Wen Jiabao appelle les jeunes à « avoir les pieds sur terre »

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Le premier ministre chinois à la cantine

A l’occasion de la Journée mondiale de la jeunesse qu’il a passé cette année avec les étudiants de l’Université de Pékin, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a appelé les étudiants chinois à avoir un idéal élevé et à faire des efforts concrets pour le réaliser.

A l’Université de Pékin, le Premier ministre a pu rencontrer mardi matin des dizaines de clubs et sociétés de l’université qui organisaient des activités pour marquer la Journée mondiale de la jeunesse. Une jeune étudiante appelée Li Danlin a offert au Premier ministre, une oeuvre de calligraphie qu’elle avait elle-même réalisé en quatre caractères. On pouvait y lire : yang wang xing kong (regarder en haut le ciel étoilé). C’est aussi le nom d’un poème chinois écrit par Wen Jiabao pour encourager les jeunes.

En échange du cadeau de Li Danlin, Wen Jiabao a écrit quatre autres caractères : jiao ta shi di, ce qui signifie avoir les pieds sur terre. Cette année marque le 91e anniversaire du « Mouvement du 4 mai » (voir ci-dessous), un important mouvement culturel et politique dans l’histoire de la Chine pour lutter contre l’impérialisme et promouvoir la démocratie et la science. Wen Jiabao a appelé à hériter de l’esprit de science et de démocratie, ce qui est essentiel pour édifier un socialisme aux caractéristiques chinoises et réaliser la modernisation. Il a indiqué à cette occasion que la réforme des universités chinoises vise à créer un bon environnement qui permette aux étudiants de penser de façon indépendante et à promouvoir l’innovation.

Xinhua

Le 4 mai les étudiants se soulèvent à Pékin

Le 4 mai 1919, peu après la naissance de la République chinoise, 3000 étudiants manifestent à Pékin, sur la place Tien An Men. Ils dénoncent les «21 conditions» présentées par le Japon à leur gouvernement, car elles tendent à une colonisation de la Chine. Ils protestent aussi contre le traité de Versailles qui livre au Japon les concessions allemandes du Chang-toung, une province du nord du pays.

Guidés par de jeunes intellectuels progressistes, les étudiants dénoncent également le poids des traditions, le pouvoir des mandarins et l’oppression des femmes. Ils se montrent favorables à la modernité et aux sciences nouvelles. L’agitation gagne les citadins et les commerçants, dans tout le pays. Elle se double d’un mouvement de boycott des produits japonais. Mais elle reste dans l’immédiat sans effet sur les Occidentaux comme sur les Japonais.

Le «Mouvement du 4-mai», ainsi baptisé par les historiens, n’en est pas moins capital car il traduit l’émergence en Chine d’une conscience patriotique opposée aux Occidentaux comme aux Japonais, et l’abolition de l’ empire mandchou. Plusieurs de ses leaders rejoignent le Parti communiste chinois dans l’espoir de régénérer la Chine. Trente ans plus tard, ils célèbreront sur la place Tien An Men le triomphe de l’insurrection communiste.

70 ans plus tard, se rappelant du «Mouvement du 4-mai», d’autres étudiants réclameront la démocratie sur la même place Tien An Men. Leur révolte finira dans un bain de sang mais débouchera paradoxalement sur une ouverture de leur pays au monde extérieur. –

Alban Dignat (Hérodote)

Soutien à Baltasar Garzon

 

Le juge Baltasar Carzon

L’association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol était samedi dernier sur la Comédie en soutien au juge Baltasar Garzon en lutte contre le franquisme.

Tenace figure du droit international, le juge Baltasar Garzon est à l’origine de l’arrestation d’Augusto Pinochet. Il occupe depuis 22 ans l’Audience nationale, la plus haute instance pénale d’Espagne et s’apprête à faire ses cartons. Ses pairs du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), l’équivalent espagnol du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), devraient le suspendre de ses fonctions.

