hTh. Oh nuits d’young !

OHNUITS-1170x350« Et qu’en est-il du mal de crâne des adolescents d’aujourd’hui, qui vivent ici et maintenant dans le fratricide XXIe siècle, cette poubelle ensoleillée archipleine d’informations remixées et d’édifices qui tombent en lambeaux ? » interroge Rodrigo Garcia en préambule du festival pour adolescents Oh nuits d’young ! L’événement se tiendra du 5 au 13 mars à humain Trop humain et au cinéma Diagonal à Montpellier.

Au programme, trois spectacles qui mettent en scène des adolescents. Woe conçue et dirigé par Edit Kaldor évoque la violence. Dans ce spectacle, la hongroise résidant à Amsterdam, évoque la difficulté de raconter une violence subie pendant l’enfance. A quel point peut-on comprendre l’expérience de l’autre ?

Ces questions sont celles que se posent, les interprètes âgés de 16 et 17 ans de Woe donnée du 9 au 11 mars.

On n’a qu’une vie, pièce conçue et dirigée par Ana Borralho et João Galante, rapproche l’espace artistique de l’espace social en faisant intervenir des adolescents non professionnels. Il est question d’évoquer les rêves et les perspectives possibles pour la jeunesse d’aujourd’hui et de réclamer un futur ouvert (du 9 au 12 mars).

Pour Ethan, donné le 13 mars, est une pièce chorégraphique de Mickaël Phelippeau qui aborde « ce moment de la vie qu’est l’adolescence, ce moment où le corps connaît probablement les plus grands changements, les plus grands bouleversements, ce moment de transition entre l’enfance et l’âge adulte. »

Oh nuits d’young ! propose aussi plusieurs films internationaux en rapport avec l’adolescence projetés au Diagonal ainsi que des ateliers conférences et une fête pour le final.

Renseignements : www.humaintrophumain.fr

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La 10e Zone artistique temporaire sera musicale

CcdKKPkWwAAqpfvQuartier. Derrière un grand rideau rouge, Figuerolles se prépare à devenir un théâtre à ciel ouvert les 9 et 10 avril prochains pour la ZAT montpelliéraine.

En présentant hier la 10e édition de la ZAT attendue dans le quartier Figuerolles les 9 et 10 avril prochain, Philippe Saurel n’a pas résisté à mettre en regard  l’événement avec La Commune Libre de Figuerolles, épisode de démocratie participative vécu dans le quartier entre 1948 et 1962. « La Commune de Figuerolles est à l’origine des premiers spectacles de rue, a indiqué le maire de Montpellier, c’était aussi un moyen de tourner en dérision les pouvoirs publics et à travers le carnaval, un moyen pour la culture populaire de rediscuter le contrat social, artistiquement, socialement et politiquement... » A l’heure de la société de surveillance, le parallèle avec cette histoire dont notre collaborateur Thierry Arcaix*, auteur de plusieurs ouvrages sur le quartier est un spécialiste, n’apparaît pas de manière évidente. La dimension historique et populaire du quartier au coeur de cette 10e édition demeure cependant, comme l’esprit frondeur incarné par Philippe Saurel souvent de manière paradoxale, dirait Paul Ricoeur.

Les lieux poussent aux projets

La partition de la manifestation a été composée par le musicien et homme de culture marseillais Pierre Sauvageot qui se consacre depuis de nombreuses années à l’espace public. « La clé de notre travail tourne autour de deux notions : espace public et relations au contexte, a indiqué le chef d’orchestre, c’est-à-dire autour des  gens et des lieux que nous avons croisé durant les trois mois de préparation. » Le spécialiste de l’espace public entend faire de la rue du Faubourg Figuerolles la colonne vertébrale de la manifestation. Une vingtaine de propositions se tiendront durant deux jours. Dans la soirée du 9 avril une cinquantaine de musiciens se disperseront dans le parc de la guirlande plongé dans une ambiance bleutée pour faire vivre aux spectateurs une expérience musicale sensible. La ZAT sera l’occasion de découvrir le quartier fermé à la circulation. En se promenant rue Tour Gayaud on mesurera l’effervescence sonore de pas moins de onze choeurs qui prendront place tour à tour aux balcons. « Ce sont les lieux qui poussent aux projets et non les lieux qui cherchent des projets, explique Pierre Sauvageot qui confie chanter chez lui avec son frigo, dans sa cuisine présumons-nous.

