Le président de la République, toujours déterminé à moderniser la France, a lancé la réforme territoriale, en affirmant qu’il « irait jusqu’au bout ». Autrement dit il saura résister à la grogne, voire même à la fronde des élus locaux. Le comité Balladur a été chargé de préparer cette réforme. En vérité, depuis plusieurs mois, les partisans du président répètent à l’envi que l’organisation territoriale de la France est trop compliquéeet surtout qu’elle est une source de coûts supplémentaires. Mais qu’en est-il ? Cette réforme territoriale, plus qu’une modernisation urgente de la France, est un retour de la centralisation et du contrôle de l’État, moyen de reprendre le contrôle des collectivités territoriales majoritairement à gauche depuis les élections régionales de 2004.
Il croûle sous une des dettes les plus élevées du monde, emprunte plus qu’il ne gagne et refuse d’envisager de nouvelles sources de revenus: ce qui, pour un particulier, mènerait à la saisie et l’interdiction bancaire n’attire à l’Etat japonais que des sermons vite oubliés.
Alors que la situation budgétaire de la Grèce, du Mexique ou de Dubaï agitent ces dernières semaines les marchés mondiaux, le Japon, malgré des finances publiques dans un état tout aussi désastreux sur le papier, ne semble inquiéter ni les investisseurs, ni les agences de notation.
Pour la première fois depuis 1946, le Japon va émettre plus de dette qu’il ne percevra d’impôts lors de l’année budgétaire 2009-2010, qui s’achève fin mars. Selon l’OCDE, qui admoneste régulièrement Tokyo à ce sujet, son déficit budgétaire dépassera les 10% du produit intérieur brut l’an prochain. Sa dette publique flambera à 204% du PIB: en la matière, seul le Zimbabwe fait pire.
A l’origine du problème: les plans de relance mis en oeuvre à répétition depuis les années 1990, ainsi qu’un système fiscal peu lucratif pour l’Etat, avec notamment une taxe sur la consommation exceptionnellement basse pour un pays développé (5%). De plus, le nouveau gouvernement de centre-gauche de Yukio Hatoyama s’est engagé à n’augmenter aucun impôt avant 2013.
« Si nous étions le Botswana, on verrait immédiatement que nous prenons l’eau. Mais le Japon est comme le Titanic: notre économie est tellement grosse que personne ne s’aperçoit que nous coulons », déplore Noriko Hama, économiste à la Doshisha Business School de Kyoto.
N’importe où ailleurs, pareille situation budgétaire « mènerait droit à une annulation forcée de la dette ou même à l’instauration d’un Etat fasciste », poursuit-elle. Mais pas au Japon, dont la dette continue de jouir du troisième ou quatrième meilleur score possible chez les agences de notation.
« Le montant de la dette, en soi, ne dit pas tout concernant les qualités du Japon en tant que débiteur », justifie James McCormack, analyste chez Fitch.
« Des taux d’intérêt très bas permettent à l’Etat de contracter une dette exceptionnellement lourde, tout en déboursant des intérêts identiques à ceux que doivent payer d’autres pays dont l’endettement est moindre », explique-t-il.
M. McCormack met également en avant « l’énorme stock d’épargne » des Japonais, dans lequel le gouvernement a encore bien de la marge pour puiser.
Autre facteur positif: la dette nippone est, à plus de 93%, détenue par des investisseurs japonais. Dans un pays en proie à une déflation record et où la Bourse a chuté de près de 75% en 20 ans, des bons du Trésor au rendement de l’ordre de 1,3% continuent d’offrir un taux d’intérêt réel intéressant.
Cette quasi-absence de dette en devises rend improbable un scénario de crise du type Mexique ou Argentine. « Il est toujours possible de monétiser une dette en monnaie locale », rappelle Hervé Lievore, stratège chez AXA.
