux d’agir. Un plan d’investissement – semblable dans son principe au « Plan Juncker » pour l’UE – a quant à lui été approuvé en septembre par le Parlement de Strasbourg. La Commission y consacre 4,1 milliards d’euros et lance un appel au secteur privé pour qu’il atteigne un montant jusqu’à dix fois supérieur.

Le drame de l’esclavagisme en Libye a réveillé les consciences et donné soudain un visage à cette « jeunesse africaine » auquel les dirigeants entendent assurer un avenir. Reste une question : jusqu’où ira leur réel investissement ?

 Cyril Bensimon ) et Jean-Pierre Stroobants

Source : Le Monde.fr avec AFP  29.11.2017

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RDC: «Belgique assassin», quand des Congolais réclament la dépouille de Lumumba

Patrice Lumumba (à droite en chemise blanche) lors de son arrestation avec ses compagnons en décembre 1960 à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Il a été assassiné le 17 janvier 1961. © Photo AFP

Patrice Lumumba (à droite en chemise blanche) lors de son arrestation avec ses compagnons en décembre 1960 à Léopoldville (actuelle Kinshasa). Il a été assassiné le 17 janvier 1961. © Photo AFP

C’est la deuxième fois en deux mois qu’ils descendent dans la rue pour réclamer la restitution par la Belgique du corps de Patrice Lumumba, héros de l’indépendance congolaise assassiné. Début octobre, ils avaient posé un cercueil vide devant la représentation diplomatique belge. Ils ont profité de la visite du ministre belge des Affaires étrangères à Kinshasa pour renouveler le même message.

«J’ai constaté ce matin que toutes les manifestations n’étaient pas interdites», a ironisé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, présent à Kinshasa le 27 novembre pour l’inauguration de la nouvelle ambassade de son pays dans la capitale congolaise.

Aucun officiel congolais n’a fait le déplacement, mais une centaine de manifestants se sont invités à la cérémonie pour réclamer «la justice au sujet de l’assassinat de Patrice Lumumba», héros de l’indépendance congolaise, assassiné en 1961.

«Belgique assassin… Belgique Assassin», scandaient les manifestants. Ils se réclament d’une association congolaise dénommée Lisanga Lumumba.

«On a vu un Belge brandir la dentition de Lumumba à la télévision en affirmant qu’il détient deux dents de Lumumba. Avoir les dents, cela signifie avoir aussi tout le reste du corps. C’est pour cela que nous sommes venus réclamer auprès des Belges le rapatriement du corps de Lumumba. Il a été prouvé que les Belges ont bel et bien assassiné Patrice Lumumba», explique un manifestant à la BBC.

— bbcafrique (@bbcafrique) 27 novembre 2017

Gérard Soete, le «fossoyeur» belge de Lumumba
L’homme dont il est question est un ancien commissaire de la police belge dénommé Gérard Soete. Après avoir gardé le secret durant quarante ans, il avait avoué dans un documentaire diffusé à la télévision, avoir, avec l’aide son frère, découpé à la scie et dissous dans l’acide le corps de Patrice Lumumba.

«Il ne fallait pas que les partisans de Lumumba trouvent une tombe où venir en pèlerinage. Je devais me débrouiller tout seul. Des autorités belges étaient sur place. Elles ne m’ont pas dit de ne rien faire», avait-il précisé, avant de révéler un autre secret. Il avait affirmé avoir gardé en souvenir, des dents arrachées à la mâchoire du leader congolais assassiné.

«Les deux dents de Lumumba? Je les ai longtemps gardées, mais… je les ai jetées dans la mer du Nord, elles sont maintenant à dix milles de la cote. Personne ne les retrouvera plus jamais», avait-il révélé dans une interview à l’AFP le 15 mai 2001

Son témoignage repris dans le film de Michel Noll – Une mort de style colonial, l’assassinat de Patrice Lumumba  avait suscité un tollé à Kinshasa mais aussi en Belgique où une commission d’enquête parlementaire avait été mise en place pour éclaircir l’implication éventuelle des responsables belges dans ce crime. Les conclusions de l’enquête n’ont abouti à rien de concret.

Aujourd’hui, aucune trace d’éventuels restes du leader congolais assassiné n’a jamais été trouvée depuis le témoignage de celui qui affirme l’avoir fait disparaître.

