Le PCF s’est « indigné » vendredi des propos du général français à la retraite Jean Salvan sur l’Afghanistan, jugeant qu’ils faisaient « tristement écho » à ceux de Nicolas Sarkozy, pour qui il faut « davantage de soldats afghans » pour « gagner » la guerre. Le général de corps d’armée (4 étoiles) Jean Salvan a déclaré vendredi à l’AFP qu’il « faudrait que les jeunes Afghans et Pakistanais réfugiés en France prennent leur part du combat contre les talibans plutôt que de continuer à envoyer nos troupes à Kaboul pour des combats incertains ».
« Proclamer cela est une honte. Les Afghans qui immigrent en France ne cherchent pas la fortune, ils fuient une guerre qui détruit leurs vies et leurs familles », écrit dans un communiqué le PCF qui « s’indigne » de ces propos. « Cette déclaration du général fait tristement écho à celle de Nicolas Sarkozy qui affirmait au Figaro +qu’il faut d’avantage de soldats Afghans+ pour +gagner+ la guerre », poursuit-il. Pour le PCF, « c’est toute la stratégie de l’Otan en Afghanistan qui doit être remise à plat ». « C’est toute la politique de Monsieur (Eric) Besson (ministre de l’Immigration) qu’il faut mettre en cause, une politique qui refuse l’asile à ceux qui souffrent de l’impérialisme, une politique qui renvoie des femmes et des hommes à la mort », conclut-il.
De grands journaux européens se penchaient avec ironie mardi sur la « carrière fulgurante », voire « météorique », du « Petit prince » Jean Sarkozy, le fils du président français dont la promotion annoncée à un poste important était évoquée jusqu’aux Etats-Unis.
En Allemagne, en Espagne comme en Grande-Bretagne, les gros titres relayaient les accusations de « népotisme » qui fusent depuis l’annonce de la probable accession, à 23 ans, du fils cadet de Nicolas Sarkozy à la tête de la société d’aménagement du plus grand quartier d’affaires d’Europe, la Défense, près de Paris.
« L’ascension de Sarkozy junior déclenche une tempête de népotisme pour Papa », titrait à Londres The Independent, évoquant « colère et moqueries » chez les Français.
« Un boulot en or pour le fils de Nicolas Sarkozy suscite des accusations de népotisme », écrivait le Daily Telegraph.
A Munich, la Süddeutsche Zeitung évoque l’affaire en Une, sous le titre « Le Petit prince ». « Certains voient la République en danger et craignent un retour de l’Ancien régime », souligne le quotidien.
« Au nom du père », titrait avec ironie le Financial Times Deutschland.
Au moment même où le président français se saisit du thème « des difficultés des jeunes à trouver un emploi », « un étudiant en droit décroche un super job dans le management public », s’amuse le FTD. « La famille Sarkozy a du succès: désormais, tout le monde en France parle réellement de l’emploi des jeunes ».
Die Welt évoque « l’ascension fulgurante de Sarkozy junior », un « jeune blondinet présentant bien, qui vient de raccourcir sa crinière de surfeur, sans doute pour paraître un peu plus sérieux ».
Plusieurs journaux espagnols s’accordaient sur la « carrière fulgurante » (El Periodico) voire « météorique » (El Pais, La Razon) de Jean Sarkozy et se faisaient l’écho de la polémique qui agite la France.
« Ce mandat est plus honorifique qu’exécutif mais la nouvelle a provoqué une forte indignation dans les rangs de l’opposition », qui voit dans « cette promotion la main implacable de l’Elysée ou du moins celle de son locataire », commentait le quotidien conservateur La Razon.
Seul El Pais plaçait l’affaire en Une, sous le titre: « l’ascension météorique du fils de Sarkozy ouvre un âpre débat ».
« Très doué ou pistonné ? C’est la question que se posent les Français face à l’extraordinaire succès de Jean Sarkozy », s’interrogeait à Rome Il Giornale, le journal de la famille Berlusconi.
Aux Etats-Unis, le quotidien national USA Today évoquait l’affaire avec une dépêche d’agence commençant par les mots « Il a 23 ans et pas de diplôme universitaire… », assortie d’une photo du président français posant la main sur l’épaule de son fils.
Le quotidien Washington Times publiait de son côté une photo de Ségolène Royal à la rubrique « La phrase du jour » avec les paroles de la responsable socialiste à propos de Jean Sarkozy : « s’il ne portait pas le nom qu’il porte, est-ce qu’il serait à la place à laquelle il est aujourd’hui ? »
Le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, a déclaré mardi qu’il fallait « absolument » organiser l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire le 29 novembre comme prévu, estimant que « les listes » électorales « ne sont jamais parfaites ».
« Ces élections doivent être organisées absolument telles qu’elles ont été prévues », a déclaré M. Joyandet à TV5Monde.
