Une nouvelle base française inaugurée à Abou Dhabi


La base française inaugurée mardi par Nicolas Sarkozy à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, pourra accueillir à terme jusqu’à 550 soldats français des trois armes (terre, air et mer), à moins de 250 km des côtes iraniennes, selon des sources militaires françaises.

Nouveau « point d’appui » pour les forces françaises dans le Golfe et le nord de l’Océan indien, elle s’inscrit dans « l’arc de crise » défini par le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale publié au printemps dernier.

Celui-ci s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’océan Indien, depuis la Mauritanie et la Somalie jusqu’au Proche-Orient, au golfe Arabo-Persique, à l’Afghanistan et au Pakistan.

Abou Dhabi complète un dispositif « prépositionné », au sud de l’océan Indien, à la Réunion et à Mayotte, à Djibouti, ainsi qu’en mer où des forces navales françaises assurent notamment des missions de lutte contre la piraterie.

Mais l’Implantation militaire française aux Emirats arabes unis (IMFEAU) vise aussi à développer la coopération militaire bilatérale, après le renouvellement mercredi de l’accord de défense conclu en 1995.

Il s’agit par ailleurs, précise le ministère français de la Défense, de concourir à « l’aguerrissement et l’entraînement des forces terrestres » aux « actions de combat en zone désertique et, à terme, en zone urbaine de type moyen-oriental ».

Comptant trois composantes -une base navale, une base aérienne et un « groupement terre »-, la base pourra compter à terme jusqu’à 550 militaires, permanents ou de passage, en escale, en formation et en exercice.

La base navale, qui s’étend sur 8 hectares dans le port de Mina Zayed, dispose d’un quai de 300 mètres de long susceptible d’accueillir l’ensemble des bâtiments français à l’exception du porte-avions Charles-de-Gaulle qui devra accoster à proximité immédiate, dans le port de commerce.

La « Base aérienne 104 », elle-même abritée par une base des Emirats située à une quarantaine de kilomètre d’Abou Dabi, a vocation à accueillir en permanence trois avions de combat Mirage 2000 ou Rafale mais pourra monter en puissance si nécessaire.

Quant au « Groupement terre », stationné sur le « Zayed military camp », à près de 50 km d’Abou Dabi, il dispose d’infrastructures d’accueil, de salles d’instruction de champs de manoeuvre et de tir…

Lors de l’inauguration de l’IMFEAU, trois navires de guerre français étaient présents: la frégate de défense aérienne Forbin, la frégate « furtive » Aconit et le « bâtiment de recherche électromagnétique » Dupuy de Lôme, les « grandes oreilles » de la Direction du renseignement militaire (DRM).

AFP 26 MAI 09

Morin: la France va retrouver son influence dans cette région « névralgique »

– La France, avec la nouvelle base française inaugurée à Abou Dhabi, « va retrouver toute sa place et toute son influence » dans la région « stratégique et névralgique » du Moyen-Orient, a déclaré mercredi le ministre de la Défense Hervé Morin devant l’Assemblée nationale.

Cette présence, a-t-il ajouté, « signifie l’engagement de la France dans cette région stratégique et névralgique ». Il s’agit de « faire en sorte que nous participions à la sécurité et à la stabilité » de la région et que la France y retrouve « toute sa place et toute son influence », a-t-il dit lors de la séance de questions au gouvernement.

« Cet accord de défense renouvelle notre engagement pour la sécurité et la stabilité de la région et en même temps garantit le dispositif juridique pour nos forces qui seront présentes ». « Nous avons une relation stratégique importante avec les Emirats, qui dépasse largement le seul cadre de la Défense », a-t-il souligné.

La base française inaugurée mardi par Nicolas Sarkozy pourra accueillir à terme jusqu’à 550 soldats français des trois armes (terre, air et mer), à moins de 250 km des côtes iraniennes. Nouveau « point d’appui » pour les forces françaises dans le Golfe et le nord de l’Océan indien, elle s’inscrit dans « l’arc de crise » défini par le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale publié au printemps dernier.