Interpelé à Kinshasa par les jeunes de l’association Lisanga Lumumba, le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a tenté de les rassurer sur la volonté de son pays de poursuivre le dialogue sur cette délicate question. Il a indiqué que son ambassadeur prendra contact avec leurs représentants.

Interrogés par le correspondant de la BBC à Kinshasa, les manifestants assurent qu’il n’y a aucune manipulation derrière leur action qui vise à obtenir la justice sur l’assassinat de Patrice Lumumba. Un message destiné à ceux qui voient derrière leur démarche la main du pouvoir congolais dont les relations avec la Belgique ne cessent de se déteriorer.

Martin Mateso

Source : Géopolis 28/11/2017

Actualité International, Rubrique AfriqueEn Afrique, le retour des présidents à vie, rubrique RDC,Transition à haut risque en RDC. Omniprésence des intérêts étrangers, Joseph Kabila, Mobutu light ?, rubrique Congo Brazaville,

Actualité International Esclavage en Libye: « tout le monde savait », dénoncent ONG et analystes

AFP/Archives / Cecilia Sanchez  AFP

AFP/Archives / Cecilia Sanchez AFP

Dénoncés aujourd’hui à hauts cris par les dirigeants occidentaux et africains, les viols, les tortures et l’esclavage de milliers de migrants africains en Libye étaient pourtant connus de longue date, soulignent ONG et analystes qui tirent la sonnette d’alarme depuis des mois.

Les images furtives d’une vente aux enchères nocturne de jeunes Africains dans la région de Tripoli, filmées en caméra cachée et diffusées le 14 novembre sur CNN, ont suscité une onde de choc, en se propageant comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Face au tollé, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « horrifié », le président de l’Union africaine Alpha Condé « indigné », l’Union européenne « révoltée » et la France a réclamé une réunion « expresse » du conseil de sécurité de l’ONU.

« Hypocrisie », car « à part le citoyen lambda, tout le monde savait, les gouvernants, les organisations internationales, les leaders politiques », assène le Sénégalais Hamidou Anne, analyste du think tank « L’Afrique des idées ».

« Les prises d’otages, les violences, la torture, les viols, sont monnaie courante en Libye, et l’esclavage, on en parle depuis longtemps », renchérit Alioune Tine, directeur Afrique de l’ouest et du centre d’Amnesty international basé à Dakar.

En plein chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est la plaque tournante du transit des migrants d’Afrique subsaharienne cherchant à gagner l’Europe.

Soucieuse de contrôler ce flux migratoire, l’UE peine à trouver des solutions pour ces candidats à l’exil, à la merci des passeurs et trafiquants, un calvaire dont beaucoup ont témoigné dans les médias.

« En Libye, les noirs n’ont aucun droit », avait confié en septembre à l’AFP Karamo Keita, un jeune Gambien de 27 ans, rapatrié dans son pays. « Nous avons été emmenés dans plusieurs fermes où notre geôlier libyen nous vendait comme esclaves ».

‘Tortures et extorsions’

De leur côté, les organisations d’aide aux migrants n’ont cessé d’alerter sur la dégradation de la situation.

Dès le mois d’avril, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapportait l’existence de « marchés aux esclaves » en Libye. « Ils y deviennent des marchandises à acheter, vendre et jeter lorsqu’elles ne valent plus rien », avait souligné Leonard Doyle, porte-parole de l’OIM à Genève.

La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, avait à son tour dénoncé en septembre, dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, « une entreprise prospère d’enlèvement, de torture et d’extorsion » en Libye.

« Dans leurs efforts pour endiguer le flux (migratoire), les gouvernements européens seront-ils prêts à assumer le prix du viol, de la torture, et de l’esclavage ? », avait-elle interpellé. Avant de conclure: « Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ».

La semaine dernière, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a jugé « inhumaine » la politique de l’UE « consistant à aider les gardes-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants ».

Une accusation rejetée par Bruxelles, qui souligne ses efforts pour « sauver des vies » en mer et « faciliter l’accès de l’OIM et du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) aux centres de détention en Libye pour qu’ils puissent augmenter le niveau d’assistance et organiser des retours volontaires ».

En se posant en « forteresse qui veut coûte que coûte arrêter » les migrants, l’Europe « a une responsabilité fondamentale » dans le désastre actuel, mais elle n’est pas la seule, estime quant à lui Alioune Tine.

