La Chine, la Corée du Sud et le Japon planchent sur un accord trilatéral de libre-échange

La Corée du Sud envisage de lancer un programme conjoint de recherche avec la Chine et le Japon sur la faisabilité d’un accord de libre-échange (ALE) entre les trois pays d’Asie du Nord-Est, a déclaré mercredi le ministre sud-coréen des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, le pays, qui cherche à établir l’intégration économique de la région du nord-est de l’Asie en créant des conditions favorables pour des ALE, lancera une étude conjointe avec les pays concernés, à laquelle participeront des responsables gouvernementaux, des universitaires et des représentants des milieux d’affaires.

Parallèlement à l’ALE trilatéral, le pays poursuivra ses efforts visant à établir des accords de libre-échange bilatéraux séparés avec la Chine et le Japon, précise le communiqué. Jusqu’à présent, la Corée du Sud a passé des accords de libre-échange avec le Chili, Singapour et l’Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi qu’un accord similaire avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le pays est parvenu récemment à un accord de libre-échange avec l’Union européenne et a également conclu des négociations de libre-échange avec l’Inde, qui ont débouché sur la signature de l’Accord global de partenariat économique (CEPA) en août 2009.

Pour ce qui est de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis signé en juin 2007, les deux pays attendent toujours l’approbation du pouvoir législatif. La Corée du Sud cherche également à établir des accords commerciaux similaires avec l’Australie, le Canada et le Mexique.

Xinhua

Niger : Coup d’Etat contre le président Tandja

mamadou Tandja

Un « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » a annoncé à la radio d’Etat nigérienne la suspension de la Constitution, après un coup d’Etat jeudi à Niamey. « Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la Constitution de la sixième république et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues », a annoncé le colonel Goukoye Abdoulkarim (bien Abdoulkarim). Il lisait un communiqué à la radio Voix du Sahel. Le président nigérien Mamadou Tandja, visé jeudi par un coup d’Etat qui a fait plusieurs morts et blessés, a été « emmené » par des militaires qui ont ouvert le feu sur le palais présidentiel à Niamey, ont annoncé plus tôt à l’AFP deux ministres nigériens, eux-mêmes arrêtés.

Le Conseil demande à « la population de garder son calme et de rester unie autour des idéaux qui animent le CSRD et qui pourront faire du Niger un exemple de démocratie et de bonne gouvernance à l’instar des autres Etats épris de paix et de stabilité », a poursuivi le porte-parole à la radio. La Constitution que le CSDR affirme suspendre est celle adoptée en août dernier à l’issue d’un référendum très contesté qui a accordé une prolongation d’au moins trois ans du mandat du président Tandja, après deux quinquennats à la tête du pays sahélien.

La précédente Constitution, qui limitait à deux le nombre des mandats présidentiels consécutifs, prévoyait qu’il quitte le pouvoir le 22 décembre dernier. Pour arriver à ses fins, M. Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle qui s’étaient opposés à son projet de référendum sur une nouvelle Constitution. « C’est une situation difficile. Le président Tandja a essayé de rallonger son mandat », a réagi jeudi le porte-parole du département d’Etat américain Philip Crowley, en affirmant que les Etats-Unis avaient exprimé des « inquiétudes » à ce propos. « Et il est évident que cela a très bien pu précipiter ce qui s’est passé aujourd’hui », a estimé le porte-parole. M. Crowley a toutefois précisé que les Etats-Unis ne défendaient « en aucune façon » la violence qui s’est exercée contre le pouvoir. « Mais cela souligne le fait que le Niger doit organiser des élections et former un nouveau gouvernement », a indiqué le porte-parole qui a précisé que Washington disposait encore de peu d’informations sur la situation sur place.

AFP

Un coup d’Etat prévisible

nigerDepuis trois mois, bon nombre de Nigériens prévoyaient une réaction de l’armée. La date du 22 décembre dernier a marqué l’expiration du deuxième mandat de Mamadou Tandja qui, pour se maintenir au pouvoir au-delà de cette date, avait dissous le Parlement et fait adopter par référendum une nouvelle Constitution. D’autres facteurs ont aussi compté dans la décision de renverser Mamadou Tandja.

