Nova 10 CD 115 titres sans pub !

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Nova nous sort son coffret, un intense travail de défrichage musical où la forme rejoint le fond. Ce n’est pas le premier coffret Nova, mais celui-ci est façonné comme un luxueux livre de recettes. Haute Musique est bien un objet de gourmandise autant que de convoitise. En 10 CD, les artisans du Grand Mix, Max Guiguet et Emile Omar, brossent un panorama sonore remarquablement circonstancié des mois écoulés, truffé de subtiles incursions entre les immortels et les horizons plus lointains. Reste le présent avec les découvertes du moment qui ne livrent leur nectar qu’au bout de plusieurs écoutes. Ce petit accordéon, orange claquant, se fait une haute idée de la musique, et poursuit la politique fouineuse, curieuse, sans préjugés ni chronologie menée par Radio Nova. Une reprise des Philistins, de Brassens par un Suédois, Olle Nyman, mais aussi Frank Ocean, Charles Mingus, SBTRKT, J. P. Nataf ou Patrick Watson… Bref, un très beau travail qu’il serait désastreux de ne pas soutenir, d’autant que le prix de 50 euros est très raisonnable pour plus de 10 heures de musique, 10 CD et 115 titres. Laissez-vous surprendre.

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Alain Buffard: Mauvais genre et corps moderne

Alain Buffard explorateur du corps visible et invisible. Photo Stéphane Barbier

Alain Buffard explorateur du corps visible et invisible. Photo Stéphane Barbier

La danse contemporaine française est en deuil avec la disparition du chorégraphe Alain Buffard, samedi 21 décembre 2013 au matin à l’âge de 53 ans.

Figure de la danse française, il était apprécié dans la Région pour son impertinence et son humour. Il venait de recréer Mauvais Genre, en novembre à Nîmes, et d’inventer un ]Domaine[ pour Montpellier Danse. Le chorégraphe participait à la vitalité créative régionale en tant qu’artiste associé depuis trois ans au théâtre de Nîmes Bernadette-Lafont. Son départ précipité a plongé l’équipe du théâtre dans le désarroi.

Alain Buffard commence la danse en 1978 avec Alwin Nikolais au CNDC d’Angers. Il émerge avec la nouvelle danse française dans les années 1980. Il devient l’interprète de Brigitte Farges et Daniel Larrieu pour de nombreuses créations. Il collabore avec Régine Chopinot et Philippe Decouflé. En 1988, il propose sa première pièce, un solo intitulé Bleu nuit (1988). Buffard a croisé les grandes figures de la modernité de la danse. Il hérite de Merce Cunningham une aptitude à remettre en cause les codes. Il prend de la distance avec la danse française au début des années 90. Epoque où Decouflé travaille au spectacle de la cérémonie d’ouverture des J.O d’Alberville. Il s’implique quelques années dans la galerie d’art contemporain d’Anne de Villepoix.

Le chorégraphe s’interroge sur le sens politique d’un geste et la dé-construction des attendus avant de retrouver le chemin de la scène en 1998 dans une performance en solo Good boy. Dès lors, Alain Buffard ne la quittera plus, en déclinant avec humour et provocation tout ce que l’imaginaire corporel appelle et réprouve. Buffard a exploré les possibilités du langage et de toutes formes de déplacements y compris viraux.

JMDH

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Retraites : ce qui attend les jeunes

1937784-retraites-la-duree-de-cotisation-va-passer-a-41-5-ansLa réforme des retraites a été adoptée le 18 décembre à l’Assemblée nationale. Une potion qui risque d’être amère pour les générations nées en 1973 et après. Retour sur l’impact prévisible de la hausse à 43 ans de la durée de cotisation .

La durée de cotisation nécessaire pour pouvoir toucher une retraite à taux plein va être progressivement relevée jusqu’à 43 ans pour les générations nées en 1973 et après, c’est-à-dire à partir de 2035.

Même diluée dans le temps, la potion n’en reste pas moins amère pour les générations concernées. D’autant plus qu’elles sont confrontées depuis longtemps à des difficultés d’insertion sur le marché du travail. L’âge moyen auquel on valide une première année de cotisation recule en effet sensiblement : il est passé de 20,8 ans pour la génération 1954 à 23,4 ans pour la génération 1974. De la même manière, la durée d’assurance validée à 30 ans diminue nettement : elle est passée de dix ans et trois trimestres pour la génération 1950 à sept ans et trois trimestres pour celle de 1974. Celle-ci devra donc attendre au moins l’âge de 65 ans pour avoir cotisé les 172 trimestres (ou 43 années) imposés par la nouvelle réforme.

