Israël à l’Europe: payez, puis taisez-vous!

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Israël vient de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de l’Union européenne. De quoi l’UE serait-elle «coupable»? D’avoir décidé que ses programmes de coopération avec l’État hébreu, et donc l’argent européen, ne pouvaient plus financer des projets israéliens situés en territoire palestinien occupé.

Rappelons quelques faits. Un: l’occupation israélienne de la Palestine, État reconnu depuis peu par l’Assemblée des Nations unies, est illégale aux yeux des lois internationales, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice en 2004. Ceci n’est pas que du droit: l’occupation représente un carcan épouvantable, qui empoisonne la vie quotidienne des Palestiniens.

Deuxièmement, la Cisjordanie fait l’objet d’une annexion partielle rampante, par le biais de colonies illégales: c’est du vol de terres, sur lesquelles les Israéliens vont jusqu’à détruire, comme à Jérusalem-Est et dans ses environs, des habitations palestiniennes.

En dépit de l’occupation, Israël est le pays partenaire de l’UE qui bénéficie du statut le plus privilégié en matière de coopération, notamment économique et scientifique. La décision récente de la Commission européenne n’a pas consisté à couper ces programmes de coopération: elle permettra seulement d’éviter que cet argent ne finance l’occupation.

Rappelons par ailleurs que l’Union européenne fournit, bon an mal an, un demi-milliard d’euros à l’Autorité palestinienne depuis 1993: soit la moitié de son budget. Et ceci pour quoi? Pour l’aider à fonctionner en dépit de l’occupation israélienne…

En annonçant ses mesures de rétorsion, Israël adresse à l’Europe un message très simple: «Payez, puis taisez-vous». Ceci est évidemment inacceptable. Et il faut rendre hommage à l’Union européenne et à son exécutif bruxellois, si souvent critiqués pour leur pusillanimité diplomatique, d’avoir enfin mis leurs actes en conformité avec leurs paroles.

Israël, quant à lui, joue un jeu extrêmement dangereux. Par de telles réactions, l’État hébreu administre une nouvelle preuve du mépris dans lequel il tient toute légalité qui ne lui serait pas profitable. Ce faisant, il creuse obstinément son propre isolement. Cet isolement est hélas exalté en Israël par les éléments les plus extrémistes. Ceux-là dégainent systématiquement l’accusation d’antisémitisme contre tous ceux qui, au nom de la loi ou de la compassion, ne veulent plus contribuer à une occupation condamnable. C’est-à-dire à «payer et se taire».

Jurek Kuczkiewicz

Le Soir 27/07/13

Voir aussi : Rubrique Israël , rubrique UE,

Décentralisation : le projet de loi adopté à l’Assemblée nationale

Nouvel acte de la décentralisation : un engagement de campagne qui profite aux villes

Nouvel acte de la décentralisation : un engagement de campagne qui profite aux villes

Déjà voté en première lecture au Sénat dans des termes très différents, le texte, qui a pour vocation de simplifier le millefeuille territorial et faire la chasse aux doublons dans les services des collectivités, a été adopté par 294 voix contre 235. « A travers ce vote, la gauche a marqué l’histoire, contre les égoïsmes locaux et les conservatismes de tous bords », a réagi la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo.

A droite, UMP et UDI ont voté contre. Au sein de la majorité, les écologistes et les radicaux de gauche ont joint leurs voix à celles du PS mais le Front de gauche a voté « résolument contre ». Les élus communistes estiment qu’une réécriture s’« impose » après la remise en cause par l’Assemblée nationale d’importantes modifications que le Sénat avait adoptées pour respecter le principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.

Seconde lecture au Sénat en septembre

Le texte présenté par la ministre de la réforme de l’Etat, Marylise Lebranchu, a pour ambition de « clarifier les compétences » des différentes strates des collectivités territoriales.

Il ouvre surtout la voie à la création des métropoles de Paris, Lyon et Aix-Marseille-Provence, ainsi qu’à une dizaine d’autres en province. Une partie des conseillers métropolitains seront élus au suffrage universel direct à partir de 2020, y compris pour Paris, Lyon et Marseille. Le projet de loi sera discuté en seconde lecture au Sénat à la rentrée de septembre.

