L’Allemagne tétanisée face à la montée de l’extrême droite

Angela Merkel et François Hollande à leur arrivée à Evian pour les Rencontres franco-allemandes. Image: EPA/SEBASTIEN NOGIER

Angela Merkel et François Hollande à leur arrivée à Evian pour les Rencontres franco-allemandes.
Image: EPA/SEBASTIEN NOGIER

Elections régionales Un an après l’arrivée d’un million de réfugiés, Angela Merkel affronte une flambée populiste, prête à se manifester dans les urnes.

 

Tandis qu’Angela Merkel et François Hollande se rassuraient à Evian sur l’avenir du couple franco-allemand, les Allemands se préparaient vendredi à un tremblement de terre électoral. Les habitants de la région côtière du Mecklembourg sont appelés à renouveler leur parlement dimanche, et le parti AfD (Alternative pour l’Allemagne) s’apprête à triompher avec un score inégalé dans l’histoire de la République fédérale pour un parti d’extrême droite.

Selon les sondages, l’AfD serait au coude-à-coude avec le Parti chrétien-démocrate (CDU) aux alentours de 22%. «Mais il pourrait bien arriver en tête devant le Parti social-démocrate (SPD) avec près de 30%. Les instituts de sondages se sont souvent trompés sur l’AfD», prévient Hajo Funke, spécialiste de l’extrême droite à l’Université de Berlin (FU).

Un vote sanction

Il y a un an, on se serait encore moqué de ce petit parti au bord de l’extinction. Les sondages ne lui accordaient que 5% des voix. «Notre objectif aujourd’hui est d’être le premier groupe parlementaire de la région», claironne Leif-Erik Holm, la tête de liste.

Que s’est-il passé? En un an, la situation politique a complètement changé. Les agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre à Cologne et les attentats revendiqués par le groupe Etat islamique, perpétrées eux aussi par des réfugiés, ont plongé les électeurs dans le doute sur le choix humanitaire de la chancelière. Trois Allemands sur quatre condamnent aujourd’hui son choix d’avoir ouvert des frontières et une bonne partie souhaite la sanctionner en votant pour l’AfD. Ce parti ouvertement xénophobe, divisé et sans leader charismatique, a réussi ainsi à s’ancrer dans le paysage politique en adoptant une ligne anti-islam.

Il a atteint, en mars, 24% au scrutin régional de Saxe-Anhalt. Présent dans la moitié des parlements régionaux, l’AfD est en mesure de faire son entrée au Bundestag en 2017 comme troisième force politique au niveau fédéral.

Une fiction qui fonctionne

«Le parti a mis les réfugiés en concurrence avec les Allemands sur le terrain de l’emploi, du logement et de l’identité. Cette fiction fonctionne très bien, surtout dans les régions avec peu d’étrangers», analyse le politologue Gero Neugebauer.

Dans le Mecklembourg (1,6 million d’habitants), le taux d’étrangers est inférieur à 1,5%. La mise en concurrence fait recette. Le chômage a baissé de moitié depuis la Réunification et les perspectives économiques sont bonnes. Mais les électeurs sont obnubilés par les 8000 réfugiés installés chez eux.

Un triomphe de l’extrême droite dans sa propre circonscription électorale serait un revers symbolique pour la chancelière. A un an des législatives, Angela Merkel restera néanmoins sur ses positions après la défaite. «Elle ne changera rien», assure le politologue.

«Personne n’est actuellement en mesure de proposer autre chose chez les conservateurs», explique Gero Neugebauer. Merkel reste populaire et elle se représentera sans aucun doute pour un quatrième mandat en 2017. «Elle ne va pas abandonner son poste après sa décision d’accueillir un million de réfugiés!» s’exclame le politologue. Personne ne doute aujourd’hui de sa victoire.

Source La Tribune de Genève 02.09.2016

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Pour la seconde fois, les députés espagnols votent contre le maintien au pouvoir de Rajoy

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Les députés espagnols ont de nouveau refusé, vendredi 2 septembre, la confiance au conservateur Mariano Rajoy. Le président n’a obtenu que 170 voix pour son maintien au pouvoir, exactement comme mercredi. Sans surprise, les 180 autres députés ont voté contre lui, ouvrant un délai de moins de deux mois, jusqu’au 31 octobre, pour que les partis tentent encore de former un gouvernement, ce qu’il ne parviennent pas à faire depuis la fin de 2015.

