Cet étrange étranger qui nous rapproche

L'auteur écossais et poète William McIlvanney, est l'invité d'honneur de cette 18e édition. (DR)

L’auteur écossais et poète William McIlvanney, est l’invité d’honneur de cette 18e édition. (DR)

Festival international du roman noir. Le Firn convoque le monde à la grande table du noir qui se tient à Frontignan jusqu’à dimanche. Polars, débats, BD, cinéma figurent au menu festif.

« Les étrangers forment l’humaine humanité…»

Après une année de transition liée au décés de son père fondateur Michel Gueorguieff, le Festival international du roman noir de Frontignan reprend de la voile en conservant son ADN.

Le thème Etrange étranger sert de trame à cette dix-huitième édition et demeurera au cœur du festival dont la marque de fabrique est de construire sa programmation autour du thème choisi en explorant toutes les pistes à ouvrir. La méthode présente le double avantage de ne pas s’éparpiller en courant après l’actualité éditoriale et de favoriser des rencontres pleines de consistance entre les maîtres et les nouveaux auteurs prometteurs.

Le temps fort se concentre ce week-end avec l’arrivée massive des auteurs dès aujourd’hui. Ils sont une soixantaine, venus de partout, certains de loin, pour échanger jusqu’à dimanche sur ce thème éminemment contemporain et à la fois constant dans l’histoire littéraire. Depuis la nuit des temps, la littérature offre un espace d’exil proprement étranger à l’homme purement théorique, et aujourd’hui, à l’Homo œconomicus.

Ces dernières quarante années, l’ensemble multidimensionnel du néolibéralisme n’a cessé d’intensifier le vertige, au point de nous séparer d’une partie de nous-mêmes, si bien que la notion d’étranger ne concerne plus seulement l’altérité.  Sur ce point, ce ne sont pas les Ecossais invités, John Burnside qui développe dans son œuvre une réflexion sur la pollution des âmes et des corps, ou William McIlvanney, fils de mineur et poète, invité d’honneur, qui défendront le contraire. Pas plus que la marraine du festival, Fred Vargas, dont les origines normandes ne l’empêchent nullement de se sentir étrangement étrangère au monde diurne.

A Frontignan, les terres littéraires vont surgir comme contrepoint à la déshumanisation en nous rappelant ce que nous avons de semblable dans nos différences. Entendu comme la rencontre de ce qui n’est pas nous, l’étranger sera évoqué par les auteurs de roman noir dont nous connaissons le goût pour l’étrange et la capacité à se jeter à corps perdu dans des univers inconnus.

De là à soutenir que l’étranger rassemble public et auteurs autour de la cuvée officielles 2015 et de la traditionnelle brasucade, il suffit de se rendre à Frontignan pour s’en convaincre.

 JMDH

Source La Marseillaise 25 06 2015

Voir aussi : Rubrique LivreRoman noir, FIRN,

Edition : un recueil de quatorze nouvelles noires pour soutenir l’action de la Cimade

etrangeSur la forme et sur le fond, cette initiative mérite d’être saluée. En partenariat avec la Cimade, le Firn édite un recueil de quatorze nouvelles noires sur le thème de cette année Etrange étranger. Les bénéfices provenant de ce livre seront reversés à l’association qui accueille, oriente et défend  les personnes étrangères, les demandeurs d’asile et les réfugiés. L’ouvrage coordonné par Patrick Mosconi fait écho à ce désordre assourdissant pour notre humanité que représente la situation des hommes, femmes, et enfants sans-papiers.

Entre violence brute et errance tragique dans les bas-fonds de nos villes et le désert de nos campagnes, ces citoyens du monde sans droit, inspirent les auteurs des courts récits compilés dans ce petit livre. Certains mettent à nu la férocité des rapports humains. C’est le cas de Lilian Bathelot qui conte dans Cristalline, une courte descente d’escalier de trois étages qui finit mal. Jean Bernard Pouy choisit lui, le thème de l’intégration réussie. Il narre avec humour le passé glorieux de la vicomtesse de Der qui détient le record du nom de société le plus long de l’histoire, déposé au registre du commerce.

Tout arrive, dans ce monde méconnu et sans règle. Anne Bourrel décrit les manigances de jeunes femmes marocaines pour se faire épouser. Sophie Loubière dénonce de manière originale l’atteinte profonde aux droits des femmes. L’étrange étranger de Serguei Dounovetz apparaît sous les traits d’un redoutable piranha qui squatte le cerveau embrouillé d’un musicien souhaitant saisir l’occasion offerte de braquer la Banque de France.