AFP 23/072013

 

Décentralisation : l’Assemblée doit retisser ce que le Sénat a défait

Le Monde 15/07/13

_Marylise lebranchu ministre de la reforme de l'Etat

_Marylise lebranchu ministre de la reforme de l’Etat

Sa mission, Olivier Dussopt, député socialiste d’Ardèche, l’a acceptée : rapporteur du projet de loi de modernisation publique des territoires, il doit remettre d’aplomb cette semaine le texte du gouvernement que le Sénat a généreusement torpillé en juin, lors de la première lecture.

Comment simplifier le millefeuille territorial et faire la chasse aux doublons dans les services des collectivités ? Après une année de travail et de concertations tous azimuts, le projet conduit par Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’État et de la décentralisation, a été taillé en pièces par les sénateurs.

Le plan d’une conférence territoriale de l’action publique (CTAP), que le gouvernement voyait comme le futur centre névralgique de l’action politique dans les territoires, est réduit à un inutile nouvel espace de dialogue ; le pacte de gouvernance territoriale, qui devait être la feuille de route des élus locaux, est jeté aux oubliettes ; enfin, le volet francilien qui engageait la future métropole parisienne à plus de solidarité entre l’est et l’ouest de la capitale est éliminé par l’alliance de circonstance de l’UMP et des élus communistes opposés au projet.

Coordonner les politiques des collectivités

Malgré ces trois soufflets sénatoriaux, le gouvernement s’efforce de positiver : « Il reste la métropole lyonnaise, le grand Marseille et le nouveau statut des métropoles. Mais surtout le texte a été voté et il pourra être modifié à l’Assemblée », avance un conseiller du premier ministre. À Olivier Dussopt de faire de la dentelle législative et de recoudre le texte dans la forme que souhaite le gouvernement.

Le « pacte de gouvernance territorial » fait bien son retour à l’Assemblée. Mais pour ne pas représenter l’article supprimé en juin au Sénat, le gouvernement le rebaptise « convention territoriale d’exercice concerté d’une compétence ». « Le mot ‘pacte’ fait peur », justifie Marylise Lebranchu.

Sur le fond, les nouvelles dispositions visent le même objectif : coordonner les politiques des collectivités. Elles seront signées par compétence : transport, logement, tourisme… Pour respecter le principe selon lequel une collectivité ne peut pas être sous la tutelle d’une autre, chacune sera libre de signer ou non la convention. Toutefois, les réfractaires subiront une limitation des financements croisés – un argument incitatif en période de disette budgétaire.

Métropoles : Un coup de pouce à Montpellier

Dès lors, dotée d’un outil contraignant, la conférence territoriale de l’action publique retrouve du sens. Elle sera présidée par les présidents de région, chefs de file de l’action économique. Régions qui se voient confier la responsabilité du développement numérique, auparavant entre les mains des départements, qui verraient leurs compétences recentrées sur les affaires sociales.

Concernant les métropoles, le Sénat avait tenu à limiter leur nombre en décidant d’accorder ce statut aux seules agglomérations qui en feront la demande et comptant plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de 650 000 habitants. Le rapporteur a réintroduit l’automaticité du statut aux villes qui remplissent les critères.

Le statut sera également accordé aux villes de plus de 400 000 habitants chef-lieu de région – une disposition dictée par le souci de ne pas laisser la ville de Montpellier sur le bas-côté de la métropolisation. La capitale du Languedoc-Roussillon pourrait ainsi rejoindre Bordeaux, Rouen, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nantes, Grenoble et Rennes, ainsi que Paris, Lyon et Marseille, métropoles à statut particulier.

Création d’un haut conseil des territoires

Enfin, en adéquation avec les engagements de François Hollande vis-à-vis des patrons de collectivités territoriales, Olivier Dussopt a introduit la création d’un Haut conseil des territoires, instance de concertation entre le gouvernement et les élus locaux.

Une initiative qui fait grincer des dents nombre de sénateurs, qui voient dans cette nouvelle assemblée un concurrent susceptible de gêner leur dialogue privilégié avec l’exécutif. « La création de ce Haut conseil anticipe le vote de la loi sur le non-cumul des mandats qui prévoit que les parlementaires lâchent leurs responsabilités exécutives locales », souligne-t-on à Matignon. Toutefois, son espérance de vie, dès lors que le projet retournera dans les mains des sénateurs, est faible.

