Diplôme de licence, les universités pourraient perdre leur monopole

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À l’avenir, ce diplôme national pourrait être délivré par des établissements « à statut universitaire » regroupant notamment des universités et des grandes écoles. D’aucuns y voient la perte d’un avantage concurrentiel pour les « facs ».

Le ministère de l’enseignement supérieur s’est attelé à la rédaction d’un nouvel arrêté portant sur la licence afin de tenir compte des évolutions contenues dans la loi Orientation et réussite des étudiants, qui introduit notamment la notion d’« attendus » à l’entrée de chaque formation et donne la possibilité aux « facs » de conditionner l’inscription d’un candidat au suivi d’un cursus personnalisé.> À lire aussi?: Université, à chaque licence ses « attendus »Alors que jusqu’ici seules les universités pouvaient délivrer un diplôme national de licence, une version de travail de cet arrêté stipule que ce pouvoir serait, via une habilitation accordée par le ministère, conféré aux « établissements publics d’enseignement supérieur », « seuls ou conjointement avec d’autres établissements publics d’enseignement supérieur ».Au cabinet de la ministre Frédérique Vidal, on indique que cette formulation, qui a fait l’objet de critiques de la part des syndicats, a été rédigée de manière maladroite. Elle sera revue avant la présentation du texte, lundi 9 juillet, devant…

Suite de l’article

Source : La Croix 30/06/2018

L’attaque faite aux lycées professionnels

blanquer-hacheLe 28 mai dernier, Jean-Michel Blanquer annonçait les grandes lignes de sa « réforme » de l’enseignement professionnel. Derrière la poudre aux yeux des « Harvard du professionnel », c’est un plan social sans précédent qui s’annonce ainsi qu’une dégradation des enseignements. Un bras de fer doit s’engager. Son issue dépendra de la détermination des personnels et de leurs syndicats.

Dès la première page du dossier de presse ministériel sur la réforme du lycée professionnel, on ne peut que soupirer d’agacement : « Former les talents aux métiers de demain ». Derrière la novlangue macronienne, on décèle l’essentiel : une vision élitiste basée sur « l’excellence » qui fait bien peu de cas de la lutte à mener contre les inégalités bien réelles d’aujourd’hui, à l’école comme au travail.

Source Blog Médiapart 14/06/2018

Depuis plusieurs années, les personnels des lycées professionnels se demandaient quand ils et elles subiraient à leur tour une « grande réforme », qui s’inscrirait dans les dogmes libéraux et les politiques d’austérité. C’est chose faite. Et le ministre n’y va pas avec le dos de la cuiller. « Cuiller » n’est d’ailleurs pas le bon mot. « Hache » ou « tronçonneuse » conviendraient davantage.

 

Enlever beaucoup à celles et ceux qui ont peu

C’est d’abord par la suppression massive d’heures de cours que se distingue cette prétendue réforme. Les premières annonces donnent le vertige : près de 400 à 300 heures en moins en Bac Pro selon les grilles, 200 heures en moins en CAP ! Pour l’essentiel ces heures de cours supprimées se concentreraient sur l’enseignement général en ciblant plus particulièrement le Français, l’Histoire-Géographie, les Mathématiques et Sciences… mais presque aucune matière n’est épargnée. Faut-il comprendre que les élèves de lycée professionnel en auraient moins besoin ?

La mise en place d’une seconde professionnelle « de détermination » (autour de quinze familles de métiers tout de même) avant une première et une terminale plus « spécialisées » pourrait apparaître comme une manière d’éviter le choix « par défaut » de la filière pro par de trop nombreux élèves… mais c’est faire fi des parcours en amont – de l’école primaire au collège – qui font que ce sont bel et bien les filles et les fils des classes populaires qui se retrouvent en lycée professionnel. Ne nous leurrons pas : toute l’architecture de l’école élitiste et républicaine repose sur le tri social.

