Grèce: les transports et la poste privatisés

Les manifestants traites aux gaz lacrimogenes devant le parlement

Tandis que la population  grecque est mise au régime sec, les multinationales débutent leur banquet !

Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, a annoncé, ce mercredi, un vaste programme de privatisations sur trois ans dans les secteurs des transports, de la poste et de l’énergie qui devrait rapporter environ un milliard d’euros par an.«La décision du gouvernement est d’accélerer les procédures de privatisation de ces secteurs afin de valoriser l’importante fortune de l’Etat», a expliqué le ministre lors d’une conférence de presse.

Le gouvernement veut vendre «très prochainement» 49% de Trainose, la filiale transport du groupe ferroviaire public OSE, 10% des parts des eaux d’Athènes (Eydap) et 23% des eaux de Salonique, ville dans le nord (Eyath), ainsi que 39% des Postes helléniques (Elta). Les recettes prévues par ce programme doivent «s’élever à environ un milliard d’euros par an d’ici 2013», conformément au memorandum signé en mai par la Grèce avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) pour redresser les finances publiques, a affirmé le ministre.

AFP

Elias Sambar : « Rien d’autre qu’un passeur de l’humanité palestinienne »

Elias Sambar. Photo Rédouane Anfoussi.

ELIAS SAMBAR est Ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco son dictionnaire amoureux de la Palestine livre une approche à la fois profonde et fluide.

A propos de la Palestine, vous évoquez le trouble comme la difficulté d’évoquer un pays qui n’existerait pas encore. La rédaction de ce dictionnaire a-t-elle contribué à un éclaircissement ?

« Cela n’a pas éclairci ma position sur le fond. Mais chaque mise en forme écrite implique une reprécision qui n’est pas une redécouverte. Ce qui est intéressant et sympathique dans la rédaction d’un dictionnaire, c’est la forme éclatée en apparence. Ce ne sont pas des informations parcellaires, il revient au lecteur de faire les liaisons. A première vue ces liaisons n’existent pas en réalité, elles font partie d’un squelette invisible qui suppose que l’auteur soit parfaitement clair dans ses idées.

Comment avez-vous travaillé sur les entrées ?

Les entrées fonctionnent en écho. Un dictionnaire peut être lu par tous les bouts. Ce qui offre au lecteur un rapport plus libre. J’ai pris plaisir à construire ce livre. Le jeu des échos correspond à ma façon de travailler. Je commence sur une entrée et je poursuis en me demandant ce qui résonne avec ces propos.

Vous rendez hommage à beaucoup  de vos amis, Darwich, Farouk Mardam-Bey, Genet, G.Deleuze, Daniel Bensaïd… dont la pensée trouve place au sein du livre. A propos d’Edward Saïd* vous évoquez un différent relatif aux accords d’Oslo ?

Il pensait que l’analyse n’était pas la bonne et la façon de s’y prendre non plus, ce en quoi je le rejoignais. Notre éloignement n’était pas lié au bilan des accords mais au fondamental. Pour moi la négociation n’était pas le plus important. J’avais la conviction et je l’ai toujours, que l’élément majeur se situait dans le principe d’une reconnaissance mutuelle. Oslo marque le point à partir duquel le nom Palestine redevient réel. Il y a évidemment les reculs et les épisodes en dents de scie, le développement monstrueux des colonies qui ont triplé depuis l’accord (signé en septembre 1995) mais après avoir été nié par la terre entière le nom Palestine a resurgi de l’absence. Pour moi Arafat reste l’homme qui a symbolisé le retour de ce nom.

En quoi consiste votre fonction au sein de l’Unesco ?

Sur les 193 Etats membres, la Palestine est le seul pays occupé. Je m’occupe des questions relatives à l’éducation, la science, la culture, le patrimoine mais dans un contexte plutôt particulier. Il est difficile d’imaginer les efforts qu’il faut déployer pour attribuer des bourses aux étudiants de Raza. Il faut par exemple trois mois pour acheminer un simple virement puisque l’argent est systématiquement suspecté d’alimenter la résistance.