D’autres écrivains semblent s’inspirer de faits réels comme Gianni Pirozzi dans Femme de Parloir, qui use d’un style quasi documentaire pour évoquer le parcours d’une famille Rom ayant fui le Kosovo, ou Laurence Beberfield qui dans Aujourd’hui un autre jour, livre le récit d’un médecin engagé, resté fidèle au serment d’Hyppocrate. En pleine nuit la femme médecin part sur le bord de l’autoroute secourir et soutenir un groupe d’Erythréens à la barbe des policiers locaux. Dans La route est belle, Marin Ledin met en lumière la fragilité de l’intégration et la dureté de la vie tout en soulignant une grande inflammabilité des sentiments xénophobes dans les milieux d’extrême précarité.

«On se recompose sur les chemin de l’enfer» écrit de son lointain Brésil, Cesare Battisti qui décrit la force de caractère d’une femme africaine qui émigre pour ne pas subir le sort des femmes de son village. Il en sait quelque chose, lui qui a quitté son pays pour les raisons que l’on sait.  Toujours sur le thème de l’émancipation, mais au sein d’une famille gitane, Patrick Mosconi évoque l’histoire d’un couple qui souhaite assumer son  choix. Francis  Zamponi nous plonge dans la légion étrangère pour aborder l’extrême nécessité de trouver sa place dans la société, si cruelle soit-elle.

JMDH

Etrange étrangers éditions La Manufacture de livres, 6 euros

Source La Marseillaise 25 06 2015

Voir aussi : Rubrique LivreRoman noir, FIRN, Les amoureux du noir,

Montpellier Danse : tout est mouvement dans l’espace monde

Phia Ménard «belle d’hier» photo dr

La 35e édition du festival débute ce mercredi 24 juin. Jusqu’au 9 juillet, le monde contemporain se croise pour dresser un état de la scène chorégraphique du local aux frontières lointaines.

Ouvert sur le territoire local avec une présence renforcée dans la Métropole et toujours foncièrement international, le Festival Montpellier danse qui débute aujourd’hui reçoit cette année des chorégraphes venant de treize pays différents : (Canada, Colombie, États-Unis, France, Italie, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Espagne, Pays-Bas, Israël, Maroc, Turquie). Jean-Paul Montanari, le directeur du festival, maintient depuis les premiers pas de l’événement un état de veille sur le monde de la danse qui fait du festival un moment incontournable pour la scène chorégraphique.

Comme tous les grands rendez-vous de ce type, il est aussi question de porter à la lumière la vitalité des jeunes chorégraphes. A l’instar de la jeune marocaine Bouchra Ouizguen dont la recherche permanente pose l’épineux problème du corps et plus généralement de la place de la femme dans la société marocaine. Au contact de Matilde Monnier et de Boris Charmatz, la chorégraphe qui ne craint pas de déranger s’est confrontée aux pratiques d’écriture occidentales, et bénéficie depuis plusieurs années de la fenêtre que lui ouvre Montpellier Danse sur le monde.

Autre chorégraphe porteuse de renouveau, Phia Ménard sera cette année à l’affiche avec sa création Belle d’Hier. La pièce entend travailler sur la disparition d’un mythe, par sa transformation; en l’occurrence celui du prince charmant. De formation circassienne Phia Ménard participe à la rencontre et à la redéfinition des deux arts du mouvement que sont la danse et le cirque. Elle ouvre un champs émotionnel et poétique prometteur.

Fruit d’un savant dosage, la programmation offre également l’occasion de retrouver quelques grands noms de l’histoire chorégraphique. A commencer par le spectacle de ce soir, la création Extremalism du duo italo-hollandais Emio Greco et Pieter C.Scholten tout fraîchement nommés au Ballet national de Marseille. Autre duo de taille Israel Galvan et Akram Khan, présenteront leur création Torobaka où jouteront les influences du kathak indien et la virtuosité du flamenco. On attend aussi la présence des maîtres reconnus, Anne Teresa de Keersmaeker, Ohad Naharin, et Maguy Marin dont les oeuvres ont modifié le sens conféré au concept d’espace.

A l’heure où le Festival débute sa 35e édition, il paraît peu opportun de se questionner sur l’état de la danse contemporaine. Peut être parce que le chiffre 35 parle de lui-même et que cette interrogation sur la crise de l’expression chorégraphique paraît datée.

En vertu du rapport étroit qu’elle entretient avec la notion d’immanence, la danse contemporaine a toujours été un laboratoire d’actions nouvelles. La danse est par ailleurs un puissant stimulant de l’activité réceptrice, notamment dans les arts du spectacle vivant. Que l’on constate l’apport de la danse au théâtre, à la musique ou encore au cirque, pour apprécier les bienfaits transmis dans le rapport à l’espace au mouvement et au temps.

La danse se dessine dans un mouvement qui porte son propre tracé et situe la place du corps en modifiant l’espace. Il ne faut donc pas tenir à comprendre mais inventer un nouveau sens. A ce titre, la place que Montpellier danse accorde à la création demeure un critère incontournable avec 14 créations à découvrir.