M. Rajoy pourrait éventuellement être à nouveau candidat à l’investiture, tout comme le dirigeant socialiste Pedro Sanchez. Le conservateur sortant a plaidé, en vain, pour que ses adversaires socialistes le laissent gouverner. « Si vous persistez dans votre politique du non, non, non et non, permettez au moins qu’en Espagne se forme un gouvernement », a-t-il lancé aux socialistes.

« Affaires de corruption » et politique ultralibérale

M. Rajoy, soutenu par ses élus et les libéraux de Ciudadanos, ne pouvait être investi sans l’abstention de députés socialistes. Il a accusé le dirigeant socialiste Pedro Sanchez d’utiliser les « prétextes habituels pour dissimuler le désir peu avouable de nouvelles élections ». Et lui qui se vante avant tout d’avoir favorisé le retour de la croissance et la baisse du chômage a insisté sur l’idée que la poursuite de la paralysie aurait « un coût » que paieraient l’ensemble des Espagnols et l’économie.

Le socialiste Pedro Sanchez a lié ce rejet d’un deuxième gouvernement de M. Rajoy aux nombreuses « affaires de corruption » ayant impliqué des membres du PP. Il a aussi accusé M. Rajoy de s’être servi de la crise économique, née en 2008, pour mener une politique ultralibérale et ainsi « démanteler le système de protection sociale ».

M. Sanchez s’est, cependant, adressé aux partis « du changement », Ciudadanos et Podemos, en disant : « Si nous agissons tous, nous trouverons une solution et (…) le groupe parlementaire socialiste en fera partie. » Au début de l’année, il leur avait déjà proposé cette alliance, en vain.

« Ce ne sont plus deux partis qui se répartissent tout »

Le blocage politique dure depuis que deux nouveaux partis ont bouleversé le jeu politique, à la fin de 2015, en entrant en force au parlement : Podemos à gauche et Ciudadanos au centre-droit. « Ce pays a changé et ce ne sont plus deux partis qui se répartissent tout », a rappelé Pablo Iglesias, le dirigeant du parti de gauche antiaustérité Podemos.

Pour mettre fin à la paralysie, le petit parti libéral Ciudadanos avait, lui, finalement accepté de soutenir sans enthousiasme un second gouvernement de M. Rajoy. Parfois il faut choisir « entre le mauvais et le moins mauvais », avait lancé son dirigeant, Albert Rivera. Mais M. Rivera n’a pas semblé disposé à soutenir une nouvelle fois M. Rajoy après cette séance d’investiture ratée.

Certains attendent encore de voir si les résultats des élections régionales au Pays basque et en Galice, le 25 septembre, peuvent changer la donne. Les partisans de M. Rajoy espèrent toujours arracher l’appui des cinq députés du parti nationaliste basque PNV, si jamais celui-ci a besoin du soutien des conservateurs pour rester au pouvoir au Pays basque. Mais le PNV a encore signifié vendredi une fin de non-recevoir au PP, en dénonçant sa politique envers les Basques ces dernières années.

Source  Le Monde.fr avec AFP | 02.09.2016

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30 ans de Rivages/Noir au cinéma

« Vous vous prenez la tête dans les mains, vous tâchez de voir et de savoir. Vous êtes la fenêtre dans l’inconnu. L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir. » (Victor Hugo)

« C’est un monde qui ne sent pas très bon, mais c’est le monde dans lequel nous vivons. » (Raymond Chandler)

Lorsqu’elle voit le jour en 1986, la collection Rivages/Noir a pour objectif essentiel de publier les inédits des grands auteurs du roman noir (Jim Thompson, David Goodis, Jonathan Latimer, Charles Williams, William Irish, W. R. Burnett, Donald Westlake) et de faire découvrir des voix, nouvelles pour le lecteur français, mais déjà bien connues aux États-Unis (Tony Hillerman, James Ellroy).

