Le président turc Abdullah Gül en France, chez le chef de file des opposants à l’adhésion turque à l’UE

Le président turc Abdullah Gül est arrivé  mercredi après-midi à Paris pour une visite de trois jours, rendue délicate par les positions de son homologue Nicolas Sarkozy qui a fait de la France le chef de file des opposants à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Accueilli par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche, il rencontrera jeudi et vendredi notamment son homologue français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, la ministre de l’Economie Christine Lagarde et les milieux d’affaires. Il prononcera un discours jeudi devant l’UNESCO.

Avec le président français, il inaugurera vendredi « De Byzance à Istanbul: un port pour deux continents », une grande exposition au Grand Palais, manifestation phare de la « Saison de la Turquie en France » qui a débuté l’été dernier.

Abdullah Gül plaidera, sans surprise, pour la candidature turque à l’UE en réaffirmant que l’issue des négociations Turquie-UE entamées en 2005 doit rester ouverte.     Les dirigeants français disent vouloir l’association « la plus étroite » entre Ankara et l’UE, sans aller jusqu’à l’adhésion. Sans toutefois préciser les contours de ce partenariat.

Cette opposition française suscite l’incompréhension des dirigeants turcs, issus du parti AKP, islamo-conservateur.

Dans une audition devant les députés français, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a souligné mercredi que « les relations quotidiennes sont meilleures que ce qu’on dit » entre les deux gouvernements.

Pourtant, selon Didier Billion de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), « depuis quatre ou cinq ans, une vraie dégradation est constatée, les ressorts sont cassés, les amabilités n’y changeront rien ».

L’expert parle de « schizophrénie » pour Paris qui organise de grandes manifestations culturelles en l’honneur de la Turquie et « ne cesse de lui envoyer des piques ».      Dans un rapport en septembre, la « commission indépendante sur la Turquie » présidée par l’ex-président finlandais Martti Ahtisaari a reproché à Paris la rupture de ses engagements qui, selon elle, ralentit les réformes en Turquie.

Egemen Bagis, ministre turc des Affaires européennes, a prévenu du danger de radicalisation islamiste: « en écartant la Turquie, les pays de l’UE prendraient le risque de construire un mur de discrimination avec le monde islamique », a-t-il dit au journal français La Croix.

Selon le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, une grande majorité des Européens pensent comme la France sans le dire.     Mais la France apprécie aussi le rôle régional modérateur de la Turquie, vis-à-vis de l’Iran, de la Syrie, ou dans le conflit israélo-palestinien.

Paris salue les progrès sur la question kurde, l’engagement turc en Afghanistan ainsi que la normalisation en cours avec l’Arménie. Le « génocide » arménien en 1916, reconnu en 2001 par le Parlement français, est un autre sujet brûlant entre Paris et Ankara.

Les dirigeants français se sont dits choqués en revanche par la résistance opposée au printemps par la Turquie à la nomination à la tête de l’Otan de l’ex-Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, au prétexte qu’il n’avait pas condamné la publication de caricatures de Mahomet dans son pays.

Les investissements économiques français en Turquie se ressentent déjà fortement des frictions entre les deux pays. « Depuis 2005, ça va de mal en pis, les firmes françaises voient des appels d’offre leur passer sous le nez », relève Didier Billion.

Gaz de France a été par exemple exclu du projet de gazoduc euro-turc Nabucco, alors que la sécurité de l’approvionnement énergétique est un des arguments clés des partisans de l’adhésion.

RFI : « il y a une culture du déficit récurrente  » déclare le président Alain de Pouzilhac

Radio France internationale va enregistrer un déficit compris entre 2 et 4 millions d’euros cette année, mais l’antenne aurait été à l’équilibre si le calendrier du plan social avait été respecté, a fait valoir Alain de Pouzilhac, président de RFI dans une interview aux Echos.

« RFI sera déficitaire dans une fourchette comprise entre 2 et 4 millions d’euros. Si le calendrier avait été tenu, le plan social aurait permis à RFI de renouer avec l’équilibre dès cette année », a-t-il indiqué.

La direction de RFI avait annoncé en janvier un plan social de 206 suppressions d’emplois sur un millier et la fermeture de six bureaux en langues étrangères (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien), arguant d’une trop faible audience.

Cette décision est à l’origine d’une grève parmi les salariés de la station qui a démarré le 12 mai, s’est interrompue le 10 juillet, avant de reprendre début septembre.