Comme le ferait dire l’auteur Jérôme Ferrari à un de ses personnages, la danse contemporaine répond, à sa façon, au principe physique de l’incertitude.

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 24/06/2015

Voir aussi : Rubrique Danse, rubrique Festival,

Printemps des Comédiens 2015

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Julien Gosselin a réussi

lpe_1_gosselinhTh CDN. Les particules élémentaires du roman au théâtre en passant par le cinéma, la recette est bonne !

Revenir à Houellebecq avec Les particules élémentaires c’est un peu oublier le discours à forte connotation politique et idéologique de l’auteur autour de son dernier livre Soumission.

La pièce tirée du roman fleuve paru en 1998 est habilement mise en scène par Julien Gosselin qui joue sur le registre opéra rock. Le spectacle est prétexte à un délire musical bien rock and roll, sexuellement débridé et plein d’humour. On connaît le talent de Houellebecq pour occuper le centre de la scène littéraire française, s’attirant tous les projecteurs et pas mal de pognon…

Voilà donc une bonne occasion de s’instruire sur les recettes retenues par l’auteur à la sulfureuse réputation. Dans ce texte, plein de facilités, il s’attaque aux forces de l’univers. Et pour tout dire mieux vaut le voir au théâtre que de se taper son bouquin.

Un coup d’éclat donc pour le jeune metteur en scène dont la pièce n’a cessé de tourner depuis Avignon il y a deux ans. Les quatre heures de divertissement trompent l’ennui et ce spectacle « dédié à l’homme », qui fait songer à une forme de « littérature réalité » devrait constituer une référence,voire un nouveau modèle économique. Il suffit de changer les scénarios, les lieux, les personnages et travailler le bouche à oreille…

JMDH

Source La Marseillaise 23/06/2015

 

Go down Moses.  Choc esthétique et décollage onirique

GO-DOWN-MOSES_C_LUCA_DEL_PIA-672x359Go down Moses. Castellucci au Printemps des comédiens, un théâtre bien au-delà du réel qui nous perd et nous retrouve.

L’italien Roméo Castellucci compte avec le compositeur Dominique Pauwels, mis en scène par Denis Marleau, parmi les invités attendus et prestigieux de cette édition 2015. Ces artistes n’ont rien de commun hormis leur formidable capacité à nous vasculariser hors des grandes artères pour nous plonger dans le monde puissant de leur univers qui relève du monde du rêve.

Dans Go down Moses Roméo Castellucci fait, à sa façon, référence à Moïse. Le seul homme qui ait rencontré Dieu. On est aux antipodes de la démarche quasi patrimoniale du travail de Benjamin Lazar qui gère les ressources culturelles dans Le Dibbouk. Go down Moses parle d’une très vieille histoire débarrassée, des fausses vérités religieuses, des idées reçues et quelque part, de sa fonction nécessaire permettant l’établissement du lien social. Comme si Castellucci souhaitait nous perdre pour nous retrouver. Comme s’il souhaitait renouveler la façon dont on conçoit le rapport du langage à la réalité et au mythe.

Il résulte que le signifié sur le plateau n’est pas la réalité elle-même, mais une construction signifiante de la réalité. Il en va ainsi de la première scène où les humains se mesurent sans s’aimer, ou de la scène de la poubelle où l’enfant n’est déjà plus dans le sac en plastique. De cette machine qui turbine pour « nous exiler de notre être », du scanner, fierté de l’imagerie médicale, qui propulse bien plus loin que les pales performances scientifiques. C’est de cette construction de sens qu’on appellera le réel signifiant du monde dont l’artiste tire sa matière et sa spiritualité.

La fascination de Roméo Castellucci pour Moïse, libérateur de l’humanité, porte en germe l’ambition que cette libération pourrait aussi bien provenir de l’art.

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 23/06/2015

Jean Varela : « qu’entend-on nous par culture ? »

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Après l’annulation de l’édition 2014 liée au combat des intermittents et précaires, le directeur du Printemps des Comédiens de Montpellier défend une politique culturelle émancipatrice ouverte et généreuse. A l’occasion du Festival Le Printemps des Comédiens qui se tient jusqu’au 28 juin au Domaine d’O à Montpellier son directeur artistique Jean Varela évoque les orientations théâtrales et politiques de sa mission.

Vous proposez cette année votre cinquième programmation. Vos choix artistiques et votre engagement en faveur du service public de la culture sont reconnus. Etes-vous serein ?

Cinq ans, on appelle cela un lustre. Serein n’est pas le mot. Je dirais que j’espère. Et en même temps je doute davantage. J’ai été nommé de façon provisoire, les enjeux n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Depuis, nous avons essayé de construire une politique culturelle qui soit exigeante et pas élitiste tout en gardant le cap, malgré les difficultés. Le Conseil départemental protège la culture par son engagement. C’est une longue histoire commune.