Cité Gely, on passera entre les guinguettes gitanes, on festoiera en partageant son repas rue du Faubourg Figuerolles. L’installation The Speakers de Thor Mc Intyre-Burnie menée avec la complicité de la Boutique d’écriture, restituera la parole des habitants à propos de la bouillante question des réfugiés. Bien d’autres surprises et curiosités devraient donner l’envie d’aller faire un tour à Figuerolles durant ce week-end d’avril.

Pour le maire de Montpellier, Pierre Sauvageot a rempli le cahier des charges avec une grande proportion d’acteurs artistiques locaux ou régionaux et une place laissée aux acteurs du quartiers. Philippe Saurel a repris voix avec Pascal Le Brun Cordier injustement banni après avoir fait monter en puissance l’événement a-t-on appris hier. La question de la direction artistique des ZAT serait de nouveau en discutions.

JMDH

*Dans le cadre de la ZAT Thierry Arcaix, docteur en sociologie, donnera une conférence sur le quartier.

La Marseillaise 02/03/2016

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Réforme territoriale. Jeux de puzzle

Le discret président Kleber Mesquida. dr

Le discret président Kleber Mesquida. dr

Politique culturelle. Quand le Conseil Départemental de l’Hérault organise une présentation de saison patchwork…

Si bonne soit-elle, une campagne de com’ ne remplace pas une « conf de presse ». Sous le slogan, Je dis Oui à mes envies, le Département de l’Hérault vantait le 19 février, la qualité de ses services mêlant les attraits sportifs, culturels et environnementaux du territoire.

Mais l’axe politique transversal, qui repose sur un service de proximité, la sollicitation citoyenne et le développement économique, se heurte à une incertitude de taille. Les fameux transferts de compétences du Département à la Métropole qui doivent être négociés d’ici décembre. Dans ce dossier, le torchon brûle entre Mesquida et Saurel. Après un premier round en janvier, les relations semblent gelées. Le directeur général des services de la Métropole aurait fait faux bon à son homologue.

En Assemblée les conseillers départementaux pro-Saurel ont voté contre le budget. Peu enclin à alimenter les polémiques, le patron du Département évoque 100 millions de financement destinés au territoire métropolitain et notamment au Domaine d’O. Pas sûr que Saurel ait les moyens d’y subvenir, et les maires de la Métropole n’ont pas de vision monolithique sur cette question…

JMDH

La Marseillaise 29/02/2016

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Le triptyque gagnant de Cinemed : Filippetti-Leparc-Talvat

vcsPRAsset_3165929_63766_42f1763f-dfc0-483b-90b8-cad0e9993b7d_0Christophe Leparc, Philippe Saurel, Henri Talvat, Aurélie Filippetti. Photo Montpellier Métropole

La nouvelle gouvernance du festival de cinéma méditerranéen a été dévoilée hier. Elle répond à un équilibre et une volonté de développement.

L’attente s’éternisait et le secret était bien gardé, en cinéma on appelle ça le suspense. Philippe Saurel y a mis fin hier après-midi lors d’un point presse. La direction du Festival Cinemed revient à Christophe Leparc qui assurait l’intérim depuis le départ de Jean-François Bourgeot. Une satisfaction pour l’équipe soudée du festival qui soutenait sa candidature. La présidence revient à l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti. Le cinéphile Henri Talvat, membre fondateur du festival conserve la présidence d’honneur.

Cet annonce, qui doit encore être entérinée par le conseil d’administration du Cinemed, devrait satisfaire tous les amoureux de ce festival atypique dédié au cinéma méditerranéen. Le président de la Métropole montpelliéraine Philippe Saurel a finalement choisi de maintenir l’identité forte de la manifestation qui rayonne aujourd’hui sur toutes les rives de la grande bleue. Equilibre interne et professionnalisme avec Christophe Leparc qui assure la fonction de Secrétaire général de la Quinzaine des réalisateurs cannoise depuis 2008 et fut une cheville ouvrière du Cinemed depuis 20 ans, en tant que délégué artistique notamment. Histoire et passion pour le cinéma avec Henri Talvat, qui fut conseiller municipal en charge de la culture sous Georges Frêche et fondateur du festival avec Pierre Pitiot.