Le 28 septembre, la justice a invalidé ce plan, comme le lui demandait le comité d’entreprise (CE) de la radio et la direction a fait savoir qu’elle procèderait « rapidement » aux modifications demandées.

« Ce plan est nécessaire car, chez RFI, il y a une culture du déficit récurrente que nient les syndicats, en tout cas la majeure partie d’entre eux », a souligné M. Pouzilhac.

« RFI a perdu plus de 8 millions d’auditeurs en quatre ans, passant de 44 à 35,6 millions dans le monde. Nous voulons d’abord stabiliser la chute. C’est pour cela que nous avons réorganisé les langues et supprimé celles qui n’avaient pas d’audience, comme l’allemand », a-t-il expliqué.

A l’inverse, l’antenne doit lancer de nouvelles langues comme le swahili, « conquérir l’Afrique lusophone et anglophone ».

Khaled Al Khamissi données sur la conscience de la rue égyptienne.

"Le génie et l'humour font partie de notre culture".  Photo :David Maugendre

Khaled Al Khamissi est l’auteur de Taxi, un premier roman qui tisse un portrait sans concession du système politique égyptien à partir de 58 discussions avec les chauffeurs de taxi du Caire.

D’où vous est venue l’idée de ce livre ?

« En 2005, j’ai vu que la rue du Caire bouillonnait. Face à l’échec total du système politique, la colère montait et les manifestations, les émeutes, les grèves dans les usines se multipliaient. Cela m’a donné l’envie d’écrire un livre qui évoque cette singularité égyptienne à partir de ce qu’on entend dans la rue.

Pourquoi les chauffeurs de taxi ?

Parce que la rue est vraiment représentative d’une société et les chauffeurs y passent leur vie et partagent les difficultés des gens qui y vivent. Selon les chiffres, 58% de la population égyptienne vit en dessous du seuil de pauvreté. Je pense qu’en réalité c’est beaucoup plus. Dans le livre, il y a 58 personnages qui s’adressent à un passager. Du point de vue de la forme, j’ai privilégié le dialogue à la narration. On saisit la personnalité, y compris le physique des chauffeurs, à travers leurs propos.

Etes-vous allé sur le terrain pour puiser votre matière littéraire ?

Non. C’est le fruit de toute ma vie. Si un jour, maintenant tout de suite, je vous enferme dans une cellule et que je vous demande d’écrire sur un objet, les montres par exemple, il y aura toute votre vie dans vos écrits.

Les gens qui parlent sont en mouvement et ils décrivent un système totalement figé…

C’est un théâtre mouvant qui ouvre sur un espace à la fois public et privé. Le taxi est un lieu d’échange par excellence entre deux personnes qui ne se connaissent pas et qui ne se reverront jamais. La stagnation du système produit une ébullition. Tout cela présentait un intérêt dramatique. Et un intérêt sur la forme littéraire qui vient de la prose arabe. Dans les mille et une nuits, ce sont des nuits, dans mon livre ce sont des chapitres.

Vos personnages balayent une réalité sociale, politique, économique. Cette conscience reflète-elle vraiment celle de l’homme de la rue ?

C’est toute l’idée du livre. La majorité de la population porte chaque jour ce type de regard vis-à-vis des problématiques auxquelles elle se confronte. Le peuple égyptien est un peuple millénaire. Cette culture est omniprésente dans notre terre, notre âme, notre cerveau. Et elle s’exprime d’autant plus que le peuple est contraint à des problématiques de dictature depuis 20 000 ans. Il y a une réelle sagesse du peuple égyptien.

Une sagesse et un sens de l’humour hors du commun…

Le génie et l’humour font partie de notre culture. Ils circulent à travers la tradition orale depuis fort longtemps. On trouve des blagues sur les murs des temples antiques, on trouve des caricatures sur des papyrus vieux de plusieurs millénaires. Et on retrouve tout cela dans les rue du Caire.

Vous pointez une graduation sur l’échelle des contraintes. Une différence par exemple entre Sadate et Moubarak, qui ne respecte plus les citoyens ?

