L’association des contribuables de l’Hérault vient de remporter une bataille contre les rouages occultes du monde politique local avec la franc-maçonnerie.
Présidée par la conseillère municipale Martine Petitout, l’association avait demandé l’annulation des subventions du Conseil régional et de la ville de Montpellier accordées au Centre culturel montpelliérain qui regroupe des loges maçonniques. Considérant que ces subventions avaient pour objet la rénovation de ladite association et l’acquisition de matériel artistique, le Tribunal administratif vient d’estimer « qu’il ne ressort pas du dossier que l’utilisation de ce bâtiment, qui n’est pas ouvert à la population, réponde aux besoins de la population locale ».
Le jugement annule donc les délibérations du 2 avril 2005 de la commission permanente du Conseil régional accordant deux subventions d’un montant respectif de 15 000 euros et de 45 000 euros et celle de la ville de Montpellier ayant octroyé à la même association deux subventions de 400 000 euros et 43 968 euros.
A la tête de l’association des contribuables de l’Hérault, Martine Petitout s’estime satisfaite. « Le jugement du tribunal administratif rappelle simplement que l’argent public doit être utilisé dans l’intérêt général. Les loges abritées par le Centre culturel montpelliérain, sont très fermées puisqu’on n’y entre que par cooptation, et que certaines sont interdites aux femmes. Ils n’ont pas besoin de nos impôts pour développer leurs démarches spirituelles. »
Les collectivités territoriales ont deux mois pour faire appel, mais le jugement est exécutoire.
Reportage. Dans le train qui les amène à Paris, les conjoints français d’étrangers confient les humiliations incessantes dont ils font l’objet.
Ils sont de plein droit sur le sol français. C’est leur pays et pourtant l’envie d’être heureux leur est refusée par la loi. C’est ainsi qu’ils ont rejoint le collectif pour la défense du droit à une vie familiale des couples mixtes, initié par la Cimade de Montpellier sous la bannière évocatrice Les Amoureux au Ban public. Seize d’entre eux, époux et épouses français de sans papiers, ont pris le train mercredi pour la capitale, direction le Sénat et l’Assemblée nationale. L’idée d’une intervention collective des conjoints auprès des parlementaires donne une autre portée à la démarche. « Et puis au moins on sait qu’ils ne risquent pas de se faire ramasser à la descente du train », précise le responsable régional de la Cimade, Jean-Paul Numez.
Dans le TGV qui les conduit à Paris où les députés débattent du nouveau projet de loi sur l’immigration, les langues se délient. « Je connais mon mari depuis 2003. Il est entré légalement. Nous sommes mariés depuis 14 mois. Ca n’a pas été facile, ils sont venus l’arrêter à domicile deux jours avant notre mariage. Le tribunal administratif a annulé l’arrêter de reconduite à la frontière. Mais la préfecture refuse de lui délivrer un certificat de long séjour, explique Delphine. En juillet dernier, la police a multiplié les descentes, nous avons dû nous éloigner. On vit dans la peur, les enfants ne comprennent pas. »
Beaucoup font état des exactions commises par l’administration française dans leur vie personnelle. D’autres regardent le paysage qui défile en silence, conscients du durcissement qui se joue à l’Assemblée, alors qu’ils se trouvent déjà en prise à des embûches kafkaïennes. Plus que la colère, c’est l’incertitude ravageuse qui se lit sur les visages. Celle d’une situation qui rend tous ces amoureux vulnérables, à la merci d’une administration suspicieuse régie par l’arbitraire.
