Séisme Japon l’accident nucléaire

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L’état d’urgence a été décrété dimanche dans une deuxième centrale nucléaire touchée par le fort séisme qui a frappé le Japon vendredi et où un niveau élévé de radioactivité a été enregistré, a annoncé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« Les autorités japonaises ont informé l’AIEA que le premier (c’est-à-dire le plus bas) état d’urgence dans la centrale d’Onagawa a été signalé par la Tohoku Electric Power Company », a déclaré dans un communiqué l’agence onusienne, dont le siège est à Vienne.

« Les autorités japonaises tentent de déterminer la source des radiations », a ajouté l’agence. Le gouvernement japonais a mis en garde dimanche contre le risque d’une nouvelle explosion à la centrale de Fukushima N°1 en raison d’une accumulation d’hydrogène.

Au lendemain du tremblement de terre de 8,9 sur l’échelle de Richter et du tsunami qui a suivi, touchant les côtes nord-est du pays, ce sont les installations nucléaires japonaises qui concentrent les plus fortes inquiétudes. Une explosion a été rapportée samedi  à la centrale nucléaire de Fukushima (à 250 km au nord de Tokyo). Le toit et les murs se sont effondrés.

Le Premier ministre japonais a tenu une conférence de presse pour tenter de rassurer la population : la cuve du réacteur serait intacte et le vent chasserait, pour l’instant, les particules radioactives vers l’océan. Sur place, la radioactivité reçue en une heure par personne correspond à la limite à ne pas dépasser annuellement.

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Le Mox, combustible particulièrement toxique

Le MOX, combustible utilisé dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, qui concentrait dimanche toutes les inquiétudes, est un matériau particulièrement toxique, a souligné le Réseau Sortir du nucléaire (RSN). Le réacteur N°3 en particulier, en proie à une forte surchauffe, fonctionne au MOX – pour « mélange d’oxydes »- un combustible « extrêmement dangereux qui entre plus facilement en fusion que les combustibles classiques », indique RSN dimanche.

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« La France et le Japon porte parole au niveau mondial d’une utilisation résonnée de l’énergie nucléaire »

Composé d’uranium et de plutonium, issu de déchets nucléaires recyclés, le MOX est « bien plus réactif que les combustibles standard », a expliqué à l’AFP Jean-Marie Brom, ingénieur atomique, directeur de recherches au CNRS. « Le plutonium, qui n’existe pas à l’état naturel, est un poison chimique violent. Le mieux aurait été de ne pas en mettre du tout », explique-t-il. Selon RSN, sa « toxicité est redoutable: il suffit d’en inhaler une particule pour développer un cancer du poumon ».

Le Japon a commencé récemment à utiliser du MOX pour faire fonctionner ses centrales et avait prévu depuis 2008, d’étendre progressivement son usage en 2011-2012. Un contrat de fourniture de MOX a d’ailleurs été passé avec l’opérateur nucléaire français AREVA.

AFP

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Voir aussi : Rubrique Japon, rubrique Politique internationale, Fillon et Sarkozy misent sur l’aide de tokyo pour défendre le nucléair civil, rubrique Economie, Nucléair civil:  tour du monde des nouvelles puissances, Rubrique Santé, Manifeste pour l’indépendance de l’OMS, On Line l’article d’Owni «Areva au cœur du réacteur de Fukushima»

Sarkozy s’emballe contre Kadhafi

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"Sarkozy semble avoir complètement changé d'avis. Et cela sent l'improvisation."

Le président français Nicolas Sarkozy a reconnu le Conseil national de transition des insurgés libyens comme la représentation officielle du pays. Il veut en outre présenter ce vendredi à ses partenaires européens des plans d’attaque aérienne contre le régime de Kadhafi. La presse déplore ce cavalier seul qui nuit à tous les protagonistes.

De Volkskrant – Pays-Bas

Paris nuit à Bruxelles

La reconnaissance par Paris du Conseil national de transition des rebelles libyens est précipitée et nuit à l’UE, estime le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « La France a été pendant des années le pays européen qui a entretenu les relations les plus étroites avec les régimes autocratiques d’Afrique du Nord. Cela a généré des situations embarrassantes ces dernières semaines lorsque la vague de protestations a balayé la région comme un tsunami. Avec ces bouleversements, Paris semble désormais privilégier la fuite en avant. L’initiative française est fort maladroite, notamment parce que la situation en Libye est extrêmement confuse. … Il s’avère une fois de plus que si les Français parlent beaucoup de l’Europe, ils préfèrent affûter leur propre image au moment décisif. Sur l’initiative de Paris également, les chefs de gouvernement de l’UE se rassemblent aujourd’hui pour évoquer la situation en Libye. En raison de l’intervention unilatérale de la France, la portée de la conférence semble d’emblée limitée. » (11.03.2011)