Je pense que nous sommes réellement à la fin d’un cycle, l’odeur de la fin d’une période est là. Toutes les possibilités réelles de survie sont arrêtées. On ne peut plus aller dans les pays du golf pour trouver du travail, ni en Irak, ni en Europe, ni aux Etats-Unis et l’échec interne d’un modèle de développement économique différencié fait qu’il n’y a plus d’offres d’emploi. La situation est bloquée. Le peuple égyptien attend un grand projet. »

recueilli par Jean-Marie Dinh

Né au Caire, Khaled Al Khamissi est producteur, réalisateur et journaliste. Diplômé de sciences politiques de l’université du Caire et de relations internationales de l’université de Paris- Sorbonne, il a publié en 2007 ce premier livre, devenu rapidement un best-seller et aussitôt traduit en plusieurs langues européennes. Son deuxième opus, Safînat Nûh (L’Arche de Noé), paraîtra au Caire à la fin de 2009.

Taxi, éditions Actes-sud 18,8 euros.

Taxi, éditions Actes-sud 18,8 euros.

Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Egypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak – qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est, en effet : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l’administration, l’omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système politique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage…

Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et un admirable sens de la mise en scène, ces échanges librement reconstitués par l’auteur, sinon entièrement inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l’enquête de terrain. S’ils font connaître les griefs des “gens d’en bas”, ils laissent aussi entrevoir les raisons pour lesquelles le pouvoir en place tient bon malgré sa décrépitude et son impopularité.

C’est sans doute cette combinaison inédite de lucidité politique, de tendresse pour les plus faibles et d’humour qui explique la diffusion de Taxi, dans sa version originale, à plus de cent mille exemplaires.

Voir aussi : Rubrique cinema  Egypte foisonnante

Morin: Paris maintient ses bases militaires permanentes à Libreville et Dakar

Le ministre français de la Défense Hervé Morin a annoncé que la France allait maintenir ses deux bases militaires permanentes de Libreville et Dakar, sur la façade atlantique de l’Afrique.

« L’idée est que nous maintenions Libreville et Dakar », a déclaré M. Morin devant la presse, indiquant que « dans l’état actuel des choses, nos forces restent au Gabon ».
Selon le Livre blanc sur la Défense, signé du président Nicolas Sarkozy et publié au printemps 2008, la France devait réduire les implantations permanentes françaises en Afrique à « deux pôles (…), un pour chaque façade, atlantique et orientale ».

Un choix devait ainsi être opéré entre les bases de Libreville et Dakar. « J’ai toujours indiqué qu’il y aurait une (base permanente) sur l’océan Indien et une sur la façade atlantique avec un cas particulier qui serait le Gabon », a cependant assuré M. Morin mercredi.

« On avait toujours dit qu’on maintiendrait Libreville », a-t-il insisté. « Dans l’état actuel des choses, il est prévu que les forces (françaises) présentes au Gabon y restent », a poursuivi le ministre de la Défense.

Toutefois, a-t-il noté, « si le président de la République (Nicolas Sarkozy) dans un, deux ou trois ans estimait que ce n’était plus nécessaire de les maintenir et que les discussions avec les autorités politiques gabonaises faisaient qu’on peut les retirer, on verra bien… ».

La France compte un millier de militaires déployés au sein des Forces françaises au Gabon (FFG), pour la plupart à Libreville, en vertu d’accords de défense conclus le jour même de la proclamation d’indépendance de l’ancienne colonie française, le 17 août 1960.

Quelques dizaines d’entre eux avaient été déployés début septembre à Port-Gentil pour protéger le consulat de France incendié lors d’émeutes après l’élection controversée du nouveau président gabonais Ali Bongo.

Au Sénégal, les Forces françaises du Cap-Vert (FFCV) comptent quelque 1.200 militaires présents au titre d’accords de défense datant de mars 1974. Dakar et Libreville figurent parmi les quatre bases militaires françaises permanentes en Afrique, avec Djibouti et La Réunion.

Voir aussiSarkozy et la Françafrique

Elections legislatives en Allemagne

angela-merkelLes  Allemands ont élu dimanche un nouveau Bundestag [Parlement allemand]. Les chrétiens-démocrates (CDU) de la chancelière Angela Merkel, avec 33,8 pour cent des voix, ont été confirmés de nouveau en tant que première force politique du pays. Ils formeront vraisemblablement une coalition dite noir-jaune avec les libéraux du FDP, qui ont obtenu 14,6 pour cent des voix. Les sociaux-démocrates, qui gouvernaient jusque-là avec la CDU au sein d’une grande coalition, n’ont réuni que 23 pour cent des suffrages et feront désormais partie de l’opposition.