Vivre dans la peur
La loi exige que les maires saisissent le procureur de la République de tous les mariages mixtes. Celui-ci demande systématiquement une enquête de police ou de gendarmerie pour évaluer la capacité au mariage mais sans plus de précision. « On doit se justifier. C’est très humiliant quand la police fouille dans vos sentiments, confie une femme de 35 ans. Ils m’ont demandé où vous êtes-vous rencontrés pour la première fois ? Mon mari est libraire. A la papeterie, ai-je répondu. Quelle est le nom de cette papeterie m’ont-il demandé, et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu un trou. Le dossier a été rejeté. » Le plus souvent les refus ne sont pas justifiés. Il n’y a pas de critères objectifs. « Je suis mariée depuis quatre ans, mon mari est algérien, il est entré en France avec un titre de plein droit. Nous nous sommes mariés, il a obtenu une carte de 4 mois. Nous n’avons jamais reçu sa carte d’un an. Au bout de deux ans, je suis allée à la préfecture pour savoir pourquoi. La gendarmerie est venue faire une enquête à la maison. Ils ont constaté qu’il n’y avait pas de photo de nous sur les murs. Que nous n’avions pas d’enfant et pas de compte commun et ont conclu au mariage de complaisance ! J’ai attaqué devant le tribunal administratif qui a suspendu la décision. Mais nous sommes toujours coincés. Nous attendons les papiers. »
Quitter la France
« Vous ne cherchez pas la situation, elle vient vers vous. » témoigne un cadre financier à la retraite. Il a choisi d’être du voyage pour soutenir sa fille. « Elle était dans une école internationale. Il y avait de fortes chances pour qu’elle rencontre un étranger, constate-t-il. Magali a rencontré un Tunisien. Ils s’aiment et comptaient se marier en juin. Quitte à le faire dans un pays qui accepterait leur union, mais ma fille a trouvé un poste à responsabilité à Cannes. Du coup ils sont passés dans la clandestinité parce que la préfecture refuse de renouveler le visa de mon futur beau-fils. C’est absurde et inacceptable. Et je sais bien qu’il existe des situations beaucoup plus difficiles. Moi je vais les encourager à quitter la France. »
Préoccupante réalité
Le train des amoureux arrive à la gare de Lyon. Direction l’Assemblé nationale où les Montpelliérains et les Nîmois rejoignent d’autres conjoints parisiens. Françoise de la Cimade de Marseille explique qu’une arrestation a retenu les Marseillais sur place. Aux abords de l’Assemblée, le groupe se scinde en deux, sous le regard vigilant du service de sécurité. Une partie des amoureux prend la direction du Sénat où ils seront reçus par le groupe PS en charge de l’immigration. L’autre rencontrera le député UMP Etienne Pinte qui s’est distingué de son groupe sur cette question et le député PCF Patrick Braouzec qui souhaite défendre un amendement dans l’après-midi. Devant les parlementaires attentifs, chacun prend la parole succinctement pour expliquer sa situation et les humiliations vécues. Les membres de la Cimade ponctuent les explications de courts commentaires techniques sur les dossiers. L’opération ne vise pas à régler les dossiers individuels mais à informer les élus sur la préoccupante réalité du terrain.
Il est déjà l’heure de quitter les palais de la République pour le retour. A l’Assemblée, les débats se poursuivent. Tout est ficelé. Tard dans la nuit, le projet de loi sur l’immigration, le plus régressif et radical depuis les années les plus sombres de la France passe comme une lettre à la poste. Seuls 45 députés ont voté contre le retour du droit du sang. Les amoureux au ban public se séparent en gare de Montpellier « Je sais que je ne suis pas plus avancée sur mon dossier, dit Audrey dont l’aimé est coincé au Maroc, mais cette journée m’a redonné du punch. » On promet de se revoir très bientôt.
Seun Kuti a enflammé le Théâtre de la mer, jeudi, en clôture du festival Fiestas Sète. Le cadet de la famille a repris le flambeau musical et politique lancé par son père : Rencontre…
Comment assumez-vous l’héritage de votre père Fela ?
Je vis avec ça. Je respecte cet héritage. Je mets en considération ce qu’il m’a transmis dans tout ce que je fais.
A travers votre engagement, musical et politique, percevez-vous des changements au Nigeria ?
L’implication politique fait la force de ma musique. J’ai grandi dans la Républic Kalakuta, une communauté de 300 personnes que mon père a fondée en défiant les militaires. Toute ma famille milite, ma grand-mère a fondé un parti pour changer les choses. Il est important de comprendre qu’en Afrique nous avons des idées mais pas de chef. Les gens qui gouvernent ne règlent pas les choses. Ceux qui règlent les choses ce sont leurs supports occidentaux. Il n’y a pas de changement, juste une évolution de la situation qui au fond reste la même.
On connaît la fin tragique de votre grand-mère défenestrée par les militaires, est-ce toujours dangereux d’afficher ses opinions ?
Le gouvernement de façade n’a pas mis fin aux turbulences. Ils n’ont pas enlevé leurs treillis militaires, ils les ont seulement camouflés en enfilant un boubou. C’est la même chose pour la violence, aujourd’hui, on nous attaque toujours, mais pas physiquement.
L’affaire des caricatures de Mahomet a fait plus de 100 morts au Nigeria, quel regard portez-vous sur les conflits inter religieux ?
