London Calling

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De violents incidents — filmés en direct par les télévisions en continu — ont éclaté jeudi en milieu d’après-midi à Londres entre policiers et manifestants mobilisés contre la hausse des droits d’entrée à l’université, faisant plusieurs blessés de part et d’autres, selon les reporters de l’AFP et la police. Scotland Yard a annoncé dans un communiqué que deux officiers avaient été blessés, dont un grièvement au niveau de la nuque après avoir été frappé. Le deuxième homme appartenant à la police montée a été hospitalisé avec des blessures aux jambes. Selon des témoins, il est tombé de sa monture qui l’a piétiné, après une charge. Par ailleurs, plusieurs étudiants sont sortis d’échauffourées le visage ensanglanté, après une intervention des policiers armés de matraques qui tentaient d’empêcher les manifestants de gagner le Parlement où les députés débattaient d’un projet de loi sur les frais d’inscription à l’université.

« Fuck the police »

Avant d’être évacué pour subir des soins, Julyan Phillips, 23 ans, étudiant au Goldsmiths College de Londres, a déclaré à l’AFP, le crâne en sang: «J’étais sur la ligne de front, j’ai marché jusqu’au cordon de police, mains derrière le dos, pour leur expliquer que leur encerclement était amoral et inhumain». «Des types poussaient des barrières métalliques tout à côté, mais un policier a préféré me taper sur la tête», a-t-il ajouté. Des manifestants ont tenté en vain de renverser des barrières placées autour du Parlement. D’autres ont peint des slogans «policiers enc….» et «éducation pour les masses» sur la statue de l’ancien Premier ministre conservateur et chef de guerre Winston Churchill, située en face de la Chambre des Communes. Plusieurs fumigènes ont été lancés depuis les rangs des manifestants en direction de la police, qui avait du mal à contenir la foule. De nombreux étudiants brandissaient des pancartes demandant: «Supprimez les frais universitaires et les coupes budgétaires».

Mise en garde

londres-parlementDes milliers de personnes participaient à cette manifestation estudiantine, la quatrième organisée à Londres en un peu plus d’un mois. Les forces de l’ordre avaient mis en garde contre une répétition des violences survenues en marge de précédentes mobilisations estudiantines. Les députés doivent voter en fin d’après-midi le projet gouvernemental visant à relever le plafonnement des droits d’entrée à l’université, qui seraient portés d’ici 2012 de 3.290 livres (près de 4.000 euros) à 9.000 livres par an, «dans des circonstances exceptionnelles».

Les débats parlementaires étaient houleux, les libéraux-démocrates, partenaires clefs de la coalition gouvernementale aux côtés des conservateurs, faisant face à une rébellion de leur base.

AFP

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La loi sur la gestion du patrimoine immobilier des universités adoptée

Le Parlement a définitivement adopté, mercredi 1er décembre, une proposition de loi de sénateurs UMP permettant aux universités d’avoir recours au système des partenariats publics-privés, dits « PPP », pour gérer leur patrimoine immobilier. La ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a défendu ce projet, à l’initiative du sénateur Jean-Léonce Dupont (Union centriste) et qui s’inscrit dans le droit fil de la loi sur l’autonomie des universités. Voté par le Sénat le 17 novembre, il l’a été sans modification mercredi à l’Assemblée nationale et il est donc définitivement adopté.

Depuis la loi d’autonomie d’août 2007, les universités peuvent devenir propriétaires de leurs murs, l’Etat étant actuellement propriétaire de l’essentiel des 18,6 millions de m2 de foncier bâti des six mille trois cent cinquante établissements d’enseignement supérieur. Cinq universités (Clermont-I, Corte, Paris-VI, Poitiers et Toulouse-I) ont obtenu au début de novembre le feu vert pour devenir propriétaires de leur patrimoine immobilier. Michel Bouvard (UMP) a salué une loi qui « va débloquer des situations immobilières en attente ». L’opposition a voté contre. Le PS y a vu un « signe supplémentaire du désengagement de l’Etat », comme l’a affirmé Régis Juanico. Jean-Paul Lecoq (PCF) craint que le dispositif signe « une montée en puissance du secteur privé ».

AFP

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« L’égalité réelle » réveille le clivage droite/gauche au PS

Benoît Hamon se dit confiant sur l'adoption du texte sur l'"égalité réelle". Photo AFP.