Spiegel Online – Allemagne

Le portail d’information Spiegel Online estime que le parti libéral FDP est le véritable vainqueur des élections législatives allemandes : « Selon toutes les prévisions, Angela Merkel a sauvé son poste de chancelière – mais le prix que l’Union [CDU/CSU] doit payer pour cela est élevé. Le résultat de cette dernière est inférieur à celui de 2005. Le fait qu’une coalition noir-jaune soit désormais possible, Angela Merkel le doit à un FDP qui a été plébiscité par les électeurs d’une façon que les instituts de sondages estimaient quasiment impossible il y a peu de temps encore. La structure interne de cette alliance menée par Merkel divergera fondamentalement des coalitions noir-jaunes du passé. Dans les gouvernements de Helmut Kohl, il a toujours été clairement établi qui était le chef et qui était le serveur, car l’Union avait obtenu quatre à cinq fois plus de mandats que son junior partenaire libéral. Cela vient de changer – peut-être irrémédiablement. … L’initiative du futur gouvernement appartient désormais à Guido Westerwelle [le chef du FDP]. » (27.09.2009)

» article intégral (lien externe, allemand)

De Tijd – Belgique

Le journal économique De Tijd considère que le résultat des élections législatives allemandes n’est pas très surprenant : « Ces élections allemandes sont tout à fait conformes aux règles des élections dans d’autres pays. La première règle, c’est que les partis du gouvernement en place sont sanctionnés par les électeurs. … La deuxième, c’est que les sociaux-démocrates ont dû payer cher. … On constate à gauche que [le parti] plus progressif Die Linke ressort renforcé des élections et que les défenseurs de l’environnement se trouvent à la quatrième place. Il faut encore attendre de voir si les trois partis de gauche s’uniront dans l’opposition. Pour [la chancelière fédérale Angela] Merkel, l’issue des élections apporte beaucoup de bonnes nouvelles. Elle dispose du partenaire de coalition qu’elle souhaitait et peut ainsi mieux s’affirmer. Mais cela ne signifie pas que les quatre prochaines années seront faciles pour elle. Cela ne doit pourtant pas être un problème. Merkel est connue pour parvenir à fixer des objectifs précis et à les atteindre, et ce même dans des circonstances difficiles. » (28.09.2009)

» article intégral (lien externe, néerlandais)

Delo – Slovénie

D’après le quotidien Delo, la chancelière allemande Angela Merkel du parti chrétien-démocrate a atteint son objectif, malgré le mauvais résultat de son parti : « Lors de la plus grave crise économique de la période après-guerre, c’est une politique délaissant l’ingérence de l’Etat dans l’économie de marché qui a été légitimée. Au vu de la répartition des forces politiques, la situation de la chancelière pragmatique Merkel est très confortable. En plus du Bundestag [le Parlement], la coalition noir-jaune domine également le Bundesrat [la chambre haute]. … Mais pour la chancelière, … la situation est tout sauf simple. Lorsque le nouveau gouvernement sera formé, il sera confronté à la pression exercée par ces mêmes groupes qui, au moment de la coalition noir-rouge [entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates], s’étaient montrés relativement bien disposés envers le gouvernement car celui-ci avait laissé de côté sa politique tournée vers l’économie. En outre, les libéraux, en tant que représentants politiques des cercles économiques, feront pression pour que leurs promesses soient tenues : moins d’impôts et une diminution des dépenses publiques. » (28.09.2009)

» article intégral (lien externe, slovène)

Dnevnik – Bulgarie

Le quotidien Dnevnik compare les élections de cette année en Bulgarie et en Allemagne et y voit des similitudes : « En Allemagne comme en Bulgarie, les électeurs s’attendent manifestement à ce que le gouvernement de centre-droite puisse sortir plus habilement le navire de l’Etat hors de l’océan agité de la crise. Les valeurs éternelles de la gauche telles que la solidarité et la justice remportent certes un fort crédit en ces temps incertains. Malgré tout, les Allemands ne soutiendraient pas une majorité des trois partis de gauche qui existent désormais dans le pays. » (28.09.2009)

Que vont devenir les sociaux démocrates ?

Après leur lourde défaite aux élections législatives, les sociaux-démocrates allemands figureront dans l’opposition avec 23 pour cent des voix. Le SPD faisait jusque-là partie de l’alliance gouvernementale de la grande coalition avec les chrétiens-démocrates. La presse européenne discute de l’avenir des sociaux-démocrates malmenés et de leurs relations avec le parti de gauche Die Linke.

