Processus de paix au Proche-orient : Un plan US avec garanties…

Ce ne serait pas le cas si l’on en croit la presse israélienne qui faisait état, hier, d’un nouveau plan en ce sens, avec garanties, ce qui serait une première. Plus clairement et selon la même source, il s’agit d’un plan visant à régler en deux ans le conflit israélo-palestinien, assorti de garanties pour assurer son succès, a affirmé hier le quotidien israélien Maariv. On sait que question échéance, le Quartette international s’était engagé en 2003 pour la création d’un Etat palestinien en 2005. Une échéance qui n’a jamais été respectée. Quant au nouveau plan US qui n’a pas été confirmé officiellement, il prévoit que les négociations, d’une durée de deux ans au maximum, débutent dans les plus brefs délais et, pour s’assurer du succès de ces discussions, les Etats-Unis adresseraient des lettres de garanties aux Palestiniens dans lesquelles ils s’engageraient à faire respecter la date limite de deux ans. Israël demandera de son côté à Washington de confirmer l’engagement de l’ex-président américain, George W. Bush, stipulant qu’un accord de paix final sera basé sur des échanges territoriaux, ce qui permettrait à Israël de conserver ses grands blocs de colonies en Cisjordanie.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, s’est toutefois prononcé hier contre une date limite aux pourparlers de paix. « Il n’est pas possible de parvenir à un accord sur les frontières définitives en neuf mois et à un accord final en deux ans », a-t-il déclaré à l’issue d’une rencontre avec Tony Blair, l’envoyé spécial du fameux Quartette. Quant au Président palestinien, il s’est contenté hier de dire sa disponibilité à ouvrir des négociations de paix avec Israël, à la condition d’un gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens. « Il n’y a pas d’objection à un retour à la table des négociations ou à la tenue de réunions en principe », a déclaré Mahmoud Abbas à des journalistes à Charm El Cheikh, après un entretien avec le chef de l’Etat égyptien, Hosni Moubarak. La visite du Président palestinien en Egypte fait suite à celle du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, la semaine dernière. Le chef des renseignements égyptiens et le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, doivent se rendre le 8 janvier à Washington pour discuter du processus de paix avec des responsables américains. Le roi Abdallah II de Jordanie s’est également rendu à Charm El Cheikh, hier, pour s’entretenir avec M. Moubarak, selon l’agence officielle Mena. Les deux dirigeants doivent discuter « des efforts en vue de commencer des négociations de paix sérieuses et efficaces entre Israéliens et Palestiniens », a précisé le Palais royal à Amman. Difficile de dire que cette activité accompagne le projet américain, ce qui tendrait à confirmer au moins son existence. Selon le plan américain, le premier sujet sur la table des négociations serait celui des frontières entre Israël et un futur Etat palestinien. Il devrait être bouclé en neuf mois, soit durant la période de moratoire sur la colonisation juive dans les territoires palestiniens annoncée par le gouvernement israélien. Un Etat palestinien serait établi en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza, sur la base de la ligne d’armistice en vigueur entre 1949 et 1967, mais des compensations sont prévues sur la base d’échanges territoriaux. Une fois ce premier dossier bouclé, les négociations aborderaient les autres questions liées au statut final : El Qods et le sort des réfugiés de 1948. Les discussions de paix entre les parties ont été suspendues, l’an dernier, dans la foulée de l’offensive israélienne contre la bande de Ghaza (27 décembre 2008-18 janvier 2009). Leur reprise achoppe sur la question de la colonisation israélienne. Les Palestiniens réclament un gel total des implantations avant de retourner à la table des négociations, mais Israël a rejeté cette demande jusque-là. Toujours est-il qu’il n’y a aucune confirmation de quoi que ce soit, l’activité diplomatique n’ayant jamais cessé quant à elle. Mais, sans le moindre impact. Tout juste, dira-t-on, pour entretenir l’espoir d’une solution négociée, mais également suffisant pour accentuer le désespoir des Palestiniens.

El Watan (Algérie)

Voir aussi : rubrique politique internationale Netanyahu torpille toute initiatives de paix

Axel Odelberg : le 11 septembre début d’une nouvelle ère

 

Axel Odelberg

Les attaques terroriste du 11 septembre 2001 supplantent de plus en plus des évènements historiques majeurs comme la fin de la Seconde Guerre mondiale ou la chute du mur de Berlin, estime l’écrivain Axel Odelberg dans le quotidien Svenska Dagbladet : « Le 11 septembre marque de plus en plus nettement le début d’une nouvelle ère. En Afghanistan et en Irak ont lieu actuellement deux guerres qui ont un lien direct avec l’attaque terroriste. Le conflit entre Israël et les Palestiniens, où il a toujours été question de terre et de biens, a pris dans les deux camps les traits de l’extrémisme religieux. … Le 11 septembre a empoisonné l’atmosphère et créé un sentiment de défiance générale à l’égard des musulmans, et ce non seulement parmi les xénophobes notoires, mais aussi parmi des individus tout à fait normaux, ouverts et xénophiles. … Dans les années 1970, les Brigades rouges et Baader-Meinhof ont tenté de créer une situation révolutionnaire en instillant la défiance envers l’Etat démocratique. Ils ont échoué. Osama Ben Laden a connu un succès bien plus important. La défiance envers le monde musulman croît, et par la même, celle des musulmans envers le reste du monde. L’effondrement des tours du World Trade Center fait de plus en plus d’ombre à la chute du mur de Berlin. »