Les critiques fusent au Parti socialiste, mardi 9 novembre, contre le projet « égalité réelle ». Plusieurs personnalités ont annoncé leur intention de s’abstenir ou de voter contre ce texte qui devait être présenté dans la soirée devant le conseil national du PS. Ces défections proviennent de l’aile droite du parti, alors que le texte, destiné à servir de socle au programme électoral du PS, a été préparé par Benoît Hamon, porte-parole du parti et leader de l’aile gauche. Les proches de François Hollande -qui compte se présenter aux primaires- ont annoncé au cours de l’après-midi qu’ils n’étaient « pas en mesure de voter ce texte en l’état ». Le projet « ne prévoit aucune hiérarchie dans l’ordre des priorités, ni calendrier dans sa mise en oeuvre, ce qui lui fait perdre cohérence et crédibilité », écrivent dans un communiqué les eurodéputés Kader Arif, Stéphane Le Foll, et les députés Bruno Le Roux, Michel Sapin et André Vallini. « Etant donné que les débats sur les priorités et les choix sont renvoyés à la convention sur le Projet puis aux primaires, nous nous abstiendrons lors du Conseil national », indiquent les signataires.

« Ne refaisons pas les années 70-80 au XXIe siècle »

Le député Pierre Moscovici s’est montré plus virulent. « Pour que je le vote, il faudrait qu’il soit très sérieusement changé », a-t-il prévenu mardi sur Europe-1. « Je pense que le socialisme ne doit pas être un retour à une forme d’étatisme et donc on ne peut pas être en train d’empiler des allocations universelles ». « Ne refaisons pas les années 70-80 au XXIe siècle », a-t-il lancé, tout en précisant que le texte comporte « beaucoup de bons éléments ».

Le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen a pour sa part jugé que le texte manquait de hiérarchie et de réalisme. « Il va falloir, pour être un parti de gouvernement, un parti crédible aux yeux des Français, hiérarchiser nos priorités, ce que le texte ne fait pas. Les propositions sont là, mais il faut les ordonner », a-t-il déclaré sur Europe-1. « Il manque le chiffrage, il manque la base essentielle », a pour sa part prévenu le député Manuel Valls, qui a prévenu qu’il ne votera pas « en l’état » le texte sur l' »égalité réelle ».

Des propositions anti-inégalité

Le texte de Benoît Hamon présente un éventail de propositions anti-inégalité dans le domaine de la santé, des discriminations, du logement ou de l’éducation. Il a été passé au crible, pendant de nombreuses heures lundi soir, lors d’une commission des résolutions du parti.

Le texte sera-t-il finalement adopté mardi soir ? Benoît Hamon s’est dit « très confiant ». « Ce travail est un travail collectif qui a reçu l’engagement, l’implication et les commentaires de dirigeants politiques comme Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Martine Aubry, Vincent Peillon, ces gens se sont engagés », a déclaré le porte-parole du PS.

« On a fait 200 auditions, on a plongé dans la France qui souffre et en même temps qui espère pendant cinq mois », a-t-il fait valoir. Et d’ajouter que « ceux qui de toutes façons critiquent » sont « toujours un peu toujours les mêmes ». Benoît Hamon a souligné qu’il y avait eu un « gros débat sur l’éducation » et qu’une bonne cinquantaine d’amendements » avaient été intégrés.

BL  Nouvelobs.com 09/11/10

Un PS divisé adopte le texte sur les inégalités

Le Parlement du PS a en effet voté mardi, à une large majorité, ses propositions sur l' »égalité réelle », un des textes phares du parti dans la perspective de 2012 élaboré sous la houlette du porte-parole du PS, malgré des résistances de certains comme François Hollande, Manuel Valls ou Pierre Moscovici.

C’est par 59 votes pour et 12 abstentions que le document a été adopté en début de soirée. Ce texte de 45 pages présente un éventail de propositions contre les inégalités dans le domaine de la santé, des discriminations, du logement ou de l’éducation.

« Ce travail est un travail collectif qui a reçu l’engagement, l’implication et les commentaires de dirigeants politiques comme Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Martine Aubry, Vincent Peillon: ces gens se sont engagés », a fait valoir Benoît Hamon.

A son arrivée au Conseil national à l’Assemblée nationale, Martine Aubry avait dénoncé les critiques. « Certains semblent un peu pressés, je préfèrerais qu’ils soient plus pressés à nous faire des propositions », a dit la patronne du PS, dénonçant les « postures » -sans les nommer- de candidats aux primaires.

