Exposition dans les Galeries nationales du Grand Palais du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010.
Byzance, devenue Constantinople puis Istanbul, est depuis sa fondation un lieu de croisements et un point de rencontre des cultures. Sa situation géographique en fait un carrefour continental autant que maritime, comme le confirment les fouilles entreprises en 2004 lors du creusement du tunnel sous-marin du futur métro. Chronologique, l’exposition décrira les différentes phases de l’histoire de la Ville.
L’exposition rassemble environ trois cents objets des collections publiques turques, françaises et internationales. En Epilogue, une place privilégiée sera réservée au port de Théodose récemment découvert sur le site de Yenikapi, au centre d’Istanbul, future station du métro qui reliera les rives européenne et asiatique du Bosphore.
Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux et IKSV (Fondation d’Istanbul pour la culture et les arts) dans le cadre de la Saison de la Turquie en France (juillet 2009 – mars 2010). Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h. Fermeture le jeudi à 20h. Plein tarif : 12€ – Tarif réduit : 9€
Le président turc Abdullah Gül est arrivé mercredi après-midi à Paris pour une visite de trois jours, rendue délicate par les positions de son homologue Nicolas Sarkozy qui a fait de la France le chef de file des opposants à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.
Accueilli par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche, il rencontrera jeudi et vendredi notamment son homologue français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, la ministre de l’Economie Christine Lagarde et les milieux d’affaires. Il prononcera un discours jeudi devant l’UNESCO.
Avec le président français, il inaugurera vendredi « De Byzance à Istanbul: un port pour deux continents », une grande exposition au Grand Palais, manifestation phare de la « Saison de la Turquie en France » qui a débuté l’été dernier.
Abdullah Gül plaidera, sans surprise, pour la candidature turque à l’UE en réaffirmant que l’issue des négociations Turquie-UE entamées en 2005 doit rester ouverte. Les dirigeants français disent vouloir l’association « la plus étroite » entre Ankara et l’UE, sans aller jusqu’à l’adhésion. Sans toutefois préciser les contours de ce partenariat.
Cette opposition française suscite l’incompréhension des dirigeants turcs, issus du parti AKP, islamo-conservateur.
Dans une audition devant les députés français, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a souligné mercredi que « les relations quotidiennes sont meilleures que ce qu’on dit » entre les deux gouvernements.
Pourtant, selon Didier Billion de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), « depuis quatre ou cinq ans, une vraie dégradation est constatée, les ressorts sont cassés, les amabilités n’y changeront rien ».
L’expert parle de « schizophrénie » pour Paris qui organise de grandes manifestations culturelles en l’honneur de la Turquie et « ne cesse de lui envoyer des piques ». Dans un rapport en septembre, la « commission indépendante sur la Turquie » présidée par l’ex-président finlandais Martti Ahtisaari a reproché à Paris la rupture de ses engagements qui, selon elle, ralentit les réformes en Turquie.
Egemen Bagis, ministre turc des Affaires européennes, a prévenu du danger de radicalisation islamiste: « en écartant la Turquie, les pays de l’UE prendraient le risque de construire un mur de discrimination avec le monde islamique », a-t-il dit au journal français La Croix.
Selon le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, une grande majorité des Européens pensent comme la France sans le dire. Mais la France apprécie aussi le rôle régional modérateur de la Turquie, vis-à-vis de l’Iran, de la Syrie, ou dans le conflit israélo-palestinien.
Paris salue les progrès sur la question kurde, l’engagement turc en Afghanistan ainsi que la normalisation en cours avec l’Arménie. Le « génocide » arménien en 1916, reconnu en 2001 par le Parlement français, est un autre sujet brûlant entre Paris et Ankara.
Les dirigeants français se sont dits choqués en revanche par la résistance opposée au printemps par la Turquie à la nomination à la tête de l’Otan de l’ex-Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, au prétexte qu’il n’avait pas condamné la publication de caricatures de Mahomet dans son pays.
Les investissements économiques français en Turquie se ressentent déjà fortement des frictions entre les deux pays. « Depuis 2005, ça va de mal en pis, les firmes françaises voient des appels d’offre leur passer sous le nez », relève Didier Billion.
Gaz de France a été par exemple exclu du projet de gazoduc euro-turc Nabucco, alors que la sécurité de l’approvionnement énergétique est un des arguments clés des partisans de l’adhésion.
Trente associations de défense des migrants et des droits de l’Homme ont demandé, lundi dans un communiqué commun, aux autorités françaises et britanniques de renoncer à expulser des Afghans vers Kaboul, avançant qu’un « charter » serait prévu mardi.
« Un +charter+ franco-britannique serait prévu pour le 6 octobre à destination de Kaboul (…) Nous appelons instamment les autorités à renoncer à tout projet d’expulsion vers l’Afghanistan », écrivent ces associations dont la Cimade, seule présente dans les centres de rétention, la Ligue des droits de l’Hommes, RESF, Emmaüs-France, le Secours catholique et celles de Calais (C’SUR, Salam, Auberge des migrants).
