Congrès du PS : La motion de Cambadélis l’emporte nettement

arton31247-4e813Avec un score approchant les 60 %, la motion de soutien au gouvernement et à sa ligne sociale-libérale s’impose dans un parti atone. Près d’un adhérent sur deux n’a pas voté.

La motion portée par Jean-Christophe Cambadélis fait mieux qu’escompté. Elle « s’approche des 60% » des votants, indiquait à la presse un haut responsable du PS vers minuit et quart. Les militants socialistes étaient appelés à choisir, jeudi de 17h et 22h, entre quatre textes programmatiques. en vue du congrès du PS de Poitiers (5-7 juin) Selon ce haut responsable, la motion B portée par les « frondeurs » et l’aile gauche du PS « n’atteint pas 30 % » La motion D de Karine Berger ferait autour de 10% et la motion C de Florence Augier entre 2 et 3%, a-t-il encore indiqué.

Un peu plus tôt dans la soirée, Corinne Narassiguin, une des porte-parole du parti s’était déjà félicitée d’avoir « atteint l’objectif qui était d’avoir la majorité absolue », soit plus de 50 %. Marie-Noëlle Lienemann, qui soutenait la motion B des « frondeurs » et de l’aile gauche du PS, avait reconnu également que la motion A de Jean-Christophe Cambadélis avait remporté plus de 50 % et que la motion B, menée par le député Christian Paul, recueillait un score d’environ 30 %.

« Nous sommes la troisième force », a pour sa part revendiqué Karine Berger. Se voulant la « troisième voie », Mme Berger soutient le gouvernement tout en voulant se démarquer à la fois des textes A et B. Elle souhaite une réorganisation complète du parti. Enfin Florence Augier, première signataire de la motion C, veut défendre « les militants de terrain » et s’inquiète d’une « forte défiance vis-à-vis du parti ».

Si le légitimisme traditionnel des militants socialistes a joué, une fois de plus, en faveur de la direction en place et du gouvernement, qui voit ses orientations sociales-libérales confortées, cette dernière ne peut totalement ignorer ni l’importante chute des effectifs qui affecte le PS depuis 2012, ni la faible participation des militants. Peu nombreux à s’intéresser aux débats organisés dans les sections et fédérations, ils n’auraient été que 55 % à participer au scrutin sur les motions.

Sur 10 adhérents socialistes, presque 5 ne se sont pas déplacés et 3 ont voté pour la motion Cambadélis. C’est assez pour revendiquer la victoire et faire la preuve de la faiblesse des « frondeurs » qui ne pourront plus prétendre représenter le parti profond. Le secrétaire national aux élections Christophe Borgel parlait d’« un score de clarification ».

Ce résultat avait été prédit par le communiste Robert Injey, lors de la conférence nationale du PCF, le 8 novembre dernier. S’adressant à ses camarades, dont certains caressait l’espoir d’un changement d’orientation du PS, ce membre de la coordination nationale, en charge de la communication du PCF, les avait mis en garde : « Il y a Cambadélis à la manœuvre (…) Pour ceux qui ont des années étudiantes, rappelez-vous les congrès de ma MNEF… Le prochain congrès du parti socialiste ce sera comme un congrès de la MNEF, c’est verrouillé du début à la fin. »

Michel Soudais

Source Politis 22/05/15

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Retraite : La loi Macron, accélérateur de fonds de pension

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Une série d’articles de la loi Macron prévoit de nouvelles mesures en faveur du développement de plans d’épargne retraite, au détriment du financement du système par répartition.

Peu l’ont relevé, mais après l’adoption de la loi Macron passage au Sénat, un certain nombre d’articles ont été adoptés sans être retouchés par la droite.

Le gouvernement ne s’est pas vanté que les articles 35 à 39 du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ont échappé à la réécriture du Sénat. Les articles en question constituent une nouvelle réforme libérales des retraites qui ne dit pas son nom, en contradiction avec les affirmations du gouvernement en 2013 qui assurait à l’époque que sa réforme garantissait l’avenir et une plus grande justice du système de retraite.

Pire, Emmanuel Macron poursuit le développement de la retraite par capitalisation dans des articles qui ne sont pas sans rappeler ceux de la réforme de 2010, mise en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui avaient suscité un mouvement social de grande ampleur.

A cette époque, la droite avait inscrit dans son texte, contre vents et marées, l’épargne retraite, en clair la retraite par capitalisation et les fonds de pension, comme un « appui » à la retraite par répartition.