Svenska Dagbladet – ( Suède)

Etre juif après Gaza: Un travail de conscience face à l’autisme politique

esther-benbassa165x150Esther Benbassa occupe la chaire d’histoire du judaïsme moderne et contemporaine à l’Ecole pratique des hautes études de La Sorbonne. Elle pose dans ce court essai une question simple et courageuse : comment être juif après l’offensive israélienne contre Gaza ? Pour trouver une réponse à cette interrogation, l’intellectuelle explore dans un style limpide les fondements d’appartenance à l’identité juive.

« Je ne veux plus être juive et rejeter Israël, dit-elle. Je ne veux pas non plus être juive et approuver cette guerre immorale que mène Israël. » Cette volonté, Esther Benbassa le sait, sous-tend de ne plus se dissoudre dans l’anonymat identitaire. L’histoire partagée, qui sert officiellement de ciment au peuple juif, « est d’abord une histoire appropriée  qui se résume le plus souvent à l’Holocauste », soutient l’auteur qui précise que jusqu’à leur exil à partir de la fin des années 50, les Juifs d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient évoquaient peu le génocide. Ils ont assimilé, en arrivant en Europe, l’histoire tissée de massacres de l’aristocratie juive, celle des Ashkénazes, principalement des Juifs d’Europe centrale et orientale auquel s’ajoutent en France les Ashkénazes intégrés de longue date dans la République.

Une histoire complexe

Au sein de la communauté juive française, l’universitaire souligne la déconsidération dont peuvent souffrir les Juifs originaires d’Afrique du Nord : « Seul le partage de cette histoire de souffrance était susceptible d’impartir aux juifs maghrébins et orientaux une place un tant soit peu honorable. » Ce décalage s’intensifie en Israël où l’on réserve aux « Orientaux » marqués au fer de l’infériorité mais proches de la tradition religieuse, une meilleure considération qu’aux « chevilles ouvrières du nouvel Etat, essentiellement d’origine Est européenne, traitées par tout le système, en particulier sous les travaillistes, comme des citoyens de seconde zone. »

Esther Benbassa met en exergue la façon dont les populations venues du Maghreb et du Moyen-Orient, pour peupler la nation, ont été coupées de leur propre histoire par les artisans du sionisme. « Au déracinement s’est substitué l’Holocauste comme histoire et identité partagée. » La revanche politique des Juifs orientaux s’exprime avec la victoire du Likoud en 1977. « Une première pour la droite, qui augure son renforcement continu et qui débouche, comme c’est le cas aujourd’hui, sur sa coalition avec l’extrême droite (…) Ce sont ces gouvernements de droite ou dominés par elle, soutenus par les +Orientaux+ qui ont pris le relais de la gauche travailliste dans la colonisation massive des territoires palestiniens et qui ont mené la meurtrière offensive de Gaza. »

A l’instar du décret Crémieux signé en 1870 permettant aux Juifs algériens d’accéder à la nationalité française, l’auteur souligne la convergence d’intérêts entre les Juifs et le colonisateur. Lors de son rapatriement, cette population se retrouva coupée de son pays d’origine, sans pour autant être considérée comme vraiment française. « C’est aussi de cette histoire, spécifique et complexe, et finalement si peu partagée, que découle l’inconditionnel soutien de larges franges de la judaïcité française d’origine maghrébine à Israël. »

Un regard rare et un livre clé, permettant de connaître et comprendre les ressorts historiques et psychologiques préalables à un avenir commun.

Jean-Marie Dinh

Etre juif après Gaza, CNRS éditions 4 euros.

Voir Aussi : Rubrique politique Manifestation contre l’offensive israélienne, Rubrique religion Le judaisme libéral prône une adaptation au monde moderne, Rubrique actualité internationale Rapport de l’ONU sur Gaza , Repère sur la guerre de Gaza. Rubrique société civile « L’appel à la raison » des juifs européens à Israël, Rubrique Livre Dictionnaire d’Esther Benbassa,

Un premier pas vers le génocide

nuit-cristalLa galerie Saint Ravy accueille une exposition consacrée à La Nuit de Cristal. Réalisée en 2008 par le Mémorial de la Shoah, cette exposition décrypte la genèse et l’impact de cet événement, point de départ des violences faites aux Juifs par les nazis dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. Vers l’horreur du génocide.

En amont du vernissage, le délégué à la culture, Mickaël Delafosse, a souligné l’axe développé par la ville autour de la notion de mémoire en tant qu’enjeu sociétal, « permettant l’accès à la compréhension des événements du monde ». C’est la 3e exposition de la galerie allant dans ce sens, après celle consacrée aux Brigades internationales, et le travail photographique de Michel Aguilera sur les vêtements des victimes d’Hiroshima. Force est de constater que cette politique interagit sur la programmation naguère plus variée et protéiforme de la galerie municipale, au risque d’atténuer la dynamique du renouvellement artistique qui doit déjà faire face au marché et à l’incontournable sacralisation du patrimoine.

