Les grands enjeux de l’Euroméditerranée

La Méditerranée que l’on voit danser sur des braises, ramène un long cortège de dégâts qui flottent sur l’écume des guerres du Golf.  Mieux vaut en saisir les enjeux, pense la déléguée du PS pour la coopération politique en Méditerranée, que de suivre le factuel. En contrepoint du lot quotidien d’images morbides dont la source intarissable abreuve les JT sans jamais définir les contours du problème, Béatrice Patrie signe un essai sur les grandes questions du partenariat euroméditerranéen.

Découpé en quatre parties, l’ouvrage n’a d’autre ambition que de faire un point sur la situation actuelle afin d’envisager l’avenir des possibles. La première partie propose une relecture chronologique des rapports entre l’Europe et la Méditerranée. Sont aussi abordés la politique arabe de la France, actuellement en phase de rupture, et le tournant européen de Barcelone toujours dans l’impasse. La seconde partie se consacre aux grands défis, conflit israélo-palestinien, conditions d’adhésion à la communauté, question turque. La  troisième partie s’attache au dialogue avec l’Islam politique et civilisationnel. Enfin le dernier volet envisage la  problématique européenne : économie, immigration, aide au développement, intégration culturelle…

Ce livre, adressé au président français, tombe à point nommé, au moment où la France s’apprête à assurer la présidence de l’Union européenne. Tout le monde garde en mémoire le discours  de Sarkozy au soir de son élection, assurant qu’il serait garant de l’union méditerranéenne. Même si pas grand monde ne sait ce que Sarkozy entend vraiment par-là. « Une manière plus ou moins habile d’évacuer du champ politique l’épineuse question de la Turquie » suggère la député européenne Béatrice Patrie. Qui réaffirme les critères retenus par l’UE dès 1993 à Copenhague. Ceux-ci reposent sur la stabilité politique, des critères économiques et le critère de l’acquis communautaire requérant une aptitude pour assumer les obligations découlant de l’adhésion.

L’opposition multiforme, allant de la crainte de perdre l’identité européenne entendue comme chrétienne, en passant par le risque d’une satellisation géostratégique de l’Europe,  pour aller jusqu’à la peur d’une baisse de niveau de vie, est renvoyée à l’aune des décisions actées à Copenhague. « L’union a décidé de privilégier une dimension stratégique plutôt que géographique » affirme encore l’auteur, rappelant l’entrée de Chypre en 2004.

Autre sujet incontournable abordé avec réalisme, la question du conflit Israélo-palestinien. Celui-ci s’affiche aujourd’hui comme un horizon indépassable. « Aucune réunion euroméditerranéenne ne peut se tenir sans que cette question s’impose dans le débat. » La valse des hésitations européennes suscite doutes et sarcasmes dans les pays arabes sur l’attachement brandi par l’UE, aux vertus de la démocratie et du droit international dont les Etats-Unis et l’Etat d’Israël bafouent sans cesse les règles du jeu. « Comment développer une coopération avec des Etats en guerre ? de la capacité de l’Europe à apporter une réponse concrète à cette question dépend certainement l’avenir du processus euroméditerranéen. »

Le vaste panorama brossé par  cet essai souligne l’urgence d’opérer un changement radical d’approche dans la relation entre l’Europe et la Méditerranée. Le projet initial du président français excluait de l’Union tous les Etats européens ne disposant pas de façade maritime, et ne retenait, sur la rive sud que la Turquie et les pays du Maghreb. Il a évolué depuis, répondant à vue aux priorités du moment. Plus grave que son inconsistance, Sarkozy abandonne le rôle de médiation de la France pour s’aligner dangereusement sur la triviale politique étrangère américaine.

Béatrice Patrie Emmanuel Espanol « Méditerranée » Actes Sud 25 euros

Une aventure littéraire qui touche

Maupin Connu comme l’un des chefs de file de la nouvelle génération des auteurs gays, l’écrivain américain Armistead  poursuit son curieux destin. Au début, ses chroniques décrivaient le terrain des expériences sexuelles et amoureuses dans le San Francisco des années 70 et 80. Elles ont évolué des pages d’un journal local vers six romans à succès et de nombreuses adaptations télévisées.

L’effet Maupin, c’est un peu comme si la maison bleue de Maxime Le Forestier se décrochait de sa colline idyllique pour s’ancrer dans le quotidien loufoque et profond des habitants de San Francisco. Dans le récit, auquel il vient de donner suite, ses personnages crèchent au 28 Barbary Lane. Le lieu mythique des Chroniques de San Fransisco, (six volumes vendus à des millions d’exemplaires) sert de théâtre à toute une galerie de personnages dont l’extravagance ne doit rien à la fiction.