L’armée a visiblement voulu donner une dernière chance à la négociation menée par la CEDEAO. Mais, mardi 16 février, le sommet des chefs d’Etats de l’organisation sous-régionale n’a pu faire qu’un constat d’échec. Les cartes du dialogue épuisées, les militaires ont renversé 48 heures après ce sommet le président Tandja. Plusieurs facteurs les y ont incités. Après la rupture du dialogue avec l’opposition, les militaires ont probablement craint un durcissement du régime Tandja avec à la clef la mise à l’écart au sein de l’armée d’éléments jugés suspects. Les putschistes ont peut-être également décidé d’agir rapidement pour ne pas être pris de vitesse par un autre groupe : des officiers supérieurs, par exemple, qui auraient pu faire le coup avant eux.

Selon une source bien informée de la région, au sein des forces armées nigériennes un ou deux autres groupes de militaires se préparaient aussi. Ceux qui ont pris le pouvoir sont pour la plupart issus de la jeune génération et font partie des cadres intermédiaires qui seraient, selon un diplomate de Niamey, moins compromis avec le régime Tandja et moins corrompus. La junte, qui a dû prendre quelques assurances chez les voisins, ne peut pas échapper aux condamnations formelles. Mais l’éviction de Mamadou Tandja est sans aucun doute perçue comme un soulagement, en tout cas comme une potentielle solution pour ramener le Niger sur les rails de la démocratie, à condition bien sûr que les putschistes jouent le jeu.

RFI

Voir aussi :  Rubrique Politique étrangère Sarkozy en tournée dans la région des grands lacs, La guerre oubliée de l’Uranium,

Côte d’Ivoire : le président Gbagbo suspend le processus électoral

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Le président ivoirien Laurent Gbagbo Photo Issouf Sanogo

Les incertitudes qui planaient sur l’organisation de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, au mois de mars, viennent d’être levées d’une façon spectaculaire par le président Laurent Gbagbo. En annonçant, vendredi 12 février, la dissolution du gouvernement ainsi que celle de la commission électorale indépendante (CEI), le chef de l’Etat renvoie en effet le scrutin, sans cesse reporté depuis 2005, à une date indéterminée et risque de plonger le pays dans une nouvelle crise.Officiellement, M. Gbagbo a pris cette décision « afin de lever toute hypothèque sur le processus de paix et permettre à la Côte d’Ivoire d’aller en toute confiance à des élections propres », a-t-il annoncé dans une allocution télévisée. Il a demandé à Guillaume Soro, premier ministre sortant, de former lundi une nouvelle équipe. Un dirigeant du parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), nous a précisé que M. Soro « a accepté de constituer un nouveau gouvernement dont seront exclus les ministres des deux principaux partis d’opposition ». Il s’agit du Rassemblement des républicains (RDR), d’Alassane Dramane Ouattara (68 ans), et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), dirigé par Aimé Henri Konan Bédié (76 ans).

Guillaume Soro (38 ans), l’ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles qui tenta de chasser Laurent Gbagbo (65 ans) du pouvoir par la force en 2002, dirigeait, jusqu’à vendredi, un gouvernement « d’union nationale » (pro-Gbagbo, ex-rébellion, opposition) en vertu de l’accord politique d’Ouagadougou en 2007. Depuis, les deux anciens adversaires semblent partager le même objectif : retarder les élections. Le chef de l’Etat, élu en 2000 pour un mandat qui n’aurait dû durer que cinq ans, s’accroche à un pouvoir que les urnes pourraient lui contester. Quant au premier ministre, le temps gagné lui permet d’épaissir sa stature politique en comptant sur l’épuisement de la vieille garde des partis historiques.

Enième report

On pressentait ce énième report du scrutin présidentiel depuis le début de l’année. Une polémique avait alors éclaté avec les accusations de « fraudes » lancées par le camp présidentiel contre le chef de la commission électorale, Robert Meugré Mambé, membre de l’opposition. Il était soupçonné d’avoir voulu inclure illégalement quelque 430 000 électeurs supposés proches de l’opposition sur les listes électorales. Ce dont il s’est toujours défendu. Le processus électoral, l’un des plus chers au monde, financé par la communauté internationale, s’était alors grippé. Quelle sera la réaction d’une opposition qui, depuis des années, demande vainement l’organisation d’élections libres et transparentes ? Osera-t-elle lancer ses militants dans les rues ? Chacun a encore en mémoire les manifestations de 2004, noyées dans le sang par les forces de l’ordre et les milices du pouvoir.