Celui-ci s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’océan Indien, depuis la Mauritanie et la Somalie jusqu’au Proche-Orient, au golfe Arabo-Persique, à l’Afghanistan et au Pakistan.

Abou Dhabi: Sarkozy « engage la France dans une voie périlleuse » (PCF)
Le Parti communiste français (PCF) a jugé mercredi que Nicolas Sarkozy, qui a inauguré mardi une base militaire permanente française à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, engageait les France « dans une voie périlleuse ».

Bayrou déplore l’ouverture d’une base militaire française à Abou Dhabi

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), a déploré mercredi l’ouverture d’une base militaire française à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, au lendemain de son inauguration par Nicolas Sarkozy.

« L’ouverture d’une base à Abou Dhabi, dans une des zones les plus brûlantes du monde, avec accord de défense automatique, dans un dispositif américain, constitue un pas de plus, après le retour dans le commandement intégré de l’Otan », a jugé M. Bayrou devant la presse.

« Cela signifie que la France peut se trouver engagée dans un conflit sans l’avoir voulu », a estimé le président du MoDem, venu soutenir la liste de son parti aux européennes, dirigée par l’ex-Vert Jean-Luc Bennahmias.

« Ce changement stratégique considérable a-t-il été présenté aux Français? a-t-il été voté? Jamais. C’est typique de l’abus de pouvoir », a estimé M. Bayrou, auteur du livre « Abus de pouvoir », critique virulente du sarkozysme.

Même des intérêts commerciaux ne justifient selon lui pas une telle ouverture. « Le commerce des armes ne justifie pas tout », a-t-il estimé.

Revue-presse

La Voix du Nord (Olivier Berger)

« (…) C’est la première fois depuis cinquante ans et l’indépendance des anciennes colonies africaines que la France construit, à la demande et avec l’aide financière de l’hôte, une base militaire permanente hors du territoire national. L’initiative est en cohérence parfaite avec le Livre blanc de la Défense et de la Sécurité nationale, paru il y a un an. (…) (…) Pour ceux qui taxent Nicolas Sarkozy d’atlantisme compulsif, l’occasion est idéale de dénoncer une implantation s’inscrivant au beau milieu de la machine de guerre américaine. »

« En installant une base militaire permanente dans le Golfe arabo-persique, la France de Nicolas Sarkozy positionne notre pays dans une zone de guerre américaine, à côté des forces armées des Etats-Unis et en face de l’Iran », déplore le PCF dans un communiqué.

« C’est dans ce même esprit très atlantiste que les autorités françaises se sont engagées à renforcer leur engagement militaire direct dans les opérations de guerre de l’Otan en Afghanistan », poursuit-il.

« C’est ce que le président de la République appelle réintégrer +sa famille occidentale+. C’est une réintégration à hauts risques », selon le PCF pour qui « Nicolas Sarkozy engage la France dans une voie périlleuse ». « Par cette +normalisation+ pro-américaine, M. Sarkozy poursuit la politique qu’il commença avec George Bush, celle de la logique de force et de la priorité à l’intervention militaire ».

AFP 27 05 09

Amin Maalouf : L’occident est peu fidèle à ses propres valeurs

amin-maaloufRencontre avec l’écrivain Amin Maalouf qui signe un ouvrage à large spectre sur notre époque tumultueuse.

Les urgences auxquelles nous devons faire face en ce début de XXIe siècle sont à l’origine du dernier essai de l’écrivain libanais Amin Maalouf Le dérèglement du monde qui s’appuie sur une double connaissance, de l’Occident et du monde arabe, pour appeler à une action lucide et partagée.

« A vous lire, on mesure à quel point la crise identitaire est générale et à quel point elle se trouve au centre des dysfonctionnements du monde

Les gens ont un peu peur de la notion d’identité culturelle. Ils manient cela avec beaucoup de réticences. Je pense au contraire que ne pas parler de la question de l’identité, c’est laisser se développer toute sorte de démons alors que quand on en parle, on peut arriver à définir les choses clairement. Le débat est utile. On doit parler de l’identité française, on doit parler de l’identité européenne et les choses ne sont pas simples. Elles ne sont pas comme elles apparaissent lorsque l’on se contente d’allusions.