Malgré ça, dès lors qu’il existe un enseignement professionnel spécifique, supprimer des heures aux élèves et leur donner moins de temps pour apprendre le métier auquel le système éducatif les forme, c’est en réalité amputer leurs capacités futures à l’autonomie et a contrario renforcer la disposition à l’exécution en entreprise.

Les quelques « Campus des métiers » promis par Blanquer (2 à 3 par région), pompeusement qualifiés de « Harvard du professionnel », ne feront, quant-à-eux, que renforcer les inégalités : s’il faudra mettre un peu de poudre aux yeux à l’occasion, ce sera au détriment de l’écrasante majorité des lycées professionnels qui n’auront pas bénéficié du précieux label et devront faire avec des moyens réduits, rognés. La suppression de la taxe d’apprentissage prélevée sur les entreprises, qui était une manne pour financer de nombreux projets, ne peut qu’inquiéter d’autant plus. En 2016 c’était 618 millions d’euros qui avaient été récoltés pour les lycées professionnels. Quel argent viendra les remplacer ? Le gouvernement annonce une obscure « contribution additionnelle », mais sans en dévoiler les modalités.

Au bout du bout, la conséquence majeure de tout cela est l’instauration d’un enseignement professionnel à deux vitesses. Il fallait oser.

 

Un plan social à la hache

Toutes ces mesures annoncées poursuivent vraisemblablement un autre but, bien plus trivial et comptable : tailler, couper dans les effectifs de fonctionnaires et assimilé.es (l’enseignement professionnel compte de nombreuses et nombreux contractuel.les). Les calculs des syndicats sont sans appel : avec ces mesures, pas moins de 7000 postes d’enseignant.es sont menacés. C’est « juste » 10 % de la profession ! La filière Gestion-Administration, qui regroupe les anciennes sections Secrétariat et Comptabilité, se taille la part du lion, si l’on ose dire, avec 1500 suppressions de postes promises.

Pour celles et ceux qui continueront à exercer au sein des établissements, la dégradation des conditions de travail et d’enseignement sera au rendez-vous. Non seulement la disparition de personnels qualifiés et adultes ne sera pas sans conséquences sur le climat scolaire. Et avec l’apprentissage désormais obligatoire il faudra de ce fait jongler entre calendrier « continu » et « alterné ». Dans des classes dont les effectifs augmentent, faute de moyens, il faudra qui plus est avoir un programme pour une partie de la classe et un différent pour l’autre partie.

À l’inverse d’une vague d’austérité, c’est un plan d’urgence qu’il faut pour l’enseignement professionnel. Développer les projets artistiques, sportifs ; mieux accueillir les élèves allophones qui composent une partie de notre public ; favoriser le travail en groupe, assurer des temps de concertation pour les équipes pédagogiques ; construire des foyers, des auditoriums ; renforcer les services de vie scolaire qui ont subi une véritable saignée avec des effectifs divisés par deux depuis dix ans… : mais rien de tout cela n’est abordé dans la « réforme » Blanquer !

 

Tout pour l’entreprise

Enfin, il faut faire un sort à l’un des aspects de la réforme : celui qui concerne la place – qui serait désormais accrue – de l’apprentissage dans l’enseignement professionnel. L’apprentissage c’est plus de temps en entreprise, en alternance, que dans la formation continue. Blanquer en veut partout, non seulement dans toutes les filières mais aussi dans toutes les classes. Le « monde merveilleux » de l’entreprise est devenu un véritable mètre-étalon. Tout s’y rapporte. Mais à quel moment prévient-on que l’entreprise c’est aussi le lieu de la confrontation d’intérêts antagoniques entre celles et ceux qui travaillent et celles et ceux qui en profitent ?

Parce que, non, « l’entreprise » ça n’est pas forcément formidable : syndicalistes, nous avons suffisamment d’exemples qui indiquent le contraire.