Je crois que la religion est ce qui sépare le monde en Afrique et spécialement dans mon pays. Au lieu d’éclairer les esprits, les idées religieuses exacerbent les conflits. Je considère que nous vivons dans un monde libre où les gens peuvent user de leur liberté d’expression.
Où s’arrête cette liberté ?
Chacun peut faire ce qu’il veut chez lui. Le respect c’est aussi cela. Il s’arrête à partir du moment où l’on utilise les ressources des autres. Si les extrémistes respectaient Mahomed ils se concentreraient sur leur conduite dans la vie plutôt que de tuer des gens.
Alors que le Nigeria figure au troisième rang des pays touchés par la pandémie du Sida, le fond mondial a suspendu son aide pour les mauvais résultats obtenus … Les leaders occidentaux savent bien ce qu’ils font. Pourquoi donnent-ils cet argent aux hommes politiques corrompus au lieu d’ouvrir directement des centres de soin ?
Contourner le gouvernement pourrait passer pour de l’ingérence…
L’ingérence est déjà là quand il s’agit d’exploiter les ressources. Pour le Kosovo, la communauté internationale a débloqué 600$ par enfant, pour les Africains elle n’accorde que 10$… La colonisation continue sous cette forme.
Fela dans la républic Kalakuta
Le Nigeria voit depuis peu l’arrivée d’investisseurs chinois. Leurs pratiques diffèrent-elles des américains ?
Les gens riches veulent continuer à être riches, leur nationalité ne change rien. Pourquoi les Chinois investissent ici alors que leur peuple à tant de besoins ? Pourquoi l’argent d’Afrique se retrouve-t-il sur des comptes en Suisse ? On apprend l’existence de ces comptes quand leurs propriétaires meurent. Nous voulons connaître les noms des leaders africains qui pillent l’Afrique quand ils sont vivants. Nous voulons savoir où est l’argent ! L’Afrique va mal, elle doit s’occuper d’elle-même. La réponse aux besoins des africains se trouve en Afrique. »
Robyn Orlin :" On doit manger nos sucettes avec leur emballage"
Rien n’est intangible. Les sucettes de Robyn Orlin n’ont pas le goût de l’anis. Leur parfum latex nous plonge dans le réel du monde. On l’a ressenti collectivement mardi au Corum avec We must eat our suckers with the wrappers on… (On doit manger nos sucettes avec leur emballage). Avec cette pièce, la chorégraphe sud africaine s’est appuyée sur le quotidien de la société de son pays pour en libérer toute la force. Celle de vivre dans un des pays les plus touchés par la pandémie du sida, 12% de la population contaminée, un millier de morts chaque jour. Pour Robyn Orlin, la danse est une composante majeure des progrès qui doivent s’opérer tant sur le plan des consciences que sur le plan politique « C’est un nid de vipères. Mandela, qui a perdu sa fille et sa belle sœur de cette maladie, s’est impliqué mais il ne peut résoudre ce défi seul. »
We must eat our suckers with the wrappers se pose comme un acte de résistance qui tire son énergie dans la profondeur traditionnelle des corps en devenir. Ce qui les propulse du même coup dans l’imminence du présent et hors du ghetto. Robyn Orlin interdit au public tout regard complaisant. Elle abolit les distances en se saisissant de nos regards, captés par les danseurs à l’aide de webcams. La symbolique du clan se tisse sur scène autour d’objets nouveaux : bananes, préservatifs, sucettes… Il est question de solidarité mais aussi de solitude face à la maladie et au risque. « Il y a toujours une part de moralité mais le fait c’est la mortalité », souligne la chorégraphe. L’utilisation de l’image permet d’isoler, celle du rythme de rassembler. L’esprit de la fête se mêle à une esthétique froide et chaude empreinte de gravité. Le public contaminé qui constitue l’opinion internationale consent à se dépasser. Quand elle est sûre d’elle-même, la danse fait bouger la société.
Entretien avec Patrick Chaudet. Le nouveau directeur départemental de la sécurité publique qui vient d’être nommé entend redresser l’image de marque du commissariat de Montpellier.
Dans quel état d’esprit appréhendez-vous le cadre de vos nouvelles fonctions ?
Je suis assez serein, parce que je trouve une situation correspondant à ce que j’imaginais. Joël Guenot que je connais bien, m’en a souvent parlée. Elle est plutôt favorable.
Avez-vous des priorités face à la diversité des missions qui sont les vôtres ?