Le festival et son équipe sortent-ils renforcés ou affaiblis de la mobilisation ayant conduit à l’annulation en 2014 ?

Le noyaux de l’équipe se compose de cinq personnes, pour beaucoup présentes depuis l’origine. Il y a eu des questionnements durant la traversée de l’été 2014. Notamment sur la ligne que j’ai choisi d’adopter en me portant, non solidaire du combat mais dans le combat, en tentant d’expliquer qu’il fallait que les représentations se tiennent, puisque c’était mon rôle. Nous étions tous dans l’incertitude du lendemain. Il a fallu faire œuvre de pédagogie. Reconnaître les choses, comme savoir d’où on vient et pourquoi on se trouve là ? A la fin la grève m’a inquiété et en même temps, la non tenue d’un mouvement m’aurait aussi inquiété. Je suis reconnaissant envers André Vezinhet et sa majorité, envers le public, les artistes et les techniciens… Ce qui ne tue pas renforce. J’ai vu chez les gens une prise de conscience plus forte de l’endroit où s’inscrivent nos métiers, et ce ne sont pas que des mots…

Comment gérez-vous les contraintes d’ordre budgétaire cette année ?

Pour résoudre l’équation budgétaire qui représente -6% sur le budget 2014 et -10% cette année nous avons été contraints de réduire la voilure qui se traduit par une réduction de la durée du festival et du nombre de lieux de représentation. Il n’y a pas de lieux éphémère cette année.

Quels choix avez-vous opérés pour cette programmation ?

J’ai d’abord fait le choix, de ne rien programmer de l’édition de 2014. Ce n’est pas intéressant de refaire la même chose, nous sommes passés à un autre moment, et puis j’aurais trouvé injuste de ne programmer que certains artistes. Même si des ponts surgissent parfois entre les spectacles d’une même édition, le festival ne s’articule pas autour d’une thématique. L’accompagnement des artistes en coproduction, le soutien à la création apparaissent en revanche comme un axe de travail. Dans cette programmation nous coproduisons Nobody de Cyril Teste, Le Dibbouk de Benjamin Lazar, Go down Moses, de Roméo Castellucci, ou encore En avant, marche ! d’Alain Platel. Il est important de partager avec le public la notion essentielle du risque qui permet aussi de montrer ce qu’est le théâtre.

Qu’en est-il de l’enjeu politique : le gel du soutien de la Métropole, la place de la culture sous la présidence du nouveau président Kléber Mesquida ?

Le président de la Métropole a annoncé avant les élections qu’il voterait la participation de la Métropole, pour l’instant le versement est suspendu. J’espère et reste confiant sur les possibilités de trouver une solution. Je connais la conviction dans l’intérêt général du président Kleber Mesquida qui est le député de mon lieu de résidence. Il considère le service public de la culture comme un enjeu fort des politiques publiques. Il a souhaité souligner l’importance du Domaine de Bayssan à l’ouest du département, violemment attaqué par le FN durant la campagne.

Quelle place attribuez-vous au théâtre dans cette période de crise politique, identitaire, démocratique..?

Depuis mon enfance je vis dans la crise. Et je constate chez les jeunes générations d’artistes, qu’ils n’espèrent même plus que la crise se termine. C’est comme un état de crise permanent et non permanent car ce n’est pas la crise pour tout le monde. La place du théâtre d’art est essentielle. Le clivage qui existait jusque dans les années 80 entre la droite et la gauche s’est quasiment estompé. La culture, dit on, est une priorité, mais qu’entend-on nous par culture ? Une culture qui éveille, permet l’émancipation, le rêve partagé ou une culture du plus grand nombre ? Les forces de progrès devraient se questionner fortement sur cette problématique et affirmer leur vocation, ce que fait le Conseil départemental en soutenant le Printemps des Comédiens.

Les choix artistiques de cette nouvelle programmation oscillent sans parti pris entre l’hybridation des formes portées au plateau et l’attachement au texte…

Oui, cette année nous pouvons entendre ce que dit Falk Richter dans Nobody et ce que disait Beaumarchais. avec Le mariage de Figaro. Cyril Teste travaille sur un texte en usant des technologies actuelles de l’image. A côté de cela, on trouve le travail très digne de Benjamin Lazard qui fait revivre la langue et la musique d’un peuple dans Le Dibbouk, ou l’hommage que rend Laurent Pelly au théâtre avec L’oiseau Vert. Nous tentons d’accompagner le public en restant proche de son désir de curiosité, de verbe et de sens. On peut avoir l’image d’un théâtre figé, mais souvenons nous que le théâtre s’est toujours adapté très vite aux nouvelles technologies les Grecs ont introduit la machinerie, les Italiens les techniques de navigation. Le gaz et l’électricité sont entrés très tôt dans les théâtres qui ont toujours été et devraient demeurer des endroits très ouverts.

