Obama lance la campagne des européennes

« (…)Il eût été difficile de le prédire, mais c’est Obama qui vient de lancer la campagne électorale pour les élections européennes du 7 juin, en soulevant de manière si nette la question turque. Le geste a pris à contre-pied Nicolas Sarkozy, à peine rentré de Strasbourg. Mais, sachant l’opinion largement hostile à l’entrée de la Turquie, il n’a pas hésité un seul instant à réaffirmer, tout aussi nettement, son opposition. Animant un débat d’autant plus vif, à droite comme à gauche, que les clivages traversent chaque camp. L’adhésion de la Turquie n’est ni décidée ni nécessairement pour demain. Elle fait l’objet d’un processus long, entamé formellement en 2005 et conditionné au succès de la négociation sur trente-cinq chapitres thématiques. Seuls dix ont été ouverts à ce jour. Pourquoi le soutien d’Obama à cette adhésion déclenche-t-il alors tant d’émotions ? Sans doute parce que l’Europe craint presque autant d’ouvrir la porte à 70 millions de Turcs que de la fermer à une puissance montante de la Méditerranée. »

Cette obscure pensée qui respire

PétalesLe titre Pétales coiffe le dernier recueil de courtes nouvelles de l’auteure mexicaine Guadalupe Nettel. Pétales, le mot semble exquis, fragile, respirable, tout à fait convenable à la pratique de la prose. C’est oublier que les pétales donnent parfois une sensation de fermeté lorsqu’ils caressent la paume de notre main ou tombent au hasard sur votre torse ou votre poitrine.

La nouvelle qui offre son titre au livre nous met en présence d’un jeune homme de vingt ans doté d’un sens olfactif hors du commun. Pour exploiter ce don, ou par timidité, le personnage a fait de son étonnante capacité une vocation qu’il exerce dans les toilettes des dames à la recherche de la fleur.

 » Je préférais découvrir les femmes dans le seul lieu où elles ne se sentaient pas observées : les toilettes. Ici, quand on a appris à décrypter, une simple trace liquide glissant sur la paroi blanche peut révéler une dépression nerveuse ou une contrariété récente. Il y avait toujours quelque chose à découvrir, une réaction nouvelle capable de déclencher en moi l’euphorie du novice… « 

Comme ses personnages, Guadalupe Nettel esquisse en six histoires embarrassantes, un inventaire furtif de ce qui nous échappe précisément parce que nous ne souhaitons pas les regarder. La force de ces injections légères touche autant l’objet érotique que les petites – ou grandes – lâchetés tapies au fond de nous.

Passée la porte des évidences, tout est possible. La puissance de l’écriture nous entraîne avec une déconcertante évidence sur les lieux de notre quotidien, au travail, dans un jardin botanique ou dans la vie domestique. Scrutant notre bien pensante débauche, l’auteur révèle la nature imparfaite avec les yeux voyeurs de l’enfance. Les traces et les odeurs nous conduisent de surprise en surprise. De celles qui vous transforment et auxquelles on ne peut que conseiller de s’abandonner.

Jean-Marie Dinh

guadalupe-nettel

Guadalupe Nettel est née à Mexico en 1973. Elle est l’auteur de trois recueils de nouvelles : Juegos de artificios, Les jours fossiles, Pétalos (2008) et d’un roman : L’hôte, publié simultanément aux éditions Anagrama et aux éditions Actes Sud en 2006.

Paris et Pékin se réconcilient, mais des ambiguïtés demeurent

La réconciliation franco-chinoise scellée par une rencontre à Londres des présidents Nicolas Sarkozy et Hu Jintao a été accueillie avec prudence en Chine, où les commentateurs relèvent que le communiqué conjoint publié in extremis avant le G20 ne lève pas toutes les ambiguïtés. Près de quatre mois après l’entretien entre Sarkozy et le dalaï lama, qui avait provoqué la colère de Pékin, les deux pays ont réussi à trouver un terrain d’entente à l’issue de négociations ardues.

« On a l’impression que pour arriver à ce consensus, il a fallu parcourir un long chemin, il y a sûrement eu des discussions pénibles », juge Xing Hua, chercheur à l’Institut chinois des relations internationales à Pékin.
A propos du Tibet, ce communiqué souligne que « dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit ». « Si ces principes sont mis en pratique, la Chine et la France pourront retrouver des relations qui étaient traditionnellement bonnes » depuis l’établissement des relations diplomatiques il y a 45 ans, dit Xing Hua.

Chaque mot du communiqué conjoint — qui souligne aussi l’attachement des deux capitales au « partenariat stratégique global » –, a sûrement été soigneusement pesé. Car si la France y manifeste son refus de soutenir l’indépendance du Tibet, rien n’est dit sur le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, lequel plaide, depuis plusieurs années, pour une autonomie au sein de la Chine. « On doit se contenter pour le moment de ce résultat, des principes ont été réaffirmés, c’est une bonne nouvelle, on ne doit pas être excessivement  exigeant », affirme Xing Hua.

