L’UE passe l’éponge sur les écarts de Google

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Accusé d’entrave à la concurrence, le géant échappe à l’amende en promettant des réformes

La Commission européenne a choisi de ne pas sanctionner Google. Accusé d’entrave à la concurrence en privilégiant ses propres services, le moteur de recherche leader en Europe était passible d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 6 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros), soit 10% de son chiffre d’affaires. Ce sera finalement zéro euro. Bruxelles a préféré croire aux engagements du géant d’Internet de modifier son comportement. Cette clémence de la Commission survient alors que la France, selon des informations non démenties par Bercy, lui a infligé un redressement fiscal de 1 milliard d’euros.

«Incertitudes». Cela fait plus de trois ans que Bruxelles instruit le dossier Google. Elle a été saisie par ses concurrents, dont les moteurs de recherche spécialisés – comme Booking, Expedia ou Kelkoo – pâtissent de la mise en avant par Google de ses propres services. Mais plutôt que de sévir, le commissaire européen à la Concurrence, Joaquín Almunia, a préféré négocier : «Je pense que les dernières propositions de Google sont capables de faire bouger les pratiques», a-t-il justifié mercredi, ajoutant que la voie des sanctions «aurait pris plusieurs années et avec beaucoup d’incertitudes» sur l’issue du bras de fer juridique qui aurait suivi.

Pour étayer sa position, le commissaire a produit des exemples de ce que donneront les engagements de Google. Ainsi, une recherche «café de Paris» fera remonter les «alternatives» au moteur Google, comme les adresses mises en avant par Pagesjaunes ou ViaMichelin. Autre promesse : ne plus utiliser les contenus des sites concurrents pour alimenter ses propres moteurs, s’ils en font la demande express, et sans qu’ils en soient pénalisés. Google sera surveillé, a promis encore Joaquín Almunia. Les plaignants, par la voix de leurs associations, se sont dits «déçus» mercredi, évoquant un «énorme échec».

«Conglomérats». La décision de l’exécutif européen apparaît comme un revers pour la France, en première ligne sur la nécessité de réguler Google et consorts afin de préserver la liberté d’innover. «Ces grandes plateformes [Google, Facebook, Apple…] sont les conglomérats du XXIe siècle. […] Elles ont un droit de vie ou de mort sur des centaines de milliers d’acteurs», avait dénoncé à l’automne Fleur Pellerin, la ministre à l’Economie numérique, qui avait saisi le Conseil national du numérique afin de fédérer les acteurs français autour de cette procédure.

Catherine Maussion

Source : Libération 05/02/14

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Nicole Garcia : Un week-end virtuose en méditerranée

Nicole Garcia a fait escale au Diagonal où elle a présenté son dernier film
en avant-première Un Beau dimanche qui sort sur les écrans aujourd’hui.

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Nicole Garcia de passage à Montpellier entourée de Pierre Rochefort et Louise Bourgoin. Photo Redouane Anfoussi

Invités par les cinémas Diagonal, Nicole Garcia accompagnée des comédiens Pierre Rochefort (son fils) et de Louise Bourgoin sont venus cette semaine à Montpellier présenter Un Beau Dimanche. Tourné caméra à l’épaule dans la région, le nouveau film de Nicole Garcia est emprunt d’une touchante légèreté. La réalisatrice vient chercher une lumière qui lui est chère et qui l’incite à retrouver son amour pour la liberté.

On pense à son premier film, Un week-end sur deux dans l’approche des personnages dont elle saisit avec justesse la nature et la complexité. Baptiste un jeune instituteur va de poste en poste sans volonté de se fixer. A la veille du week-end de Pentecôte, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Tous deux rejoignent sa mère Sandra qui travaille sur la plage de Villeneuve-lès-Maguelone. Le charme opère entre eux trois, vite perturbé par les soucis d’argent de Sandra qui les contraignent à trouver une solution rapide. L’urgence pousse Baptiste à affronter le passé familial qu’il fuit.

Une légèreté profonde
Un Beau Dimanche est un film à la fois profond et dégagé. La légèreté du film passe dans les mouvements de la caméra. Elle tient aussi à la mobilité contrainte des personnages principaux qui tentent de transformer l’inconstance en liberté. L’intrigue s’impose dans un contexte social tendu déclenché dès les premières images par une scène d’expulsion d’un sqatt qui affirme la griffe réaliste de la réalisatrice.

Mais c’est la réalité intérieure des personnages qui tisse la trame narrative de Nicole Garcia: « Les préjugés sociaux se réduisent à peu de choses. J’ai eu la chance que ce qui est intime est personnel chez Louise et Pierre, tombent vite dans le romanesque. Je n’aime pas la psychologie. Le film est construit sur la tension dramatique

Dans la première partie on se retrouve un peu dans un Drive à la française (le rythme en moins), avant de glisser sensiblement dans un univers cher à Terrenck Malick.