 Propos recueillis par Jean-Marie Dinh

 

Source La Marseillaise lundi 15 juin 2015

 

Cirque Balthazar 25 piges éternelles
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 Printemps des comédiens. BiZARaZar cabaret bal Loufoque jusqu’au 13 juin.

Le centre des arts du cirque de Montpellier tient sa place au Printemps qui ouvre chaque année la possibilité aux jeunes circaciens en 1ère et seconde année de classe pro de se confronter au public. Un moment attendu de la programmation où se conjugue la culture sensiblement décalée du cirque Balthazar, et les traits de personnalité saillants des jeunes artistes.

Comme toujours, chez Balthazar c’est l’énergie du groupe qui permet la mise en valeur des individus. Les origines se mêlent et s’enrichissent sur une bande son de choix qui fait le tour du monde et des époques en explorant tous les styles de musique : salsa, jazz, techno, transe, rock, valse, reggae, chanson…

La mise en piste de Bi- ZARaZar, débute dans l’anonymat stressé des transports urbains.
Mais très vite les voyageurs du quotidien rejoignent un intérieur de type bar cabaret où vont se nouer une série d’interactions qui révéleront les caractères, talents, et, coups de nerf des personnages.

On touche du doigt la dimension poétique des sensations quand les stagiaires de la formation professionnelle exercent leur art et leur recherche en jouant à contre-sens
de l’attendu, comme si leurs performances se mettaient en oeuvre malgré eux. On savoure le côté bastringue et provocateur des artistes. On se laisse emporter dans
la magie révélatrice de l’art du cirque qui brise bien des codes et représentations.

JMDH

Source La Marseillaise 12/06/2015

 

Montpellier : quand le théâtre vole au secours de l’imaginaire

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Le rideau de tissu et de pins se lèvent aujourd’hui sur la 28e édition du Printemps des Comédiens. Un moment fort et novateur pour un public avide de rencontres et découvertes théâtrales.

Sous les feux de l’actualité l’année dernière, le Printemps des Comédiens s’est illustré à travers la parole révoltée des artistes et des techniciens du spectacle. Il a été le cœur national de la mobilisation des intermittents et précaires ne craignant pas d’engager son avenir, dans ce conflit éprouvant.

Faute de budget, la manifestation sera un peu écourtée cette année mais cette lutte brille pour souligner que la création ne se met pas toujours au service du pouvoir et rappelle que le théâtre est sans doute la forme d’expression artistique qui présente le plus souvent des sujets politiques et sociaux. Enfin le combat de 2014 n’est pas étranger à la délibération de l’Assemblée nationale, qui vient de graver dans le projet de loi sur le dialogue social et l’emploi le régime d’assurance chômage des intermittents du spectacle.

«Le Printemps a eu à vivre une édition 2014 singulière dans un moment complexe. J’ai soutenu sa démarche, indique Michaël Delafosse qui vient de prendre les rênes de L’Epic du Domaine D’O. Je me réjouis que l’Epic ait été un lieu de débats sur le rôle de la culture. Les artistes ont des choses à exprimer. Ce qui s’est passé a généré de la souffrance et en même temps, les gens se sont solidarisés, il y a eu un vrai dialogue avec le public. La culture ne se résume pas à des actes de gestion.»

Le choix de la qualité

C’est donc avec joie que ce beau festival reprend sa vocation aujourd’hui jusqu’au 28 juin. Le théâtre est entendu au Printemps des comédiens comme un médium qui développe l’imaginaire. Il est question de mettre en relation notre quotidien avec le fantastique, comme le spectacle Nobody qui débute ce soir. Cyril Teste met en scène de manière novatrice la vie compliquée d’une entreprise de bureaux d’après un texte de Falk Richter.

Avec une quinzaine de spectacles sur 18 jours le Printemps joue la carte de la qualité. Le directeur artistique Jean Varéla a concocté une affiche qui compte des grands noms de la scène contemporaine tels que l’Italien Romeo Castelluci qui poursuit sa quête spirituelle. Après le Christ il évoque la vie de Moïse dans Go down, Moses, pour la projeter dans notre époque. Benjamin Lazar usera des cordes baroques pour un Roméo et Juliette yiddish avec Dibbouk de Lazar.

Le jeune metteur en scène Julien Gosselin s’attaque aux Particules élémentaires de Michel Houellebecq en partenariat avec le h.T.h CDN de Montpellier. Décollage lyrique et poétique assuré, proche des rivages de Verlaine et Rimbaud avec L’autre hiver mis en scène par Denis Marleau et Stéphanie Jasmin sur un opéra innovant de Dominique Pauwels. Autre sortilège à suivre la fable philosophique de Carlo Gozzi, L’oiseau Vert dans une très belle mise en scène de Laurent Pelly.