Très vite, en 1988, grâce au succès de la « trilogie Lloyd Hopkins » de James Ellroy, la collection va pouvoir accélérer son rythme de production et s’ouvrir au noir mondial, en développant la politique de départ :

  • Toujours les inédits des grands du genre, mais aussi l’exhumation d’écrivains qui, étrangement, étaient restés inconnus du public français (Charles Willeford, Ted Lewis, Ronald-Hughes Morrieson), accompagnée de la réédition de quelques classiques un peu oubliés (Geoffrey Holmes, Dorothy B. Hugues, James Cain, Elliot Chaze, Eric Ambler, Giorgio Scerbanenco).
  • Toujours la découverte de nouvelles voix, que ce soit aux États-Unis (James Lee Burke, Edward Bunker, Dennis Lehane, Jim Nisbet, Barry Gifford, James Sallis) avec, en corollaire, la reprise d’auteurs un peu négligés par leurs précédents éditeurs (Donald Westlake, Elmore Leonard), en Grande-Bretagne (Robin Cook, John Harvey, Bill James, David Peace), en Italie (Gianrico Carofiglio, Davide Ferrario), au Mexique (Paco Ignacio Taibo), à Cuba (Daniel Chavarría), en Écosse (William McIlvanney), au Japon (Kyotaro Nishimura), dans les pays nordiques (Maj Sjöwall et Per Wahlöö, Leif GW Persson, Michael Larsen), en Hollande (Janwillem van de Wetering), en Australie (Peter Corris, Peter Temple), au Canada (Emily St. John Mandel) et, bien sûr, en France (Hugues Pagan, Tobie Nathan, Jean-Hugues Oppel, Marc Villard, Hervé Le Corre, Abdel Hafed Benotman).

J’arrête ici l’énumération. Contrairement aux apparences, ceci n’est pas un catalogue. Car tous les noms d’auteurs cités ci-dessus ont un rapport avec le cinéma. Leurs livres ont été adaptés à l’écran, ou sont en cours d’adaptation.

Polar-noir et cinéma

Entre le « polar-noir » (c’est ainsi que Alain Corneau identifiait le genre) et le cinéma, ce fut, dès le début, une histoire passionnelle. Des passerelles n’ont cessé d’être établies entre les romans et les films, les romanciers devenant parfois scénaristes, et vice-versa. Il n’est donc pas surprenant que, sur les mille et quelques titres de Rivages/Noir, plus d’une centaine aient été transposés en images. Avec plus ou moins de bonheur, il est vrai. Mais la sélection présentée par la Cinémathèque me semble représentative de l’esprit de la collection. À commencer par l’éventail des catégories : de la noirceur profonde de Jim Thompson (Les Arnaqueurs) à l’humour toujours un peu délirant de Donald Westlake (Les Quatre malfrats), du « mélodrame historique » selon les propres termes d’Ellroy (L.A. Confidential) à l’univers kafkaïen des espions de James Grady (Les Trois jours du Condor), du romantisme désespéré de David Goodis (Nightfall) au sens tragique du destin de Geoffrey Homes (Pendez-moi haut et court), de l’allégorie politique et psychanalytique de Dennis Lehane (Shutter Island) à la vision nostalgique du privé de Neville Smith (Gumshoe), de la radiographie impitoyable du Yorkshire de David Peace (1974, 1980, 1983) au soleil trompeur de Californie d’Elmore Leonard (Jackie Brown), du constat accablant des méthodes policières de Sjöwall et Wahlöö (Un flic sur le toit) à la trahison des sentiments d’Andrew Coburn (Toutes peines confondues)…

Cette variété de « tonalités » – du récit criminel au western intimiste, de l’univers le plus sombre et le plus désespéré à un monde plus proche de la comédie, du style baroque, voire sophistiqué, au style réaliste, voire minimaliste – ajoutée à la diversité des décors (des bayous de Louisiane aux déserts de l’Arizona, du soleil de Floride aux landes glaciales d’Angleterre) illustrent bien la vivacité d’un genre qui, en littérature et en cinéma, ne cesse de se renouveler. Sans doute pour la raison évoquée par Alain Corneau : « Face aux clartés, affirmations, définitions positives, happy ends et autres catégories identificatrices rassurantes, le polar est là qui veille, attaquant de plein fouet ou corrompant dans l’obscurité. Éclatement d’identités, dédoublements, pertes de soi-même, retournements brutaux, “dangerous ground” (Nicholas Ray), vertiges sournois ou violents, il y a de quoi rendre tous les autres films malades, même quand ceux-ci tentent de préserver leur belle santé par des habitudes bien “bourgeoises” bien réglées… De tous ces films, qu’est-ce qui va rester ou pas ? Je ne lis pas dans les marcs de café, moi… Je ne sais qu’une chose, c’est que le “polar-noir” est vivant, et que je le rencontre tous les jours au ciné. »