« Quand il y a 6 millions et demi de personnes qui sont recensées en Côte d’Ivoire d’une manière sérieuse, peut-être qu’il n’y en a pas assez, mais en tout cas, ça permet d’organiser une élection qui soit le reflet de ce que souhaitent les Ivoiriens, et je pense qu’il faut maintenant rapidement aller à cette élection et ne pas la reporter », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la question des listes électorales, M. Joyandet a répondu: « Vous savez les listes, elles ne seront jamais parfaites. Elles ne sont d’ailleurs nulle part jamais parfaites ».
Sur près de 6,4 millions d’électeurs potentiels recensés, plus de 2,7 millions posent problème car ils n’ont été retrouvés ni sur la liste électorale de la présidentielle de 2000 ni sur les registres administratifs retenus et pour l’heure rien ne garantit donc leur nationalité.
Le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, a appelé vendredi à ne pas « escamoter le travail sur la liste électorale » sous « la pression du temps ».
Reportée depuis 2005, l’élection est censée clore la crise née du coup d’Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en deux.
On trouve en couverture de ces dix textes de fiction réunis par Arnaud Viviant, le planning des ressources disponibles de la semaine avec les petites fiches en bristol de couleur indiquant que tout le monde est bien à la bonne place. Dès lors, reste à se mettre au boulot en tirant les fiches aux hasard. Chacune d’entre elles propose une entrée sur l’entreprise contemporaine vue par des romanciers.
Cette pluralité de regards, sans valorisation esthétique, laisse par endroits une empreinte naturalisme. Dans un Un jeune ouvrier qui franchit le pas, les sociologues Stéphane Beaud et Michel Pialoux posent à froid les étapes qui amènent un jeune manutentionnaire à s’engager syndicalement. Le propos de ce document dénonce moins les conditions de travail des sous-traitants du secteur de l’automobile qu’il ne décrit la précarité d’un monde ou tout peut basculer à chaque instant.
Les autres textes sont des fictions inédites qui permettent une juste appréhension du monde du travail. Dans « Qu’est-ce que tu vas faire? » Hellena Villovitch évoque à la première personne du singulier la vie d’une employée qui court après les CDD et l’incidence de la culture kleenex sur ses relations sexuelles basées sur le plaisir immédiat et l’interrogation systématique.
Dans une veine plus cynique Régis Jauffret décrit la non vie d’une secrétaire de direction qui joue le jeu en cultivant une haine féroce à l’égard de son patron. Par petites touches impressionnistes, François Bon évoque la disparition de la culture ouvrière des chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire. Arnaud Viviant nous embarque dans unsulfureux service de DRH où l’on découvre que les relations intersexuelles au sein de l’entreprise s’avèrent un formidable levier de productivité.
L’ensemble des récits pointe les déterminants sociaux et biologiques qui affectent en profondeur l’individu et le groupe au sein de l’entreprise, les nouvelles formes de précarité, l’oppression mentale et le développement de l’ouvriérisme clandestin dans le tertiaire.
On a vu la magnifique conversion de la sphère politique dans la philosophie néolibérale. On a observé la féchitisation de l’entreprise qui nous est vendue comme un incontournable modèle de société. Ce qui se passe dans le monde du travail aujourd’hui, et ce qu’il nous est donné à voir dans ce livre, annoncent assurément la faillite de ce modèle.
Je suis le président de l’association Ensemble Pour l’Afghanistan (EPA) et je rentre tout juste d’une mission sur Kaboul, ayant eu pour objet d’ évaluer le programme d’Aide au Développement que nous y menons depuis 7 ans. En parallèle à notre action sur Kaboul nous collaborons étroitement avec les associations présente sur Calais, la dernière action ayant été de solliciter MdM pour traiter l’épidémie de gale.
Pour ce qui est de l’Afghanistan, notre réseau afghan et ‘kabouli’ nous permet d’avoir une connaissance détaillée de la situation politique, économique, sociale et sécuritaire. Nous savons malheureusement tous que la situation dans l’ensemble des domaines mentionnés est tout simplement catastrophique et qu’elle n’a cessé de se dégrader fortement au cours des 4 dernières années.
Dans ce pays gangréné par le narcotrafic, la mafia et la corruption Il n’y a aucun embryon d’un État de Droit ni de capacité à assurer la sécurité de la population. Cette déliquescence est surtout marquée dans les régions de l’Est et du Sud de l’Afghanistan, pashtoune pour l’essentiel, et d’où sont originaires la plupart des migrants de Calais. Ce sont aussi les zones de conflits les plus violents où les morts civils se comptent par milliers au cours des 3-4 dernières années: victimes des frappes de l’Otan, des talibans, des seigneurs de la guerre et des trafiquants en tout genre.
Même Kaboul et sa périphérie ne sont plus épargnés comme en témoignent les récents attentats qui ont fait des dizaines de mort et de blessés, dont celui de ce matin qui aurait fait 12 morts et plus de 80 blessés.
La description ci-dessus n’est malheureusement que la face visible de l’iceberg et elle ne rend pas compte des crimes à caractère politico crapuleux dont sont victimes des individus et leur famille. Il n’y a pas un jour sans que l’on entende parler d’exécution de personnes décrites par les talibans comme collaborateur du gouvernement ou par les forces et milices gouvernementales comme talibans. A ces cas il faut rajouter les crimes purement mafieux liés aux nombreux trafics (drogue, être humain, organes, pièces archéologiques) et aux difficultés de remboursement d’un emprunt.