Le festival croise depuis 28 ans les expériences artistiques de tous les continents avec une connaissances singulière des univers du théâtre, du cirque et du spectacle de rue. Dans ce registre on retrouvera le Nouveau cirque du Vietnam pour A Ô Làng Phô. Les artistes nous entraînent dans leurs pulsations poétiques à travers des tableaux vivants. Avec le spectacle En avant marche, le Flamand Alain Platel s’intéresse aux artistes de fanfare, réjouissances populaires et notes en folies. Le festival est passé maître dans le mélange des techniques scéniques pour les mettre au service des personnages et de la mise en scène. Une idée du théâtre pour tous avec le souci du détail et une haute exigence artistique.

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 10/06/2015

Voir aussi ;  Rubrique Théâtre, rubrique FestivalMontpellier,

Guérilla contre l’avortement aux Etats-Unis

Les Etats fédérés votent des lois toujours plus restrictives

avortementAvec le triomphe des républicains aux élections législatives de 2010, les militants antiavortement américains ont repris du poil de la bête. Leur tactique consiste à faire passer des lois restreignant le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au niveau de chaque Etat, le rendant parfois quasi impossible à exercer. Dernier rempart : la Cour suprême du pays. Mais pour combien de temps ?

par Jessica Gourdon,

Tous les jours, brandissant leurs pancartes, une poignée de militants « pro-life » alpaguent les femmes qui entrent ou sortent de la Jackson Women’s Health Organization, seul établissement pratiquant l’avortement dans l’Etat du Mississippi. Au point qu’en janvier 2013 la directrice, Mme Diane Derzis, a dû mettre en place un système d’escortes afin d’accompagner les femmes entre leur voiture et la porte d’entrée. « Le climat s’est vraiment durci ces derniers mois, depuis que la clinique est menacée de fermeture, regrette-t-elle. Les manifestants se galvanisent mutuellement. »

Le Mississippi deviendra-t-il le premier Etat américain à ne plus pratiquer l’avortement ? Le symbole serait fort, alors que ce territoire de trois millions d’âmes, vaste comme l’Angleterre, est aussi le plus pauvre des Etats-Unis. La clinique de Jackson se trouve en effet en infraction vis-à-vis d’une loi votée au niveau de l’Etat en 2012, qui requiert que les médecins pratiquant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) soient conventionnés avec un hôpital proche qui s’engage à prendre en charge leurs patientes en cas de problème. Les trois gynécologues de l’établissement se sont tous vu refuser ces conventions. « Aucun hôpital n’a accepté. Pour des raisons idéologiques, par peur, ou parce que certains de nos médecins ne sont pas résidents du Mississippi, explique Mme Derzis. Ces conventions n’ont rien à voir avec la sécurité de la procédure : de toute façon, les hôpitaux ne peuvent pas refuser nos patientes si une hospitalisation se justifie. Les législateurs savaient parfaitement que cela nous mettrait en péril. »

Le gouverneur républicain Phil Bryant n’a pas masqué son intention de faire du Mississippi le premier abortion free state (Etat où l’avortement ne se pratique plus) du pays. En attendant, la clinique de Jackson, où ont lieu deux mille IVG par an, ne doit la poursuite de ses activités qu’à une décision suspensive d’un juge fédéral. Un procès se tiendra au printemps 2014.

Cette situation n’est pas unique aux Etats-Unis. Des bras de fer similaires ont actuellement lieu dans le Dakota du Nord, en Virginie, dans l’Indiana ou dans l’Alabama. Au total, cinquante-quatre cliniques ou services d’avortement ont fermé depuis trois ans, d’après une enquête menée par le Huffington Post auprès des services de santé (1). Trois Etats, les Dakotas du Nord et du Sud et le Mississippi, ne disposent plus que d’un établissement proposant cet acte.

Le droit à l’avortement aux Etats-Unis repose pourtant sur un socle juridique solide au niveau fédéral. En 1973, l’arrêt « Roe vs Wade » de la Cour suprême a unifié les pratiques divergentes des Etats et établi que toute femme était libre d’avorter jusqu’à la viabilité de son fœtus hors de l’utérus, soit autour de vingt-deux à vingt-quatre semaines. Un délai bien plus long que celui qui prévaut en France, où l’IVG est autorisée jusqu’à douze semaines (l’interruption médicale de grossesse, en revanche, n’est pas soumise à un délai). Un autre arrêt de 1992 (« Planned Parenthood vs Casey ») a complété la jurisprudence en permettant aux Etats d’encadrer le droit à l’avortement, à condition que cet encadrement ne constitue pas un « fardeau excessif » pour les femmes souhaitant avorter. Pour les militants anti-IVG, le combat se joue donc au niveau de chaque Etat.

