L’odyssée de Claudio Magris

La puissance du fleuve lutte contre l’oubli du temps.

Le Parlemant Winter

Le Parlemant Winter

Un itinéraire initiatique dans un univers transcendant, Claudio Magris signe avec Danube un livre d’ampleur sur la nature des choses. L’auteur italien plonge dans le long cours du fleuve insouciant de l’histoire et de la modernité. Au fil du courant, de ses formes, de ses détours, il donne à sentir toute la fécondité de cette eau « innocente et mensongère ». L’ouvrage en retrace les péripéties. Il est question de lieu, d’espace, de temps, de culture et d’histoire que l’érudit fidèle fait resurgir avec respect. L’évocation des paysages débouche sur une galerie de grands portraits des lettres et de la pensée qui ont modelé le destin des européens. « La vie est un voyage et nous ne sommes sur terre que des hôtes de passage ». Claudio cède à la tentation d’un voyage infini qu’il sait balisé par le cours du fleuve, ce qui lui permet de jouir d’une immense liberté. On remonte aux sources dont l’origine se discute encore. Quelque part dans la Forêt Noire, l’eau sort de terre dans un petit creux de coteau mais  le fondement de sa grande histoire fait encore défaut. On s’aperçoit « que la réalité tout entière ne se rattache à rien ». Derrière le rideau de feuillage, se révèle la culture des hommes, leurs rivalités resurgissent telle la défiance symbolique du Danube et du Rhin. « Le Rhin c’est Siegfried, la pureté germanique, l’héroïsme chevaleresque et l’impavide fatalisme allemand. Le Danube, c’est la Pannonie, le royaume d’Attila, c’est l’Orient, l’Asie qui déferle et détruit.Le livre est une odyssée de l’esprit qui dérive et résonne avec une force narrative magistrale. « Le Danube coule, large, et le vent du soir passe sur les terrasses en plein air des cafés, comme la respiration d’une vieille Europe qui se trouve peut-être aux franges du monde et ne produit plus de l’histoire, mais se contente d’en consommer, à l’image de Françoise, qui en ce moment approche sa belle bouche d’une glace… »

Jean-Marie Dinh

Claudios Magris Danube éditions Gallimard

Voir aussi : Rubrique Europe Claudio Magris les dangereuses frontières de l’Europe,

Meurtre d’un ancien membre du Sinn Fein qui espionna pour Londres

La police irlandaise a ouvert une enquête pour meurtre après la découverte, mardi 4 avril, du corps mutilé d’un ancien membre du Sinn Fein, Denis Donaldson, qui avait reconnu en 2005 avoir espionné ses camarades républicains irlandais pour le compte des forces de sécurité britanniques.

La découverte de l’homme, âgé d’environ 55 ans, a eu lieu dans le comté de Donegal, dans le nord-ouest de la République d’Irlande. L’Armée républicaine irlandaise (IRA), qui, comme le Sinn Fein, aspire à la fin de la présence britannique en Irlande du Nord, a démenti toute responsabilité dans la mort de Donaldson. « L’IRA n’est impliquée d’aucune manière dans la mort de Denis Donaldson », affirme un communiqué laconique de l’organisation. Gerry Adams, leader du Sinn Fein, a condamné lui aussi le meurtre, estimant qu’il risquait de porter un coup aux efforts pour rétablir dans ses fonctions le gouvernement biconfessionnel d’Irlande du Nord. « Il est probable que sa mort, à un moment pareil, vise à saboter les efforts en cours pour avancer sur le plan politique. Ceux qui ont commis ce meurtre sont de toute évidence hostiles au processus de paix », a-t-il dit.

« La police traite cette affaire comme un homicide et non pas comme un suicide », a déclaré le ministre de la justice irlandais, Michael McDowell. « Ils ont découvert le corps avec une blessure par balles à la tête », a-t-il expliqué à la chaîne Sky Television. Le gouvernement irlandais a par ailleurs condamné un « meurtre cruel », dans un communiqué : « Nous espérons que l’auteur de cet acte odieux, quel qu’il soit, sera livré aussi vite que possible à la justice. » Par la voix de son porte-parole, Peter Hain, secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, s’est dit « scandalisé par cet acte barbare ».