Dans le dernier volume qui vient de paraître, on retrouve Michael Tolliver. Homosexuel un peu déglingué, qui après de nombreuses tentatives malheureuses, avait formé un couple avec le gynécologue de son amie lesbienne. Vingt ans plus tard, les années sida sont passées par-là. L’homme d’âge mûr porte un regard de survivant sur son entourage. Par moments, on frise la conscience ontologique. Le cadre de l’action n’a rien du plat du jour à 8,90 euros sans café, ni dessert. Sur la carte variée de l’écrivain, figure l’obsession, la quête d’amour, les orientations sexuelles plus ou moins assumées, le regard des autres, et d’autres légères complications…

Maupin décrit les membres d’une société marginale avec saveur. C’est drôle et grave, comme quand les êtres humains s’efforcent de donner un sens à leur vie. Quand la vie dérape, le passé remonte mais l’émotion reste quelque part, intacte, nous dit l’auteur. La force narrative des grands écrivains américains alliée au pouvoir d’attraction des talk show, fait mouche.

 » Michael Tolliver est vivant « , éditions de L’Olivier, 21 euros.

Armistead Maupin

Photo : DR

 » La philosophie populaire est souvent très profonde « 

Qu’est ce qui vous a conduit à vous pencher sur le patrimoine de la sagesse mondiale ?

 » Quand j’ai commencé Le cercle des menteurs dans les années 70, c’était par goût pour ce type d’histoires et un moindre goût pour d’autres. Par exemple, je n’ai jamais aimé les fables qui ont une moralité, qui démontrent les choses, même quand c’est bien fait comme chez La Fontaine. En revanche les histoires qui, au lieu de se fermer s’ouvrent, et à la fin me laissent curieux, insatisfait, celles-là m’ont toujours intéressé. Un jour j’ai décidé de composer mon manuel de philosophie personnel uniquement composé de ces histoires. Le premier tome n’ayant suffi, j’ai continué à accumuler les histoires qui aiguisent l’esprit, d’où ce nouveau livre.

Quel rapport y faites-vous avec la philosophie ?

Je n’ai jamais compris le sens des mots manuel de philosophie. J’ai remarqué en revanche que pas mal de philosophes utilisent de temps en temps des histoires quand ils ne savent pas comment dire quelque chose. Ils racontent une histoire qui ne dit rien mais montre ce qui s’est passé et c’est à nous d’en tirer les conclusions. J’ai réécrit toutes les histoires pour trouver une certaine unité.

Les auteurs de ces histoires ne sont pas connus…

Je tenais beaucoup à ce que les récits soient anonymes. Tous sont nés dans les cabarets, dans les rues. La philosophie populaire est souvent très profonde. On dit qu’aujourd’hui les histoires drôles naissent quand les journalistes attendent pendant quatre ou cinq heures devant un ministère un ministre qui n’a rien à dire. Alors ils meublent pour passer le temps et là hop ! Les histoires émergent, la même chose se passait forcément au campement des caravanes le soir.

Souhaitiez-vous réaffirmer que l’histoire est publique ?

L’Histoire n’appartient à personne, elle n’a pas d’auteur. Ces histoires là sont presque toutes des récits de résistance. C’est souvent très irrévérencieux, assez obscène, cruel quelquefois, les puissants ne sont jamais à leur avantage. C’est pour cela qu’elles restent anonymes.
Faut-il voir une volonté de positionner un propos distancié dans la réalité tumultueuse d’aujourd’hui ?

Il y a l’histoire qui raconte qu’un  jour on a repéré une planète. Et que cette planète, que l’on ne connaissait pas, s’est mise à envoyer des signaux qui étaient comme un vocabulaire. Tous les savants du monde se sont mis à chercher le sens de ce langage. On a fait appel à tous les cryptographes, tous les linguistes, sans succès. Et puis un beau jour, la planète a explosé et a disparu. Et à ce moment là, sont arrivés des indiens du Sud de l’Inde avec des bouts de papier, qui ont dit, ça y est, on a découvert ce qu’elle voulait dire. A bon ! et que disait-elle ? Elle disait au secours… au secours… au secours… Nous en viendrons peut-être là un jour.
Quelle place occupe le temps dans votre livre ?

Le propre même des histoires qui se transmettent est d’être un défi au temps. C’est-à-dire que vous, vous passerez, ceux qui les ont racontées aussi, mais les histoires, elles, resteront. Elles révèlent des vérités, des secrets que rien d’autre ne peut mettre à jour. On peut facilement faire taire Rimbaud, Shakespeare et Racine, il suffit de les censurer. Mais faire taire la vox populi qui surgit de l’inconscience collective, c’est beaucoup plus difficile. « 
Contes philosophiques du monde entier, 398 p, éditions Plon 21 euros.