Pour celles et ceux qui enseignent en lycée professionnel dans une perspective émancipatrice c’est une véritable gageure. Il s’agit en fait de reposer la question du sens du lycée professionnel. Proposer un service public de l’enseignement professionnel, c’est faire le choix de dégager la connaissance et la maîtrise d’un métier des obligations de rentabilité et/ou d’efficacité qui sont celles des entreprises et des services. En lycée professionnel, les élèves ont le droit à l’erreur. Ils et elles peuvent se tromper, recommencer. Ce n’est pas grave, ça n’a pas d’incidence sur la production de biens ou d’activités. C’est une différence fondamentale avec ce que vivent les apprenti.es qui sont confronté.es au « monde de l’entreprise ».

On peut par ailleurs évidemment échanger, réfléchir à propos des métiers, des industries, des finalités et de l’intérêt de la production (écologique notamment), de l’organisation du travail, des constructions sociales et des représentations de genre liées aux activités… Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut que ce soit synonyme de consentement à l’exploitation !

En soumettant plus encore le lycée professionnel au rythme et aux règles de l’entreprise, c’est pourtant ce à quoi aboutira la « réforme » Blanquer. On est bien loin du combat contre les discriminations et les déterminismes sociaux.

Car pour cela il faudrait remettre sans doute bien plus radicalement en cause le « système ». S’il a été possible de le faire pour le collège, pourquoi aujourd’hui ne pas poser la question d’un lycée unique, polyvalent ? Après tout, en quoi la filière « générale » mérite-t-elle ce qualificatif ? Voilà qui serait bien plus ambitieux et ferait avancer l’école de l’égalité.

 

Reste la lutte

Quoi qu’il en soit, les personnels, les usagères et les usagers, les élèves… toutes et tous devront faire face dans les mois à venir à cette attaque inédite. Une première intersyndicale s’est tenue le 5 juin, allant du Sgen-CFDT à SUD éducation, en passant par les principaux syndicats de l’enseignement professionnel, le Snetaa-FO, la CGT éduc’action et le Snuep-FSU. Quelques divergences d’appréciations sont encore tangibles. Pour autant, la plupart des organisations estiment nécessaire de construire une riposte au plan Blanquer.

Pour prendre la mesure de l’attaque et répondre en conséquence, il faudra que cela se matérialise dans des heures d’information syndicale unitaires, des tournées communes, et ce à partir de septembre. Mais si l’unité syndicale est une des conditions pour engager le rapport de force, ce n’est pas la seule.

Rien ne sera possible sans les personnels, principalement enseignants. Le long combat que mènent les cheminot.es invite en cela à la réflexion. Si l’on veut que la lutte s’ancre au plus près du terrain, c’est aux salarié.es de maitriser le calendrier, de s’adresser aux usagères et usagers. La question d’une grève reconduite et illimitée, la construction de cadres de mobilisation unitaires – par exemple des assemblées générales de délégué.es des Lycées professionnels dans chaque agglomération – ainsi que leur coordination doivent être discutées dès maintenant, équipe par équipe, bahut par bahut. Parce qu’on ne peut pas se laisser faire.


Le dossier de presse du ministère et quelques analyses syndicales de la « réforme » Blanquer : sur le site du Snuep-FSU, de la CGT éduc’action, de SUD éducation.

Politique. À l’école de Marion Maréchal, des intervenants recrutés dans tous les courants de l’extrême droite

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Catholiques traditionalistes, royalistes, néo-fascistes… toutes les tendances de l’extrême droite seront représentées parmi les intervenants de la future école de sciences politiques lancée mardi par Marion Maréchal, qui entend défendre enracinement» et «identité culturelle».

L’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (Issep), aux Master 1, Master 2 et magistère non reconnus par l’État, doit ouvrir en septembre à Lyon, a indiqué la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, qui avait fait de son patronyme un nom d’usage avant d’y renoncer il y a quelques jours.