La loi Macron reprend ce scénario à son compte en réformant de nouveau les nombreux systèmes d’épargne abondés par les entreprises pour leurs salariés, ce que l’on nomme l’épargne salariale. Le gouvernement de Manuel Valls respecte ainsi scrupuleusement les recommandations budgétaires de la Commission européenne sur la poursuite de la réforme des retraites pour développer le deuxième « pilier » (la retraite par capitalisation) au détriment des régimes obligatoire par répartition, le premier « pilier ».

L’une des portes d’entrée du deuxième « pilier » est alimentée par les sommes versées aux salariés par les entreprises, sous forme de prime de participation (dépendant des bénéfices), de prime d’intéressement (liée à des objectifs prédéfinis) ou d’abondements sur divers plans : Plan d’épargne entreprise (PEE), Plan d’épargne interentreprises (PEI) ou Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco), sur lesquels le salarié peut aussi faire des versements volontaires.

Les salariés sont incités à placer des primes sur des fonds communs de placement, ce que l’on nomme aussi des fonds de pension dans le cas du Perco. En 2014, les versements recensés par l’Association française de la gestion financière (AFG) ont atteint 12,2 milliards d’euros et les encours 110 milliards.

Qu’envisage la réforme ? Selon Catherine Deroche, rapporteure du projet de loi et sénatrice UMP, « le texte vise à mieux orienter l’épargne salariale vers le financement de l’économie ».

Il « poursuit quatre objectifs principaux. Le premier objectif vise à simplifier et à harmoniser les règles relatives à la participation, à l’intéressement et aux plans d’épargne salariaux. Les règles de conclusion d’un plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco) seront alignées sur celles applicables aux accords de participation. Tous les salariés disposant de ce plan pourront lui transférer l’équivalent monétaire de dix jours de congés non pris, qu’ils bénéficient ou non d’un compte épargne-temps. Ensuite, le texte encourage le développement des dispositifs d’épargne salariale » et, « afin de renforcer l’attractivité du Perco, le texte supprime la contribution sur les abondements des employeurs dépassant 2 300 euros par an et par bénéficiaire, et autorise des versements unilatéraux périodiques de l’entreprise », c’est-à-dire sans qu’il y est obligation de versement de la part du salarié.

Pour certaines entreprises, la fiscalité est allégée. Ainsi, le taux du forfait social, sera abaissé de 20 % à 12 % (dont 80 % bénéficient à la Caisse nationale d’assurance vieillesse, le reliquat étant versé au Fonds de solidarité vieillesse) pour les entreprises proposant un Perco investissant au moins 7 % de titres finançant des entreprises petites, moyennes ou de taille intermédiaire, selon le texte voté au Sénat, susceptible encore d’être modifié.

Autre mesure : les entreprises de moins de 50 salariés concluant un accord d’intéressement ou de participation seront exonérées de forfait social pendant trois ans, puis bénéficieront d’un taux réduit à 8 % pendant encore trois ans. Pour le salarié, la fiscalité ne change pas : les primes, exonérées de cotisations salariales, restent taxées au titre des prélèvements sociaux. Primes et intérêts ne sont pas imposables sur le revenu quand ils sont réinvestis.

Opposé à ces articles, Eliane Assassi, sénatrice PCF, a expliqué les conséquences de ces placements lors de l’examen du projet de loi par la commission spéciale du Sénat :

« Les plans d’épargne entreprise, les PEE, ou les plans d’épargne interentreprises, les PEI, ne sont pas aussi attractifs pour tous les salariés. Ceux d’entre eux qui sont à même de placer de l’argent se cantonnent désormais dans les classes moyennes supérieures et les classes supérieures. Or ce type d’épargne devient indispensable, en particulier parce que les pensions de retraite sont attaquées depuis plusieurs années. En outre, les baisses de pension qu’anticipent les salariés ne souhaitant pas rester à leur poste jusqu’à soixante-dix ans exigent des solutions de compensation. Pourtant, le développement de ces outils financiers puise sa source principale dans la réduction d’un droit fondamental : celui de vieillir dans la dignité. Pour inciter les salariés à placer leur argent dans ces fonds, l’attractivité de ceux-ci a été accrue par la promesse de réduction d’impôt ».

Ces produits d’épargne promus par la loi Macron bénéficient de niches fiscales coûteuses pour le budget de l’Etat et celui de la protection sociale. L’existence de ces niches et la mise en place de plans d’austérité expliquent le creusement du déficit de la protection sociale et du système de retraite par répartition.