 » Les histoires révèlent des secrets que rien d’autre ne peut mettre à jour « 
photo Mehdi Benhayoun




Alain Badiou :  » Organiser une critique de la démocratie  »

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Alain Badiou : " Il ne faut pas croire que la victoire du capitalisme conduira à l'opulence généralisée. Ce sera la violence et la guerre. " DR

Avec son dernier livre  De quoi Sarkozy est-il le nom ? , le philosophe dresse le constat d’un changement d’époque et appelle l’hypothèse communiste du XXIe siècle.

De quoi Sarkozy est-il le nom ?

En posant cette question, j’ai voulu introduire une analyse du phénomène qu’était l’élection de Sarkozy en me demandant ce qu’elle signifiait. Mon hypothèse générale est que Sarkozy est vraiment le nom d’un changement politique profond. Depuis la dernière guerre, les rapports de conflit droite/gauche se situaient à l’intérieur de règles du jeu admises, issues de la résistance. Dans cette période, les communistes et les gaullistes se sont mis d’accord sur deux principes. D’une part, l’Etat a une responsabilité sociale et d’autre part il est possible que la politique étrangère de la France soit relativement indépendante de la volonté des Etats-Unis. Sarkozy est le nom d’une volonté délibérée, d’en finir avec cette forme de pacte. Sous le vocable moderniser, il entend plier la France aux règles de la mondialisation capitaliste. En s’en prenant à toute une série d’acquis sociaux garantis par l’Etat et en se rapprochant grandement des Etats-Unis.

Vous faites le lien avec le pétainisme.

J’appelle pétainisme toute une série de caractéristiques, de la droite et de l’extrême droite française, qui remontent à la Restauration. C’est l’une des formes de la réaction de la droite et des forces conservatrices aux épisodes révolutionnaires. Cette réaction est liée au fait que la bourgeoisie française est depuis très longtemps une bourgeoisie effrayée et peureuse devant son propre peuple. Le pétainisme est une forme d’organisation de cette peur.

Quelles en sont les caractéristiques ?

Il y a par exemple la désignation, dans le pays, d’un groupe particulier comme responsable en partie ou en totalité des maux qu’il rencontre. Dans le cas de Pétain, c’était les juifs, dans le cas de Sarkozy, c’est la minorité ouvrière de communauté étrangère. Il y a le fait que l’on évoque toujours un des grands événements populaires comme un événement noir, cause de la décadence du pays. Pour Pétain, c’était le Front Populaire, pour Sarkozy, c’est 68. Il y a aussi l’idée que l’on peut réunifier la droite et l’extrême droite. Et l’importance des références aux modèles étrangers. Dans le cas de Pétain, c’était les pays fascistes, pour Sarkozy ce sont les pays moteurs du capitalisme mondialisé, Blair et Bush.

N’êtes vous pas allé trop loin avec  » L’homme aux rats  » ?

L’homme aux rats est un conte. J’utilise cette expression à propos des gens tout à fait déterminés qui ont quitté le navire de la gauche, au son de la flutte de Sarkozy. On a fait comme si j’étais dans la violence de la comparaison animale, ce n’est pas mon état d’esprit.

Quelle place donnez-vous au PCF et à la LCR dans l’hypothèse communiste que vous évoquez ?

Le PCF doit éclaircir la nature des choix à proposer à ses adhérents. A mes yeux, la LCR est une des composantes des choix possibles du futur parti communiste. De nombreux communistes sont très voisins dans l’esprit, de ce que pense la LCR. Le problème de la clarification des orientations de ce que fut le PCF englobe la question des alliances. De toute façon, la question de ce que sera la nouvelle organisation des forces de gauche et d’extrême gauche est entièrement ouverte, c’est un processus qui sera long. Il s’agit d’une crise sérieuse historique et pas simplement tactique. Je pense que les choix idéologiques fondamentaux précéderont les formes de l’organisation qui finalement s’imposera. On ne peut pas faire l’inverse.

Votre refus de rejeter la dictature du prolétariat et votre constat sur la démocratie, laissent un angle mort qui nous conduit au rapport idée/violence…

Je n’ai pas sur la question de l’Etat une vision claire des choses. Je me mets dans la crise moi-même. On fait comme si on pouvait faire disparaître les idées conjointes de révolution et de dictature du prolétariat sans que cela ait des effets sur la vision que l’on se fait de l’histoire de l’émancipation humaine. On ne peut pas imaginer que plus personne ne parle de cela. Je veux bien abandonner la thématique de la dictature prolétarienne au nom de la critique historique, mais il faut savoir ce qu’on va mettre à la place. On ne peut pas dire, on va mettre à la place notre participation aux élections. Le bilan de la pratique parlementaire de la gauche est là. Une succession d’échecs, d’impasses et de déceptions qui ont démoralisé les classes populaires et les ont largement ralliées au conservatisme capitaliste. Ce problème est à l’arrière-plan de la crise de la gauche révolutionnaire qui ne peut plus tenir ses positions anciennes mais n’en a pas de nouvelles.