« L’Afghanistan est un pays en guerre. Il est inacceptable d’y renvoyer ceux qui s’en sont enfuis à la recherche d’une protection en Europe », estiment-elles, rappelant que « les conditions humanitaires et de sécurité ne cessent de se dégrader » comme s’en inquiètent « les ONG et le secrétaire général des Nations unies » Ban Ki-moon.
Après le démantèlement de la « jungle », principal campement de migrants près de Calais le 22 septembre, « les opérations de +nettoyage+ se poursuivent et plus d’une cinquantaine d’Afghans ont été à nouveau placés en rétention la semaine dernière », dénoncent les associations.
Actuellement, 45 Afghans sont en rétention à Coquelles (Pas-de-Calais), Lille, Rouen, Nice, Paris-Vincennes, et Palaiseau (Essonne), selon la Cimade.
Début novembre 2008, le gouvernement français s’était associé aux Britanniques pour organiser une expulsion conjointe de ressortissants afghans, avant d’y renoncer sous la pression des associations. La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), saisie en urgence de plusieurs cas à cette époque, avait demandé à la France d’y surseoir.
Contacté par l’AFP, le ministère de l’Immigration n’avait en fin d’après-midi ni confirmé ni infirmé ce vol conjoint.
Radio France internationale va enregistrer un déficit compris entre 2 et 4 millions d’euros cette année, mais l’antenne aurait été à l’équilibre si le calendrier du plan social avait été respecté, a fait valoir Alain de Pouzilhac, président de RFI dans une interview aux Echos.
« RFI sera déficitaire dans une fourchette comprise entre 2 et 4 millions d’euros. Si le calendrier avait été tenu, le plan social aurait permis à RFI de renouer avec l’équilibre dès cette année », a-t-il indiqué.
La direction de RFI avait annoncé en janvier un plan social de 206 suppressions d’emplois sur un millier et la fermeture de six bureaux en langues étrangères (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien), arguant d’une trop faible audience.
Cette décision est à l’origine d’une grève parmi les salariés de la station qui a démarré le 12 mai, s’est interrompue le 10 juillet, avant de reprendre début septembre.
Le 28 septembre, la justice a invalidé ce plan, comme le lui demandait le comité d’entreprise (CE) de la radio et la direction a fait savoir qu’elle procèderait « rapidement » aux modifications demandées.
« Ce plan est nécessaire car, chez RFI, il y a une culture du déficit récurrente que nient les syndicats, en tout cas la majeure partie d’entre eux », a souligné M. Pouzilhac.
« RFI a perdu plus de 8 millions d’auditeurs en quatre ans, passant de 44 à 35,6 millions dans le monde. Nous voulons d’abord stabiliser la chute. C’est pour cela que nous avons réorganisé les langues et supprimé celles qui n’avaient pas d’audience, comme l’allemand », a-t-il expliqué.
A l’inverse, l’antenne doit lancer de nouvelles langues comme le swahili, « conquérir l’Afrique lusophone et anglophone ».
Le fort recul du taux des prélèvements obligatoires en 2009 en France est bien davantage dû à la chute des recettes fiscales provoquée par la crise économique qu’à des baisses d’impôts, selon un rapport publié lundi par le gouvernement.
D’après ce rapport, annexé au projet de budget 2010 et dont l’AFP a obtenu une copie, les prélèvements obligatoires (impôts, cotisations et taxes) représentaient 42,8% du produit intérieur brut (PIB) l’an dernier, un taux qui devrait chuter à 40,7% en 2009.
Les nouvelles mesures fiscales du gouvernement, prises pour la plupart dans le cadre du plan de relance, n’ont contribué qu’à hauteur de 0,8 point à cette baisse.
L' »évolution spontanée » des recettes, minées par la crise économique, expliquerait en effet les deux tiers de la baisse du taux de prélèvements obligatoires. Une décrue imputable pour près de la moitié au recul des recettes de l’impôt sur les sociétés (1 point de PIB), relève ce rapport présenté lundi au Parlement.
En 2009, les recettes de l’IS devraient atteindre seulement 19 milliards d’euros, contre 37,4 milliards prévus dans la dernière version de la loi de finances qui avait pourtant tenté d’ajuster les recettes à la baisse en raison de la crise.
En 2008, les recettes nettes de cet impôt dépassaient 49 milliards d’euros.
Pour 2010, le projet de budget présenté la semaine dernière table sur 33 milliards.
« Le repli de l’IS en 2009 reflète la dégradation de l’économie réelle, ainsi que le reflux » du secteur financier, touché notamment par la chute des marchés boursiers, explique le rapport.
A titre de comparaison, le recettes de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers passerait de plus de 59 milliards d’euros en 2008 à 54,7 milliards en 2010.
En 2010, le taux de prélèvements obligatoires devrait se stabiliser à 40,7% du PIB, malgré la fin des mesures de relance qui se traduira par une hausse de 0,6 point.
Mais cette hausse sera compensée quasi intégralement par la suppression de la taxe professionnelle, qui représente un allègement fiscal de 11,7 milliards pour les entreprises en 2010, année de transition, et de 4,3 milliards par an en régime de croisière.
Au total, les administrations publiques françaises (Etat, collectivités locales, sécurité sociale, etc….) devraient percevoir 800 milliards de prélèvements en 2010, dont plus de la moitié pour les administrations de sécurité sociale.