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Der Standard – Autriche

Le mauvais service rendu par la France

En reconnaissant le Conseil national libyen et en présentant des plans d’attaque, le président français Nicolas Sarkozy agit trop vite, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : « Ce qui a été déterminant dans l’initiative de Sarkozy, c’est sans aucun doute la tentative de redorer l’image écornée de la France au Maghreb – et remédier en même temps à sa grande impopularité politique en France. La question d’une opération militaire hante Sarkozy depuis des jours : au début de la semaine encore, il avait rejeté une zone d’exclusion aérienne en indiquant que l’Occident ‘ne pouvait se permettre un nouvel Afghanistan’. Il semble avoir complètement changé d’avis. Et cela sent l’improvisation. Des décisions rapides sont parfois nécessaires en temps de guerre. Mais il serait sans doute préférable que les membres de l’UE s’entendent sur cette situation de crise avant que les projets ne soient rendus publics. Une aide inappropriée ne peut que nuire aux rebelles. » (11.03.2011)

Tages-Anzeiger – Suisse

Le come-back d’une ex-puissance mondiale

Le revirement soudain du président français Nicolas Sarkozy dans le conflit libyen s’avère crispé et impuissant, estime le quotidien de centre-gauche Tages-Anzeiger, pour lequel Sarkozy n’atteindra pas son objectif réel : « Sa brusque initiative est probablement censée profiter d’abord au rôle géopolitique grandement diminué de son pays. Parmi les grands pays occidentaux, c’est la France – caractérisée et gênée par la vieille double morale dans le traitement des despotes – qui a semblé la plus effacée et parfois même la plus étriquée ces trois derniers mois face au tournant historique dans le monde arabe. … Aujourd’hui Sarkozy entreprend donc surtout de redorer l’image du pays. En ce moment historique, il fait revenir sur la scène internationale un pays qui a toujours eu une représentation embellie et exagérée de son propre rôle international. En solo. Dans un revirement spectaculaire et imposant, pour ne pas dire risqué, mais assurément intense et hypocrite. » (11.03.2011)

Voir aussi :  Rubrique Lybie, Déssaccord à l’OTAN sur l’option militaire, La France et l’Italie premier fournisseur d’armes à Kadhafi, rubrique UE, rubrique Politique internationale,

Inquiétudes pour les prix des carburants

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Le cours mondial du pétrole augmente en raison des troubles dans le monde arabe. Le gouvernement américain a proposé de recourir aux réserves pétrolières stratégiques, tandis que les pays européens envisagent une baisse des taxes sur les produits pétroliers. Mais un allégement fiscal n’éliminera pas les pénuries et ne soulagera que brièvement les citoyens.

Ne pas réduire les taxes sur les carburants

Vu l’augmentation du prix de l’essence, les partis britanniques débattent d’une baisse des taxes sur les produits pétroliers. Appliquer cette idée serait toutefois complètement erroné, estime le quotidien de centre-gauche The Guardian : « Cette hausse repose sur l’inquiétude des marchés quant à la stabilité de l’Arabie Saoudite. Si les négociants obtiennent la certitude que le plus gros producteur de l’OPEC n’est pas sérieusement menacé, les prix du pétrole brut chuteront de nouveau. Le parti [conservateur], qui a remporté les élections avec le slogan ‘votez bleu et devenez vert’, devrait réagir à la hausse du prix de l’essence en soutenant les groupes de consommateurs à bas revenus et en investissant dans les transports publics, plutôt qu’en distribuant l’argent des contribuables aux automobilistes, que ceux-ci soient millionnaires ou livreurs de lait. Si, malgré tout, cela est appliqué à l’heure des coupes dans les prestations sociales et le système public, cela montrerait que les priorités sont davantage orientées vers les intérêts politiques que vers l’équité ou l’écologie. Ce n’est pas juste, quel que soit le parti à l’origine de l’idée. »

The Guardian

Voir aussi : Rubrique consommation, rubrique Grande Bretagne,

Livre numérique: les éditeurs, « surpris », confirment la visite d’inspecteurs de l’UE

Les éditeurs Albin Michel, Hachette, Flammarion et Gallimard ont confirmé, la visite surprise d’inspecteurs des services de la concurrence de la Commission européenne enquêtant sur des soupçons d’entente sur les prix des livres numériques.

livre-numeriqueLa direction d’Hachette a déclaré avoir reçu « une visite d’agents de la Commission européenne dans le cadre d’une enquête sur les politiques commerciales sur le marché du livre numérique ». « Nous avons accédé à leurs demandes dans un esprit de coopération et de transparence », a-t-elle ajouté sans donner davantage de précisions. Les enquêteurs « sont venus , a assuré de son côté Agnès Fruman, secrétaire générale d’Albin Michel. « On est surpris, a-t-elle poursuivi. Les éditeurs se sont déjà exprimés à plusieurs reprises pour dire qu’il était très important d’avoir un prix unique sur le livre numérique. Mais il n’y a pas d’entente sur les prix. Et tout se fait dans la transparence ». Deux autres maisons d’édition françaises ont été visitées dans le cadre de cette enquête menée à l’échelle européenne: Gallimard, qui n’a pas souhaité faire de commentaire, et Flammarion, qui a seulement précisé que, tout comme chez Albin Michel, le travail des inspecteurs se poursuivait.

« Les services de la concurrence ont mené des inspections dans des maisons d’éditions de plusieurs pays de l’Union européenne à cause de soupçons de pratiques anticoncurrentielles sur le prix des livres numériques », avait déclaré Amelia Torres, porte-parole du commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia.