A l’heure où les élections sont, dites-vous, un instrument de répression, quel regard portez-vous sur le système démocratique ?

Je pense qu’aujourd’hui le système parlementaire est une forme d’Etat. Ce que l’on appelle la démocratie représentative est une forme de pouvoir oligarchique. Le débat sur la démocratie, en ce sens là, nous renvoie au problème important que la gauche et l’extrême gauche ne savent pas aujourd’hui ce qu’elles proposent en matière de forme d’Etat. Cela depuis l’abandon de la catégorie dictature prolétarienne. Je ne défends pas l’expérience historique de cette catégorie. Je suis absolument d’accord qu’elle a conduit les Etats socialistes dans une impasse. Mais ce n’est pas parce que cette catégorie a été abandonnée que le problème a cessé d’exister. C’est une grande faiblesse de la gauche de n’avoir aucune proposition. Car la démocratie que nous connaissons n’est appropriée qu’au capitalisme. Il faut reconstituer un horizon idéologique cohérent.

Recueilli Par Jean-Marie Dinh

Invité par la librairie Sauramps, Alain Badiou a présenté ses deux derniers ouvrages  » De quoi Sarkozy est-il le nom ? et  » Petit panthéon portatif « 

Voir aussi : Rubrique livre, Mai 68 en surchauffe, Rubrique Philosophie Deleuze et les nouveaux philosophes, Rubrique Politique entretien Jean-Claude Milner, Michela Marzano, Daniel Bensaïd, Bernard Noël,

Voyage au pays des meurtres stimulants

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Plateau noir pour soirée lumineuse

Un plateau d’exception s’est posé à la médiathèque Emile Zola, dans le cadre du 25ème anniversaire de la collection 10/18 Grands Détectives. Plateau noir, sur une initiative de la Librairie Sauramps, animé par Michel Gueorguieff, grand spécialiste du genre, s’il en est.

Pour ce débat, la directrice éditoriale de 10/18, Emmanuelle Heurtebize, était entourée de trois gardes du corps aux regards sombres, et néanmoins affûtés sur ce que l’humain recèle de faiblesse et de violence. Trois auteurs de poids, représentatifs des 80 autres qui irriguent aujourd’hui en drames contrastés, cette collection consacrée au polar historique. Inaugurée en 1983 avec les enquêtes du juge Ti par Robert Van Gulik qui retraçaient les aventures de ce personnage ayant réellement existé dans la Chine des Tang, la collection introduit le genre en France.

La synergie entre la forme narrative de l’enquête et le regard sur une période historique ouvre des horizons. A ce sujet Anne Perry, prolifique et richissime auteure anglaise, (25 livres, 25 millions d’exemplaires vendus) sacrée reine de l’époque victorienne, confie à propos de son dernier livre situé au cœur de la première guerre mondiale :  » j’aime m’attacher au challenge d’un environnement difficile. Cela me permet d’amener mes personnages au bout de leurs croyances. On ne peut pas mentir ou utiliser des mots vides de sens dans un contexte pareil. « 

A la possibilité de remonter le temps, s’ajoute celle de situer l’action dans un univers précis, ce qu’apprécie particulièrement la Française Viviane Moore. Elle vient de publier Le hors venu, quatrième tome de la saga de Tancrède le Normand. Elle situe son action au XIIe pour y retracer l’épopée des rois normands qui rejoignent la Sicile pour y combattre les Sarrasins.  » Dans sa façon de gouverner, le roi de Sicile Roger II, trouve un équilibre interculturel qui reste un exemple pour les historiens. « 

On a pu constater à quel point, Gyles Brandreth, les sens en éveil jusqu’aux hormones, est incollable sur Oscar Wilde. Ce talentueux touche à tout à l’humour décapant, est traduit pour la première en fois en France. Sous sa plume, l’auteur du portrait de Dorian Gray mène l’enquête après avoir découvert le cadavre d’un adolescent au centre de Londres en 1889. Un hommage plein de saveur, rendu au génie de Wilde comme au papa de Sherlock Holmes, Arthur Conan Doyle qui, dans le livre, participe à l’investigation.

En joignant à la peinture de l’époque de bonnes enquêtes et des personnages aux antipodes de l’auto-fiction, le polar historique séduit un public curieux et voyageur toujours plus large. Vingt cinq ans après ses premiers pas vers le crime, la bonne santé de la collection Grands Détectives est là pour en témoigner.

Jean-Marie Dinh

Photo David Maugendre

Dans la collection Grands Détectives 10/18 :
Anne Perry  » Les tranchées de la haine « . 7,9 euros.
Viviane Moore  »  Le Hors venu  » 14,8 euros.

Gyles Brandreth :  » Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles  » 13,5 euros