Comment créer un sentiment d’appartenance commune notamment au sein de l’UE ?

De mon point de vue, l’identité européenne doit se construire. Il y a des choses qui existent. Toute personne qui adhère à l’Europe doit adhérer à un certain nombre de valeurs. Elle doit considérer comme sien tout un bagage culturel et en même temps elle doit savoir que cela n’est pas figé, qu’il y a des choses qui doivent être apportées. Et que ces apports peuvent venir de la planète entière. Parce que l’histoire ne s’est pas achevée. La culture n’est pas un paquet que l’on se passe de l’un à l’autre. C’est quelque chose de vivant.

Vous insistez sur la primauté de la culture. Sur quelles valeurs doit-elle se fonder ?

L’aspect culturel de la construction européenne doit être un élément essentiel. C’est comme cela que les gens vont adhérer. Parce que l’aspect culturel sous-tend la notion d’appartenance. Universalité des valeurs et diversités des expressions sont les deux faces d’une même monnaie, elles sont inséparables. Si l’on transige sur l’université des valeurs. Si on accepte qu’il y ait des droits de l’homme pour les Européens et d’autres droits pour les Africains, les musulmans ou d’autre, on perd sa route. Et si on considère que la diversité culturelle est une chose secondaire, que l’on peut accepter la marginalisation et la disparition de cultures millénaires, là aussi on fait fausse route. Il faut parler de ces questions et tracer une ligne claire.

A notre stade d’évolution il faut changer dites-vous ?

L’occident à besoin de modifier son comportement. Sans abandonner ses principes. Il doit se comporter dans le reste du monde en fonction de ces valeurs. Sans adopter deux poids et deux mesures en attaquant un dictateur et en se taisant avec un autre parce qu’il a des contrats. Les pays arabes doivent aussi faire leur propre examen de conscience pour sortir de leur puits historique.

Vous dites cela face à des urgences très concrètes ?

Absolument, nous avons besoin aujourd’hui de faire face ensemble à une crise majeure liée au réchauffement climatique, aux pandémies aux armes de destructions massives, à la coexistence des peuples et des cultures… Ce qui n’est possible que s’il existe une véritable confiance, une véritable solidarité parce que nous avons besoin d’agir ensemble pour gérer le monde autrement.

Avec quelle implication citoyenne ?

Il faut changer la manière que nous avons de satisfaire nos envies. Je pense qu’il faut passer d’un monde où nos besoins sont essentiellement satisfaits par une consommation matérielle à un monde où une partie très significative de ces satisfactions viennent de satisfactions immatérielles liées à l’épanouissement de la personne. C’est une question de survie : nous devons vraiment recentrer notre vision du monde ».

recueilli par Jean-Marie Dinh

Le dérèglement du monde, édition Grasset 18 euros.

Voir aussi : Entretien Edgar Morin , la forêt des écrivains combattants, Salah Stétié une restitution ,

Le mal-être carcéral en partage

Des CRS évacuent les surveillants qui bloquaient la maison d'arrêt de Caen, le 4 mai 2009

Au troisième jour du bras de fer entre l’intersyndicale des surveillants et l’administration pénitentiaire, le mouvement de blocage des prisons se poursuit. Les forces de l’ordre ont délogé hier matin, sans incident, l’entrée de plusieurs établissements pénitentiaires bloqués par les surveillants dans la région. A Villeneuve lès Maguelone comme dans tout le pays, les gardiens de prison ont voté la reconduction du mouvement jugeant les propositions fournies par la Chancellerie mardi, très insuffisantes.

