Le Parlement du Nicaragua a approuvé aujourd’hui le déroulement en mai de manoeuvres militaires conjointes avec la France, dans le cadre du raffermissement des relations et de la coopération entre les deux pays, a indiqué le bureau de presse du Congrès.
Le Congrès a approuvé une demande d’urgence du gouvernement français sollicitant l’autorisation d’entrée sur le territoire nicaraguayen de moyens aériens et navals.
Les manoeuvres se dérouleront du 8 au 12 mai. Y participeront une frégate de surveillance, un navire de la marine française et 94 marins.
L’exercice vise à renforcer les relations entre les armées des deux pays et à parfaire les connaissances des soldats nicaraguayen, selon le bureau de presse.
Otage de sang

- Marc Pastor et Julien Guill dans Diktat
La pièce débute comme un réveil qui sonne à mauvais escient. Promis à un bel avenir dans un régime totalitaire, un psychiatre dans la force de l’âge, sort soudainement du rêve. Dans un espace perdu, la scène, dépouillée de tout, s’y prête parfaitement, Piet va retrouver son demi-frère porté disparu avec sa mère durant la guerre civile. Vingt-cinq ans plus tard, cette résurrection soudaine, vient interrompre sa vie quotidienne et réviser passablement ses certitudes. Sans plus trop savoir où il en est, il se débat avec lui-même quand arrive le frère oublié qui le braque brusquement avec un revolver pour en faire son otage.
En connaissance de cause, et à renfort de détails sur la tragédie des survivants, Val ranime la culpabilité de son frère que le temps a transformé en naïve innocence. La guerre ressurgit comme des fils barbelés entre les deux frères. Et le choix imposé par la victime rebelle au nationaliste assumé est radical. Le lien de sang propulse l’intensité de la relation. Le cadet piétine la raison filiale que recherche l’aîné d’abord pour sauver sa peau, puis plus sincèrement.
Interprétation et présence corporelle remarquable de Julien Guill et de Marc Pastor qui maintiennent une intensité dramatique soutenue et nuancée, en tenant le spectateur sur le fil d’un bout à l’autre de la pièce. Le duo fonctionne comme une horloge qui tourne à l’envers en remontant le temps vers les périodes noires du conflit, puis jusqu’à l’enfance retrouvée et finalement fusillée.
La grandeur des vaincus tient une place de choix dans le théâtre de Corman. Avec Diktat, l’auteur aborde l’épineuse question de la responsabilité politique et morale de l’individu. Ni le pays ni les parties en présence ne sont citées. Enzo Corman a cependant écrit ce texte en 1995, ouvrant la porte de la fiction dramatique en pleine guerre de Bosnie pour faire entrer un peu d’air dans les principes aveugles de la réalité.
Sarkozy à Kinshasa pour : « promouvoir la paix dans l’Afrique des Grands lacs »
M. Sarkozy est arrivé à Kinshasa pour une courte visite au cours de laquelle, il affiche sa volonté d’apporter sa pierre à la résolution du conflit qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il doit ensuite se rendre à Brazzaville et à Niamey, à l’occasion d’une mini-tournée africaine destinée à illustrer les liens rénovés qu’il veut instaurer avec le continent noir.
Il a été accueilli à l’aéroport de Kinshasa par le Premier ministre de RDC, Adolphe Muzito. Nicolas Sarkozy devait d’abord s’entretenir avec le président Joseph Kabila au Palais de la Nation avant de prononcer un discours devant les deux chambres du Parlement congolais réunies en Congrès.
L’essentiel du menu du court séjour de Nicolas Sarkozy sur la rive gauche du fleuve Congo doit être consacré à une très controversée proposition de paix française pour la région des Grands lacs.
En janvier, il avait esquissé les contours d’une « nouvelle approche » pour tenter de mettre un terme à la guerre qui ravage la province du Kivu (est) en suggérant un « partage des richesses » minières qui y regorgent entre la « grande » RDC et son « petit » voisin le Rwanda.
Ses propos ont suscité un tollé à Kinshasa, où le président français a été accusé de vouloir démembrer le territoire de l’ex-Zaïre au profit de l’ennemi rwandais qui a mené deux guerres sur son territoire depuis 1996 et soutenu activement des rébellions. Son idée d’une exploitation conjointe des ressources naturelles du Kivu a été abandonnée au profit d’une série de « projets concrets » qu’il doit préciser lors de sa visite.
Selon la présidence française, Nicolas Sarkozy, qui est escorté de chefs d’entreprises, doit également plaider pour un renforcement de la présence économique tricolore dans le plus grand pays francophone du monde, après la France.
Courte escale au Niger
M. Sarkozy mettra vendredi le cap sur le Niger. Un « stop » de quelques heures où il sera question de démocratie, à quelques mois de la fin prévue du dernier mandat du président Mamadou Tandja, mais surtout d’uranium.
Le numéro un mondial du nucléaire Areva vient de signer un contrat pour exploiter la mine géante d’Imouraren (nord). Pour casser l’image d’une France « prédatrice« , le chef de l’Etat participera, avec la PDG du groupe français Anne Lauvergeon, à une réunion de la section locale de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).
« L’idée est de montrer que, si la France a des intérêts économiques au Niger, ils bénéficient le plus possible au développement du pays et de sa population« , proclame l’Elysée.
Source : Jeune Afrique
Greenpeace demande à Sarkozy de revoir
sa position sur les forêts
Lors d’une visite en juillet 2007 au Gabon, Nicolas Sarkozy avait estimé, tout en assurant qu’il ne fallait pas « piller » la forêt africaine, que les forêts du bassin du fleuve Congo étaient « une ressource extraordinaire« .