Un acte encore considéré comme honteux

Durant la seule année 2011, quatre-vingtdouze mesures ont été votées dans les Etats fédérés, selon les calculs du Guttmacher Institute (2). En 2012, leur nombre se montait à quarante-trois, et pour l’année 2013 le compteur affichait déjà soixante-huit au 1er octobre. Une inflation sans précédent. L’organisation Americans United for Life publie même un guide proposant des modèles de lois restreignant le droit à l’avortement.

Vingt et un Etats requièrent désormais des autorisations parentales pour les mineures — parfois des deux parents, comme dans le Mississippi et le Dakota du Nord. Une dizaine ont rendu les échographies obligatoires. Dans le Wisconsin et en Louisiane, le praticien est même tenu de présenter l’image à la patiente et de la décrire. Dans cinq Etats, on a instauré une « séance d’information » qui évoque le lien entre l’avortement et un risque accru de cancer du sein — lien démenti par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) — ou mentionne la douleur fœtale. Huit Etats interdisent aux compagnies d’assurances de leurs territoires, pourtant privées, de rembourser l’IVG.

Mais la véritable nouveauté tient à la multiplication des mesures visant les cliniques, souvent gérées par le planning familial ou par d’autres associations (aux Etats-Unis, peu d’avortements ont lieu à l’hôpital). Au nom de la sécurité des patientes, de nouvelles lois leur demandent de réaliser de lourds travaux afin de les aligner sur les standards des hôpitaux pratiquant la médecine ambulatoire : équipements, mais aussi taille des salles, des couloirs, du parking, etc. Selon les recommandations de l’OMS, de tels aménagements n’ont pourtant aucun caractère de nécessité pour les cliniques pratiquant l’avortement au cours du premier trimestre de grossesse. Ces lois « découragent les cliniques, ou font peser sur elles une charge qu’elles ne peuvent supporter », dénonce ainsi la National Abortion Federation (3).

« L’avortement compte au nombre des actes médicaux les plus sûrs. Le risque de complication est minimal, avec moins de 0,5 % de complications majeures », affirme l’American Congress of Obstetricians and Gynecologists dans un communiqué de juillet 2013, en réaction à une nouvelle loi votée au Texas qui exige des cliniques qu’elles s’équipent à la manière des hôpitaux, et des médecins qu’ils disposent de conventions. Elue au Sénat de l’Etat, Mme Wendy Davis s’est élevée contre cette mesure. Attirant l’attention des médias, elle a discouru pendant onze heures, debout devant son pupitre, sans parvenir à empêcher l’adoption du texte. Du fait de cette loi, le Dallas Morning News rapportait que quatre cliniques rurales pratiquant l’IVG étaient sur le point de fermer et que trois autres étaient menacées (4). Si ces fermetures se confirment, un quart des cliniques du Texas auront disparu en 2013.

A ces difficultés s’ajoute parfois le blocage des villes. Le Washington Post relate que la clinique de Fairfax, l’une des plus fréquentées de Virginie, a fermé durant l’été 2013 à la suite d’une bataille avec le conseil municipal : celui-ci lui refusait l’emménagement dans de nouveaux locaux, nécessaire pour se mettre en conformité avec une loi votée par l’Etat en 2011 (5).

Ce durcissement réglementaire s’explique en premier lieu par la vague républicaine de 2010, qui a permis aux conservateurs de contrôler la majorité des chambres des Etats (vingt-sept sur cinquante) et des postes de gouverneur (trente sur cinquante). Elle a également mis sur le devant de la scène de nouvelles figures du Tea Party disposant d’un programme particulièrement réactionnaire sur le thème des droits reproductifs. Alors que dans la plupart des pays d’Europe l’IVG est majoritairement considérée comme un droit acquis, les Américains restent divisés sur le sujet. Dans les Etats du centre et du Sud, actuellement dominés par les républicains (Alabama, Arkansas, Louisiane, Mississippi, etc.), qui comptent parmi les plus pauvres des Etats-Unis (6), 52 % des personnes interrogées par le Pew Research Center estiment que l’avortement devrait être illégal « dans la plupart des cas ». Elles étaient 45 % en 1995. A l’inverse, dans certains Etats de la Côte est (Connecticut, Vermont, New Hampshire, Maine), de tradition démocrate, cette proportion tombe à 20 % (7).

« Avec les armes à feu, l’avortement est l’un des grands clivages culturels qui traversent les Etats-Unis, et qui nous opposent à l’Europe. C’est étonnant, car sur d’autres sujets comme le mariage gay, l’opinion américaine évolue dans un sens progressiste. Et, simultanément, au nom de la morale ou de la religion, l’avortement reste un acte considéré comme honteux. Dans les enquêtes sociologiques, la moitié des femmes qui ont avorté ne le déclarent pas, même face à un ordinateur : les chiffres sont deux fois moins élevés que ceux des statistiques de santé publique », relève Theodore Joyce, professeur en santé publique à la City University de New York. Ces dernières années, en effet, le mariage homosexuel a effectué des progrès considérables aux Etats-Unis. Il est désormais autorisé dans quatorze Etats, dont certains, comme l’Iowa ou le New Jersey, sont gouvernés par des républicains, et l’adoption de ces mesures n’a pas déclenché les manifestations observées en France.