Mais ce n’est qu’une moyenne : 20 % de la génération née en 1974 a cotisé moins de cinq ans à 30 ans, ce qui les amène à 68 ans dans le meilleur des cas. Ils pourront certes partir à 67 ans sans décote (c’est l’âge du taux plein), mais ils seront tout de même pénalisés au niveau du montant de leur pension puisqu’il leur manquera encore des trimestres. Dans la génération 1974, ils sont 44 % à avoir cotisé moins de sept ans et demi à l’âge de 30 ans. C’est donc presque la moitié de cette génération qui ne pourra de toute façon pas prétendre à une retraite à taux plein avant l’âge de 65,5 ans.

On ne connaît pas les chiffres, mais avec la crise, la situation s’est à coup sûr aggravée encore pour les générations arrivées ensuite sur le marché du travail, puisque le taux d’emploi des 15-25 ans a fortement baissé depuis 2008.

Quant à ceux qui auront connu des périodes de chômage non indemnisé ou qui auront travaillé à temps très partiel, ils devront rester en activité encore plus longtemps. S’ils ne le souhaitent pas ou s’ils ne le peuvent pas (pour des raisons de santé ou faute d’emploi), ils devront se contenter d’une retraite incomplète.

Laurent Jeanneau

Source : Alternative Economique Déc 2013

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Idées de cadeaux. Trois films oubliés de Francis Ford Coppola

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Outsider: un film où Coppola rend hommage à la jeunesse.

Sortie chez Pathé de trois films très longtemps attendus et enfin disponibles en France, du maître Francis Ford Coppola. Il s’agit de Conversation Secrète, Coup de cœur et The Outsiders. Longtemps annoncé en DVD, ces films avaient subi de nombreuses complications, et étaient restés jusqu’à maintenant invisibles.

Palme d’or à Cannes en 1974 Conversation Secrète, porte un regard critique sur les pratiques du pouvoir pour  s’infiltrer dans la vie des gens après Blow up et avant La vie des autres. Si les moyens techniques ont fait un bon en avant, ces pratiques restent complètement d’actualité et les réflexions que posait Coppola il y a 40 ans, n’ont pas vraiment été vraiment renouvelées.

Avec Coup de Cœur (1982), le réalisateur libère son goût pour la démesure en signant une forme singulière de comédie musicale qui fait ressortir tous les artifices de la société américaine. Le film descendu par la critique mérite le détour, notamment pour la BOF signé Tom Wait. The Outsiders, enfin, retrace une guerre des gangs à consonances sociales chez les ados dans les années 50. Un grand classique des teens movies avec un casting incroyable.

Jmdh

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Sadeh21 de Ohad Naharin. L’écriture du corps sous tension

3163247_6_de1a_sadeh-21-d-ohad-naharin_85982b277ea2e95ce3c347488d7053ceMontpellier Danse.

Sadeh21 de Ohad Naharin le directeur de la Batsheva dance company.
La grande force d’expression et d’imagination de Sadeh21 du chorégraphe Ohad Naharin a séduit le public du Corum à Montpellier.

C‘est un rectangle qui évoque indistinctement le bout du monde, la cours de récré, ou celle d’une prison. Un rectangle qui tient lieu de territoire pour les danseurs de la Batsheva company dont le savoir-faire fait briller l’étoile du spectacle vivant de Tel Aviv.

Un à un les 17 danseurs traversent l’espace panoramique, l’impriment corps et esprit confondus, puis s’estompent dans le noir latéral. Comme au cinéma, le rythme  des sorties de champs entraînent de nouvelles entrées de sorte que c’est un peu la bobine du monde tournant sur lui-même qui défile sous nos yeux. Un monde où l’humain se contorsionne sous la pression. Les tableaux successifs obéissent alternativement à un mode numérique, érotique, onirique qui monte en puissance. Solos, duos, trios, groupes se croisent dans un infini des possibles ou des impossibles.

La limpidité formelle des mouvements se perd dans la vitesse comme les corps, singuliers et mêlés, libres et dépendants, tendres et violents qui disparaissent dans le vide en fin de partie. Ohad Naharin est un maître de la fusion. Il forge dans les corps avec l’instinct du geste maîtrisé qui trace le signe calligraphique. Le directeur de la Batsheva, instaure une esthétique soignée dans un climat de haute tension qui pousse l’émotion.

JMDH

Source L’Hérault du Jour La Marseillaise 20/12/2013

Voir aussi : Rubrique Danse, rubrique Montpellier, rubrique  Israël,