Idéologie et antisémitisme

Le parcours de l’exposition établit clairement que La Nuit de Cristal est une suite logique aux mesures antisémites qui débutent dès 1933 par l’exclusion des Juifs de certains milieux professionnels. Les mesures se poursuivent avec les lois de Nuremberg en 1935 qui interdisent les relations sexuelles entre Juif et non Juifs. En mars 1938, la communauté internationale signifie son indifférence en refusant de soutenir le peuple juif lors de la Conférence d’Evian. Six mois plus tard, l’assassinat d’un secrétaire d’ambassade allemand par un Juif polonais sert de prétexte au déclenchement de La Nuit de Cristal, baptisée ainsi en raison des éclats de verres des 7 500 magasins détruits. Cette nuit là, on dénombre également des milliers de blessés et une centaines de synagogues brûlées. La communauté juive est condamnée à payer une amende de 1 milliard de marks pour avoir causé ces dommages « en provoquant la juste colère du peuple allemand ». Les pays occidentaux protestent mais gardent leurs frontières fermées…

Jean-marie Dinh


Voir aussi : Rubrique Allemagne Merkel : notre modèle multiculturel  a « totalement échoué »

Le président irakien Jalal Talabani à Paris pour conclure une normalisation politique et des contrats

jalal-talabaniLe président irakien Jalal Talabani était attendu lundi à Paris pour une visite d »Etat de quatre jours, destinée à couronner la normalisation des relations entre les deux pays après l »opposition de Paris à l »invasion américaine de l »Irak en 2003 et conclure de nouveaux contrats. Il s »agit de la première visite d »Etat jamais réalisée par un chef d »Etat irakien en France, Saddam Hussein n »y ayant effectué que des visites officielles ou de travail. Pour le Kurde Jalal Talabani, l »avenue des Champs-Elysées et les bâtiments publics ont été pavoisés de drapeaux irakiens rouge-blanc-noir, portant l »inscription « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand).

De premiers entretiens à l »Elysée avec le président Nicolas Sarkozy étaient prévus à 17H00, avant un dîner avec les épouses, Hero Ibrahim Ahmad et Carla Bruni-Sarkozy. « La France bénéficie en Irak d »une très belle image sur laquelle nous essayons de capitaliser« , a résumé lundi l »ambassadeur de France à Bagdad, Boris Boillon. « Les Américains sont sur une logique de départ (…) les Irakiens dans une logique de diversification, cela fait les affaires de la France », a-t-il ajouté sur Europe 1.

Le retour de la France en Irak, partenaire privilégié dans les années 70 et 80, se fait avec la bénédiction des Etats-Unis qui cherchent à montrer que Bagdad a repris toute son indépendance et sa place sur la scène internationale. Depuis le début de l »année, les visites de responsables irakiens et français se sont multipliées de part et d »autre. Nicolas Sarkozy était à Bagdad en février, son Premier ministre François Fillon en juillet.

Alors que le coût de la reconstruction de l »Irak est estimé à 600 milliards de dollars, plusieurs contrats ont déjà été signés en matière de sécurité intérieure et militaire, comme la vente de 24 hélicoptères. Cette semaine, d »autres accords seront conclus, « qui renouvellent complètement la relation bilatérale » dans les domaines de la défense, de la sécurité intérieure, de l »économie, du secteur aérien, culturel et agricole, a précisé Boris Boillon.
Deux accords économiques vont permettre « à l »Agence française de développement (AFD) de venir en Irak » et concerner aussi « la Coface (assureur-crédit français pour le real online pokies commerce extérieur) qui permet de garantir les risques », a ajouté le diplomate. Jalal Talabani aura mercredi des entretiens avec le Medef.

Selon Denis Bauchard de l »Institut français des relations internationales (IFRI), « la France est bien placée pour revenir en force sur le plan économique en Irak », alors que « les Allemands et les Russes restent encore discrets« . Parmi les plus grosses perspectives, le groupe français Total pourrait se voir octroyer l »exploitation de champs pétroliers. Récemment, Aéroports de Paris International (ADPI) a remporté un contrat de 28 millions d »euros pour des études sur un futur aéroport Moyen Euphrate visant à desservir les villes de Kerbala et Najaf. Thales va numériser de son côté les données de l »état civil irakien, un contrat de 12,4 millions de dollars.

Pour la France, la question de la sécurité en Irak, même si elle reste importante, ne doit pas freiner les investisseurs. Il y a en Irak « une véritable amélioration sécuritaire« , a assuré l »ambassadeur français, tout en reconnaissant qu »à Bagdad l »édification de multiples murs pour améliorer la protection avait modifié le visage de la capitale.

Voir aussi : Rubrique Irak :  Pétrole contre nourriture L’Irak demande des réclamations,