Lors de l’hommage « littéraire » aux trente ans de la collection, beaucoup de journalistes ont écrit que la liste des auteurs était prestigieuse. On peut en dire autant de la liste des réalisateurs sélectionnés pour cet hommage « cinématographique », puisqu’on y trouve les noms de Stephen Frears, Bo Widerberg, Nicolas Winding Refn, James Marsh, Mike Hodges, Steven Soderberg, Quentin Tarantino, John Frankenheimer, Delmer Daves, Martin Scorsese, Ben Affleck, Clint Eastwood, Michel Deville, Bertrand Tavernier, Jacques Tourneur, Sidney Pollack, David Lynch, Daniele Vicari, Deborah Granik, Errol Morris, Curtis Hanson, Peter Yates, James B. Harris, Burt Reynolds, Taylor Hackford…

François Guérif

Source ; Cinémathèque Française Septembre 2016

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Royaume-Uni: Theresa May prête à repousser le Brexit à 2019 ?

La Première ministre britannique Theresa May (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel, le 20 juillet dernier à Berlin. John MACDOUGALL

Un article du Sunday Times explique que le Royaume-Uni pourrait reporter sa sortie de l’Union européenne à 2019. Un retard causé par les difficultés que rencontre l’administration britannique, mais aussi par les prochaines élections en France et en Allemagne.

Avec notre correspondante à Londres,  Marina Daras

La Première ministre britannique Theresa May avait annoncé qu’elle déclencherait l’article 50 du traité de Lisbonne en janvier ou février 2017, ce qui devait marquer le début de la période de négociations de deux ans au terme de laquelle le pays concerné doit quitter l’Union européenne.

Mais d’après le Sunday Times, certains ministres de son gouvernement auraient d’ores et déjà prévenu en privé de hauts responsables de la City de Londres que les négociations pourraient être repoussées jusqu’à fin 2017, ce qui reporterait le Brexit à fin 2019.

Les raisons de ce retard seraient d’ordre administratif, puisque les équipes ministérielles chargées du commerce international et de la sortie du royaume de l’UE ne sont tout simplement pas prêtes à entamer les négociations.

Au lendemain de sa nomination, Theresa May avait créé un ministère consacré entièrement au Brexit. Mais le ministre en charge, David Davis, n’aurait pour l’instant recruté que la moitié du personnel requis. Liam Fox, le ministre du Commerce international, est lui aussi en manque d’effectifs.

Le Sunday Times ajoute que l’élection présidentielle en France, qui aura lieu au printemps 2017, ainsi que les élections fédérales en Allemagne, prévues pour septembre de la même année, sont également susceptibles de pousser Mme May à retarder le processus.

Prudence du côté de Bruxelles

« Ce ne serait pas la bonne méthode d’imposer un ultimatum au Royaume-Uni », affirme, à Bruxelles, un porte-parole de la Commission européenne. Au lendemain du référendum britannique, les responsables des institutions européennes avaient pourtant été très clairs : le Brexit doit se faire le plus vite possible.

« Nous préférons un déclenchement accéléré, déclare un représentant de la Commission européenne à la correspondante de RFI dans la capitale belge, Laxmi Lota. Déclencher le processus est important car cela permet de clarifier les choses ». Mais, ajoute-t-il, « il n’y a pas de date imposée dans l’article 50, c’est au Royaume-Uni de décider ».

Martin Schulz, le président du Parlement européen, a à nouveau demandé le mois dernier à toutes les parties d’« agir avec une très grande responsabilité ». Le Brexit sera le dossier-clé de la rentrée, confirme la commission. « Nous ne sommes pas uniquement dans une position d’attente, confirme son porte-parole. Nous avons nommé Michel Barnier (commissaire européen au marché intérieur et ancien ministre français de l’Agriculture) comme négociateur et nous préparons les discussions ».