AU SERVICE DE LONDRES

Condamné en tant qu’artificier de l’IRA, Denis Donaldson a côtoyé en prison Gerry Adams, aujourd’hui chef de file du Sinn Fein, et dirigé la section internationale du mouvement républicain. Il avait été à nouveau arrêté en 2002 en compagnie de deux autres suspects et accusé d’espionnage au profit du Sinn Fein au sein de l’Assemblée d’Irlande du Nord, aujourd’hui en sommeil, créé en 1998 par les accords du Vendredi saint. Il avait par la suite reconnu avoir été pendant vingt ans agent au service des Britanniques. Vivant caché depuis ces révélations, il avait exprimé des regrets et présenté ses excuses à sa famille et au mouvement républicain. Gerry Adams avait expliqué en décembre 2005 que Donaldson s’était confié au parti après avoir été informé par la police du fait qu’il était sur le point d’être démasqué et que sa vie était en danger.

Le premier ministre britannique, Tony Blair, et son homologue irlandais, Bertie Ahern, sont attendus cette semaine en Irlande du Nord pour tenter de remettre sur pied le Parlement biconfessionnel de la province, dont les activités ont cessé il y a trois ans, en partie en raison des soupçons d’espionnage au profit du Sinn Fein qui pesaient sur Denis Donaldson.

Voir aussi : Rubrique Irlande, rubrique Grande-Bretagne,

Il y a quelque chose de raciste au royaume du Danemark

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Un jeans, baskets et tee-shirt écarlate, les cheveux faussement ébouriffés, le jeune homme a l’air d’un étudiant échappé de la faculté de médecine, dont il est diplômé depuis cinq ans. Les apparences sont trompeuses. En février 2004, Kamal Qureshi, député de nationalité danoise, d’origine pakistanaise et de confession musulmane, a eu l’audace de se présenter en costume traditionnel penjabi au bal royal des membres du Parlement. «Je voulais montrer qu’il était possible d’être intégré et attaché à sa culture d’origine.» Bien mal lui en a pris. Les populistes du Parti du peuple danois (DF) voient rouge et l’accusent d’«insulter le pays qui lui a donné la nationalité danoise». Sa tenue a suscité un débat national.

Depuis une dizaine de jours, dans son petit bureau au premier étage du palais de Christiansborg, qui abrite le parlement danois, le téléphone sonne sans interruption. Une poignée de volontaires, recrutée dans les rangs de la jeune garde du Parti socialiste populaire (SF, extrême gauche), se relaie pour prendre les messages et noter les rendez-vous. Journalistes, conseillers politiques, militants associatifs… On se dispute Kamal Qureshi, considéré par ses pairs comme ce que l’on fait de mieux en matière d’intégration au Danemark, et son analyse de la crise qui secoue le royaume.

Aujourd’hui, l’élu ose la métaphore : «Le Danemark était comme une forêt après des mois de sécheresse, qu’une seule étincelle suffirait à l’enflammer. Les dessins publiés par Jyllands-Posten ont provoqué l’incendie.» Il précise : «Je n’ai pas besoin d’être musulman pour me rendre compte que, depuis dix ans, le débat public s’est chargé de xénophobie.» Le Danemark ne serait-il donc plus ce petit pays tolérant, champion des droits de l’homme et de la démocratie, dont on aime à raconter que le monarque Christian X arbora l’étoile jaune pour protester contre les lois raciales imposées par les nazis ?

«Tolérés, mais jamais respectés»

Travailleur social et conseiller municipal à Copenhague, Manu Sareen est mal à l’aise face à la question. La trentaine, d’origine indienne, il se méfie des généralisations dont il a souvent été l’objet, en tant que «membre d’une minorité ethnique». Pourtant, il évoque un «racisme structurel». Des cas de discrimination de plus en plus fréquents. «Bien sûr, ce n’est jamais exprimé de la sorte. Mais les jeunes ne décrochent du travail que lorsqu’ils changent de nom. Les collègues qui rencontrent un enfant d’immigrés couvert de bleus affirment qu’il est maltraité par son père, sans même mener d’enquête.» A l’hôpital, l’infirmière coche la case «analphabète», sur le dossier d’une patiente portant le voile, avant de lui avoir adressé la parole.

