Dans le cadre du cycle de conférences : Les grands philosophes allemands : le XXe siècle de Husserl à Popper Conférence d’Olivier Tinland, maître de conférences en philosophie à l’Université Montpellier III. Mardi 8 avril à 19h à la Salle Pétrarque retour sur l’Ecole de Francfort.
Ce cycle de conférence présente tout au long de l’année les grands philosophes de langue allemande associés à la première partie du XXe siècle : Husserl, Heidegger, Wittgenstein, l’Ecole de Francfort, Popper.
L’Ecole de Francfort constitue une galaxie intellectuelle inédite au XXe siècle, regroupement disparate d’intellectuels engagés dans la lutte contre les manifestations polymorphes de la déraison contemporaine. Ses principaux représentants Max Horkheimer (1895 – 1973) et Theodor Adorno (1903 – 1969), ont tenté de prendre la mesure du retournement dialectique de la raison moderne contre elle-même en édifiant une « théorie critique » à même d’effectuer le diagnostic critique des pathologies intellectuelles et politiques du temps présent, dans une conscience lucide des implications politiques de toute activité théorique. Leur oeuvre est inséparable du destin tragique de l’Allemagne nazie et de l’uniformisation de la culture humaine dans les sociétés libérales. Dans l’horizon de leur vision pessimiste de la modernité occidentale, ces penseurs ont su conduire l’analyse implacable d’une « dialectique des Lumières » conduisant, avec l’avènement des grands totalitarismes et de l’oppression plus insidieuse de la société de consommation libérale, à une « éclipse de la raison ». Ils ont laissé à leurs successeurs la tâche redoutable de reconstruire les conditions théoriques d’une vie démocratique non aliénée.
Entrée libre, conférence en français.
Conférence organisée par la Maison de Heidelberg en partenariat avec la Ville de Montpellier
Michel Simonot invité le 19 avril autour de « Le but de Roberto Carlos ». Photo dr
La Baignoire met à l’honneur l’écriture dramatique contemporaine durant une semaine avec Horizon du texte, du 5 au 11 avril.
On y pense peu et pourtant, le théâtre d’aujourd’hui a besoin de textes, pour exister, pour dire ce qui va se jouer, ce qui se joue dans notre vie et dans notre monde. Les auteurs contemporains sont là. Perdus quelque part ils écrivent, souvent dans l’anonymat. On ne les voit pas à la télé, on les entend peu à la radio. On édite leurs textes avec parcimonie. Quand cela arrive, (rarement si le texte n’est pas monté), il faut encore les découvrir.
Offrant aux compagnies un lieu d’expérimentation de toute forme d’écriture scénique, la Baignoire promeut avec passion et pertinence les écritures contemporaines. Sans en faire des tonnes, son équipe remplit cette mission depuis de nombreuses années. « Reconnaître ces écritures c’est connaître mieux sa maison », avance-t-elle. « Notre action est de montrer que non seulement l’écriture contemporaine est accessible mais salutaire », souligne Béla Czuppon. « C’est à cet endroit que se constitue l’émancipation de l’individu qui ne se résume pas comme certains le pensent à un consommateur de culture. »
Horizons de développement
Quoi de neuf en ce début de siècle ? interrogent les forces vives de la Baignoire avant de répondre du tac au tac « le texte et l’écriture ». Cette année on change l’eau, la programmation des Bains d’écriture qui associait des auteurs autour d’une savoureuse cuisine textuelle trouve une expansion avec Les horizons du texte.
En partenariat avec les Éditions Espaces 34, La Maison Antoine-Vitez, Centre international de la traduction théâtrale, la Maison Louis-Jouvet, école nationale supérieure d’art dramatique de Montpellier (Ensad) et l’université Paul-Valéry, la Baignoire propose une manifestation qui ouvre le champ sur l’écriture dramatique.
Du 5 au 11 avril se tiendront des lectures de textes d’aujourd’hui traduits ou écrits dans notre langue. L’idée est d’associer différents lieux de la ville en lien avec l’écriture dramatique pour ouvrir de nouveaux espaces de perception et de recherche et d’inviter le public à des lectures et à des tables rondes comme ce sera le cas au Chai du terral qui prolongera la manifestation festive le 12 avril à St-Jean-de-Védas en confiant une carte blanche à Sarah Fourage.