La monétisation consiste à faire tourner la planche à billets pour acheter les nouveaux bons du Trésor. Une pratique dangereuse, génératrice d’hyperinflation et que la Banque du Japon a exclue, mais qui, en dernier recours, reste toujours préférable à la faillite de l’Etat.
« Le seul rayon de soleil, dans cet affreux problème de la dette, est qu’elle est entièrement détenue à l’intérieur du pays et donc beaucoup plus gérable », notait le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria, de passage fin novembre au Japon. « La question est: quand cela va-t-il commencer à inquiéter les marchés? Eh bien, nous ne voulons pas le savoir, car alors il sera trop tard ».
Les sénateurs ont adopté par 60 voix contre 39 le projet de loi sur la couverture maladie, qui vise à rendre l’assurance santé plus accessible aux Américains.
Le président des Etats-Unisa qualifié d' »historique » le vote jeudi 24 décembre par le Sénat de la réforme de la couverture maladie, l’une des mesures phares du début de son mandat. « Lors d’un vote historique qui a eu lieu ce matin, les sénateurs ont rejoint leurs collègues de la Chambre (des représentants) pour adopter une réforme de l’assurance maladie qui fera date », a affirmé Barack Obama. Ce texte de loi « nous rapproche de la fin d’une bataille de près d’un siècle pour réformer le système de santé américain », a poursuivi le président lors d’une allocution à la Maison Blanche.
94% des Américains de moins de 65 ans couverts
LeSénataméricain a adopté dans la matinée le projet de loi sur la couverture maladie, l’une des mesures clé du programme de réforme du président Barack Obama visant à rendre l’assurance santé plus accessible aux Américains. Le projet de loi de la chambre haute vise à fournir une couverture à 31 des 36 millions d’Américains qui en sont dépourvus. Au total, avec le projet de loi du Sénat, 94% de l’ensemble des Américains de moins de 65 ans seraient couverts. Les personnes plus âgées bénéficient déjà d’une couverture fournie par l’Etat fédéral appelé Medicare. Les sénateurs ont approuvé le texte par 60 voix contre 39, soit sans aucune voix de l’opposition républicaine.
Plusieurs mois de négociations
Le vote met un terme à plusieurs mois de négociations entre la majorité démocrate et la Maison Blanche, ainsi que de nombreuses discussions avec l’opposition républicaine. Mais les débats au Congrès ne s’arrêtent pas là. Le texte devra encore être fusionné avec celui déjà voté à la Chambre des représentants le 7 novembre. Une version définitive devra ensuite être envoyée au président Barack Obama pour promulgation. Les chefs démocrates des deux chambres espèrent envoyer le projet de loi à la Maison Blanche avant le discours sur l’état de l’Union, qui a lieu traditionnellement durant la dernière semaine de janvier.
Le chef de la majorité a d’abord dit « non »
Les 60 sénateurs de la majorité s’étaient mis d’accord dès les petites heures de lundi sur un texte de compromis en votant sur la clôture des débats. En début de semaine, il était encore question d’un vote jeudi soir, mais démocrates et républicains se sont mis d’accord pour éviter un vote en plein réveillon de Noël. Le projet de loi a finalement été adopté à 7h15 locales (12h15 GMT). Signe de l’épuisement des parlementaires après des semaines de tension, le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, a d’abord dit « non » au projet de loi pour lequel il a combattu d’arrache-pied, avant de se reprendre et de déclarer « oui », suscitant l’hilarité de ses collègues.