Il y en a deux, qui sont la lutte contre la petite et moyenne délinquance et la lutte contre l’insécurité routière qu’il faut maintenir dans le département. La priorité, c’est aussi que la police soit réactive par rapport aux événements, comme à l’égard d’elle-même. Il est important que l’image de marque du commissariat soit bonne pour les partenaires qui travaillent avec nous, parce que le problème de la sécurité ne relève pas seulement de la police, c’est l’affaire de tous.
Comme au niveau national, la situation se caractérise par une réduction des délits de voie publique, mais une hausse des violences faites aux personnes ?
C’est vrai que statistiquement ces infractions augmentent, mais il faut comprendre que le législateur a augmenté le nombre d’incriminations dans ce domaine. Ce qui fait que l’on a une vision un peu déformée du nombre de faits concernés. Autrefois, les coups et blessures volontaires étaient poursuivis lorsqu’il y avait une incapacité de travail supérieure à huit jours. Pour protéger la sphère familiale, le législateur a considéré que les cas de violence étaient des délits. Donc, fatalement, ces infractions augmentent artificiellement les statistiques. S’agissant des vols avec violence, je note qu’ils n’ont globalement pas augmenté depuis cinq ans. Mais rien n’est jamais vraiment acquis.
Quel est l’équilibre à trouver entre le répressif et le préventif ?
L’équilibre, c’est d’abord la dissuasion, c’est-à-dire une présence policière visible. C’est aussi établir une bonne complémentarité entre les services de l’Etat et les services locaux. Ce qui implique des diagnostics pertinents sur la délinquance et permet d’impliquer tout le monde. Dissocier la prévention de la répression est une erreur.
Faut-il renforcer la présence policière dans les quartiers sensibles ? Doit-on avoir recours à un personnel plus expérimentés ?
Les gens plus expérimentés, on les voudrait partout, mais il faut faire avec les moyens que l’on a. Avec le mouvement massif de départ à la retraite, on est dans une période de rajeunissement de nos effectifs. Il ne doit pas y avoir de zone de non-droit. Les quartiers ne doivent ni être abandonnés, ni surfliqués. Je pense qu’à Montpellier, les choses sont assez équilibrées.
Quelle place tient le rôle de l’orientation politique en matière de sécurité ?
La sécurité ne relève pas seulement d’une fonction politique, même si elle reste une fonction régalienne de l’Etat. Dans la loi sur la prévention de la délinquance, le maire dispose désormais d’un rôle très important. Mais c’est aussi l’affaire des associations d’aide aux victimes qui sont impliquées notamment dans l’accueil des personnes victimes de violence. Le politique donne les moyens et les orientations, mais la sécurité implique aussi les citoyens qui doivent faire preuve de vigilance et de solidarité.
Après Outreau, on vient de voir paraître le décret d’application qui supprime le critère protéiforme de trouble à l’ordre public. Qu’est ce que cela vous inspire ?
Selon ma conviction personnelle, je pense que ce n’est pas une bonne mesure. Surtout pour les infractions graves. Prenons un exemple : quelqu’un en état d’ivresse tue quelqu’un. Si une information est ouverte, sans le recours au trouble à l’ordre public, cette personne sera remise tout de suite sous contrôle judiciaire et peu recommencer demain. Je crois que cela va handicaper les magistrats dans leurs actions.
Comment développer la capacité d’anticipation des services de police marqués par une culture de réaction ?
Certains idéologues considèrent que la police est réactive mais pas proactive. Pour moi, c’est un faux problème. Proactif, cela veut dire que l’on anticipe les problèmes. C’est sûr qu’on dispose d’un bon contact avec la population qui nous permet de savoir si des tensions sont en train de naître. C’est le rôle des renseignements généraux de jouer les météorologues de la sécurité et de la situation sociale. Dès lors que la police est présente et efficace sur l’ensemble d’un territoire, cela lui permet de mesurer les degrés de tension. La police est à la fois réactive et proactive.
Vous avez déclaré que la police ne doit pas être critiquable. Avez-vous fait des recommandations dans ce sens au service de la BAC souvent mis en cause ?
Toute action de police peu à un moment ou à un autre être mis en cause sur ses méthodes ou sur son action. Je veillerais à ce que les principes de déontologie soient respectés et que les principes d’action soient dans le droit. Il n’est pas acceptable que des violences ne soit pas légitimes, même s’il y a aussi parfois des réactions disproportionnées par rapport à l’événement. Je ne veux pas que, sous le prétexte de l’efficacité, on se permette des dérives. Et ça, j’y veillerais.