Samedi 5 avril la Baignoire investit la fac (Saint-Charles) pour inviter les étudiants à « entrer dans le cambouis » en retravaillant les traductions en compagnie des traducteurs de La Maison A.Vitez. « Nous avons la volonté de promouvoir les écritures au-delà d’un horizon professionnel et de donner le goût des auteurs contemporains. »
D’autres lectures seront prises en charge par des comédiens professionnels. Ce travail de fond mené à Montpellier par l’équipe de la Baignoire gagne vraiment à être connu. Les pros et habitués, amateurs de texte et d’expériences théâtrales en prise avec notre époque s’y retrouvent.
JMDH
www.labaignoire.fr
Source : L’Hérault du Jour, 31/03/2014 Voir aussi : Rubrique Théâtre,
Saint-Gilles et Beaucaire sont distantes de 25 kilomètres et émargent à la région camarguaise, entre terre et mer, entre vignobles et marais. Situées dans l’orbite nîmoise jusqu’à en être devenues les dortoirs, les deux villes gardoises ont sensiblement la même taille (environ 15 000 habitants), la même sociologie, un même taux de chômage flirtant avec les 20 %, le même goût pour la tranquillité et la même défiance envers Paris.
Non négligeable, elles ont encore en commun un solide tropisme pour le Front national, portant de longue date ce parti autour de 40 %. Mais, dimanche 30 mars, le destin des deux communes a divergé : Beaucaire aura désormais un maire FN, pas Saint-Gilles.
Gilbert Collard a été privé d’une victoire qui lui était plus que promise, quasiment acquise. L’avocat et député du Gard avait recueilli plus de 52 % des voix à Saint-Gilles, lors des élections législatives de 2012. Il était arrivé très largement en tête au premier tour des municipales, le 23 mars, avec 42,57 % des voix. Dimanche, il a totalisé 48,5 % des suffrages, perdant de 194 voix face à Eddy Valadier (UMP). La faute à une mobilisation importante de l’électorat (plus de 75 % de participation) et à un front républicain qui s’est mis en place entre les deux tours.
Le maire sortant socialiste, Alain Gaido, et le candidat UDI, Samuel Serre, s’étaient désistés. « Je ne pouvais laisser Collard l’emporter et me remplacer », justifie Alain Gaido
Dans le Gard, le Front national a gagné dimanche au second tour des municipales à Beaucaire avec Julien Sanchez mais perdu à Saint-Gilles où Gilbert Collard a dénoncé le Front Républicain.
Le sénateur maire-sortant de Nîmes, l’UMP Jean-Paul Fournier, a décroché sans surprise son troisième mandat avec 46,80% devançant largement le FN, Yoann Gilet (24,42%) Âgé de 30 ans, cadre du FN à Nanterre et responsable du département du Gard, Julien Sanchez avait hésité à se présenter à Beaucaire, une petite ville de 16.000 habitants, à 20 kilomètres à l’est de Nîmes.
Avec 39,82 % des suffrages, il a bénéficié de l’incapacité de la droite de s’unir, le maire sortant Jacques Bourbousson (DVD) recueillant 29,01 %, devant le DVD Christophe André (24,32%). Le DVG Claude Dubois (6,86%) s’était aussi maintenu.
Le Front républicain voulu par Solférino avec le retrait du maire sortant, le PS Alain Gaudy (25,36%) à Saint-Gilles a empêché, en revanche, le député Rassemblement Bleu Marine de la 2e circonscription du Gard d’être élu à Saint-Gilles.
Arrivé en tête avec 42,57% dimanche dernier à Saint-Gilles – première ville à avoir élu un maire FN (1989) – devant l’UMP Eddy Valadier (25,36%), Gilbert Collard n’a obtenu que 48,5 % des suffrages, soit 194 voix de retard.
Pour M. Collard, qui avait obtenu 53 % des suffrages dans cette commune aux législatives, cette différence va l’amener à « un déposer un recours ». Et de dénoncer dans le même temps, « l’association de malfaiteurs qui fait barrage » à savoir « l’UMPS » qui forme un « couple sadomasochiste fonctionnant un peu mais de moins en moins ».
Gilbert Collard a également vu dans cette défaite le vote d’une cité de Saint-Gilles. « Mes adversaires ont énormément travaillé la communauté maghrébine en lui racontant des histoires », a déploré Me Collard.
L’autre commune, où le FN était en mesure de gagner lui a échappée. Il s’agit de Vauvert, également dans la circonscription de Collard. Le PS et ami de Manuel Valls, Jean Denat y a remporté une triangulaire (41,5%) devant le FN Jean-Louis Meizonnet (35,35 %) et le DVD Gérard Gayaud (23,16 %).
