A quoi joue Gérard Collomb ?

Gérard Collomb était mardi à Montpelier pour soutenir son « ami de vingt ans » Georges Frêche

Dans la course aux élections régionales. Le sénateur-maire de Lyon a pris, une fois de plus, le contre-pied des positions du parti, qui, non content d’avoir exclu le président du conseil régional du Languedoc Roussillon, vient de mettre à pied pour deux ans les 59 colistiers socialistes de Georges Frêche. Et si le parti socialiste joue les pères fouettard, Gérard Collomb préfère lui la voltige. Et ce n’est pas la première fois. Depuis sa sortie d’Octobre 2009 sur le débauchage proposé par Nicolas Sarkozy, Gérard Collomb multiplie les attitudes équivoques auprès de sa propre famille politique. Une posture trop grossière pour être sincèrement naïve.

«Il faudrait que la gauche me déçoive beaucoup pour que j’en vienne à accepter les propositions de Nicolas Sarkozy». Une réponse en forme d’avertissement. Gérard Collomb, invité du plateau de la Matinale le 28 Octobre 2009, laisse peu de place à la tiédeur, quand Caroline Roux, son interlocutrice, évoque, malicieuse, les tentatives de débauchage dont a été l’objet le sénateur-maire de Lyon par l’Élysée. Et de la déception à la dissidence, il n’y a qu’un pas. Un pas franchi, et allègrement par Gérard Collomb, depuis sa réponse sybilline devant les caméras de Canal+.

Cela a commencé par le contre-pied pris par le maire de Lyon suite à la défection surprise de Vincent Peillon pour le débat de Mots Croisés sur France 2, face à Éric Besson, sur la question de l’identité nationale. «J’y serais allé» assurait-il le 18 Janvier, se positionnant déjà à l’inverse du bureau national du PS et de Martine Aubry. Et Gérard Collomb de persister, et signer, lorsqu’il se rend au dîner annuel du CRIF où le ministre de l’immigration est l’invité d’honneur. Jean-Jack Queyranne avait refusé de s’y rendre. Une occasion trop belle pour le sénateur-maire de Lyon de faire voir à nouveau sa différence. Besson et Collomb, socialistes contrariés, chantre de l’ouverture à la Sarkozy pour l’un et poil à gratter du parti pour l’autre, se promettent même un débat ultérieur autour du thème tellement polémique de l’identité nationale.  Alors que penser aujourd’hui du soutien de Gérard Collomb à Georges Frêche ?

S’il nous est vendu comme un soutien du coeur, sa portée est sans doute plus politique qu’il n’y paraît.  Car au jeu des inventaires, cette dernière transgression de Collomb a une saveur plus offensive. Soutenir Georges Frêche, c’est très clairement faire acte de défiance auprès de la direction du parti socialiste. De là à ce que Collomb devienne un nouveau symbole de l’ouverture pour la majorité présidentielle, il y a loin de la coupe aux lèvres. Alors Collomb prépare-t-il réellement le terrain à Dominique Strauss-Kahn, comme le laissent entendre les commentateurs de la politique locale. C’est probable, connaissant l’amitié liant les deux hommes. Mais il reste encore des zones où la maire de Lyon joue double-jeu.

En effet, Gérard Collomb est chargé d’une partie du projet économique du Parti Socialiste pour les Présidentielles de 2010. Il s’agit plus précisément du volet innovation et recherche de la convention nationale du PS sur l’économie. Alors pourquoi s’impliquer dans le futur proche du parti, sur c’est pour piétiner, dès que l’occasion s’en présente, la doctrine et les positions du bureau national ? Une position ambivalente qui donne à réflechir. Et quand Gérard Collomb assure être venu à Montpellier «pour l’apaisement», on l’entend sans doute d’une autre oreille rue de Solférino. Joint ce mercredi matin, le service communication du PS n’a pas souhaité donner suite à notre demande d’interview.  Il faudra pourtant, le moment venu, savoir pour qui roule réellement le maire de Lyon. Sans pour autant jouer les Cassandre, tout laisse à penser que Martine Aubry n’aura pas forcément un allié entre Saône et Rhône dans la course aux élections présidentielles.

Lyon Mag

Voir aussi : Rubrique politique

Vente de FTP: France Télévisions et sa régie publicitaire déboutés contre Mediapart

France Télévisions et sa régie publicitaire (FTP) qui avaient assigné Mediapart à la suite d’informations du site sur le montant de la vente de FTP, revu à la baisse, a été débouté samedi par le tribunal correctionnel de Paris, a-t-on appris de sources concordantes.