Au milieu des livres et des coupures de journaux, dans son appartement de Copenhague, Bashy Quraishy, le bonnet vissé sur le crâne et une boucle à l’oreille, assure que le royaume a «toléré les musulmans, mais ne les a jamais respectés». La preuve, selon l’écrivain pakistanais, qui préside le Réseau européen contre le racisme : ils n’ont toujours ni mosquée ni lieu de sépulture. Le pays, dont les immigrés ne représentent que 6,4 % de la population totale, serait donc en train de payer son absence de politique d’intégration par une montée de «l’incompréhension mutuelle».

Fille de réfugiés pakistanais, Uzman est née au Danemark en 1975. Elle habite le quartier de Nörrebro, au nord-ouest de Copenhague, où vit une forte population d’immigrés. Pour elle, tout a changé après les attentats du 11 septembre 2001. «Du jour au lendemain, j’ai fait partie du groupe des musulmans, avec tous les préjugés qui l’accompagnent. Avant, on m’interrogeait sur ma religion. Maintenant, on ne me demande plus rien, car on est convaincu d’avoir toutes les réponses. Et lorsque j’ose m’opposer, on m’accuse de dissimuler la vérité

Le raz-de-marée électoral en faveur du Parti du peuple danois, quelques semaines plus tard, en novembre 2001, a encore aggravé le sentiment d’exclusion des étrangers et Danois issus de l’immigration. En raflant 12 % des voix, ce parti d’extrême droite, qui a mis le thème de l’immigration au centre de sa campagne, est devenu le troisième du pays, mais surtout une force d’appoint nécessaire au gouvernement minoritaire (dirigé par le Parti libéral) pour faire passer ses textes au Parlement. Dès le 1er janvier 2002, la présidente du parti, Pia Kjærsgaard, présentait sa liste de doléances au Premier ministre Anders Fogh Rasmussen.

«Le réveil a été brutal», admet Nils-Erik Hansen, secrétaire général du Centre de documentation et de conseil contre les discriminations racistes (DRC). Le Parti du peuple danois exige en effet la suppression des financements publics accordés depuis des années à une série d’ONG travaillant pour les droits des minorités ethniques. Le DRC est sur la liste. Quatre des cinq salariés doivent être licenciés. Le Conseil pour l’égalité ethnique disparaît. Et le Centre danois des droits de l’homme ne doit sa survie qu’à une directive européenne sur la suppression des traitements inégaux des minorités.

Simultanément, une série de lois est adoptée avec le soutien des sociaux-démocrates, qui viennent d’essuyer un cuisant revers électoral. «C’était brillamment joué, car les ONG étaient KO», remarque Nils-Erik Hansen. Accueil des réfugiés, statut des demandeurs d’asile, droit au regroupement familial… L’arsenal juridique, qui entre en vigueur un an plus tard, fait de la politique d’immigration danoise l’une des plus restrictives de l’Union européenne. Directrice du département national au Centre des droits de l’homme, Birgitte Kofod Olsen résume : «Nous vivons encore avec la perception d’être un peuple très tolérant, mais seulement à l’égard de « ceux qui sont comme nous », comme si nous n’avions pas compris que la multiplicité pouvait être quelque chose de bénéfique.»

Bolette Kornum est danoise, mais elle vient de demander la nationalité suédoise, «en signe de révolte». Etudiante en arabe, elle est partie faire sa maîtrise au Caire en 1999, où elle a rencontré un Egyptien. Ils se sont mariés, ont vécu en Egypte quelques années, puis ont décidé de s’installer à Copenhague. «Notre demande de regroupement familial a été rejetée, au prétexte que notre attachement au Danemark était moins fort qu’à l’Egypte.» Le calcul est simple : «Je parle l’arabe et mon mari ne parle pas le danois, et nous avions vécu quatre ans en Egypte contre seulement six mois au Danemark.» Cette condition de «l’attachement au Danemark» est l’une des restrictions qui a conduit trois mille Danois à l’exil en Suède ou en Allemagne. Ce n’est pas la moindre des contraintes que la loi du royaume impose aux couples mixtes : pour pouvoir convoler avec un(e) étranger(e), le ressortissant danois doit avoir au minimum 24 ans, déposer 50 000 couronnes (6 500 euros) dans une banque du pays, répondre à de drastiques conditions de salaire et de logement.