Dans ce climat de division, le maintien du droit à l’avortement dans les Etats les plus conservateurs tient beaucoup à l’action des juges, qui, au nom de l’arrêt « Roe vs Wade », ont à plusieurs reprises fait annuler des législations votées par les chambres. Début 2013, un juge a ainsi retoqué une loi entérinée par les chambres du Dakota du Nord qui affirmait que la viabilité du fœtus était effective dès la perception d’un battement de cœur à l’échographie (soit six semaines) et interdisait l’avortement au-delà de ce terme.

En mai 2013, un autre juge a bloqué une loi qui venait d’être votée par l’Arkansas et qui aurait proscrit l’avortement après douze semaines. « Il était évident que ces lois allaient à l’encontre de “Roe vs Wade” et qu’elles seraient rejetées, remarque le professeur de droit David Garrow. Ce genre d’investissement irrationnel est une tactique politique pour relancer en permanence le débat et occuper le terrain médiatique. » Pour Elizabeth Nash, chercheuse au Guttmacher Institute, « il s’est instauré une forme de concurrence entre Etats : c’est à qui votera la loi la plus stricte ».

Si la Cour suprême basculait…

Alors que les procès et les procédures d’appel se multiplient, certains cas remontent jusqu’à la Cour suprême du pays, qui rend des avis divers et dont la position sur le sujet n’est jamais à l’abri d’un revirement. « Le maintien de “Roe vs Wade” ne tient qu’à une voix. Si un nouveau juge nommé par un président républicain modifie l’équilibre, la Cour peut basculer », s’inquiète Garrow. Plusieurs Etats attendent ce jour avec impatience. Les deux Dakotas, le Mississippi et la Louisiane ont déjà fait voter des lois « provisionnelles » qui rétabliraient immédiatement l’interdiction de l’avortement en cas de renversement de l’arrêt de 1973. Douze autres, comme le Wisconsin, l’Alabama, la Virginie-Occidentale ou l’Oklahoma, n’ont même jamais annulé leurs anciennes lois prohibitionnistes, qui seraient automatiquement réactivées en cas de revirement de la jurisprudence.

Pour l’heure, peu d’études sociologiques mesurent l’impact de ces nouvelles lois sur les patientes. Le taux d’avortements aux Etats-Unis est stable depuis dix ans : autour de 19 pour 1 000 femmes en âge de procréer. Il est moins élevé dans les Etats qui disposent des mesures les plus restrictives, mais la tendance n’a pas évolué au cours des dernières années.

Dans un article publié en 2011 dans le Journal of Policy Analysis and Management, Theodore Joyce a observé que, lorsque le Texas a mis en place, en 2004, une loi demandant aux cliniques pratiquant l’avortement au deuxième trimestre de grossesse de s’équiper à la manière des hôpitaux, « le nombre d’avortements après seize semaines a baissé de 88 % » en un an, tandis que le nombre de femmes se déplaçant dans un autre Etat pour avorter a quadruplé. Les échographies obligatoires, en revanche, ne sembleraient pas avoir d’effet sur les patientes : « Elles sont surtout un moyen de stigmatiser les femmes, les médecins et l’acte, mais, d’après les enquêtes, cela ne les fait pas changer d’avis. »

D’autres travaux sont en cours à l’université de Californie à San Francisco. « Notre sentiment est que ces mesures ont un impact avant tout sur les femmes les plus pauvres. Faute de clinique proche, elles doivent se déplacer toujours plus loin, et payer le voyage. Ce qui peut les amener à reconsidérer leur décision », estime Sarah Roberts, professeure à la faculté de médecine. Son centre de recherche, l’Advancing New Standards in Reproductive Health (Ansirh), mène une vaste étude : elle compare, sur cinq ans, la situation de femmes aux revenus modestes qui ont avorté et d’autres qui ont cherché à le faire mais n’ont pas réussi (8). Les résultats montrent que ces dernières sont beaucoup plus nombreuses à se retrouver au-dessous du seuil de pauvreté et à dépendre d’aides publiques. Pour les Américains, qui voient souvent ces aides d’un mauvais œil, ces résultats apportent un nouvel éclairage sur le coût des politiques antiavortement pour la société.

Jessica Gourdon

Journaliste, New York.
source : Le monde diplomatique Decembre 2013
Voir aussi : Rubrique Etats-Unis, Religion, Droit des Femmes,