Greenpeace « espère que la perception des forêts tropicales africaines par le président français a changé » car « cette déclaration choquante signifiait la poursuite par la France d’une politique tournée vers le soutien financier à l’exploitation industrielle des forêts tropicales et l’encouragement au pillage des ressources naturelles au détriment des populations forestières, de la biodiversité et du climat« .
L’ONG appelle ainsi la France à « passer d’une logique d’exploitation à une logique de protection des forêts » et attend qu' »elle devienne le champion de la protection des forêts africaines au sein des enceintes internationales sur les changements climatiques« .
Les forêts de la RDC sont « d’abord et avant tout un cadre de vie et un moyen de subsistance de millions de Congolais, une biodiversité irremplaçable, mais également un atout majeur pour le pays et la planète en matière de lutte contre les changements climatiques« , estime encore l’organisation.
Les forêts du bassin du Congo, rappelle Greenpeace, constituent le deuxième « poumon » de la planète après l’Amazonie.
Source : Greenpeace
Voir aussi : Rubrique Afrique Sarkozy au Gabon et au Rwanda, Sarkozy et la Françafrique
Obama plus fin que Bush en Afghanistan
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés le peut quand Obama le veut. Pour certifier sa volonté le président américain sort 8 millions de dollars de la poche des Etats-Unis. Le HCR investit lui 150 millions de dollars dans le maintien des Afghans au Pakistan jusqu’en 2012.
En novembre 2008, dans une conférence internationale organisée à Kaboul, le HCR recherchait des fonds pour continuer à les rapatrier.
Barak Obama est beaucoup plus intelligent que Bush. Il a compris qu’une grande partie des Afghans « volontaires » au retour n’avaient d’autre possibilité que de travailler pour les taliban contre 5 dollars par jour en raison de la misère.
Que vont faire, la Grande-Bretagne et la France, qui continuent de toute évidence à vouloir expulser ensemble des Afghans par « charters » dès la fin de l’hiver afghan ?
Le changement de politique du HCR devra servir d’argument supplémentaire aux militants pour déposer des requêtes devant la Cour européenne des droits de l’homme contre ces probables « charters » et aussi contre toute expulsion individuelle
Paris et Bagdad renouent leurs liens militaires
Les ministres de la Défense français et irakien Hervé Morin et Abdel Qader Obeidi en ont fait l’annonce sur le perron du ministère de la Défense à Paris, 19 ans après l’invasion du Koweït par l’Irak qui avait mis fin à toute coopération militaire bilatérale. Le contrat porte sur l’achat de 24 appareils de transport EC 635 d’Eurocopter, filiale du géant européen de l’aéronautique EADS, pour un montant de 360 millions d’euros. Mais Paris assurera aussi la formation des équipages irakiens en France, sur des hélicoptères Gazelle mis à leur disposition, la maintenance des appareils ainsi qu’un soutien technique.
Lors d’une visite-surprise de Nicolas Sarkozy à Bagdad le 10 février, la première d’un président français depuis la création de l’Irak en 1921, le chef de l’Etat avait proposé une collaboration « sans limites » de la France à la reconstruction du pays, y compris dans le domaine de la défense. « Nous pouvons collaborer, former et équiper aussi l’armée irakienne », avait-il déclaré. Le contrat sur les hélicoptères apparaît ainsi comme une première étape, M. Morin annonçant, après une entrevue avec son homologue irakien, que Paris allait « rouvrir une mission militaire à Bagdad » et y dépêcher un attaché militaire « dès cet été ». « Nous voulons retrouver le niveau des relations que la France avait jusqu’aux années 80 » avec l’Irak, a-t-il souligné, rappelant qu’à l’époque, « une grande partie de l’armée irakienne était formée en France et équipée de matériel militaire français ».
A ses côtés, le ministre irakien a précisé qu’au cours de sa visite en France, il avait engagé des discussions sur « d’autres projets » avec « de grandes entreprises françaises ». Ces contrats d’armement, a-t-il jugé, renforceront « l’indépendance » de l’Irak et « faciliteront l’accord conclu avec les Etats-Unis sur le retrait des forces américaines ».
Paris et Bagdad voient déjà plus loin. M. Morin a proposé à son homologue un « accord cadre » portant sur « la formation des officiers irakiens, l’entraînement et l’encadrement de l’armée irakienne ainsi que la coopération industrielle ». La France, a souligné le ministre, est prête à concourir à la « reconstruction d’une aviation de combat » irakienne et à « la remise à niveau de l’armée de terre » en fournissant des blindés.
De 1977 à 1988, Paris était devenu l’un des principaux fournisseurs d’armement de l’Irak dirigé par Saddam Hussein, avec la vente d’une centaine de Mirage F1. La France qui s’est farouchement opposée, avec l’Allemagne et la Russie, à l’intervention américaine en Irak, pourrait aussi y dépêcher prochainement des instructeurs. Interrogé sur cette perspective, M. Morin a répondu que la France était « ouverte à toute forme de coopération » mais qu’il appartenait « au gouvernement irakien de dire ce qu’il souhaite ». Des militaires français seront présents en Irak « dès l’arrivée des équipements français », a enchaîné son homologue irakien, sans préciser le calendrier.
Voir aussi : Rubrique Irak : Pétrole contre nourriture L’Irak demande des réclamations, Le président Jalal Talabani à Paris,