Les assureurs ne s’y sont pas trompés. Voici ce qu’analysait CNP Assurances, le champion des fonds de pension en France, dans son rapport annuel 2012 : « les plans d’austérité mis en place en Europe du sud ont mis à mal les systèmes publics de retraite et incité les assureurs à promouvoir leurs solutions retraite : les plans d’épargne et les fonds de pension individuels ».

Dans ses projections financières du système de retraite, publiées en janvier, le Conseil d’orientation des retraites, prévoit un déficit de 9 milliards d’euros en 2020, compte tenu de l’impact des dernières réformes. La Loi Macron sera une aubaine pour les assureurs, pas pour le régime par répartition.

Thierry Brun

Source Politis – 18 mai 2015

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Cannes – Woody Allen : « L’industrie du cinéma va très mal »

Director Woody Allen poses during a photocall for the film "Irrational Man" out of competition at the 68th Cannes Film Festival in CannesDe passage sur la Croisette pour présenter son dernier film, « L’Homme irrationnel », le réalisateur n’a pas mâché ses mots.

Et de 49 ! À 79 ans, le cinéaste le plus régulier au monde présente sa quarante-neuvième création : L’Homme irrationnel, conte philosophique à l’humour grinçant, projeté ce vendredi à Cannes, hors compétition. Fraîchement débarqué de New York, avec seulement trois heures de sommeil et un décalage horaire encore neuf, Woody Allen s’est néanmoins prêté au jeu de l’interview avec la bonhomie sardonique et pessimiste qu’on lui connaît.

 Quelles questions faut-il poser à Woody Allen pour l’impressionner ?

Woody Allen : C’est impossible d’impressionner quelqu’un qui est en promo. Je suis censé parler de façon à rendre les gens impatients de voir mon film, mais je ne peux pas leur dire « vous devez aller voir ce film, il est génial », ne serait-ce que parce que, généralement, je ne le pense pas (et si je le pensais, je ne pourrais pas non plus le dire puisque je suis trop modeste pour ça). Je suis donc dans une position extrêmement inconfortable et rien de ce vous pourriez dire ne peut m’aider. Je m’occupe de la promotion des films depuis des années et c’est toujours le même problème.

Et depuis des années, le Festival de Cannes vous reçoit sans jamais avoir réussi à vous convaincre de présenter votre film en compétition. Pourquoi refuser toujours de tenter l’expérience ?

J’aime le concept du festival en lui-même, le fait qu’une fois par an tout le monde, tous les acteurs et les réalisateurs se retrouvent à Cannes pour montrer leur travail. Mais qui est habilité à dire que telle oeuvre est mieux que telle autre ? Qui peut juger qu’un Matisse est meilleur qu’un Picasso ou qu’un Jackson Pollock ? Si je viens, j’aime pouvoir regarder le film d’un autre réalisateur sans me mettre à penser : « Oh, son film est meilleur que le mien ! C’est pas juste, ils ont préféré son film au mien ». Ou bien : « Ils préfèrent le mien, mais je ne le mérite pas ». C’est à se rendre fou. J’aime juste venir avec ma femme et profiter de la compagnie des gens que je connais dans l’industrie du cinéma, manger dans de bons restaurants, regarder des films et passer un bon moment.

Cette fois, vous êtes en compagnie d’Emma Stone et de Joaquin Phoenix. Comment les avez-vous découverts ?

Emma Stone, je l’ai découverte par hasard. Un de ces films pour jeunes passait et j’ai vu son visage. Je me suis dit : « Mon Dieu, qui est cette fille ? » Elle était en plus très amusante et ça m’a donné envie de travailler un jour avec elle. Quant à Joaquin, je l’ai vu dans plusieurs films et je le trouve excellent. Tout ce qu’il fait, on pourrait le filmer tellement il est dramatique dans sa façon d’être. Il dit « passe-moi le sel » et c’est déjà intéressant !

Au fur et à mesure que vous changiez d’acteurs, durant toutes ces années, l’industrie du cinéma a muté. Que pensez-vous de son état actuel ?