Ce dictionnaire permet d’éclairer l’actualité à partir du regard d’un intellectuel…

J’ai tenté d’aborder cet ouvrage avec sérieux et une certaine légèreté. Il me semble très important de briser la déhumanisation du peuple palestinien. Car celle-ci existe à travers le traitement infligé par Israël mais aussi par leurs propres amis qui ne considèrent les Palestiniens que comme des héros ou des victimes. Moi je suis quelqu’un comme tout le monde, rien d’autre qu’un passeur de l’humanité palestinienne.

Quel est votre regard de diplomate cette fois, sur ce qui vient de se passer ?

Par delà la grosse infraction au niveau du droit, Israël vient de commettre une erreur politique grave. On en voit les résultats aujourd’hui. Au-delà des condamnations unanimes il y a, le fait que le gouvernement israélien vient de casser le discours qu’il a toujours tenu à savoir que le pays est menacé. Avec cette affaire, tout le monde a compris qui est l’agresseur. Le second point c’est que par cette action Israël vient elle-même de mettre fin au siège de Gaza. Puisque dans les heures qui ont suivi, l’Egypte a réouvert ses frontières sans limite de délais. De facto la frontière est ouverte ».

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Dictionnaire amoureux de la Palestine, éditions Plon 24,5 euros.

Voir aussi : rubrique Israël Le rapport de l’ONU sur Gaza , Le discours de Netanyahu torpille les initiatives de paix, Documentaire, Mort de Rachel à Rafah, conflit israélo-palestinien Repère sur la guerre de Gaza, Livre, Edward Saïd la question de Palestine, Histoire Accords de Camp David,

Une erreur informatique fait plonger les Bourses japonaises

Photo Reuter.

La société de courtage Deutsche Securities a reconnu ce mercredi avoir émis la veille, par mégarde, un ordre de vente pour un montant de 16.700 milliards de yens (150 milliards d’euros) à la Bourse japonaise d’Osaka, une erreur qui a provoqué une baisse des marchés japonais. Cette filiale de la banque allemande Deutsche Bank a lancé sans le vouloir mardi, juste après l’ouverture de la Bourse d’Osaka, une instruction de cession de près de 6 millions de contrats à terme.

«Il y a eu une erreur informatique dans notre système automatique et un ordre de vente a été envoyé de façon répétée», a expliqué Aston Bridgman, un porte-parole de Deutsche Bank. Le volume immense des offres cumulées a représenté dix fois le montant moyen des échanges quotidiens à la Bourse d’Osaka, la deuxième du pays. Atteint par répercussion, l’indice Nikkei 225 des valeurs à terme de la Bourse de Tokyo a perdu 110 points lors de la prise en compte de cet ordre, soit plus de 1%.

Les gendarmes des Bourses japonaises ont ouvert une enquête. «Dès que l’erreur a été identifiée, nous avons immédiatement annulé l’ordre pour 99,7% du montant de l’opération. Nous cherchons actuellement les raisons du problème du logiciel», a précisé Bridgman. Finalement, 55 milliards de yens (500 millions d’euros) de contrats seulement ont été effectivement vendus. La banque a procédé à cette opération en son nom propre, et pas pour le compte de clients.

Il y a un mois, la Bourse de New York avait émis l’hypothèse d’une possible erreur humaine, après le brusque décrochage, d’une ampleur historique. Vingt minutes, montre en main, de chute vertigineuse dans un contexte boursier déjà tendu suite à la faillite grecque et à celle de l’euro en général.