Cependant, pour Ding Yifan, chercheur dans un centre de recherches dépendant du Conseil d’Etat (gouvernement), « la Chine doit rester extrêmement vigilante » sur la question tibétaine. Le dalaï lama se livre à ses activités en Occident depuis de nombreuses années. Il a une influence qui n’est pas négligeable et les pays occidentaux, notamment la France, ont des divergences compliquées depuis longtemps avec la Chine sur la question tibétaine », relève-t-il. Pour le chercheur Xing Hua, les deux pays doivent surtout reprendre le fil des discussions au plus haut niveau pour « réellement et solidement trouver des bases fortes pour leurs futures relations ».

Manoeuvres militaires conjointes France-Nicaragua

Le Parlement du Nicaragua a approuvé aujourd’hui le déroulement en mai de manoeuvres militaires conjointes avec la France, dans le cadre du raffermissement des relations et de la coopération entre les deux pays, a indiqué le bureau de presse du Congrès.
Le Congrès a approuvé une demande d’urgence du gouvernement français sollicitant l’autorisation d’entrée sur le territoire nicaraguayen de moyens aériens et navals.
Les manoeuvres se dérouleront du 8 au 12 mai. Y participeront une frégate de surveillance, un navire de la marine française et 94 marins.
L’exercice vise à renforcer les relations entre les armées des deux pays et à parfaire les connaissances des soldats nicaraguayen, selon le bureau de presse.

Sarkozy à Kinshasa pour : « promouvoir la paix dans l’Afrique des Grands lacs »

M. Sarkozy est arrivé à Kinshasa pour une courte visite au cours de laquelle, il affiche sa volonté d’apporter sa pierre à la résolution du conflit qui ravage l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Il doit ensuite se rendre à Brazzaville et à Niamey, à l’occasion d’une mini-tournée africaine destinée à illustrer les liens rénovés qu’il veut instaurer avec le continent noir.

Il a été accueilli à l’aéroport de Kinshasa par le Premier ministre de RDC, Adolphe Muzito. Nicolas Sarkozy devait d’abord s’entretenir avec le président Joseph Kabila au Palais de la Nation avant de prononcer un discours devant les deux chambres du Parlement congolais réunies en Congrès.

L’essentiel du menu du court séjour de Nicolas Sarkozy sur la rive gauche du fleuve Congo doit être consacré à une très controversée proposition de paix française pour la région des Grands lacs.

En janvier, il avait esquissé les contours d’une « nouvelle approche » pour tenter de mettre un terme à la guerre qui ravage la province du Kivu (est) en suggérant un « partage des richesses » minières qui y regorgent entre la « grande » RDC et son « petit » voisin le Rwanda.

Ses propos ont suscité un tollé à Kinshasa, où le président français a été accusé de vouloir démembrer le territoire de l’ex-Zaïre au profit de l’ennemi rwandais qui a mené deux guerres sur son territoire depuis 1996 et soutenu activement des rébellions. Son idée d’une exploitation conjointe des ressources naturelles du Kivu a été abandonnée au profit d’une série de « projets concrets » qu’il doit préciser lors de sa visite.

Selon la présidence française, Nicolas Sarkozy, qui est escorté de chefs d’entreprises, doit également plaider pour un renforcement de la présence économique tricolore dans le plus grand pays francophone du monde, après la France.

Courte escale au Niger

M. Sarkozy mettra vendredi le cap sur le Niger. Un « stop » de quelques heures où il sera question de démocratie, à quelques mois de la fin prévue du dernier mandat du président Mamadou Tandja, mais surtout d’uranium.

Le numéro un mondial du nucléaire Areva vient de signer un contrat pour exploiter la mine géante d’Imouraren (nord). Pour casser l’image d’une France « prédatrice« , le chef de l’Etat participera, avec la PDG du groupe français Anne Lauvergeon, à une réunion de la section locale de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

« L’idée est de montrer que, si la France a des intérêts économiques au Niger, ils bénéficient le plus possible au développement du pays et de sa population« , proclame l’Elysée.

Source : Jeune Afrique

Greenpeace demande à Sarkozy de revoir

sa position sur les forêts

Lors d’une visite en juillet 2007 au Gabon, Nicolas Sarkozy avait estimé, tout en assurant qu’il ne fallait pas « piller » la forêt africaine, que les forêts du bassin du fleuve Congo étaient « une ressource extraordinaire« .

Greenpeace « espère que la perception des forêts tropicales africaines par le président français a changé » car « cette déclaration choquante signifiait la poursuite par la France d’une politique tournée vers le soutien financier à l’exploitation industrielle des forêts tropicales et l’encouragement au pillage des ressources naturelles au détriment des populations forestières, de la biodiversité et du climat« .

L’ONG appelle ainsi la France à « passer d’une logique d’exploitation à une logique de protection des forêts » et attend qu' »elle devienne le champion de la protection des forêts africaines au sein des enceintes internationales sur les changements climatiques« .

Les forêts de la RDC sont « d’abord et avant tout un cadre de vie et un moyen de subsistance de millions de Congolais, une biodiversité irremplaçable, mais également un atout majeur pour le pays et la planète en matière de lutte contre les changements climatiques« , estime encore l’organisation.

Les forêts du bassin du Congo, rappelle Greenpeace, constituent le deuxième « poumon » de la planète après l’Amazonie.

Source : Greenpeace

Voir aussi : Rubrique Afrique Sarkozy au Gabon et au Rwanda, Sarkozy et la Françafrique