A l’adresse de ceux-ci qui critiquent notamment l’absence de chiffrage, elle a lancé: « Bien évidemment, nous travaillons sur les marges de manoeuvre et c’est en mars, avril prochain que nous formerons nos priorités ». « C’est un texte de choix de société, pas de dépenses publiques », a affirmé Jean-Marc Germain, directeur de cabinet de Martine Aubry.

« Ce qui m’intéresse, c’est que 99% du PS a compris que les Français voulaient qu’on soit tourné vers eux, qu’on apporte des réponses nouvelles » et « innovantes », a ajouté Martine Aubry.

Un PS divisé sur ce volet du projet

Devant le Conseil national, elle a martelé que « l’égalité réelle, c’est la véritable crédiblité des socialistes aujourd’hui », en réponse aux critiques sur les propositions irréalistes. « Notre voie: forcément à gauche car c’est cela qui portera notre crédibilité ».

Après les autres volets du projet présidentiel pour 2012 (économie, rénovation et international), cette quatrième et dernière Convention a recueilli un nombre conséquent d’abstentions, mettant à mal l’unité tant affichée du parti. « On rentre dans les primaires », commentait-on, pour expliquer cette tension. Mais « 12 abstentions pour Hollande et Moscovici, c’est pas beaucoup! », persiflait un dirigeant.

L’ex-Premier secrétaire François Hollande et ses amis ont décidé l’abstention, estimant que le texte ne prévoyait « aucune hiérarchie » de priorités, « ni calendrier ».

Autre leader critique, le strauss-kahnien Pierre Moscovici a annoncé qu’il s’abstiendrait également. « L’unanimisme sans concertation n’est pas possible », a jugé l’ancien ministre déplorant une « forme d’opacité des lieux d’élaboration ». « Le PS n’a pas à avoir peur des débats, de sa diversité », confiait-il.

Pour Manuel Valls, candidat déclaré aux primaires, « il manque le chiffrage », « la base essentielle », « nous ne pouvons pas tout promettre ».

Et le fabiusien Guillaume Bachelay d’ironiser: « Je veux rassurer nos camarades qui s’alarment d’une gauche qui promettrait tout: le premier danger serait une gauche qui ne changerait rien ».

Après le Conseil national, les militants voteront le 2 décembre. Le texte définitif sera entériné le 11 décembre en convention nationale.

AFP 10/11/10

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Jeunesse : une ambiance électrique en ville

Situation d'abandon

A Montpellier les lycéens opposés à la réforme des retraites ont continué à se mobiliser lundi dans des rassemblements épars, lors d’une journée marquée par de nouveaux affrontements. La quasi-totalité des lycées étaient à nouveau bloqués hier matin. Devant les lycées, la  relation entre les manifestants et le personnel des établissements semble s’être améliorée grâce au dialogue qui s’est instauré. La fermeté des blocus dépend du degré de mobilisation. Les élèves qui le souhaitent peuvent généralement accéder aux salles de cours, qui sont bien souvent annulés faute de participants.

En ville, la situation reste tendue.  » On est constamment sur le qui-vive, témoigne Léa du lycée Clemenceau. Ce matin des fauteurs de trouble s’en sont pris à des lycéens en grève qui tentaient d’éteindre un feu de poubelle. » Des échauffourées ont également eu lieu au lycée privé la Merci qui envisage de fermer jusqu’à la fin de la semaine si les troubles se poursuivent. Dans la matinée, la BAC est intervenue au lycée privé Nevers où des jeunes ont fait face aux CRS avant de se disperser. Au lycée Joffre, une tentative d’incendie a été contenue par des parents d’élèves avec le soutien d’enseignants.  » On tente d’assurer une présence adulte continue, explique une mère sur place depuis l’aube, mais nous ne sommes pas assez nombreux. « 

En fin de matinée, le maire  Hélène Mandroux a interrompu une conférence de presse pour se rendre au lycée Léonard de Vinci où la loge d’entrée a été brûlée ainsi que le système d’alarme suite à un jet de projectile incendiaire. Les forces de l’ordre ont procédé à trois interpellations de mineurs du Lycée Mendès France mis en garde à vue pour avoir lancé des projectiles. Pour l’instant, les interventions du dispositif policier restent mesurées. Avec un certain succès puisque l’on ne déplore aucun incident physique grave, mais la tension monte.