La nomination d’Aurélie Filippetti revêt un caractère quasi providentiel par sa dimension à la fois politique, culturelle et médiatique. « C’est un grand plaisir et une jolie surprise d’avoir été sollicitée  par Philippe Saurel, indique l’ancienne ministre, désormais députée de la Moselle, « En tant que ministre, j’ai constaté la vitalité et l’innovation de Montpellier en matière de politique culturelle. Ce qui suppose d’être toujours en mouvement. Cinemed en représente un des aspects. Je pense que la culture est une solution et une réponse face à cette crise qui touche certains pays de la Méditerranée. » Philippe Saurel voit dans la réforme territoriale « une occasion de renforcer notre identité méditerranéenne », ce qu’il s’apprête à faire lors de son voyage à Palerme où il entend parler cinéma avec le maire dans la perspective d’un jumelage qui sera signé lors de la Comédie du livre.

Au-delà de la culture, la dimension politique n’est jamais absente chez le maire de Montpellier. « Qui se rassemble s’assemble, commente la frondeuse Aurélie qui semble proche du rebelle Philippe dans la défiance des instances au pouvoir. Le temps est à l’innovation…

JMDH

La Marseillaise 20/02/2016

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Un Wikileaks est en train de naître à Nantes : le projet GOleaks

Lanceurs d’alerte, projet artistique « Quelque chose à dire ? » à Berlin, le 1er mai 2015 - Michael Sohn/AP/SIPA

Lanceurs d’alerte, projet artistique « Quelque chose à dire ? » à Berlin, le 1er mai 2015 – Michael Sohn/AP/SIPA

La région Grand Ouest va bientôt disposer de sa plate-forme d’alertes, permettant aux sources et aux journalistes de communiquer de manière sécurisée et confidentielle. Projet unique et novateur, porté par un binôme nantais, le journaliste Romain Ledroit et le hacker Datapulte.

A l’origine du projet de l’association GOleaks, la conférence d’un confrère, hacker nantais, à destination de journalistes locaux. Et ce constat sans appel de Datapulte, qui y assiste  : à l’aune de la loi sur le renseignement, les pratiques numériques des journalistes sont parfois obsolètes et souvent peu, voire pas, sécurisées.

«  La majorité des journalistes ne semble avoir aucune idée des traces qu’ils peuvent laisser derrière eux sur le Web. Ils ne connaissent pas, ou ne se servent pas des outils existants, capables de les protéger et de protéger leur source.  »

Mais ils savent pourtant qu’ils en ont besoin. Qu’il est temps pour eux, à l’heure des débats sur la protection des données, de s’y mettre aussi. Et de se rappeler que le Web est aussi ouvert qu’une porte de lupanar un samedi soir.

A peine l’idée émise, qu’elle semble trouver écho. Et les langues se délient. Ce journaliste influent de la région qui explique recevoir de nombreuses lettres, anonymes. Parfois à son domicile. Des lanceurs d’alerte qui ne savent pas comment faire autrement. Et se tournent vers le papier, faute de mieux. Faute d’outils numériques appropriés.

Mais encore faut-il savoir à qui, et où, adresser ses découvertes. Quel journaliste, pour quelle histoire.

Le hacker et le journaliste

Romain Ledroit, journaliste, rejoint alors aussitôt Datapulte l’hacktiviste pour «  le versant journalistique.  » Et ainsi créer le lien entre deux communautés qui se méconnaissent, mais qui ont pourtant tout intérêt à travailler ensemble. Entre hackers et journalistes, la frilosité disparaît rapidement, pour laisser place à un désir commun  : offrir aux lanceurs d’alerte l’outil qui leur manque.