Mercredi matin devant les portes de la Maison d’arrêt, les grévistes ont enflammé des pneus. Après s’être fait repousser par les forces de police, une cinquantaine de surveillants a repris position devant les grilles d’entrée. Depuis lundi, les livraisons n’entrent plus, les ateliers sont interrompus, le centre scolaire arrêté et la pharmacie tourne en service minimum. Pour l’instant les détenus restent dans la neutralité. L’établissement disposant de stocks, le blocage du ravitaillement ne se fait pas encore sentir et surtout l’accès aux familles n’étant pas filtré, le parloir continue de fonctionner.

Les raisons de la colère tiennent aux sous-effectifs, aux violences chroniques et à l’abandon de l’administration. La Maison d’Arrêt de Villeneuve compte actuellement 137 surveillants pour 710 détenus. La population atteignant parfois des pics à 800 pour un établissement de 600 places.  « L’administration connaît la pénibilité de nos conditions de travail, explique le délégué FO Erienne De Sinno. Au lieu d’alléger pour favoriser la qualité du service, elle écrase les surveillants en appliquant des mesures aveugles et hypocrites. »

La tension est montée en novembre dernier, depuis que Rachida Dati a imposé les rondes de nuit toutes les deux heures sans attribution de postes supplémentaires. Une directive lancée par la ministre après le suicide d’un mineur en prison, sans s’interroger un instant sur le choix politique d’emprisonner un maximum de mineurs pour un maximum de temps. « Le protocole du ministère nous dit que l’on va redéfinir les modalités des rondes. C’est du vent », fustige Etienne De Sinno qui rappelle que suite à un préavis de grève déposé en novembre, les groupes de travail hebdomadaire impliquant les organisations syndicales n’ont abouti à rien. Le mouvement pourrait encore se durcir dans les prochains jours.

Jean-Marie Dinh


Kouchner a reçu son homologue tchadien pour parler de l’offensive rebelle

France-Tchad-armée-rébellion-diplomatie

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a reçu à Paris son homologue tchadien Moussa Faki Mahamat pour s’entretenir des moyens diplomatiques face à l’offensive rebelle dans l’est du Tchad, a annoncé le Quai d’Orsay. M. Kouchner « vient de recevoir à sa demande son homologue tchadien Moussa Faki Mahamat de passage à Paris », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Eric Chevallier.

Les deux ministres « ont exploré les actions diplomatiques pouvant être entreprises pour éviter une aggravation de la situation et les conséquences possibles sur la sécurité et la stabilité régionales », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur un possible soutien militaire de la France à l’armée tchadienne, M. Faki Mahamat a déclaré que son pays n’avait, pour l’heure, pas besoin d’aide pour contenir l’offensive rebelle.
« Nous avons un accord de coopération technique avec la France qui est toujours valide. Pour l’instant, l’armée tchadienne a toutes les capacités de faire face à cette nouvelle situation », a déclaré le ministre tchadien dans un entretien qui devait être diffusé  soir sur Radio France Internationale.     M. Faki Mahamat a en revanche appelé « tous les Etats membres du conseil de sécurité » de l’ONU ainsi que l’Union africaine à « condamner cet acte d’agression manifeste, de grande envergure » lancé selon lui par le Soudan voisin.

M. Chevallier a confirmé de son côté que les « groupes armés » venus lundi du Soudan « étaient encore ce matin  dans l’est du Tchad ». Des dirigeants de la rébellion ont indiqué  poursuivre leur « progression » à l’intérieur du Tchad avec pour « objectif final » N’Djamena. La France, « attachée à la stabilité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Tchad, condamne fermement l’entrée en territoire tchadien de groupes armés venus du Soudan », a ajouté M. Chevallier.

La France a engagé huit cents militaires dans la Mission de l’ONU au Tchad et en Centrafrique (Minurcat). Elle dispose également de 1.150 militaires du dispositif français Epervier, déployé au Tchad pour une mission de formation et d’assistance logistique ou sanitaire à l’armée tchadienne.
Début février 2008, une offensive de la rébellion avait failli renverser le président Idriss Deby. Celui-ci, retranché dans la présidence à N’Djamena, avait réussi à repousser l’attaque.