Le juge est poursuivi pour prévarication. C’est-à-dire pour avoir manqué au devoir induit par ses fonctions après avoir enquêter à la demande des familles des victimes en 2008, et voulu ouvrir une instruction contre le franquisme et ses crimes contre l’humanité. La plainte de trois associations d’extrême droite, dont la Phalange espagnole, a été suivie. Elle accuse le juge Garzon d’avoir monté  » un artifice juridique «  en requalifiant en crimes contre l’humanité, donc imprescriptibles, les disparitions forcées.

L’affaire ravive de part et d’autre des Pyrénées la mémoire d’une guerre jamais cicatrisée.  » Une condamnation serait une nouvelle victoire de Franco « , s’est ému le cinéaste Pedro Almodovar le 13 avril, lors d’une mobilisation à Madrid.

A Montpellier L’ASEREF, reprend le flambeau.  »  Ce qui se passe est important pour l’avenir de l’Espagne et de l’UE. Les conditions économiques de crise favorisent les desseins totalitaires, comme on le voit en France avec le FN. On s’aperçoit par ailleurs que les franquistes tiennent toujours les rouages de la justice en Espagne, s’indignait hier le porte-parole de l’association Éloi Martinez, Au- delà de la mémoire l’heure est toujours à la définition de la démocratie.  » Le gouvernement social démocrate qui s’en remet pour l’heure à la justice ne prend pas parti.  » Nous les enfants et les petits enfants des 150  000 disparus dans les fosses communes, on n’a jamais signé la loi d’amnistie des crimes signée en 1977. J’ai le droit de savoir où est mon oncle… « 

Jean-Marie Dinh

Voir Aussi : le communiqué d’Amnistie International, rubrique Espagne, Garzon proposé pour le Nobel de la paix, rubrique rencontre avec Georges Semprun, rubrique livre, Orwell un cran à gauche, mémoire combattante en région sud, crime franquiste, rubrique Politique, Sont-ils intouchables les héritiers du franquisme ! Sarkozy discours de Latran, le corpus nationaliste du président,

Athènes s’enlise toujours plus dans la crise

grece-flic-banqueL’heure est grave. Mais peut-être pas encore désespérée. Quoi qu’il en soit, la décision rendue publique vendredi par l’agence de notation financière Fitch risque d’aggraver un peu plus l’état de santé de la Grèce, déjà au bord de l’infarctus financier. Fitch, troisième et dernier larron des agences de notations, a annoncé qu’elle abaissait de deux crans la note de la dette à long terme de la Grèce, la faisant ainsi glisser de BBB+ à BBB-. Ses raisons ? L’accroissement des déficits budgétaires auxquels le gouvernement grec doit faire face. Début décembre, Fitch avait été la première des agences de notation financière à rétrograder la note de la Grèce, donnant ainsi le signal du départ d’une crise financière dans laquelle Athènes n’a pas cessé de se débattre.

«L’annonce de Fitch est soit totalement stupide, soit totalement irrationnelle, soit irresponsable…» s’emporte Sylvain Broyer, économiste chez Natixis. Avant d’ajouter : «Elle est les trois à la fois.» L’attitude de l’agence ressemble à celle d’un pompier pyromane. Cette nouvelle dégradation pourrait conduire les investisseurs à exiger des taux d’intérêt sur les obligations d’Etat émises par Athènes encore plus élevés. «La Grèce doit déjà verser près de 7,3% d’intérêt sur les nouvelles obligations émises sur les marchés financiers. Ce qui était déjà insupportable comparé aux 3% d’intérêt versés sur les obligations allemandes», note un économiste. Plusieurs questions restaient sans réponses vendredi.

Bulletin. D’abord, les deux autres agences de notation, Moody’s et Standard & Poor’s vont-elles emboîter le pas à Fitch ? Pour l’instant, le bulletin scolaire de la Grèce rédigé par Moody’s affiche un A2, quand celui de Standard & Poor’s est à BBB+. Pas de quoi imaginer le pire des scénarios. En clair, il faudrait que ces deux agences descendent encore de trois niveaux leur note sur la dette souveraine de la Grèce pour asphyxier totalement Athènes.