Si elle assure la direction générale, la jeune femme de 28 ans a confié les manettes du conseil scientifique à deux proches, Patrick Louis et Jacques de Guillebon.

Le premier, professeur d’économie et de géopolitique à Lyon-3, avait commencé une carrière politique lors des régionales de 1998 sur la liste de Charles Millon, élu président de Rhône-Alpes avec les voix du FN. L’universitaire était ensuite devenu numéro deux du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.

Le journaliste Jacques de Guillebon, qui se revendique comme catholique traditionaliste, est pour sa part un ami intime de Marion Maréchal, pour qui il a écrit plusieurs discours. Il dirige en outre le mensuel L’Incorrect, avatar médiatique du marion-maréchalisme, lancé en septembre dernier.

L’organigramme du corps enseignant de l’institut, exclusivement masculin, fait en outre côtoyer de vieilles figures de l’extrême droite française, tels le fondateur du Parti des forces nouvelles, Pascal Gauchon, ou l’ex-président d’Alliance royale, Yves-Marie Adeline, avec de jeunes conservateurs, à l’image de Thibaud Collin, co-auteur d’un livre avec Nicolas Sarkozy en 2004 mais soutien de Marine Le Pen à la présidentielle de 2017.

Dans cette nébuleuse qui dessine les contours de la galaxie de Marion Maréchal, le conservatisme sur les moeurs apparaît comme un trait d’union, notamment par le combat mené par la quasi-totalité des intervenants contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe – «l’homosexualité est un désordre mental» et «un mal social», écrivait notamment Jacques de Guillebon en 2012.

Il y a six ans, le projet de loi avait provoqué une ligne de fracture au Front national: Marine Le Pen avait renoncé à participer aux défilés de La Manif pour tous, à l’opposé de sa nièce et députée, qui avait alors séduit la frange la plus conservatrice du parti, autant qu’elle gagnait en émancipation politique.

- Conspirationniste –

Face au «ni-droite, ni-gauche» et à l’interventionnisme économique longtemps prôné par Marine Le Pen et inspiré par son ex-bras droit Florian Philippot, Marion Maréchal entend poursuivre sa stratégie de réinvestissement de la droite.

Fin février, elle avait déjà promis que son école serait «le terreau dans lequel tous les courants de la droite pourront se retrouver et s’épanouir».

Aujourd’hui, son école entend «transmettre les richesses du savoir-vivre et du savoir-être à la française» à ses étudiants pour qu’ils deviennent «les ambassadeurs (…) d’un raffinement et d’une éducation typiquement français», tout en s’ouvrant à l’international, avec cours en anglais.

Trois mois après une intervention à Washington devant le gratin des conservateurs américains, elle a également recruté dans son établissement un chantre de «l’alt-right» d’outre-Atlantique, Paul Gottfried, qui se définit comme «paléo-conservateur», par opposition aux «néo-conservateurs», et qui a revisité la pensée fasciste italienne originelle.

L’équipe pédagogique de l’Issep doit également compter le britannique Raheem Kassam, cadre du parti pro-Brexit Ukip, réputé ultra-libéral, et ancien de Breitbart News London, un site d’information volontiers conspirationniste et régulièrement critique pour répandre des «fake news», c’est-à-dire de fausses informations.

L’ancien patron de Breitbart, le sulfureux Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, avait déjà qualifié d’»étoile montante» l’ancienne plus jeune députée de France, qui s’était retirée de la vie politique en 2017 après un seul mandat.

Avant l’ouverture de son école, elle entend par ailleurs poursuivre son come-back : Marion Maréchal doit notamment s’exprimer le 31 mai dans une soirée à Paris consacrée à Mai-68.

Source AFP 22/05/2018

Quel avenir pour nos étudiants ? Quel avenir pour notre université ?