John MACDOUGALL

Source AFP et rfI 14/08/2016

Voir aussi : Actualité Internationale Rubrique UE, rubrique Grande Bretagne, rubrique Economie,

Au Yémen, un hôpital de Médecins sans frontières visé par des frappes aériennes

Des raids menés par l’aviation de la coalition arabe alliée du pouvoir au Yémen ont touché un hôpital soutenu par MSF à Abs, dans la province de Hajjah. STRINGER / REUTERS

Des raids menés par l’aviation de la coalition arabe alliée du pouvoir au Yémen ont touché un hôpital soutenu par MSF à Abs, dans la province de Hajjah. STRINGER / REUTERS

Onze personnes ont été tuées et dix-neuf blessées dans un raid aérien ayant touché, lundi 15 août, un hôpital de la ville d’Abs, dans le nord du Yémen, a annoncé Médecins sans frontières (MSF). Neuf sont mortes sur le coup et deux ont succombé des suites de leurs blessures lors de leur transfert vers un autre établissement, a détaillé l’organisation humanitaire dans un communiqué.

BREAKING: #Yemen MSF-supported hospital was hit by airstrikes at 15:45. We are assessing the situation. Number of casualties still unknown.

— MSF (@MSF International)

Un électricien de MSF figure parmi les personnes tuées, tandis qu’un médecin et un infirmier travaillant pour l’ONG ont été gravement touchés. Les autres victimes sont des patients. « Tous [les blessés] ont été stabilisés sur place avant d’être transférés, pour les plus graves, dans un autre hôpital situé à deux heures de distance », a précisé Teresa Sancristobal, responsable opérationnelle des opérations d’urgence pour MSF dans le pays.

« Il s’agit d’un hôpital rural qui était très rempli au moment de la frappe, même s’il est difficile de dire combien de patients s’y trouvaient. On comptait vingt-cinq femmes dans le service d’obstétrique et dix-huit nouveau-nés. Le service de pédiatrie était plein. Mais dans la partie des urgences, qui était assez remplie, on ne peut pas chiffrer le nombre de patients. »

L’établissement a été partiellement détruit et n’est plus opérationnel dans l’attente d’importantes réparations, a insisté l’humanitaire. La rébellion yéménite avait auparavant fait état d’un bilan de six morts et de vingt blessés dans cette zone du nord du pays sous leur contrôle.

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Quatrième attaque contre un site de MSF

Abs est située à la lisière de la ville de Harad, à la frontière avec l’Arabie saoudite. C’est à partir de cette localité que les rebelles yéménites ont souvent bombardé des régions saoudiennes proches de la frontière, faisant des victimes civiles et militaires.

MSF accuse la coalition arabe, menée par Riyad et alliée du pouvoir en place, d’être responsable du bombardement de lundi. La localisation exacte de l’hôpital, où l’ONG est présente depuis juillet 2015, était bien connue des belligérants, a souligné l’organisation dans son communiqué.

Selon Mme Sancristobal, c’est « la quatrième attaque » contre un site de MSF « en moins de douze mois » dans ce pays dévasté par la guerre. L’attaque de lundi a eu lieu 48 heures après des frappes, là encore menée par la coalition, qui ont causé la mort de dix jeunes. Selon MSF, celles-ci avaient touché une école, ce que nient les alliés, qui ont affirmé avoir visé un camp d’entraînement où les rebelles formaient des enfants soldats.

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Originaires du nord du Yémen, les Houthis se sont soulevés contre le président Abd Rabbo Mansour Hadi en 2014. Soutiens de l’ex-chef de l’Etat Ali Abdallah Saleh, poussé au départ en 2012 après une révolte populaire, ils ont conquis de vastes portions de territoire, dont la capitale Sanaa.

En mars 2015, l’Arabie saoudite sunnite voisine, qui accuse les Houthis de liens avec le rival iranien chiite, a pris la tête d’une coalition militaire arabe pour freiner la progression des rebelles en menant des bombardements aériens et des combats au sol. Depuis, cette guerre a fait plus de 6 400 morts et 30 000 blessés, dont de nombreux civils.

Source Le Monde et AFP 15/08/2016