Lors de mon récent passage à Kaboul, j’ai pris des contacts informels avec deux fonctionnaires de l’ONU, dont un du HCR, sur le risque encouru par les afghans ayant été renvoyés de force par les pays de l’UE. Selon ces sources l’antenne de l’OIM à Kaboul dispose d’information sur les cas multiples d’ex migrants ayant été exécutés à leur retour au foyer familial. Alors qu’il n’appartiennent pas à l’OIM ils ont fait état de 2 cas d’assassinat dont l’un récemment à Paghman (25 kms de Kaboul), fief du ‘seigneur de guerre’ Rasoul Sayaf. Selon ces personnes, les motifs d’exécution sont soit l’étiquette de collaborateurs avec tel ou tel protagoniste du conflit ou bien l’incapacité de rembourser les emprunts (15-25000 $) contractés auprès des trafiquants.
En bref, les migrants ayant fui la misère pour se construire un avenir meilleur sont désormais aussi exposés à la mort que les cas politiques. Dans ces circonstances les États européens qui procèdent (GB) aux retours forcés ou ceux qui envisageraient de le faire (la France), au-delà du fait qu’ils bafouent le droit d’asile, portent une responsabilité pénale directe pour chaque cas de migrant assassiné ou subissant des violences à son retour en Afghanistan.
Dans le chaos absolue qui caractérise l’Afghanistan d’aujourd’hui personne ne peut garantir la sécurité de qui que ce soit. Tout État ou Institution internationale prétendant le contraire aurait ainsi recours aux mensonges et le propos ne serait qu’une pure propagande destiné à servir ses intérêts.
Les pays de l’OTAN reconnaissent désormais leur échec total tant sur le plan sécuritaire que sur celui de la reconstruction mais ils refusent d’admettre que ces migrants sont le triste résultat d’une stratégie défaillante déployer au cours de ces huit dernières années. C’est à ce titre que nous avons une entière responsabilité envers ces migrants qui sont sur notre sol et à qui l’on doit une protection.
Il est toutefois intéressant de noter le contraste saisissant dans le traitement des réfugiés afghans entre la période de l’occupation soviétique et maintenant. Lorsque les russes menaient la guerre en Afghanistan, l’Occident accueillait les migrants afghans (300 à 400 000) à bras ouverts. Lorsque des afghans fuient la guerre et la violence alors que l’Otan est aux commandes des opérations militaires on leur rétorque qu’ils sont indésirables et que la situation sécuritaire est suffisamment bonne chez eux pour qu’ils y restent.
La destruction de la ‘jungle’ a été retransmise à Kaboul à 2 reprises et l’homme de la rue a retenu le caractère violent de l’intervention de l’État français. Les propos d’un chauffeur de taxi résumaient assez bien le ressenti local: 1) Kaboul= Calais, nous subissons le même traitement à savoir la misère et la violence ; 2) pour les migrants cherchant uniquement l’Eldorado les gros bonnets du trafic sont dans les plus hautes sphères de l’État afghan et les diplomates et généraux occidentaux les fréquentent quotidiennement. S’il veulent vraiment envoyer un message aux trafiquants ce n’est pas en s’en prenant aux victimes et aux second couteaux mais en neutralisant les chefs ; 3) que cesse la guerre et que l’on redonne un espoir de vie et de dignité dans ce pays et le problème de migration disparaîtra.
La complexité et l’ampleur croissante des flux migratoires Sud- Nord, qu’il soient au motif politique ou économique, nécessite une approche globale, humaine et responsable du problème. On ne traite pas l’un des défis du 21ème siècle par des actions brutales et purement médiatiques, contraire à nos valeurs républicaines et démocratiques, et en se barricadant derrière le Traité de Dublin.
Nous soutenons l’appel des 33 associations demandant l’arrêt des expulsions et souhaiterions évaluer avec les signataires la possibilité de lancer un appel au ministre de l’immigration pour une table ronde. Cette concertation aurait pour but de : 1) définir les modalités de protection pour les migrants se trouvant en France ; 2) d’identifier les actions à court terme que l’on peut mener dans les pays d’origine, pour les potentiels migrants ‘économiques’ : ex. campagne d’information dans les médias ; sensibilisation dans les écoles….
Amicalement,
Wahid Nawabi
PS – Pour ce qui des migrants afghans
Le pays est en guerre totale et larvée et Il n’y a en Afghanistan pas le moindre kilomètre carré sécurisé, y compris à Kaboul comme en nombreuses régions, comme celles de l’Est et du Sud, qui sont fortement marquées par la présence des talibans. Les expatriés ont interdiction de sortir en ville et vivent complètement ‘bunkérisés’
Message de Wahid Nawabi, Président de l’association « Ensemble Pour l’Afghanistan » Vos remarques et suggestions sont bienvenues.