« Le tribunal a considéré que les demandes étaient excessives et portaient atteinte à la liberté d’informer », a déclaré à l’AFP Me Jean-Pierre Mignard, avocat de Mediapart. Le groupe audiovisuel public et FTP devront verser une amende de 3.000 euros au site d’informations en réparation du préjudice causé, a précisé l’avocat. Le groupe audiovisuel public et France Télévisions Publicité (FTP) avaient assigné Mediapart en « référé-interdiction » pour demander « le retrait des documents confidentiels issus du conseil d’administration de France Télévisions dont la teneur pourrait compromettre la négociation » de la vente. Interrogé par l’AFP, le directeur général de France Télévisions Damien Cuier a déclaré « prendre acte » de la décision mais « contester absolument l’interprétation dommageable » des documents en question faite par Mediapart.

Le site d’informations, se basant sur des documents dont il a obtenu copie et qu’il avait mis en ligne sur son site, avait révélé vendredi que FTP allait être vendue aux sociétés Financière Lov et Publicis pour un montant total de 2,6 millions d’euros et non 20 millions d’euros comme annoncé par les futurs acquéreurs. « C’est une décision très importante », s’est félicité Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, à l’issue de l’audience samedi. « En disant non à un acte de censure, elle montre que dans cette affaire il y a une nécessité d’être informé. Outre sa portée sur le fond de ce scandale, c’est aussi très important pour la presse sur le net et le sérieux de l’enquête », a ajouté le journaliste.

Dans une interview au Figaro début février, la patron de Publicis, Maurice Lévy, avait indiqué que le consortium débourserait 16 millions d’euros pour racheter 70% du capital de FTP. Une augmentation de capital de 4 millions d’euros était également prévue « pour lui donner les moyens de se développer », avait précisé M. Lévy. Or, selon Mediapart, le prix de cession de 16 millions a été fixé sur la base d’une trésorerie nette de 13,4 millions d’euros, ce qui signifie que au final, FTP sera vendue pour 2,6 millions d’euros. « Un calcul totalement faux », selon M. Cuier. « La trésorerie n’est pas à la discrétion des repreneurs (…). Le point de valeur auquel nous sommes arrivés est représentatif aux yeux de France Télévisions et de l’actionnaire de France télévisions, c’est à dire l’Etat, de ce que vaut FTP », a-t-il expliqué sans toutefois chiffrer précisément ce « point de valeur ». Il a notamment souligné que le repreneur devrait payer chaque année « un complément de prix » en plus des 16 millions d’euros et de la dotation en capital de 4 millions d’euros.

Mediapart avait révélé début février que le consultant Alain Minc, qui aurait conseillé à Nicolas Sarkozy de supprimer la publicité sur France Télévisions, détient 3% du capital de Financière Lov. FTP commercialise la publicité des chaînes de l’audiovisuel public et de différents médias audiovisuels ou internet. Elle devait engranger en 2009 des recettes publicitaires dépassant de quelque 150 millions d’euros les objectifs prévus.

AFP

L’Hérault et Quangzhou signent un protocole de partenariat

André Vezinhet, président du Conseil général du département de l’Hérault , et Jacques Atlan, vice-président délégué à la culture se rendront dans les prochains jours en Chine pour signer un protocole de partenariat avec Li Jianguo, maire de la municipalité de Quanzhou (sud de la Chine).

Le protocole se fixe comme priorité la dynamisation des échanges économiques, notamment dans le domaine de la viticulture, pour les cinq ans à venir. Outre la viticulture, le protocole permettra de mettre en valeur les produits locaux, le tourisme à travers la culture et le patrimoine des deux territoires, mais aussi des filières comme l’agriculture.

Dernier volet de cette coopération : des échanges à caractère sportif et éducatif avec des rencontres sportives intégrant le handisport ou le jumelage entre établissements scolaires. Les deux élus héraultais participeront également au Festival culturel du Sud Fijuan auquel 800 autres personnalités de Chine et de l’étranger sont invitées.

Ce protocole est l’aboutissement de relations entamées en 1992 avec la Chine dans le cadre culturel avec notamment le Printemps des comédiens.

Xinhua

Voir aussi : Rubrique Coopération Le jumelage Montpellier Chengdu,

Le Conseil constitutionnel valide le redécoupage électoral

Les parlementaires socialistes avaient formé un recours contre le tracé de la nouvelle carte des circonscriptions des députés, établi par le gouvernement, dénonçant un «tripatouillage».