Christophe Châtelot (Le Monde)
Voir aussi : Rubrique France diplomatie L’élection doit absolument avoir lieu, Rubrique Afrique Un rapport sur les   manifestations de 2004,  Rencontre L’Afrique doit prospérer Rubrique Affaires, La Françafrique se porte bien, Simone Gbagbo entendue par les juges,

Claudio Magris sur les dangereuses frontières intérieures de l’Europe

claudio-magrisDans la revue de littérature mondiale Nagyvilág, l’écrivain et essayiste italien Claudio Magris s’interroge sur les nouvelles barrières de l’Europe comme potentiel de guerre latent : « Une menace pour la paix réelle est tapie dans la conviction simpliste que la civilisation a vaincu la barbarie et que la guerre, du moins dans notre monde, est éliminée. … Nous nous berçons de l’illusion de vivre sans guerre parce que le Rhin n’est plus une frontière âprement disputée par des centaines de milliers de soldats, ou parce que l’infranchissable rideau de fer que constituait la frontière du plateau karstique au-dessus de Trieste n’existe plus. Aujourd’hui cette frontière n’a pas été supprimée, mais seulement déplacée. … Une frontière, qui n’est pas vécue comme un passage mais comme un rempart contre les barbares, constitue un potentiel de guerre latent. … Aujourd’hui, ce sont d’autres frontières qui menacent la paix : de temps à autre, des frontières invisibles au cœur de nos villes, entre nous et les nouveaux arrivants du monde entier. … L’Europe va devoir affronter la grande et difficile tâche de s’ouvrir aux nouvelles cultures des nouveaux Européens, issus du monde entier, qui l’enrichissent de leur diversité. Il s’agira de nous remettre nous-mêmes en question et de nous ouvrir au plus grand dialogue possible avec d’autres systèmes de valeurs. »

Revue Nagyvilág (Hongrie)
Voir aussi : Rubrique Livre Claudio Magris Danube,

L’Arabie saoudite, l’Angola et l’Iran restent les trois plus grands fournisseurs de pétrole de la Chine

L’Arabie saoudite, l’Angola et l’Iran sont restés en 2009 les trois plus grands fournisseurs de pétrole de la Chine et les importations en provenance de ces trois pays ont représenté 47,7% du total de celles de la Chine, a indiqué mercredi l’Administration générale des douanes (AGD). En 2009, la Chine a importé 41,86 millions de tonnes d’Arabie saoudite, 32,17 millions de tonnes d’Angola et 23,15 millions de tonnes d’Iran, soit des hausses respectives de 15,1%, 7,6% et 8,6% par rapport à l’année précédente, a précisé l’AGD.

La Chine a importé 204 millions de tonnes de pétrole brut l’année dernière, en hausse de 13,9% sur 2008, avec un prix moyen de 438 dollars la tonne. Ces importations ont coûté à la Chine 89,26 milliards de dollars, soit une baisse de 31% en glissement annuel, grâce à la chute des prix de l’or noir. Selon les statistiques de l’AGD, les importations en provenance d’Arabie saoudite, le plus grand fournisseur de pétrole de la Chine, ont représenté 20,5% du total des importations pétrolières chinoises en 2009, suivies par celles en provenance d’Angola (15,8%) et d’Iran (11,3%).

Parmi les autres fournisseurs de la Chine, ont figuré notamment la Russie, Oman et le Soudan. L’AGD a attribué la hausse de la demande de pétrole de la Chine à l’industrialisation, à l’urbanisation et à l’augmentation du nombre des voitures individuelles. La Chine est de plus en plus dépendante de ses importations de pétrole. En 2009, ces dernières ont représenté 52% du total de la consommation du pays, alors que la production domestique de pétrole de la Chine était d’environ 189,5 millions de tonnes.