Aujourd’hui l’intersyndicale, que l’on ne voit pas sur les blocus, assurera la sécurité des jeunes dans la manif. Le mouvement des lycéens se prolongera probablement au moins jusqu’à la fin de la semaine, date des vacances de la Toussaint. Jeudi, les lycéens et les étudiants de l’Hérault devraient défiler à Montpellier pour faire valoir la situation d’abandon criante de la jeunesse.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : rubrique Montpellier mobilisation lycéenne La détermination des lycéens ne faiblit pas,  La force de la liberté s’engouffre dans la ville, rubrique  Education Réforme des lycées le diable est dans les détails, Réforme des lycées une mauvaise copie pour le FSU , Rapport de la cours des comptes, Comment achever l’éducation NationaleSympa le logiciel du ministère allergique à la fusion, rubrique Justice, Base élèves invalidé par le Conseil d’Etat,

La détermination des lycéens ne faiblit pas

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Clemenceau où les barrages ponctuels sont régulièrement forcés par des automobilismes violents

Le mouvement des lycéens ne faiblit pas et s’étend sur Montpellier. La quasi-totalité des établissements avaient reconduit le blocage en AG la veille au soir. Hier, dans l’ensemble, les marches sur la ville se sont déroulées dans le calme. « Jeudi soir, nous avons fixé comme objectif prioritaire de consolider notre présence sur le blocus des établissements et de réduire les manifestations en ville. Nous rejoindrons la manifestation samedi. Et reprendrons les blocus dès lundi », indique Maud la coordinatrice du lycée Joffre. Un groupe de lycéens est venu prêter la main aux élèves du lycée privé Nevers où les cours ont été suspendus à midi. Dans la matinée, le lycée professionnel Jules Ferry/La Colline a également rejoint le mouvement. Devant les barricades de fortune, la situation semblait plus apaisée que jeudi au centre-ville (voir notre édition d’hier). Une évolution sans doute liée aux accords passés entre les responsables lycéens et les proviseurs.

Violences policières

En revanche des incidents opposant la gendarmerie aux lycéens ont eu lieu hier matin au lycée Pompidou de Castelnau-le-Lez. « Nous avions commencé un blocus symbolique jeudi en laissant passer ceux qui souhaitaient se rendre en cours, témoigne Marine Albertine. Ce matin en arrivant, il y avait des policiers municipaux et des gendarmes, une quinzaine au total, qui ont voulu nous empêcher de prendre des poubelles. Un des lycéens n’a pas lâché la poubelle et leur a lancé un mauvais regard, ils lui sont tombés dessus en le matraquant. Un gendarme a sorti son taser (pistolet électrique), je crois qu’il l’a utilisé. Puis ils sont entrés avec lui dans l’établissement. » Un incident, confirmé par plusieurs témoignages, que dénoncent les Jeunes Verts de Montpellier qui condamnent « l’usage par la police d’une violence démesurée à l’encontre des lycéens qui tentaient de bloquer pacifiquement leur lycée ». « Nous on ne veut pas de violence. On respecte la démocratie en laissant passer ceux qui veulent aller en cours. Si ca se passe comme ça on lèvera le blocus », conclut cependant Marine.

Par ailleurs, le lycée privé La Merci a été évacué dans la matinée en raison des fumées s’élevant à partir de poubelles enflammées. Le fait relèverait d’une bande de lycéens qui circule dans la ville en commettant diverses dégradations. « Depuis lundi, il sont venus à plusieurs reprises pour enflammer les poubelles et s’en prendre à nous », témoignent les élèves qui tiennent le blocus au lycée Clemenceau.  En ville, la police nationale a procédé à deux interpellations de mineurs auteurs présumés d’incendies de poubelles. Ils ont été relâchés et seront présentés au juge des enfants. « Tous nos effectifs sont mobilisés », indique-t-on de source policière. Mais force est de constater un certain attentisme. Notamment sur l’avenue Clemenceau où les barrages ponctuels mis en place par les lycéens sont régulièrement forcés par des automobilismes violents, tandis que plusieurs véhicules de police sont stationnés place St Denis plutôt qu’en amont du barrage. « C’est comme ça depuis lundi, observent les commerçants de la rue. Les jeunes sont livrés à eux mêmes et font n’importe quoi. On voit parfois des syndicalistes qui passent le matin restent dix minutes puis repartent. On appelle la police plusieurs fois par jour. Ils ne sont jamais venus. » La contestation de la jeunesse se poursuit mais appelle de toute évidence une plus grande participation des adultes.

Jean-Marie Dinh

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