« Nous ne sommes qu’au début de l’enquête. Nous n’accusons personne et nous n’avons pas de preuves », avait-elle précisé.

Le prix du livre est fixé par la loi en France depuis la « loi Lang » de 1981. La Commission avait accepté à l’époque que les gouvernements puissent fixer le prix du livre, à condition que cela n’affecte pas les échanges entre les Etats membres. Le livre numérique n’était naturellement pas concerné car il n’existait pas à l’époque. Toutefois, une entente entre éditeurs pour fixer le prix des livres est une pratique totalement interdite par les règles européennes, et peut être passible de très lourdes amendes si elle démontrée.

AFP

Week end dans le monde Arabe

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Dans le monde arabe : L’opposition yéménite appelle à intensifier la contestation. A Bahrein, des manifestants réclament le départ du Premier ministre. Un nouveau ministre égyptien des Affaires étrangères a été nommé.

Juppé au Caire

Alain Juppé a effectué, ce dimanche, une visite au Caire pour assurer l’Egypte du soutien de la France pour réussir la transition. Pour le nouveau ministre des Affaires étrangères, ce déplacement, son premier depuis sa prise de fonctions, marque «l’engagement de la France face aux bouleversements extraordinaires» dans le monde arabe. Il a récusé les critiques contre le manque d’anticipation et de réactivité de Paris, assurant que «ces révolutions nous ont tous pris de court», chancelleries étrangères comme experts indépendants. «Il n’est pas exact de dire que nous avons pris trop de temps à réagir», insiste-t-il.

Juppé a estimé que l’Egypte était «un pays-clé pour l’avenir de tout le monde arabe» et qu’elle «donnait l’exemple, sans être exagérément optimiste, de ce que peut être un processus de libération maîtrisé». Tout en marquant sa prudence: «rien n’est gagné. Nous avons bien sûr confiance, mais le pire n’est pas exclu».

Le ministre a par ailleurs rencontré, près de la place Tahrir, haut lieu de la révolte, une dizaine de membres de la «coalition des jeunes de la révolution», dont des Frères musulmans. «Le dialogue que j’ai eu avec l’ensemble de cette délégation, et en particulier avec les membres des Frères musulmans, a été intéressant, et m’a permis de bien mesurer que la présentation qui est faite parfois de ce mouvement mérite d’être éclairée et approfondie», a-t-il déclaré.

Yémen: l’opposition appelle à intensifier la contestation

(Un manifestant anti-gouvernement à Sanaa, ce dimanche. Khaled Abdullah Ali Al Mahdi/Reuters)

L’opposition yéménite appelle, ce dimanche, à intensifier la contestation jusqu’à la démission du chef de l’Etat, après le refus par le président Ali Abdallah Saleh d’un départ anticipé.

Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, a rejeté samedi une proposition de l’opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l’année, entendant rester à son poste jusqu’à la fin de son mandat en 2013.

La position du président «signifie sa mort politique, et la rue est à présent notre unique recours», a prévenu Mohammad al-Sabri, porte-parole de l’opposition parlementaire, appelant «le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions». Le régime Saleh est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays.

A Bahrein, des manifestants réclament le départ du Premier ministre

(Un manifestant place de la Perle, à Manana le 1er mars. AFP/Joseph Eid)

Des milliers de manifestants se sont massés dimanche pour la première fois devant le siège du gouvernement à Bahreïn, exigeant la démission du Premier ministre, en poste depuis 1971. La foule agitait des drapeaux bahreïnis et scandait des slogans hostiles à la dynastie des Al-Khalifa, lignée sunnite qui règne depuis 200 ans sur ce royaume dont la population autochtone est en majorité chiite. Des forces de police ont pris position devant le palais où le gouvernement se réunit le dimanche.

Depuis trois semaines, des manifestations dans le centre de Manama exigent une plus grande participation populaire dans la gestion de ce royaume, qui occupe une position stratégique dans le Golfe. Les plus radicaux des manifestants demandent la fin de la dynastie des Al-Khalifa et le départ du roi, en dépit de récentes concessions, dont un remaniement ministériel le 26 février.

Un ministre des Affaires étrangères nommé en Egypte

Un nouveau ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil al-Arabi, a été nommé, selon l’agence Mena, dans le cadre de nominations destinées à remplacer au sein du gouvernement des proches du régime Moubarak. Il succède à Ahmad Aboul Gheit, personnalité importante sous le rais chassé du pouvoir. Un ministre de l’Intérieur a aussi été nommé après que des militants eurent pris d’assaut des bâtiments de la sécurité d’Etat à travers le pays pour récupérer ses dossiers. Il s’agit du général Mansour al-Issaoui. Son prédécesseur, Mahmoud Wagdi, avait été nommé par Moubarak une dizaine de jours avant sa démission sous la pression populaire.

Le nouveau Premier ministre Essam Charaf, nommé jeudi, doit annoncer dans les jours à venir la composition de son gouvernement.

AFP 06/03/11

Voir aussi : Rubrique Méditerranée,