Au Palais Bourbon, on a observé la commission parlementaire retisser le projet de loi que le Sénat avait partiellement vidé de sa substance. « Il n’y a pas de contentieux entre sénateurs et députés, affirme Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret et président de la commission des lois. Nous avons voulu éviter la construction de structures redondantes. »

La claque administrée par le Sénat, en « retournant » le texte, est encore ressentie douloureusement au gouvernement. « C’est un manque de respect pour le travail réalisé par les équipes ministérielles pendant une année », s’agace un proche de Marylise Lebranchu.

Le gouvernement compte sur sa majorité absolue à l’Assemblée pour remettre son projet sur les rails. Mais ce texte n’est que le premier volet d’une trilogie législative qui ne devrait pas se clore avant 2015, alors que la majorité ne dispose déjà plus que de trois voix d’avance à l’Assemblée.

Voir aussi : Rubrique Politique, rubrique Politique culturelle, L’effet domino,

Charles Wyplosz: « la France va connaître une crise de la dette »

Professeur à l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève, Charles Wyplosz juge que les politiques d’austérité européennes vont entraîner une nouvelle crise financière.

Aux « Rencontres Economiques d’Aix », qui ont rassemblé experts, grands patrons et gouvernants de la planète, du 5 au 7 juillet, Charles Wyplosz a été l’un des plus virulents. Cet économiste de renommée internationale, professeur à l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève, a dénoncé les dégâts des politiques d’austérité européennes, qui sont en train de fabriquer une nouvelle crise financière.

Que révèlent les turbulences récentes des marchés financiers. Une nouvelle crise financière est-elle possible ?

La crise de la zone euro n’est pas terminée. Le plus grave n’a pas encore eu lieu. D’abord, les dettes publiques ne sont pas soutenables : celles de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et sans doute de la France. Ensuite, les banques n’ont pas été nettoyées. Pire, depuis 2008, les dettes publiques ont migré dans les bilans des grandes banques européennes, qui ont signé un véritable pacte du diable avec les Etats. Ces derniers les ont incitées à acheter leurs dettes publiques en leur promettant de les sauver en cas de crise. Aujourd’hui, les établissements bancaires sont donc beaucoup plus sensibles à une remontée des taux d’intérêt, venue des Etats-Unis, qui risque de provoquer de lourdes pertes en capital.

Cette nouvelle crise peut-elle survenir cet été ?

Le baril de poudre est là. Il est impossible de prévoir à quel moment il va exploser.

La Commission européenne vient de donner deux ans de plus à la France pour ramener son déficit public en dessous de 3% du PIB. Est-ce une bonne décision ?

Je suis en colère. La commission européenne reconnaît son plantage, qui sera enseigné dans les livres d’histoire. Elle a imposé des coupes budgétaires au plus mauvais moment, alors que l’économie européenne n’était pas sortie de la récession. Le résultat, c’est plus de récession, plus de chômage et plus de dette. Mais la commission persiste dans l’erreur : elle maintient des objectifs de réduction de déficit, alors que nous sommes en récession. Il faut absolument suspendre ces programmes de retour en dessous de 3% de déficit, qui n’ont aucun sens économique. Et les reprendre uniquement lorsque la croissance sera vraiment revenue.

Que pensez-vous de la politique économique de Hollande ?

A peine arrivé au pouvoir, il a entériné la voie de l’austérité voulue par l’Allemagne. En échange, il a obtenu quelques promesses de dépenses de la Banque européenne d’investissement, de taille microscopique. Il a pratiqué la pire austérité qui soit : l’alourdissement d’une pression fiscale parfaitement étouffante. Il n’arrive pas à amorcer un reflux significatif des dépenses publiques, même si le budget 2014 marque un progrès. Peu importe que l’Éducation nationale affiche une performance désolante, sanctionnée par les comparaisons internationales, il continue à embaucher alors qu’il faut rationaliser, c’est-à-dire faire beaucoup mieux avec beaucoup moins.