«  Sensibiliser, c’est utile certes, mais au final pas très concret », remarque Datapulte. De là est née l’idée de créer cet outil concret, rassembleur, pour une corporation «  dont les pratiques sont souvent plutôt individualistes  », souligne Romain Ledroit. Ce sera donc GOleaks, pour Grand Ouest leaks. De la Normandie aux Pays de la Loire, en passant par la Bretagne, une plateforme sécurisée entièrement dédiée aux lanceurs d’alerte locaux. Avec, à l’autre bout, des journalistes volontaires pour recevoir ces alertes.

Et un peu affolés, au début, d’entendre parler mail chiffré et clé PGP. Pourtant, à écouter attentivement Romain et Datapulte, rien de bien compliqué. Un logiciel à télécharger pour le lanceur d’alerte. Soit Tor, navigateur qui protège son utilisateur. Pour le journaliste, une petite formation afin de savoir manier le chiffrage des données. Et au final, un mail chiffré, accessible par lui seul. Et une source protégée, leitmotiv obsessionnel de GOleaks.

Car à travers cette plate-forme, il s’agit bien de proposer un double service. Le journaliste est identifié par la source, qui va ainsi pouvoir choisir son destinataire selon ses domaines de prédilection. En utilisant cette plateforme, le professionnel, lui, vient signifier au lanceur d’alerte son souhait de protéger ses sources. Ce qui n’est pas rien. Et rassure le citoyen, souvent inquiet d’être reconnu. Ce dernier va donc choisir le journaliste en fonction de sa spécialité tout en sachant, second point important, que le journaliste qu’il aura choisi sera le seul à pouvoir lire les documents envoyés.

Pour Datapulte :

« Il s’agit avant tout de désacraliser le statut du lanceur d’alerte. La majorité des gens ne se sentent pas l’âme d’un héros. Sécuriser la source revient à évacuer la pression sur les épaules du lanceur d’alerte. On a trop vu de lanceurs d’alerte être propulsés contre leur gré sur le devant de la scène médiatique. »

La priorité de la plateforme, «  c’est la sécurité de la source  », confient les deux instigateurs du projet.

«  La crédibilité du projet repose sur une sûreté maximale, et donc un hébergeur de confiance.  »

Déjà trouvé. Au local évidemment. Et prêt à s’embarquer dans l’aventure GOleaks.

L’intérêt d’une plateforme régionale

La question soulevée en filigrane est celle de l’intérêt d’une nouvelle plateforme de leaks, au vu de celles déjà existantes des «  grands  » médias, tels Le Monde ou Mediapart. Pour Datapulte, la réponse se trouve elle aussi au niveau local. GOleaks ne vient en aucun cas remettre en cause l’hégémonie des médias de référence, ce n’est pas une plateforme de leaks de plus, mais bien une plateforme qui offre de nouvelles possibilités, jusqu’ici inexplorées.

Datapulte constate que «  les citoyens se sentent concernés par ce qui les touche de près, dans leur ville, leur région ». Certaines problématiques sociétales soulevées par les médias nationaux leur paraissent loin. Et ce qui les touche directement, une subvention culturelle, un pot-de-vin, un conflit d’intérêt, ne semblent pas forcément intéresser lesdits médias nationaux. L’aspect local, lui, est donc à portée du citoyen. Pour Romain Ledroit, journaliste, la difficulté est aussi d’ordre économique. La déliquescence du travail d’investigation au niveau local est frappante, et semble-t-il pérenne.

«  Les économies de moyens au niveau local ne permettent plus ce type de pratiques journalistiques.  »

L’intérêt est donc multiple, autant que les problématiques que viendront soulever les lanceurs d’alerte. Bien sûr, on ne peut que penser au dossier patate chaude de la région, à cet enlisement incessant du conflit autour de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Les documents risquent de fuser. Ce sera alors au journaliste destinataire de faire son travail de vérification. Avec la possibilité, bien sûr, de pouvoir rencontrer la source.

Datapulte, lui, a déjà été contacté par rapport à un problème d’hygiène au sein de l’usine d’un gros groupe industriel, usine implantée au local. Par une personne ayant entendue parler de GOleaks. Mais il rappelle que lui n’est pas journaliste, qu’il va juste rendre viable cet outil, pour que ces lanceurs d’alerte se sentent moins seuls avec ce qu’ils savent. Et le hacker d’insister :

«  Romain et moi n’aurons aucun accès aux données et documents envoyés.  »

Une fois la plateforme lancée, elle a sa vie propre. Entre sources et journalistes seulement. Eux vérifieront juste, avec l’hébergeur, cette sécurité qui leur est si chère. Et apprécieront la satisfaction d’avoir donné un outil en plus à la liberté d’expression.