L’industrie du cinéma, surtout aux États-Unis, va très mal. Dans ma jeunesse… Les gens disent toujours ça et ça fait vieux nostalgique, comme si avant était une époque dorée ! En l’occurrence, ça ne l’était pas : Hollywood faisait beaucoup, beaucoup de films, et la plupart étaient très mauvais. Mais parce que tant de films étaient produits, dans le tas, on en trouvait des bons ! Aujourd’hui, Hollywood fait moins de films, mais ils sont énormes et, pour la plupart, stupides, infantilisants. C’est plus difficile pour un jeune réalisateur talentueux de réunir 10 millions de dollars afin de développer un projet original que pour d’autres d’obtenir 200 millions de dollars pour un énième blockbuster. On décourage le talent. Quand j’étais jeune homme, toutes les semaines, il y avait toujours un film à voir. Un Godard, un Truffaut, un Fellini, un Buñuel, un Kurosawa… Et ils influençaient l’industrie du film américaine. Aujourd’hui, le samedi soir, je n’arrive pas à trouver un bon film à regarder parce que plus rien, sauf exception, n’arrive d’Europe… Maintenant, en Amérique, il n’y a que ces films de super-héros…

En avez-vous regardé ?

Non, je vois les bandes-annonces de temps en temps, mais ils ne m’intéressent pas le moins du monde.

Qu’est-ce qui peut trouver grâce à vos yeux ?

Ce qui m’a intéressé récemment, c’est le film argentin Les Nouveaux Sauvages. J’aimerais qu’il y ait plus de films comme celui-là, des films intelligents qui ont quelque chose à dire. Il y en a si peu et, quand il y en a, ils ne viennent pas d’Amérique mais d’Europe, d’Amérique latine, d’Iran… Parce qu’aux États-Unis les réalisateurs n’arrivent plus à monter leurs projets… Et puis les jeunes sont complètement illettrés en matière de cinéma. Quand je leur parle de Bergman ou de Fellini, ils n’en ont jamais entendu parler. Je leur conseille de voir Citizen Kane et ils le regardent sur leur ordinateur portable ! Et on se dit : mon Dieu, c’est un tel gâchis, un tel crime que d’en faire l’expérience ainsi. Vous allez penser que je me morfonds dans la nostalgie du passé, mais je ne crois pas. Je crois vraiment que le cinéma va moins bien de nos jours.

Propos recueillis par

Source Le Point 15/05/2015

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Loi Renseignement : la boîte à outils pour apprendre à protéger votre vie privée, en chiffrant vos données et communications

concept of computer securityPratique : Maintenant que la Loi Renseignement est votée, et en attendant la suite du processus législatif, apprenons à résister à la surveillance de masse avec quelques outils cryptographiques plus ou moins simples, mais efficaces et légaux.

Nous sommes le soir du mardi 5 mai, et c’est un jour funeste pour la démocratie. La France s’était autoproclamée « pays des Lumières » parce qu’il y a 250 ans notre pays  éclairait l’Europe et le monde grâce aux travaux philosophiques et politiques de Montesquieu, qui prônait la séparation des pouvoirs, et de Voltaire et Rousseau.

À dater d’aujourd’hui, jour du vote en première lecture du projet de loi sur le renseignement, à cause d’une classe politicienne d’une grande médiocrité, s’enclenche un processus au terme duquel le peuple français va probablement devoir subir une loi dangereuse, qui pourrait s’avérer extrêmement liberticide si elle tombait entre de mauvaises mains, par exemple celles de l’extrême droite.

Même si la loi doit encore passer devant le Sénat puis peut-être revenir en seconde lecture à l’Assemblée Nationale, même si une saisine du Conseil Constitutionnel va être déposée par une soixantaine de courageux députés en complément de celle déjà annoncée par François Hollande, mieux vaut se préparer au pire, en imaginant que cette loi sera un jour promulguée. En faisant un peu de mauvais esprit, j’ai imaginé un nom pour le dispositif qui sera chargé de collecter nos données personnelles afin de détecter les comportements suspects : « Surveillance Totalement Automatisée via des Systèmes Informatiques » et bizarrement l’acronyme est STASI !

Dès lors, à titre préventif et sans préjuger de l’avenir, il me semble important d’apprendre à protéger sa vie privée. Ceci passe par le chiffrement de ses communications, qu’il s’agisse d’échanges sur Internet ou via SMS, et cela peut se faire au moyen de différents outils à la fois efficaces et légaux.

Bien évidemment, les « vrais méchants » que sont les terroristes, djihadistes, gangsters et autres trafiquants connaissent et utilisent déjà ces outils : vous vous doutez bien qu’ils n’ont pas attendu ce billet de blog pour les découvrir….