Car une fois atteinte la limite d’une note BB par les trois agences, la Banque centrale européenne (BCE) ne prendrait alors plus «en pension» les obligations grecques détenues par les banques et les assurances, essentiellement allemandes et françaises. Un établissement financier détenant des obligations d’un Etat ne peut pas se délester de ses titres auprès de la BCE, mais juste de lui déposer «en pension». En échange, la BCE verse aux banques la valeur de cette obligation moins une commission, avec l’obligation pour elles de reprendre leur dû plus tard. Une manière pour les banques de se financer à 1% et d’octroyer ensuite des crédits à 3 ou 4%. Tout bénéf. Mais si la note la Grèce est effectivement dégradée à BB par les trois agences, alors cette belle mécanique s’arrête.

Et les choses se compliquent sérieusement. «Dans ce cas, les consignes sont claires, confie un gestionnaire de fonds. Nous avons ordre de liquider nos positions sur la Grèce.» De quoi déclencher une grosse panique. En Grèce d’abord. En Europe ensuite. Cette contagion finirait par se répandre comme une traînée de poudre sur tout le reste du système financier européen, notamment via les fonds qui se sont gavés de titres de la dette grecque.

«À tout moment». C’est justement pour éviter le pire que l’UE s’est dit prête, dès vendredi, à aider si nécessaire la Grèce. «Nous serons prêts à intervenir si les Grecs le demandent», a déclaré le président de l’UE, Herman Van Rompuy. Quelques instants plus tard, c’était au tour de Nicolas Sarkozy de déclarer : «L’Union européenne est prête à activer son plan de soutien financier à la Grèce à tout moment.» Présent à ses côtés, l’Italien Silvio Berlusconi a abondé dans son sens, allant jusqu’à déclarer : «Nous avons intérêt à apporter tout notre soutien, sinon il y aura des conséquences très négatives sur notre monnaie.» Les dirigeants européens se sont mis d’accord le 25 mars sur un mécanisme, associant des prêts de pays de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI), pour aider Athènes. Selon plusieurs rumeurs, un plan sonnant et trébuchant pourrait même être annoncé dès lundi. Sur les 35 milliards d’euros dont la Grèce a besoin d’ici la fin de l’année, les pays de la zone euro pourraient financer Athènes à des taux allant de 1,5% à 3,5% et à hauteur de 25 milliards. Le reste serait apporté par le FMI.

Mais pour activer un tel plan, il faudra la bénédiction de Berlin. Pas gagné. Le gouvernement allemand est resté vendredi très prudent sur le sujet. Il a assuré par la voix d’un porte-parole du ministère des Finances que le plan d’aide «peut être mis en œuvre rapidement». Mais, a-t-il ajouté, «nous croyons que la Grèce peut arriver à atteindre ses objectifs par ses propres moyens».

Vittorio De Filippis  Libération

Voir aussi : Rubrique Finance La spéculation attaque l’Europe par le Sud, crise entretien avec Frédéric Lordon, Les banquiers reprennent leurs mauvaises habitudes, Grèce grève contre les mesures d’austérité,

La reconstruction de la Bosnie, objet d’un prochain forum à Sarajevo

L’émergence d’une société civile commune aux différentes ethnies en Bosnie-Herzégovine favoriserait la reconstruction et le développement du pays, selon plusieurs associations organisatrices d’un forum sur le sujet à Sarajevo pendant trois jours à partir du 14 avril.

Sarajevo

Sarajevo

Depuis la fin de la guerre de Bosnie en 1996, « la société civile est plus importante et se fait mieux entendre » a déclaré Srdjan Dizdarevic, ancien président du Comité Helsinki pour les Droits de l’homme, en présentant ce colloque jeudi à Paris. Selon lui, l’émergence de la société civile se manifeste notamment dans les mouvements de jeunes bosniens se disant « anarchiques ». Ces groupes n’ont pas de structure classique (sous forme de parti politique par exemple) mais ils sont très dynamiques. Début 2008, plusieurs milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs semaines dans les rues de Sarajevo pour protester contre l’immobilisme du gouvernement sur les violences interethniques.     La situation sociale reste fragile et les revendications sont nombreuses. « Le pays est aujourd’hui à 60 ou 70 % du développement d’avant-guerre. Il reste très bureaucratisé avec 40 % de pauvres ». Selon Srdjan Dizdarevic, « le pouvoir se refuse à tout dialogue, en essayant parfois même de corrompre ces réseaux ».