« Pas une plateforme de délation »

Il est aussi question d’offrir de nouvelles possibilités, à portée de main. Le tissu local est la source de nombreuses interrogations des citoyens. Et pas forcément là où on l’attend : les intéressés viennent aussi d’autres sphères, ni journalistiques, et encore moins hacktivistes. Mais aussi du syndicalisme, de la fonction publique ou du milieu associatif. Bref, là où les réseaux bien en place sont parfois en vase clos. L’opportunité d’un débouché sécure et anonyme apparaît comme une priorité dans le Grand Ouest.

S’il est question de transparence, il ne s’agit pas d’une simple citoyenneté numérique avec GOleaks. Il y a encore peu de temps, les métropoles s’offraient une communication publique avec l’open data (l’ouverture des données publiques à toutes et tous). Derrière les lumières tapageuses, des tableaux Excel aussi communicants qu’un guichet automatique de la Banque postale. Et assez peu d’informations. GOleaks, en misant sur des émissions d’informations anonymes, entend aussi donner un autre visage à cette transparence, voulue par une frange grandissante de la population. Les deux garçons insistent  :

«  GOleaks n’est pas une plateforme de délation, il ne s’agit pas de régler des comptes, mais bien de pouvoir créer le tuyau sécurisé entre la source et le journaliste dans l’intérêt public.  »

Lorsqu’on aborde la politique, ils sourient et secouent la tête. Ce projet est certes «  militant  » reconnait le duo, «  mais il est avant tout apolitique. Ce qui est en revanche politique, si l’on peut dire, c’est ce désir pour nous d’un Internet ouvert et d’une liberté d’expression qui est fondamentale.  »

L’association GOleaks n’est affiliée ni à un parti politique ni à un média régional. Un outil autosuffisant en somme, qui mise sur la confiance et le professionnalisme des journalistes rencontrés, et qui fait de la construction de GOleaks «  une aventure humaine avant tout ».

Une aventure qui ne s’arrête pas là. Dans un souci de transmission, et pour faire vivre le projet, Romain Ledroit et Datapulte ont en commun le souhait de former les journalistes aux outils de protection des données. Tous les journalistes ou rédactions qui en feront la demande, et pas seulement au niveau régional cette fois.

Désankyloser l’investigation

Mais GOleaks ne veut pas se contenter d’attendre le leak comme d’autres le like. Un board associatif composé de journalistes et d’hacktivistes de l’association éponyme proposera une saisonnalité des leaks, c’est-à-dire un appel public sur une thématique. Afin de mutualiser les pratiques. Ne plus se retrouver seule avec des bribes d’informations, mais bien penser autrement, en collectif, l’évolution des pratiques. Et peut-être remettre au centre une investigation ankylosée, avec des projets innovants comme le projet 102h, qui permettrait de suivre des journalistes dans leur quotidien.

La plus-value de GOleaks réside dans l’apport d’une certaine expertise et d’une expérience de travail bénéfique journaliste-hacker.

Pour ce faire, un crowdfunding a été lancé sur Kickstarter, et s’est terminé mardi 16 février, recueillant plus de 6 000 euros, au-delà de la somme demandée.

A Nantes, au gré des rencontres et des questions, ils organisent également des «  crypto-parties  » gratuites à destination du grand public, afin de sensibiliser tout un chacun à la protection de la vie privée sur le Web. Ce qui n’est pas une mince affaire, en ces temps d’extimité exacerbée.

Déjà, d’autres régions intéressées ont contacté le binôme. SOleaks (pour Sud-Ouest leaks) pourrait également voir le jour. Pour continuer l’aventure, encore. Parce que GOleaks se veut comme un soutènement à une liberté d’expression mise à mal. Une solution sûre, dans une société aujourd’hui insécure.

Elsa Gambin.

Source Rue 89 18/02/2016

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