La France peut-elle être attaquée sur les marchés financiers ?

Le succès de François Hollande est d’avoir tenu un an sans que la France ne rejoigne l’Italie et l’Espagne dans la catégorie des pays officiellement en crise de la dette publique. Mais la dette de l’Etat continue de prospérer et ce n’est plus qu’une question de temps avant que la grande catastrophe arrive. Dans un proche avenir, l’Italie et l’Espagne vont plonger et l’attention se portera alors sur le domino suivant, la France.

Source : Challenges 11/07/13

Voir aussi : Rubrique Politique économique, Les solutions de sortie de crise se heurtent au vide politique, rubrique UE, rubrique FinanceReprendre le pouvoir à la finance, Rubrique Livre Ziegler : Alimentation la faillite organisée,

Mexique: ce que l’on sait du cartel des Zetas

Après une attaque du groupe de narcotraficants, les proches des victimes ont laissé ces croix et photos en leur mémoire. Reuters/Daniel Becerri

Après une attaque du groupe de narcotraficants, les proches des victimes ont laissé ces croix et photos en leur mémoire. Reuters/Daniel Becerri

Les Origines des Zetas

Les Zetas (Les « Z »), ont été créés à la fin des années 1990 par des militaires d’élite de l’armée mexicaine -les Grupos Aeromóviles de Fuerzas Especiales (GAFE)-, spécialisés dans la contre-insurrection. Ils se sont d’abord mis au service d’Osiel Cárdenas Guillén, chef du cartel du Golfe, l’une des principales organisations de narcotrafiquants du Mexique, dont ils sont devenus le bras armé.

« Z »

Le fondateur des Zetas, Arturo Guzmán Decenas, qui utilisait le nom de code de « Z-1 » lorsqu’il était au service de la Police judiciaire fédérale, est à l’origine du nom pris par le groupe. Il avait, selon le quotidien mexicain El Universal, réussi à corrompre les principaux chefs de la police fédérale de l’Etat de Tamaulipas. Quand Guzmán Decenas est abattu en 2002, Heriberto « El Lazca » Lazcano prend la relève.

L’autonomie

Après la capture d’Osiel Cárdenas en 2003, puis son extradition quelques années plus tard, le groupe des Zetas se sépare progressivement du cartel du Golfe, ce qui provoque un sanglant conflit entre narcotrafiquants dans l’est et le nord du Mexique. Dès 2009, les Zetas sont considérés par le gouvernement américain comme le cartel le plus avancé technologiquement, le plus sophistiqué et le plus dangereux du Mexique », selon CNN.

 

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Ses activités criminelles

En raison de ses origines, l’activité du cartel des Zetas n’est pas principalement axé sur la drogue à la différence des autres groupes mafieux mexicains. Il pratique les enlèvements, le racket de la population, le trafic d’armes, le blanchiment d’argent et la piraterie. Son aire d’influence couvre tous les Etats proches du Golfe du Mexique.

Un groupe ultra Violent

Le groupe est à l’origine de nombreuses exactions. Les Zetas sont considérés comme responsables du massacre de 72 migrants d’Amérique centrale et du Sud, retrouvés les mains liés dans le dos, dans la cour d’un ranch de l’Etat du Tamaulipas, en août 2010. Ils sont aussi les auteurs de l’incendie volontaire d’un casino de Monterrey, au nord du Mexique, qui a fait 52 morts en 2011. Apparemment, parce que le patron refusait le racket auquel il était soumis.

Décapité à plusieurs reprises

Avant l’arrestation de Miguel Angel Treviño, dit « Z-40 », lundi, une douzaine de chefs des Zetas ont été arrêtés ou abattus par la police, dont celui qui dirigeait le groupe depuis 2002, Heriberto « El Lazca » Lazcano. Si son arrestation le conduit hors de la voie du cartel, Treviño devrait donc bientôt avoir un successeur.