Le film porte un regard sur la famille. Celle de Mathias que le manque de disponibilité rend friable et celle de Baptiste qui tient sur des convenances cruelles et fragiles. La scène de la réunion familiale évoque un rapport de classe inversé par le choix de Baptiste qui refuse son rang et trouve la liberté de dire non à l’argent au grand désespoir de sa bourgeoise famille.

«Je ne voulais pas faire de caricature mais rester au plus près de la logique sociale et des sentiments des personnages, sans les juger. Leur donner à eux aussi une chance de nous émouvoir.» La question du refus de l’héritage renvoie au rapport entre la réalisatrice et son fils à qui elle offre un premier grand rôle. « Il me paraissait inconciliable de travailler avec ma famille, confie Pierre Rochefort après une période de questionnement je me suis dit que si je laissais passer cette occasion je m’en serais mordu les doigts toute ma vie.» Héritage quand tu nous tiens…

JMDH

Source : L’Hérault du jour : 31/01/14

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Aurélien Bory « Azimut » . Une autre voie s’exprime en suspension


azimut-4-copyright-agnes-mellonAurélien Bory et le groupe acrobatique de Tanger présentent ce soir au Corum « Azimut ». Une pièce singulièrement expressive.

Fils du théâtre et de la danse, Aurélien Bory poursuit son travail à la croisée de nombreuses disciplines (théâtre, cirque, danse, arts visuels, musique…). Il sera ce soir au Corum en compagnie du Groupe acrobatique de Tanger  avec sa pièce Azimut créée à Aix en décembre dernier et programmée dans le cadre de la saison Montpellier Danse.

La pièce célèbre les retrouvailles entre Aurélien Bory et la troupe marocaine. Dix ans après Taoub et trois ans après le printemps arabe, cette rencontre revêt une dimension singulièrement expressive. Azimut est une pièce accessible, avec un découpage en tableaux et une scénographie soignée résultant d’options esthétiques qui jouent sur les contrastes. La tension dramatique est maintenue et les effets de surprises produits sur le public fonctionnent. Le chorégraphe mobilise les corps – espace proche, espace de déplacement – avec un certain goût du mystère. Le choix des directions et des orientations dans l’espace scénique tire partie des qualités acrobatiques en présence.

Dans ce spectacle, Aurélien Bory réaffirme son intérêt pour l’écriture hybride. Les techniques comme celle de la pyramide humaine alliées à la dimension spirituelle – le sens de la fusion dans la mystique du soufisme – qui font la force de la troupe marocaine, ne sont pas utilisées en tant que telles. Elles apparaissent comme des signes du langage que développe Aurélien Bory. La technique prend du sens, elle est le chemin conduisant à une disponibilité motrice. La dimension de la gravité entre dans un processus physique et psychique. Il en est de même pour les champs attractifs de pesanteur qui s’exercent sur les corps physiques et s’observent également dans le poids des dominations véhiculées par certains messages.

« Ce n’était pas écrit d’avance que les descendants de la famille Hammich, qui forme des acrobates depuis sept générations au cœur de la médina de Tanger, rencontrent un jour l’art contemporain et portent un regard différent sur leur pratique. Je suis heureux qu’Azimut aille dans le sens de leur non-assignation à un rôle déterminé d’acrobate, ou de Marocain », souligne Aurélien Bory.

Si Azimut présente toutes les qualités d’un spectacle plaisant au regard, la recherche s’aventure sur le chemin de l’expérience narrative interculturelle. La dimension poétique délivre des messages non transparents qui motivent l’imaginaire en suggérant des thèmes comme la condition des femmes, ou la jeunesse. La structuration interne et externe du temps, semble se rapporter aux changements politiques et religieux. Cette mise en suspension ouvre la voie à l’abstraction. Et dans le champ de l’indétermination qui se répand, le spectateur occidental se trouve renvoyé à ses propres questionnements. A découvrir.

JMDH

Ce soir à 20h, Opéra Berlioz au Corum, Montpellier. Renseignements au 0 800 600 740

Source : La Marseillaise 04/02/2014

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Tardi en colère contre le festival d’Angouleme

Photo Jacques Demarthon AFP

Tardi Photo Jacques Demarthon AFP

Jacques Tardi est en colère contre le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) qui l’a exposé cette année. Alors que la 41e édition de la manifestation s’est achevée dimanche soir 2 février, le dessinateur et scénariste français s’offusque, à son tour, que celle-ci ait été sponsorisée par l’entreprise israélienne de gazéification de boissons SodaStream, installée dans les territoires occupés.

Consacrée au travail de l’auteur sur la première guerre mondiale, Tardi et la Grande Guerre était l’exposition phare du FIBD cette année. « Si j’avais su au départ que le festival était financé par cette marque, jamais je n’aurais donné mon accord pour que mes planches soient accrochées à Angoulême. Je me serais abstenu », a-t-il indiqué au Monde.