Coups de ciseaux autorisés! Le Conseil constitutionnel a validé, ce jeudi, le redécoupage électoral destiné à remplacer, dès 2012, la carte législative actuelle, quelque peu défraîchie puisqu’en vigueur depuis 1986, rejetant le recours formé par des parlementaires socialistes. Les juges présidés par Jean-Louis Debré ont déclaré conforme à la Constitution la procédure d’adoption de ce redécoupage et le nouveau tracé des circonscriptions qui en résulte. Ils ont même souligné un «progrès» sur la carte précédente, dessinée par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, accusé, à l’époque, par la gauche d’avoir procédé à un «charcutage électoral». Devenue obsolète, comme l’avait souligné à plusieurs reprises le Conseil constitutionnel, la carte de Pasqua donnait lieu à des écarts démographiques de 1 à 3,6 dans les circonscriptions.

Très remontés contre un «tripatouillage», les élus socialiste avaient notamment dénoncé la méthode des «tranches» pour répartir les nouvelles circonscriptions (un député pour 125.000 habitants) et avaient concentré leurs critiques sur les délimitations dans 28 départements et plusieurs des 11 circonscriptions créées pour représenter les Français de l’étranger. Mais les juges constitutionnels se sont référés à leur jurisprudence constante, mise en oeuvre en 1986 mais aussi pour les sénatoriales de 2003 et la loi d’habilitation de 2009 ayant encadré le redécoupage piloté par le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alain Marleix. «Quel que puisse être le caractère discutable des motifs d’intérêt général invoqués pour justifier la délimitation de plusieurs circonscriptions», notamment en Moselle et dans le Tarn, écrit le Conseil dans un communiqué, il n’apparaît pas «que cette délimitation méconnaisse manifestement le principe d’égalité devant le suffrage».

«Coup de pied de l’âne»

Une décision assortie d’un «coup de pied de l’âne», en déduit Bruno Le Roux, chargé, au PS, de répliquer au découpage d’Alain Marleix. Selon le député de Seine-Saint-Denis contacté par Libération.fr, les Sages ont «reconnu, au moins, des délimitations bizarres. Donc forcément partisanes, sinon pourquoi seraient-elles bizarres? Mais le Conseil conclut que le pouvoir dont il dispose ne lui permet pas d’aller à l’encontre» des contours de la nouvelle carte des circonscriptions législatives. En outre, le Conseil explique, dans son communiqué, que le redécoupage n’était pas divisible. A valider en bloc ou à rejeter. Bruno Le Roux ne partage pas cette logique du «tout ou rien». «Il aurait pu censurer des choses choquantes. Il en relève d’ailleurs, il le dit mais décide de ne pas aller contre.»

Directement concernée par les nouveaux contours de la carte électorale, la députée (PS) de Moselle, Aurélie Filippetti, élue aux législatives de juin 2007, confie à Libération son «énorme déception, d’autant plus grande qu’il y a reconnaissance, par le Conseil, du forfait politique commis en Moselle». «Le Conseil constitutionnel reconnaît que le découpage a été effectué au profit d’une personnalité et au mépris des règles d’équité démocratique, mais il a refusé de prendre le risque politique de censurer le texte, après avoir invalidé celui sur la taxe carbone», déplore-t-elle.

Libération

La Chine, la Corée du Sud et le Japon planchent sur un accord trilatéral de libre-échange

La Corée du Sud envisage de lancer un programme conjoint de recherche avec la Chine et le Japon sur la faisabilité d’un accord de libre-échange (ALE) entre les trois pays d’Asie du Nord-Est, a déclaré mercredi le ministre sud-coréen des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, le pays, qui cherche à établir l’intégration économique de la région du nord-est de l’Asie en créant des conditions favorables pour des ALE, lancera une étude conjointe avec les pays concernés, à laquelle participeront des responsables gouvernementaux, des universitaires et des représentants des milieux d’affaires.

Parallèlement à l’ALE trilatéral, le pays poursuivra ses efforts visant à établir des accords de libre-échange bilatéraux séparés avec la Chine et le Japon, précise le communiqué. Jusqu’à présent, la Corée du Sud a passé des accords de libre-échange avec le Chili, Singapour et l’Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi qu’un accord similaire avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le pays est parvenu récemment à un accord de libre-échange avec l’Union européenne et a également conclu des négociations de libre-échange avec l’Inde, qui ont débouché sur la signature de l’Accord global de partenariat économique (CEPA) en août 2009.

Pour ce qui est de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis signé en juin 2007, les deux pays attendent toujours l’approbation du pouvoir législatif. La Corée du Sud cherche également à établir des accords commerciaux similaires avec l’Australie, le Canada et le Mexique.

Xinhua