La France, liée au Tchad par des accords de « coopération militaire » prévoyant notamment une aide logistique et de renseignement, avait alors apporté une aide décisive aux forces loyalistes, notamment en tenant l’aéroport et en permettant leur ravitaillement en munitions.

Voir aussiSarkozy et la Françafrique

Accès internet : les eurodéputés maintiennent la pression sur la France

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Le Parlement européen a confirmé  son opposition à toute coupure d’accès internet sans décision de justice préalable, dans une nouvelle attaque contre un projet français visant à lutter contre les téléchargements illégaux. A une large majorité (407 voix pour, 57 contre et 101 abstentions), les eurodéputés ont réintroduit en deuxième lecture un amendement stipulant que les droits fondamentaux des internautes ne pouvaient être restreints « sans décision préalable des autorités judiciaires ».

Cet amendement est clairement dirigé contre le mécanisme français de « riposte graduée » contre le piratage, cher au président Nicolas Sarkozy. Celui-ci doit permettre à une autorité administrative –et non judiciaire–, baptisée Hadopi, de suspendre l’accès internet des internautes qui téléchargent illégalement des contenus culturels, après deux avertissements.

« C’est une nouvelle claque pour Sarkozy et le gouvernement français », a immédiatement réagi l’un des initiateurs de l’amendement, le socialiste français Guy Bono. Un autre artisan de l’amendement, le vert Daniel Cohn-Bendit, a également salué « une défaite pour Nicolas Sarkozy, qui ne peut désormais plus ignorer cette position très majoritaire du Parlement européen à l’occasion du débat à l’Assemblée nationale sur la loi Hadopi ». Ce faisant, les eurodéputés hypothèquent toutefois une vaste réforme censée améliorer la concurrence et renforcer les droits des consommateurs sur le marché européen des télécoms, dite « paquet télécoms ».

Ils sont en effet revenus sur un compromis pour cette réforme négocié par les rapporteurs parlementaires et les représentants des Etats de l’UE et qui retenait une formulation adoucie. Le compromis stipulait certes que toute mesure touchant à l’accès internet devrait respecter « le droit à un jugement par un tribunal indépendant et impartial », mais sans affirmer la nécessité que ce jugement soit préalable. L’un des rapporteurs parlementaires qui avait négocié le compromis, la socialiste française Catherine Trautmann, avait évoqué mardi un « choix cornélien ». Elle a finalement appelé au moment du vote à soutenir l’amendement litigieux.

Elle a ensuite souligné qu’une partie du compromis ayant été rejetée, « l’ensemble du paquet (télécoms) va en conciliation », des négociations de la dernière chance de quelques semaines entre députés et Etats membres. Pour les consommateurs, toute une série de droits, comme la possibilité de changer d’opérateur téléphonique en moins de 24 heures sans perdre son numéro, se retrouvent dans la balance. Leur association au niveau européen, le Beuc, a pourtant salué « une victoire ».

Couper l’accès internet des personnes suspectées de télécharger illégalement est « une sanction injustifiée et disproportionnée et nous demandons au Parlement d’interdire explicitement ce genre de règles extrêmistes », a noté la directrice générale du Beuc, Monique Goyens. De nombreux eurodéputés ont souligné la trop grande marge d’interprétation laissée par le compromis.

La France avait estimé qu’il ne compromettait plus la riposte graduée. « Démontrer qu’Hadopi serait un tribunal indépendant et impartial reviendrait à imposer à cette haute autorité toutes les obligations qu’un juge doit respecter : droit de la défense, droit à une procédure contradictoire, publicité », avait en revanche fait valoir Mme Trautmann, estimant que cela suffirait à « faire imploser le système ».     L’Hadopi, très controversée également en France, est censée envoyer 10.000 courriels d’avertissement et prononcer 1.000 coupures d’accès à internet quotidiennement. Le projet est toujours censé être voté le 12 mai par l’Assemblée nationale.

AFP

Voir aussi : Rubrique Internet Les effets négatifs d’Hadopi,