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La réforme ParcourSup et son « monde »
par Angela Biancofiore, Professeur, Université Paul-Valéry Montpellier 3

Un changement sans précédent voit le jour dans l’Education nationale :  la nouvelle plateforme ParcourSup oblige les lycéens à bien se « vendre » pour pouvoir être acceptés au sein de l’université. Une lettre de motivation est demandée pour chaque filière, un cv et des informations détaillées  sur les notes et appréciations figurant dans le bulletin scolaire.

Le lycéen est pratiquement obligé de se « faire aider » par les parents ou par des sociétés qui lui proposent des services pour 100€ minimum. Récemment, la directrice du Département d’Anglais dans notre Université de Montpellier 3 a reçu une élégante mallette provenant de  Cambridge de la part d’une société privée qui proposait ses services aux étudiants et aux lycéens.

Le savoir a un prix, le savoir est considéré à tort comme une arme de discrimination et de sélection. Par notre mobilisation, nous voulons libérer le savoir de sa conception « utilitariste » pour revendiquer notre statut d’enseignant-chercheur au sein d’une université ouverte et solidaire.

Les sociétés qui visent la privatisation de l’enseignement savent très bien que c’est une grosse affaire, l’université c’est rentable !

On peut donner l’exemple des USA où les parents doivent souvent s’endetter pour envoyer leurs enfants à l’école et à l’université (10 000 $ environ dans une université comme CUNY, New York, 40 000 $ à Harvard), ou bien c’est les étudiants qui s’endettent pour pouvoir payer leurs études.

Notre gouvernement a pour objectif (à peine caché) la sélection des élèves, en particulier ceux qui sont en bac pro, et la hausse à court terme des frais d’inscription : une libéralisation des politiques d’accueil et des frais d’inscription dans les différentes universités françaises qui sont déjà mises en concurrence.

Un lycéen doit pouvoir sélectionner la filière de son choix, il a aussi le droit de se tromper, de comprendre quel est le chemin à suivre. Il a le droit de s’instruire, de découvrir d’autres savoirs, d’autres champs de connaissance. Il est à l’université pour un apprentissage actif, où lui aussi participe à la construction de nouveaux savoirs.

La recherche scientifique et technologique avance très vite, ses résultats ne sont pas tellement divulgués dans la société, mais ce qui est plus effrayant c’est que la recherche risque d’être subordonnée de plus en plus à la logique marchande.

Or, nous enseignants-chercheurs, administratifs et étudiants de l’université Paul-Valéry et d’autres universités mobilisées aujourd’hui en France, nous réclamons le droit de dire « non » à ce type de savoir qui discrimine au lieu d’unir, un savoir au service du profit.

Le savoir est avant tout un bien commun, et l’enseignement un travail relationnel, tout se passe dans la relation.

A l’heure où j’écris l’une de mes étudiantes vient de tenter le suicide : ce n’est pas un cas isolé, l’an dernier aussi une autre étudiante a fait la même chose. Comment expliquer ceci ? Nous observons aujourd’hui une immense crise de valeurs : les jeunes ont besoin de valeurs « durables » comme l’entraide, la fraternité, la solidarité. Cela ne pousse pas spontanément, cela se cultive.

Un savoir ouvert, une université où chacun a le droit de s’exprimer et de choisir sa voie en adéquation avec ses qualités est absolument indispensable dans un monde fragile où la société civile peut rapidement se décomposer sous les coups réitérés des actes de violence de tout genre (y compris d’origine terroriste).

La violence se répand là où il y a l’ignorance et l’individualisme forcené. Notre société est dominée par une immense violence économique, avec ses mesures cyniques et ses licenciements en masse dictés par le souci d’augmenter les bénéfices des actionnaires.

Cette violence est vécue au jour le jour par les gens, par les jeunes en particulier, par les plus fragiles, elle est fortement ressentie dans leur corps, au sein de leur conscience, et joue un rôle actif dans leur existence.