108 oeuvres «culturellement danoises»

A plusieurs reprises, Alvaro Gil-Robles, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a critiqué le durcissement des lois danoises. Il estime que certaines dispositions violent les conventions internationales sur le respect des droits de l’homme et constituent une barrière à l’intégration. Ses critiques sont partagées par le Haut Commissariat aux réfugiés et Amnesty International. Mais le gouvernement danois ne veut rien savoir. Le Premier ministre se vante, au contraire, d’avoir réduit de 80 % le nombre de demandes d’asile et de 65 % les candidatures au regroupement familial.

Après sa réélection haut la main, en février 2005, un nouveau tour de vis est donné. L’accès à la nationalité danoise est encore compliqué par des tests de langue et de culture générale plus difficiles. L’exemption dont bénéficiaient les réfugiés ayant enduré des tortures est supprimée. Elsebeth Gerner ielsen, députée de la Gauche radicale, fustige aussi «le canon culturel danois», établi à la demande du ministère de la Culture : une liste de 108 oeuvres qui composent désormais ce qu’il est admis de considérer comme «culturellement danois». Parmi les étalons du culturellement correct, la Petite Sirène, impérissable conte d’Andersen, ou les Idiots, l’un des films de Lars Van Trier.

Dès la fin des années 90, la ministre de l’Intérieur suggère de «parquer les demandeurs d’asile sur une île avant de les trier». Cette rhétorique, habituellement maniée par l’extrême droite, a, depuis, été adoptée par tous les grands partis, y compris les sociaux-démocrates. Le rédacteur en chef du quotidien Politiken, Töger Seidenfaden, évoque «une nouvelle orthodoxie qui s’appuie sur un consensus large des médias, au nom duquel il faudrait parler franchement des problèmes, sans retenue, en refusant le politiquement correct». C’est ainsi que la candidate d’extrême droite à la mairie de Copenhague qualifie les musulmans de «tumeur cancéreuse de la société».

«Déshumanisation de l’étranger»

Fin décembre, une douzaine d’écrivains danois ont publié un texte dans Politiken dénonçant la «légalisation des discours haineux». L’un d’entre eux, Hanne-Vibeke Holst, met en garde contre «la diabolisation d’un groupe par le langage, première étape vers la répression et la violence». Elle parle d’un «virus qui est en train d’infecter la société danoise» et conduit à une «déshumanisation de l’étranger». Plus tôt, une vingtaine d’anciens ambassadeurs danois avaient sommé le chef du gouvernement de prendre conscience du glissement de la société danoise, pour y remédier. A Noël, plus de 200 prêtres de l’Eglise luthérienne danoise ont prêché en faveur du dialogue et de la réconciliation. En réponse, le président du Parti libéral a décidé de quitter l’Eglise, dont il accuse les prêtres de se mêler de politique…

Enfin, un prêtre de campagne raconte comment ses paroissiens, qui ont pourtant voté à droite, se sont mobilisés pour empêcher le renvoi en Serbie d’un réfugié marié à une Kosovare, et père d’une fillette née au Danemark. L’histoire n’aurait rien d’inhabituel dans un pays où, selon l’enquête d’une université danoise, trois quarts des habitants n’ont jamais fréquenté d’étrangers ou de Danois d’origine étrangère. Beaucoup espèrent que dans cette société danoise où la députée de Gauche radicale Elsebeth Gerner Nielsen repère des relents des années 30, la crise des caricatures provoque un électrochoc salutaire. Les sondages, eux, incitent à moins d’optimisme : six Danois sur dix affirment qu’ils ont une vue plus négative sur l’Islam à la suite de ce conflit.

Anne-Françoise Hivert

Source : Libération 13/02/06

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PS : Les partisans du non planchent sur le droit du travail

Au cœur d’une semaine riche en mouvements sociaux, les partisans du non du parti socialiste héraultais se sont retrouvés mercredi pour évoquer les conséquences du projet de constitution européenne sur le droit du travail.