Julie Biro, membre du Comité d’action contre la faim et pour le développement (CCFD Terre solidaire), a insisté sur la responsabilité de l’Union européenne dans le développement du pays. Or, l’UE ne soutient pas le forum de manière officielle. « L’Europe ne va pas au-delà du discours nationaliste des dirigeants. Elle n’est pas attentive à cette expression d’une alternative possible au sein de la société civile ».
Pourtant, l’adhésion à l’UE serait « extrêmement bénéfique » pour la Bosnie : « Une identité européenne permettrait de gommer certains antagonismes et de diminuer les rivalités entre ethnies, a expliqué Srdjan Dizdarevic. L’harmonisation passera par Bruxelles et non par Sarajevo. Selon les sondages, 76 à 82 % de la population est favorable à l’adhésion, a-t-il rappelé.

AFP 08 04 10

Berlusconi triomphe d’une faible opposition

regional_berlusconiAprès le décompte des voix, l’alliance de centre-droit du Premier ministre Silvio Berlusconi sort vainqueur des élections régionales italiennes. Elle a pu prendre quatre régions à la gauche. Pour la presse européenne, l’alliance de Berlusconi n’est pas seulement attrayante de par son populisme, mais aussi en raison des faiblesses criantes de l’opposition.


La formule du Cavaliere gagne de nouveau

La gauche n’offre aucune alternative aux électeurs en Italie, estime le quotidien Diário de Notícias, qui explique ainsi la victoire du parti du Premier ministre Silvio Berlusconi : « Les résultats montrent de nouveau que bien que la moitié … des Italiens déteste le Cavaliere, l’autre moitié s’identifie à lui. C’est finalement un homme qui s’est construit une fortune, qui possède le club de football du Milan AC et qui est toujours entouré de belles femmes. A 73 ans, il constitue un véritable symbole de succès. Mais avant toute chose, la victoire de Berlusconi montre une nouvelle fois qu’il n’existe aucune alternative à gauche. Même avec Romano Prodi ou Massimo D’Alema, la gauche n’est jamais parvenue à former une forte coalition à même de conserver le pouvoir. Ce n’est pas un hasard si Berlusconi, qui a déjà été élu trois fois au poste de Premier ministre, soit le seul chef de gouvernement italien qui ait effectué un mandat complet au pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (31.03.2010)

Diário de Notícias – (Portugal)


L’opposition doit proposer des alternatives

L’alliance de centre-droit du Premier ministre italien Silvio Berlusconi a fait un meilleur résultat qu’escompté lors des élections régionales. Les électeurs punissent ainsi l’opposition de ne pas proposer d’alternative, estime le quotidien progressiste Romano Prodi  : « De ce point de vue, il est inutile que le Parti démocrate s’obstine à vouloir trouver des solutions en changeant de chef de parti. Il est également absurde de croire qu’il pourra se libérer de sa perte d’identité sans une véritable clarification de son rôle. Surtout avec une équipe de dirigeants qui a vieilli au sein d’un déclin étouffant fait de luttes intestines. Il n’y a que deux issues : la première consisterait pour le Parti démocrate à représenter la majorité de l’opposition dans notre pays et à obtenir de temps en temps des victoires provisoires grâce à des erreurs flagrantes des adversaires. La deuxième passe par l’ambition de persuader une partie de l’électorat de Berlusconi et [du chef de la Ligue du Nord Umberto] Bossi que l’on peut aussi gouverner l’Italie autrement. » (31.03.2010)

La Stampa -( Italie)