Une boîte à outils pour protéger votre vie privée

Anonymat sur Internet

Pour protéger votre identité sur Internet et notamment sur le web, vous pouvez combiner l’utilisation d’un réseau privé virtuel, ou VPN, et de TOR, un système d’anonymisation qui nécessite l’installation d’un logiciel spécifique, TOR Browser. Je ne vous donne pas de référence particulière en matière de VPN, car l’offre est pléthorique. Pour faire votre choix, je vous engage à consulter les sites spécialisés UnderNews et VPNblog qui vous donneront une vision exhaustive de ce qui est disponible.

MAJ : un lecteur m’a indiqué l’existence de La Brique Internet, un simple boîtier VPN couplé à un serveur. Pour que la Brique fonctionne, il faut lui configurer un accès VPN, qui lui permettra de créer un tunnel jusqu’à un autre ordinateur sur Internet. Une extension fournira bientôt aussi en plus un accès clé-en-main via TOR en utilisant la clé wifi du boîtier pour diffuser deux réseaux wifi : l’un pour un accès transparent via VPN et l’autre pour un accès transparent via TOR.

Chiffrement des données

Pour chiffrer le contenu de vos données, stockées sur les disques durs de vos ordinateurs ou dans les mémoires permanentes de vos smartphones, vous pouvez mettre en œuvre des outils tels que LUKS pour les systèmes Linux ou TrueCrypt  pour les OS les plus répandus : même si TrueCrypt a connu une histoire compliquée, son efficacité ne semble pas remise en cause par le dernier audit de code effectué par des experts.

Je vous signale aussi que l’ANSSI – Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information –  signale d’autres outils alternatifs comme Cryhod, Zed !, ZoneCentral, Security Box et StormShield. Même si l’ANSSI est un service gouvernemental il n’y a pas de raison de ne pas leur faire confiance sur ce point .

Chiffrement des e-mails et authentification des correspondants

GPG, acronyme de GNU Privacy Guard, est l’implémentation GNU du standard OpenPGP. Cet outil permet de transmettre des messages signés et/ou chiffrés ce qui vous  garantit à la fois l’authenticité et la confidentialité de vos échanges. Des modules complémentaires en facilitent l’utilisation sous Linux, Windows, MacOS X et Android.

MAJ : un lecteur m’a signalé PEPS, une solution de sécurisation française et Open Source, issue d’un projet mené par la DGA – Direction générale de l’armement – à partir duquel a été créée la société MLState.

Messagerie instantanée sécurisée

OTR, Off The Record, est un plugin à greffer à un client de messagerie instantanée. Le logiciel de messagerie instantanée Jitsi, qui repose sur le protocole SIP de la voix sur IP, intègre l’outil de chiffrement ZRTP.

Protection des communications mobiles

A défaut de protéger les métadonnées de vos communications mobiles, qu’il s’agisse de voix ou de SMS, vous pouvez au moins chiffrer les données en elles-mêmes, à savoir le contenu de vos échanges :

RedPhon est une application de chiffrement des communications vocales sous Android capable de communiquer avec Signal qui est une application du même fournisseur destinée aux iPhone sous iOS.

TextSecure est une application dédiée pour l’échange sécurisé de SMS, disponible pour Android et compatible avec la dernière version de l’application Signal. Plus d’information à ce sujet sur le blog de Stéphane Bortzmeyer.

MAJ : un lecteur m’a indiqué l’application APG pour Android qui permet d’utiliser ses clés GPG pour chiffrer ses SMS.

Allez vous former dans les « cafés Vie Privée »

Si vous n’êtes pas geek et ne vous sentez pas capable de maîtriser ces outils sans un minimum d’accompagnement, alors le concept des « cafés Vie Privée » est pour vous : il s’agit tout simplement de se réunir pour apprendre, de la bouche de ceux qui savent le faire, comment mettre en œuvre les outils dont je vous ai parlé plus haut afin de protéger sa vie privée de toute intrusion, gouvernementale ou non.

Tout simplement, il s’agit de passer un après-midi à échanger et à pratiquer la cryptographie. Pour cela sont proposés des ateliers d’une durée minimum de 1 heure, axés autour de la sécurité informatique et de la protection de la vie privée.

Et comme le disent avec humour les organisateurs, « les ateliers sont accessibles à tout type de public, geek et non-geek, chatons, poneys, loutres ou licornes. ». Bref, le « café Vie Privée » est à la protection de la vie privée ce que la réunion Tupperware était à la cuisine.