Heureuse coïncidence, c’est la veille du 10 mars que les militants socialistes de Nouveau monde, du Nouveau parti socialiste, et de Forces militantes, trois courants du PS favorable au non, se sont réunis toutes ouies autour de Gérard Filoche pour entendre et faire entendre l’analyse de cet ex inspecteur du travail sur le démantèlement du droit du travail induit par le projet de constitution européenne. Le texte constitutionnel européen présente-t-il une avancée pour les salariés européens ? Pour Gérard Filoche, la réponse est clairement non. Dans un langage accessible, ce membre du comité national du PS en a fait la claire démonstration en partant de la situation sociale française. Devant un parterre de 80 militants particulièrement attentifs, il a d’abord décrit l’avancée du travail des fondations. « On est en train de préparer le terrain au démantèlement du droit du travail qui devrait réellement se mettre en œuvre après les référendums. » a-t-il indiqué en donnant quelques indices d’anticipation comme la mise en application de l’ordonnance signée en juillet 2003 sur la modernisation et la simplification administrative. Celle-ci, donne déjà lieu à la suppression du registre des entreprises dont le caractère obligatoire servait de mémoire dans les négociations entre les salariés et les employeurs.

De même les nouvelles normes de modalité comptable « simplifié » ne laissent plus paraître le détail des cotisations sociales payées par le salarié. Un ensemble de détails qui ne passent pas inaperçus aux yeux d’un inspecteur du travail «  Il est important que les salariés aient connaissance de leurs cotisations. Cela constitue aussi des traces dans les cas de litiges. Par ailleurs, on s’oriente vers une prescription à 3 ans au lieu de 5 ans pour les plaintes liées au droit du travail. La prescription sur le retour compensateur devrait également être raccourcie. Ce qui concerne par exemple toutes les personnes victimes de l’amiante qui n’auront plus de recours possible.


A propos des 35 heures, Gérard Filoche est revenu sur la question brûlante des salaires. Contrairement aux dires du gouvernement, il rappelle qu’allonger le contingent annuel d’heures supplémentaires, revient à baisser les salaires de ceux qui feront ces heures supp’. En effet, lorsque le contingent annuel était de 130 h, chacune des heures en sus du contingent étaient majorées de 100 % Après la loi Larcher, la majoration de 100 % ne surviendra qu’après la 220 éme heure. Donc toutes les heures faites entre 130 h et 220 sont diminuées de 100% de la majoration en usage. La proposition autorisant le rachat d’heures versées au compte épargne-temps, (CET) permet de remettre en cause les congés payés: «
Cela nuit à la santé et à l’emploi. Pire : ces heures rachetées le seront au taux en usage, pas au taux des heures supplémentaires, d’où une deuxième baisse de salaire pour ceux qui seront contraints de subir ce système. En quelque sorte le rachat des heures du CET, c’est l’invention des heures supp’ à taux zéro. » devait ajouter ce partisan du non. «. C’est l’employeur seul qui décide des heures supplémentaires. Ne pas les faire peut être une faute sanctionnable. En aucun cas, ce n’est le salarié qui décide de travailler plus pour gagner plus. »


Dans le même registre Gérard Filoche s’oppose à la clause européenne de l’opt-out sur le temps de travail et à la directive Bolkestein. Qu’il qualifie de directives Dracula «
parce qu’elles craignent la lumière ». La première permet de sortir de la durée encadrée par le code du travail. La seconde institue le déportement de la main d’œuvre en appliquant les principes du pays d’origine et non les principes du pays où l’on travaille et son droit du travail. « Contrairement à ce que l’on peut entendre, il faut avoir conscience que rien n’est acquis sur le recul de ces mesures. Blair et Schröder se sont déjà prononcés pour. Ils font simplement le gros dos en attendant que les citoyens se prononcent sur la constitution.

En tant que membre du bureau national du PS, Gérard Filoche n’a pas manqué de partager ses inquiétudes sur le droit du travail avec le premier secrétaire du parti socialiste. Celui-ci lui a répondu avec le sens de la formule qu’on lui connaît : « Qu’il avait juridiquement raison mais politiquement tort

Jean-Marie DINH