Conséquence directe de ce bug inattendu, des centaines de milliers d’ordres de vente ont été passés sans aucune raison, et les valeurs du Nasdaq et du New York Stock Exchange ont durement accusé le coup. Première touchée, l’action de Procter & Gamble, bien sûr, qui a dégringolé sans prévenir de 37% avant de finir en baisse à 2,3%. L’indice des trente plus grandes valeurs américaines s’est ensuite repris pour finir en recul de 347,80 points (-3,20%).

Cette nouvelle affaire met en tout cas au jour la fragilité d’un marché dont les transactions sont gérées à vitesse grand V par des outils informatiques complexes de trading, qui autorisent une spéculation plus rapide que l’éclair. Une réalité qui fait peser sur les courtiers une pression d’autant plus forte.

AFP

Voir aussi : rubrique Finance Le grand Krach automatique, la City zen, Sous pression L’UE, répond aux marchés,

Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama démissionne

Le vice-Premier ministre Naoto Kan pourrait lui succéder. Yukio Hatoyama est le quatrième chef de gouvernement à démissionner en 4 ans au Japon .

Yukio Hatoyama a démissionné de son poste de Premier  ministre du Japon (AFP) (AFP)

Yukio Hatoyama a démissionné de son poste de Premier ministre du Japon (AFP)

Le Premier ministre japonais de centre-gauche Yukio Hatoyama a annoncé sa démission mercredi 2 juin, après avoir atteint un niveau d’impopularité impressionnant en moins de neuf mois à la tête du pays. L’actuel vice-Premier ministre et ministre des Finances, Naoto Kan, 63 ans, apparaît, selon les médias, comme le candidat le mieux placé pour lui succéder.

Lors d’une réunion des principaux responsables de sa formation, le Parti Démocrate du Japon (PDJ), le désormais ex-Premier ministre a déclaré qu’il avait également demandé la démission du secrétaire-général du parti Ichiro Ozawa, inquiété à plusieurs reprises par la justice pour financement occulte. « Le travail du gouvernement n’a pas été bien compris du public. Nous avons perdu son écoute », a-t-il reconnu.

Héritier d’une riche dynastie politico-industrielle souvent comparée aux Kennedy, il avait remporté triomphalement les élections législatives en août dernier et avait été élu au poste de Premier ministre le 16 septembre. Crédité d’un taux de popularité de plus de 70% au début de son mandat, il a très rapidement entamé une dégringolade dans les sondages en raison essentiellement de ses volte-face et de son manque de décision.

Lâché par le PDJ

Il a cité deux raisons à son départ: la gestion désastreuse du déménagement de la base américaine de Futenma sur l’île d’Okinawa (sud) et les scandales de financement occulte qui ont également éclaboussé son entourage. Selon l’agence de presse Jiji, le PDJ devrait se réunir vendredi pour élire un nouveau président, qui sera ensuite soumis au vote des deux Chambres du Parlement. La pression montait depuis plusieurs jours sur Yukio Hatoyama, dont la cote de popularité avait chuté en dessous des 20% d’opinions favorables. Plusieurs responsables du PDJ réclamaient son départ afin de sauver les chances des candidats de la majorité aux élections sénatoriales du 11 juillet.

« Supporter le fardeau »

Le plus grand reproche que lui font les Japonais est d’avoir rompu sa promesse électorale de retirer la base de Futenma d’Okinawa. Ce renoncement a fait voler en éclats la coalition gouvernementale tripartite de centre-gauche formée entre le PDJ et deux petites formations. Le Parti Social-Démocrate (PSD), opposé au maintien de la base aérienne de Futenma, a quitté le gouvernement vendredi et rejoint l’opposition.

« La coopération entre le Japon et les Etats-Unis est indispensable pour la paix et la sécurité dans l’Asie de l’Est et j’ai été contraint de demander aux habitants d’Okinawa, à mon grand regret, de supporter le fardeau », a-t-il dit. « Il est extrêmement regrettable que les Sociaux-Démocrates aient été obligés de quitter le gouvernement », a-t-il ajouté.

Nouvelobs.com et AFP