@PierreCol

PS : l’image « 1984 was not a manual » a été créée par Arnaud Velten aka @Bizcom.

Pierre Col a 25 ans d’expérience dans les réseaux et Internet (Infogrames, CosmosBay, Jet Multimédia…). Il est aujourd’hui directeur marketing d’Antidot, éditeur de logiciels spécialisé dans les moteurs de recherche et solutions d’accès à l’information

Source : Réseau International 08/05/2015

Voir aussi : Actualité France Rubrique Internet, rubrique Société, Citoyenneté,

 

Après la grève, la réorganisation à Radio France

le PDG de Radio France Mathieu Gallet Photo AFP

« Comme annoncé par le président Mathieu Gallet le 16 avril dernier, une réflexion a effectivement été engagée sur l’évolution des instances de direction de Radio France dont les conclusions seront présentées dans quelques semaines », a confirmé la direction de l’entreprise publique dans un message interne, mercredi 6 mai.

Tout en déplorant « des informations parues dans la presse ce matin au sujet de changements présumés au sein du Comité exécutif de l’entreprise ».

Comme l’a annoncé Le Figaro, Sibyle Veil, actuellement directrice du pilotage de la transformation de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, est pressentie pour rejoindre Radio France. Toutefois, sa venue n’est pas confirmée officiellement. Se posent notamment, selon nos informations, des questions sur le périmètre de ses missions.

Elle a été présentée comme une future « directrice générale » et une remplaçante de Catherine Sueur, l’actuelle directrice générale déléguée, réputée en froid avec M. Gallet. Mais son poste pourrait avoir une envergure un peu moindre. Mme Sueur était numéro deux de l’entreprise sous le président précédent, Jean-Luc Hees.

Sibyle Veil est énarque, issue de la même promotion qu’Emmanuel Macron, le ministre de l’économie, Gaspard Gantzer, le conseiller communication de François Hollande, ou Boris Vallaud, le secrétaire général adjoint de l’Elysée, aussi mari de Najat Vallaud-Belkacem. Elle a été conseillère santé, travail et logement à l’Elysée sous Nicolas Sarkozy. Elle est mariée à Sébastien Veil, lui aussi ancien membre du cabinet du président de la République et petit-fils de la ministre Simone Veil. Elle ne connaît pas le secteur audiovisuel.

Le ministère de la culture de Fleur Pellerin a été informé par Radio France de la possible venue de Mme Veil, mais nie avoir donné une forme d’aval.

D’autres changements possibles

Un autre changement devrait intervenir prochainement : le départ de Jean-Pierre Rousseau, l’actuel directeur de la musique, recruté par Mathieu Gallet. Cette hypothèse avait été évoquée dès fin mars, lors du conflit social qui a débouché sur une grève inédite à Radio France. Jean-Paul Quennesson, délégué Sud de Radio France et corniste à l’Orchestre national, avait qualifié sa direction de « fiasco total ».

Pendant le conflit, l’assemblée générale des grévistes avait aussi visé l’actuel directeur des ressources humaines, Christian Mettot, un des principaux interlocuteurs des syndicats.

Après la crise qui a secoué son autorité, Mathieu Gallet a donc engagé une réflexion sur la gouvernance de Radio France. Avant la sortie de grève, la ministre, Fleur Pellerin, s’était davantage impliquée personnellement, « convoquant » le dirigeant nommé par le CSA et nommant plus tard un médiateur pour renouer le dialogue entre les syndicats et la direction. Après la crise, certains anticipaient que la réflexion évoquée par Mathieu Gallet puisse être l’occasion pour le gouvernement de peser sur la réorganisation de l’entreprise. Il semble plutôt que le président de Radio France étudie sa future direction de son côté, dans la lignée du comité exécutif élargi mis en place à son arrivée.

Pendant ce temps, le médiateur Dominique-Jean Chertier poursuit actuellement la « seconde phase » de sa mission, menant des réunions avec les parties prenantes en vue de la négociation du contrat d’objectifs et de moyens, feuille de route de l’entreprise pour les cinq années à venir. Parmi les chantiers sensibles figurent notamment la réforme des modes de production et la négociation d’un plan de départs volontaires de 300 personnes environ.

Toutefois, la mise en place de ces discussions reste délicate. De source syndicale, un calendrier a été proposé par le médiateur. S’il propose des ateliers sur France Bleu, la musique ou les modes de production, aucun espace de discussion n’est pour le moment prévu sur le plan stratégique de l’entreprise.

Source Le Monde 06/05/2015