Nous sommes face à un gouvernement qui augmente les subventions pour l’armée mais diminue le budget de l’éducation : on observe une diminution drastique des postes de professeurs des écoles dans notre région, une baisse considérable des postes au concours de professeurs (dans toutes les disciplines)[1]. Cela nous montre clairement le but du ministère : appauvrir les universités sous le masque d’une prétendue autonomie, précariser les jeunes professeurs jusqu’à la suppression définitive du CAPES  et de l’agrégation (comme en Italie par exemple), augmenter les frais d’inscription, amener les jeunes à s’endetter (comme en Angleterre et aux USA), transformer leur bourse enprêtétudiant. Un économiste pourrait déjà faire le calcul de l’immense chiffre d’affaire qui se cache derrière cette manœuvre.

Par cette mobilisation, nous réclamons le droit à la parole contraire, nous voulons freiner cette accélération vertigineuse de la machine.

Nous, comme d’autres secteurs de la société (cheminots, agriculteurs, hôpitaux).

La lutte sera longue, cela va demander un effort constant car les investisseurs qui songent à des universités privées n’ont pas de temps à perdre, ils veulent faire fructifier l’argent. Nous, les gens ordinaires, nous ne sommes pas dans leur course effrénée.

Au sein d’un monde de la démesure, nous réclamons la ré-humanisation des rapports de travail et la re-valorisation de l’acte même d’enseigner : afin d’ouvrir la voie et pas la fermer, ouvrir un horizon de possibilités à notre jeunesse et – dans une relation de confiance – lui transmettre des valeurs durables.

Angela Biancofiore


[1] Au Capes, le nombre de postes est stable pour quelques langues rares, mais baisse partout ailleurs. En japonais, catalan, il suffit de la suppression d’un ou deux postes pour que la baisse atteigne 50 %. Les disciplines qui recrutent le plus d’enseignants sont fortement impactées : environ 18 % de baisse des postes en mathématiques, 19 % en lettres modernes, 20 % en anglais et histoire-géo, 23 % en sciences de la vie et de la terre, 28,5 % en documentation et même

Le 26 mai : Marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité

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La manifestation du 26 mai, qui se veut une « marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité» a été organisée à l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, mais dans une optique par essence collective, puisque l’objectif était de faire converger les luttes en mêlant dans un même appel des associations, des syndicats et des partis politiques. Le 4 mai, Attac faisait savoir dans un communiqué que « plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques» étaient réunies la veille  «en vue d’échanger sur la situation dans le pays.»

L’appel

Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité /

Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le  Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l’égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international.La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.

Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises,où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.

Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.

Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs,nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

un communiqué d’Attac a confirmé la tenue de la journée du 26 mai.

 

Voici la liste des organisations,:

Act-Up Paris

Alternative et autogestion

Alternative Libertaire

Association Nationales des élu.e.s communistes et républicains

Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre

APEIS

ATTAC

Climat social

Confédération Nationale du Logement

Collectif des Associations Citoyennes

Collectif National pour les Droits des Femmes

Collectif La Fête à Macron

Confédération Générale du Travail

Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité

Convergence nationale de défense des services publics

DIDF

DIEM25

Droit au Logement

Ecologie sociale

Europe Ecologie Les Verts

Les Effronté.es

Ensemble !

Femmes Egalité

Fondation Copernic

France Insoumise

Gauche Démocratique et Sociale

Génération.s

MJCF

Mouvement Ecolo

Mouvement National des Chômeurs et Précaires

Mouvement de la Paix

Nouvelle Donne

Nouveau Parti Anticapitaliste

Parti Communiste Français

Parti de Gauche

Parti Ouvrier Indépendant Démocratique

PCOF

PCRF

République et Socialisme

Résistance Sociale

Snesup-FSU

SNPJJ-FSU

SNETAP-FSU

SNUITAM-FSU

Solidaires

Syndicat des Avocats de France

Syndicat de la Magistrature

UEC

UNEF

UNL

Union juive française pour la paix

Cordialement

C.Mt