Une volonté qui date de Roosevelt
La réforme, sur laquelle plusieurs générations d’hommes politiques depuis le président Theodore Roosevelt (1901-1909) ont planché sans pouvoir la concrétiser, devrait marquer la présidence de Barack Obama. « Depuis que (le président) Teddy Roosevelt a le premier appelé à une réforme en 1912, sept présidents, démocrates ou républicains, s’y sont attelés. A chaque fois, ces efforts ont été bloqués par des groupes d’influence souhaitant un statu quo plus profitable au secteur des assurances qu’aux Américains », a rappelé le président. « Mais avec le vote de projets de loi tant à la Chambre qu’au Sénat, nous sommes désormais tout près de tenir la promesse d’une réforme réelle et significative qui apportera davantage de sécurité et de stabilité aux Américains », s’est-il félicité. « Ce ne sont pas de petites réformes, ce sont de grandes réformes. S’il est adopté, ce (texte) sera la législation sociale la plus importante depuis l’instauration de la Sécurité sociale (le système de retraites, ndlr) dans les années 1930 », a conclu Barack Obama.
Un projet de loi qui permet au gouvernement chinois de mobiliser la plupart de sa population adulte pour des fonctions de défense nationale a été soumis à la session en cours de la plus haute législature chinoise pour une deuxième lecture. Tous les hommes âgés de 18 à 60 ans et les femmes âgées de 18 à 55 ans devront prendre part au combat et aux missions de sauvetage, et aider à maintenir l’ordre publique dès la déclaration de mobilisation de la défense nationale, indique le projet de loi.
Le projet de loi a été soumis à la session en cours du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), qui a commencé mardi. Seules les personnes travaillant dans les écoles élémentaires, les jardins d’enfants, les orphelinats, d’autres organismes de bien-être social et aux Nations unies seront exemptées. Le projet de loi donne le pouvoir de déclarer la mobilisation nationale au Conseil des Affaires d’Etat (gouvernement chinois) et à la Commission militaire centrale alors que « la souveraineté, l’unité, l’intégrité territoriale du pays et la sécurité nationale sont directement menacées ».
À l’occasion de l’ouverture de la COP21 à Paris, retour sur le discours prononcé par Hugo Chávez, ex-président de la République du Venezuela, au Sommet Climatique des Nations Unies à Copenhague (COP15) le 16 décembre 2009. Dans cette prise de parole engagée, M. Chávez fait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques. Selon lui, le capitalisme est intrinsèquement lié à la crise environnementale et combattre l’un ne peut se faire sans combattre l’autre. 5 « COP » plus tard, son discours, qui met en garde contre les échecs répétés des grandes conférences climatiques, semble toujours d’actualité.
Toutes les grandes conférences internationales sur le climat ont été un échec jusqu’à aujourd’hui. Lors de chaque nouvelle conférence, la panique est de plus en plus grande et des moyens plus élevés sont injectés dans des discussions dont rien ne semble aboutir. Et pour cause, les bases mêmes des rouages productivistes ne sont pas questionnés. En 2009, pour la COP15, M. Chávez prenait la parole devant les Nations Unis, à l’occasion du Sommet Climatique de Copenhague. Outre son orientation politique qui lui est propre, ainsi qu’au peuple qu’il représente (majorité chrétienne), il va tenir un discours d’une étonnante clarté sur notre incapacité à mettre en cause les rouages profonds du système qui accable l’environnement, dont la course effrénée à la croissance ininterrompue et le cercle prétendument vertueux de la production / consommation.
Surtout, il est l’un des premiers à faire le lien publiquement entre les inégalités de richesses au niveau international et les inégalités face à la crise climatique – thèse développée dans le dernier livre de Naomi Klein : Tout peut changer – Capitalisme et changement climatique). Aujourd’hui, on constate que les plus touchés par le changement climatique sont en effet les plus pauvres. Ce sont pourtant les habitants des pays… qui ont le moins contribué au réchauffement. On notera également que M. Chávez rendit un bel hommage à Hervé Kempf, directeur du journal Reporterre, devant les représentants de l’ONU.
En dehors de tout parti pris partisan, ce discours face à tous les chefs d’États semble sortir des normes en proposant une vision alternative de la question écologique : sortir du capitalisme débridé pour prendre collectivement des décisions qui réguleraient le marché en faveur de la préservation de l’environnement. Faut-il faire émerger un éco-socialisme ? À chacun d’en juger.
« L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. »