Quant à Nîmes, Jean-Paul Fournier, élu en 2008 avec 54,31 % des suffrages devant la liste de gauche du PCF Alain Clary a profité de l’incapacité des deux candidates de la gauche à s’entendre.
La Front de gauche Sylvette Fayet (14,83%) et la député socialiste Françoise Dumas (13,94%) avaient déposé leur liste mardi à la toute dernière seconde après deux jours de discussion.
« On a joué l’union et on a gagné. Le socialisme a touché le fond, ici dans le Gard », a déclaré M. Fournier, rappelant qu’il avait décidé de céder sa place de président de l’agglomération à son numéro deux, l’ex-député UDI Yvan Lachaud. « Cette décision a joué », a-t-il estimé.
UMP. Avec 25,88%, J. Domergue s’incline en prônant l’ouverture.
Les jeux n’étaient pas faits et la roue a tourné. A l’issue du premier tour, le candidat UMP Jacques Domergue talonnait le dissident socialiste Philippe Saurel avec 22,72% des suffrages. Devant lui Saurel à quelques dixième de voix près a très bien senti la trajectoire qui s’ouvrait à lui. En pôle position, donné largement favori après s’être allié avec EELV (autre grand perdant de la fable) et une petite partie des communistes, Jean-Pierre Moure ne totalisait que 25,27%.
Le retournement de situation qui s’est opéré propulsant Saurel à 37,54% laissant sur place Moure à 27,4 sans faire décoller Domergue (25,88%) s’explique en partie par un report des voix de l’UMP sur Philippe Saurel. Ce que résume un militant UMP s’adressant à Domergue « C’est la mentalité de droite. Du fait que tu étais troisième, ils ont pris le ticket Saurel. » La relative distance que le candidat UMP entretient avec l’appareil de son parti a fait le reste. Paradoxalement Domergue récupère des voix du FN qui perd près de 4 points entre les deux tours.
Hier soir, J. Domergue qui a déjà connu des défaites était détendu « Honnêtement, j’ai un boulot, ça va pas changer ma vie. Si j’avais été élu, ça l’aurait changé. Il n’y a rien de grave, rassure le candidat en s’adressant aux militants qui viennent à sa rencontre la mine déconfite. Maintenant il faut laisser décanter. J’espère que cela va permettre de l’ouverture. »
L’UMP devrait disposer de 8 élus municipaux et 4 ou 5 à l’Agglo. « On est prêt à collaborer avec la nouvelle équipe municipale. » Cette question d’une alliance avec Saurel ne s’est-elle pas déjà posée entre les deux tours ? « Ceux qui ont gagné ce soir ce sont les anti-système. Si j’avais fait deux points de plus au premier tour, on aurait fait un deal. Mais là Saurel pouvait tenter sa chance, il a pris le risque. Il a bien joué et il a gagné. » La composition de la nouvelle majorité va-t-elle se jouer au poker ?
FN. Erosion des voix de France Jamet qui passe de 13,81% au premier tour à 9,18% hier soir.
21h, sur les berges du Lez. Il n’y a pas foule à la permanence du Front national. Le QG inauguré par Jean-Marie Le Pen s’est rapproché de la mairie bleue. Le bleu marine, ce ne sera pas pour cette fois. Avec un score de 9,18% sur Montpellier contre 13,81% au premier tour, le tsunami espéré s’est transformé en vaguelette mais comme le savent les Méditerranéens, les nageurs imprudents sont souvent surpris par la houle.
Laurent Pithon candidat FN à Fabègues (21%), reste optimiste : « A 41 ans, je fais partie de la génération 2 du FN. Ma satisfaction c’est que nous avons beaucoup de conseillers municipaux qui intègrent les communes. Le FN est désormais considéré comme un vrai parti démocratique. Nous allons vite apprendre le fonctionnement de la République. » Le jeune frontiste rêve d’une alliance avec l’UMP pour peser lourd dans l’Agglo. « Nous n’avons pas eu de discussion avec Saurel » précise-t-il.
Un peu plus tard, France Jamet, la candidate FN sur Montpellier analyse le recul de son parti : « Il est évident que Domergue a siphonné une partie de notre électorat. Alors qu’il n’a jamais été question d’une alliance. Il nous a tourné le dos. » Avec 9,18% des suffrages, le FN devrait disposer de trois élus au conseil municipal, France Jamet, Djamel Boumaaz et Audrey Lledo. « Notre trio va répondre aux attentes. C’est un vote d’adhésion pas de protestation », appuie France Jamet. La candidature Saurel présentée comme dissidente de l’« establishment » PS a sans doute limité la protestation.