Source : L’Expresse.fr 16/07/2013

Voir aussi : Actualité Internationale, Amérique Latine, Mexique, rubrique Politique Affaires, rubrique Société, Justice, On line Drogue et violence: « Le Mexique a touché le fond sous Felipe Calderon »

Mali élections bidon mais profit béton

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28, c’est le nombre de candidats qui se présentent aux élections présidentielles du Mali qui doivent se tenir fin juillet. Des élections qui restent largement contestées au regard de l’impréparation à quelques semaines des échéances. L’accord de paix signé à Ouagadougou, qui permet l’entrée de l’armée malienne dans la région de Kidal par le cantonnement des miliciens du MNLA, reste des plus précaires. Des incidents quotidiens surviennent avec, parfois, des blessés graves entre partisans du MNLA et les soldats de la MINUSA. De plus, l’insécurité reste importante dans la région du nord, l’administration et défaillante et parfois totalement absente, les listes électorales ne sont pas fiables et la distribution des cartes électorales reste hasardeuse d’autant que le nombre estimé, par le Haut-Commissariat aux Réfugiés(HCR), est de 353.455 déplacés à l’intérieur du pays et 174.394 réfugiés dans les pays limitrophes .

Plusieurs candidats à la magistrature suprême, dont Tiébilé Dramé qui est l’ancien négociateur pour Bamako des accords de Ouagadougou, appellent à un report des élections. Mais Dioncounta Traoré, président par intérim, refuse parce que François Hollande reste intransigeant sur la date. Comme souvent, le calendrier des occupants est rarement en phase avec les échéances des occupés. En effet, pour les puissances occidentales, le Mali doit retrouver sa normalité constitutionnelle, peu importe que ce soit totalement factice, cela permettra de légitimer les opérations de l’ONU et de formaliser la coopération des Etats-Unis avec les nouvelles autorités.

Des élections, pour écarter les populations

La question du report des élections n’est pas seulement motivée par les difficultés techniques, elle est aussi politique car ce pays a vécu l’une de ses plus graves crises depuis son existence. Cette crise a mis en lumière la faillite de l’Etat, la corruption et l’incurie des dirigeants, elle a aussi permis que les djihadistes et les trafiquants prennent le contrôle des trois quart du territoire. Elle a également provoqué de profondes divisions entre les communautés, allant parfois même jusqu’aux affrontements. Il est révélateur que les populations réfugiées refusent toujours de revenir chez elles. Les tensions exacerbées, le discrédit des dirigeants du pays parmi les populations, devraient pousser à un profond processus de rénovation politique. Le premier impératif serait que les populations puissent s’exprimer, se retrouver à l’échelon du quartier ou du village, pour définir quelles devraient être les priorités de l’Etat et définir un nouveau mode de gouvernance. C’est précisément ce que ne veut, ni la France, ni le pouvoir en place au risque de retomber dans les mêmes travers avec une élection présidentielle bâclée qui apparaîtra comme illégitime aux yeux de bon nombre de Maliens et Maliennes.

Alors, pour prévenir toutes contestations ultérieures des élections, Dioncounta Traoré lorsqu’il a reçu les 28 candidats a déclaré que : « Tous les candidats sont à égalité sur les insuffisances et les imperfections relevées ici et là ». Pas si sûr, car les carences dans le processus électoral facilitent grandement les fraudes électorales du pouvoir en place qui est loin d’être novice en la matière. Le ministre chargé des élections, le général Kafougouna Koné, est le même qui avait organisé, le dernier scrutin électoral entaché de multiples fraudes permettant de porter au pouvoir Amadou Toumani Touré qui sera renversé par le coup d’état du 22 mars 2012.

D’autant que le dernier remaniement ministériel, à en croire une note confidentielle du FMI qui a fuitée, a pour seul but de faire profiter les dirigeants durant ce dernier mois de pouvoir pour s’enrichir à l’occasion d’investissements importants de l’Etat. Et dans le même temps, Michel Roussin (ex. des services secrets et ancien ministre de la coopération de Chirac) a conduit pour le MEDEF, une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprises afin de participer à la reconstruction du Mali dont le financement est à hauteur de trois milliards de dollars par les bailleurs de fonds. Comme quoi le hasard fait bien les choses … !

Paul Martial

Source Afrique en Lutte 18/07/13

Voir aussi : Rubrique Afrique, rubrique Mali, Aggravation de la situation néo coloniale, rubrique Politique internationale,