Jacques Tardi ajoute en fait sa voix à celle d’un groupe d’auteurs de BD de plusieurs nationalités, parmi lesquels l’Américain Joe Sacco, qui avait envoyé une lettre ouverte, vendredi, à l’organisation du festival pour protester contre ce partenariat. Le père d’Adèle Blanc-Sec et son épouse, la chanteuse Dominique Grange, ont à leur tour écrit une lettre ouverte pour s’opposer à la présence de SodaStream sur les affiches du FIBD : « Une vaste exposition « Tardi et la Grande Guerre » présente, dans le cadre du festival, l’intégralité de son travail sur la guerre de 14-18, accompagnée le long de ce parcours par une bande-son des chansons de notre album CD Des lendemains qui saignent. Nous estimons donc, en tant qu’artistes participant à ce Festival (auquel toutefois nous n’assistions pas), avoir été pris en otages par ceux qui le dirigent et n’ont pas estimé nécessaire de nous informer que l’édition de cette année était en partie financée par une entreprise installée dans les Territoires palestiniens occupés, cautionnant ainsi la politique de colonisation de l’Etat d’Israël, le blocus de Gaza et les violations récurrentes des droits du peuple palestinien ! »

« PAS UNE ENTREPRISE HONTEUSE »

Interrogé par Le Monde pendant le festival, son délégué général, Franck Bondoux, s’était dit « particulièrement gêné » par la première lettre ouverte des dessinateurs. « Quand le festival s’engage avec un partenaire, il regarde naturellement qui il est », indiquait-il.

« Concernant SodaStream, je ne vois pas en quoi cette entreprise est honteuse. Elle est implantée dans une colonie ancienne, en zone C, qui est née des accords d’Oslo entre Israël et l’OLP. Rien n’interdit à une entreprise de s’installer là dans l’attente d’un accord entre les deux parties, quand bien même celui-ci tarde particulièrement. SodaStream crée plutôt des passerelles. Elle emploie 500 travailleurs palestiniens qui travaillent dans de bonnes conditions. Cette entreprise n’a jamais été condamnée en France. Parler de “crime” à son encontre, comme le font ces auteurs, est une prise de position partisane. La rejeter reviendrait à la condamner : ce serait une injustice à l’envers », ajoutait-il.

Installé dans la zone industrielle de Michor Adoumim, dans la colonie de Maalé Adoumim, à une dizaine de kilomètres de Jérusalem, SodaStream est dénoncée par les militants pour les droits des Palestiniens menacés par l’occupation israélienne.

Avant le neuvième art, le septième avait déjà été secoué par une polémique liée à SodaStream. Le partenariat publicitaire entre l’actrice américaine Scarlett Johansson et la marque israélienne a provoqué un tollé médiatique.

Plus de 80 auteurs de bande dessinée ont ajouté leur signature à celles de Jacques Tardi et Joe Sacco, parmi lesquels Baru et François Schuiten.

Frederic Polet

Source Le Monde 3/02/2014

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Angoulême couronne l’Américain Bill Watterson, auteur de «Calvin et Hobbes»

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Le 41ème festival d’Angoulême s’est achevé ce dimanche 3 février, se projetant déjà sur l’an prochain. L’Américain Bill Watterson est le Grand Prix de cette édition 2014. Il devient donc de fait le président du festival l’an prochain. Pour la première fois, tous les auteurs de BD pouvaient voter pour désigner l’un des leurs. C’est l’Américain Bill Watterson, auteur de « Calvin et Hobbes » qui a été choisi. Un auteur aussi culte que mystérieux.

Bill Watterson c’est le J. D. Salinger de la BD. Un auteur, dessinateur humoristique, âgé de 55 ans, qui s’est arrêté de publier des bandes dessinées en 1995, dix ans seulement après la parution de ses premières cases.

Mais en dix ans, les aventures du petit garçon Calvin, et de Hobbes, son tigre en peluche philosophe, ont fait le tour du monde. Quelque 2 400 journaux et 30 millions d’albums ont été vendus dans le monde entier.

Calvin et Hobbes, ce sont des aventures publiées sous forme de strips, des historiettes tenant sur quatre cases. Aussi célèbre aux Etats-Unis que Charlie et les Peanuts, Snoopy ou Garfield, l’œuvre de Bill Watterson se distingue aussi par l’absence de produits dérivés.

L’auteur a en effet, toujours refusé toute commercialisation de ses personnages. On ne connaît de lui qu’une photographie de 1974, le montrant tout sourire devant sa planche à dessin.

Retraité depuis vingt ans, refusant toute apparition publique… Viendra-t-il l’an prochain à Angoulême ? Rien n’est moins sûr. Mais au moins les planches originales de sa bande dessinée culte, devraient être présentées dans la cité charentaise, ce qui constituera en soi un événement.

Sophie Torlotin

Source RFI 03/02/14

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