‘Racisme systématique’

« Les pays africains ne font rien pour retenir les jeunes, pour leur donner du travail. Ils n’ont pas de politique d’immigration, ils ne font que subir », regrette-t-il.

« Ça ne peut plus durer. Devant un crime contre l’humanité, on ne s’indigne pas, on réagit », juge Hamidou Anne, en critiquant la passivité des dirigeants africains et le « racisme systématique dans les pays du Maghreb ».

« Il faut aller chercher ces jeunes qui sont dans des camps d’internement ou vendus comme esclaves », réclame-t-il, alors que le Rwanda a proposé jeudi d’accueillir 30.000 de ces migrants.

Pour Alioune Tine, la question de l’éradication de l’esclavage doit être inscrite au menu du sommet UE/UA des 29 et 30 novembre à Abidjan, comme l’a suggéré le président nigérien Mahamadou Issoufou.

« Il faut une commission d’enquête impartiale pour voir comment s’organisent ces trafics, qui en sont les responsables. Et que tout le monde prenne ses responsabilités », conclut-il.

Source AFP. 24/11/2017

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Macron et les hotspots en LibyeLa fabrique des indésirables,

Journalistes de RFI assassinés au Mali : le “silence suspect” de Paris

 

Des manifestants réclamant la vérité sur les assassinats de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Paris, le 13 janvier 2017. PHOTO / BERTRAND GUAY / AFP

Des manifestants réclamant la vérité sur les assassinats de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Paris, le 13 janvier 2017. PHOTO / BERTRAND GUAY / AFP

Il y a quatre ans, les reporters Ghislaine Dupont et Claude Verlon, en reportage dans le nord du Mali, étaient kidnappés puis abattus dans le désert près de Kidal. Depuis, l’enquête n’avance guère. Ce journal burkinabé pointe du doigt les autorités françaises.

2 novembre 2013 – 2 novembre 2017 : “quatre ans après, on demeure toujours dans les supputations et dans un magma d’interrogations dont les possibles réponses sont troublantes”, note Aujourd’hui au Faso, qui titre son éditorial du jour sur ces “quatre ans de silence d’État suspect”.

Quelques mois après l’intervention française militaire Serval, qui avait mis en déroute les djihadistes dans le nord du Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à Radio France internationale, avaient été pris en otages puis tués. Leur exécution avait été revendiquée, dès le lendemain, par un des principaux dirigeants d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

 

La thèse de la vengeance

Aujourd’hui, “la justice française traîne les pieds. Aucun mandat à l’horizon. Aucune assurance donnée par le juge d’instruction que les choses avancent ou avanceront dans un délai raisonnable. Rien que des supputations”, déplore le quotidien de Ouagadougou.

En janvier, le magazine d’investigation de France 2 Envoyé spécial avait diffusé une enquête accréditant pour la première fois l’hypothèse d’un lien entre les tractations menées en 2013 pour la libération d’otages français enlevés à Arlit (Niger) et l’assassinat des deux journalistes de RFI quatre jours plus tard. Leurs exécutions auraient ainsi été “une vengeance de la part de kidnappeurs qui n’auraient pas reçu leur dû”.

 

Traces de soupçons

Le titre burkinabé s’interroge sur l’attitude de Paris, qui “a opposé des dénégations” à cette enquête, mais qui “ne sont pas assez fortes, pas assez détergentes pour éponger les traces de soupçons laissées par ces révélations”.

En février, de nouveaux documents officiels avaient été déclassifiés par les autorités françaises, mais de nombreux passages manquaient en raison du secret-défense :

Le comportement des autorités françaises, qui ne semblent pas bien vouloir bouger le doigt pour donner un coup de pouce à ce problème, n’arrange pas du tout les choses et laisse croire que la mort des deux confrères pourrait cacher des choses autrement plus graves.”

Aujourd’hui au Faso pointe également du doigt l’Algérie, où se trouveraient en liberté “des commanditaires ou auteurs de l’assassinat”.
Si tel est le cas, on est en droit d’attendre un acte judiciaire fort de la part de ce pays.

Source Aujourd’hui au Faso 02/11/2017

Voir aussi : Actualité Internationale, Politique, Affaires, rubrique Médias, rubrique Afrique, Mali, Le terrorisme au Sahel,