Népszabadság – Hongrie

Le quotidien progressiste de gauche Népszabadság commente l’amère défaite du SPD aux élections législatives en Allemagne : « Après onze ans au gouvernement, les sociaux-démocrates allemands sont au plus bas. Leur maigre résultat aux élections (23 %) signifie également que la différence avec les Verts et le parti de gauche rouge vif Die Linke a fortement diminué. Il n’y a pas si longtemps, en 1998, le SPD, en tant que force dominante de la gauche, pouvait encore rassembler 41 pour cent des suffrages. … Nous avons déjà pu observer dans d’autres pays d’Europe ce qui est arrivé au SPD. Le temps où les faibles sur le plan social étaient représentés par un grand parti populaire est révolu. En plus de cela, le SPD s’est vu confronté deux fois en peu de temps à une concurrence de gauche. Ils ont d’abord perdu une partie de leur électorat au profit des Verts, puis ensuite du parti de gauche Die Linke. Jusqu’ici, le SPD n’a pas pu trouver de réponse à l’ère de la mondialisation et ne parvient pas à s’entendre avec les autres partis de gauche. Il semble qu’il se trouve actuellement dans une voie sans issue. » (29.09.2009)

De Volkskrant – Pays-Bas

Après sa défaite aux élections législatives, le SPD doit suivre un nouveau cap, estime le quotidien progressiste de gauche De Volkskrant : « Comme en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, la social-démocratie subit une forte pression en Allemagne. L’électeur allemand considère [la chancelière chrétienne-démocrate Angela] Merkel … comme une gestionnaire de crise plus fiable que le social-démocrate [et candidat malheureux à la chancellerie] Frank-Walter Steinmeier. Cela contraint le SPD à regagner sa confiance en soi et sa force d’attraction dans l’opposition. Il doit pour cela tenir compte du fait qu’il a perdu la plupart de ses électeurs au profit des autres partis concurrents de gauche. Ainsi, il semble évident que le SPD essayera de récupérer ses partisans en affichant un profil ‘plus à gauche’. Cela implique, selon les différents avis, un rapprochement avec le parti Die Linke, jusque là considéré comme paria par le SPD. Le rassemblement de centre-gauche ne peut être une alternative à celui de centre-droite que s’il dépasse ses divisions internes. Une grande coalition n’apporte rien au SPD. » (29.09.2009)

Lidové noviny – République tchèque

« Alors que les sociaux-démocrates ont dû subir la pire défaite de l’histoire d’après-guerre lors des élections législatives, le parti Die Linke jubile », constate le quotidien conservateur Lidové Noviny. « Die Linke, une alliance entre des déviationnistes issus de la social-démocratie et d’anciens communistes de l’Allemagne de l’Est, a obtenu plus de voix qu’elle n’en a jamais eu. Avec douze pour cent, elle s’est placée parmi les principaux partis allemands, et même devant les Verts, ceux-ci ayant néanmoins célébré également leurs dix pour cent. … Le parti n’est pas loin d’atteindre son objectif visant à devenir un parti populaire, du moins en Allemagne de l’Est. Il est possible que lors des prochaines élections, l’ancienne RDA devienne aussi unicolore que la Bavière, qui est traditionnellement dominée depuis la fin de la guerre par les chrétiens-sociaux. … Et le prochain objectif du parti Die Linke ? Un plus grand nombre de coalitions gouvernementales avec les sociaux-démocrates dans les lands, déclare Lafontaine. Ce qui n’est qu’un préambule à une alliance rouge-rouge au sein de la République fédérale. Peut-être même dès les prochaines élections. » (29.09.2009)

La Repubblica – Italie

Face à la défaite électorale des sociaux-démocrates allemands et à la position difficile du Labour britannique, Anthony Giddens distingue dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica deux raisons au déclin d’une politique de centre-gauche en Europe : « La première, c’est que la crise a amplifié les divisions au sein de la gauche en augmentant le radicalisme de ceux qui ont rejeté … le réformisme. Dans de nombreux pays, la séparation entre gauche réformiste et gauche radicale s’est aggravée en raison de la crise économique. … L’Europe se trouve [en outre] confrontée aujourd’hui à de nouveaux problèmes qui la préoccupent : immigration, criminalité, quête d’une identité nationale face à la mondialisation. … Le camp de centre-gauche a besoin de deux choses aujourd’hui : l’élaboration d’une nouvelle pensée politique nécessaire pour traiter les nouveaux problèmes que présente un monde radicalement transformé, et la capacité à réunir toutes ses forces en mettant fin à la séparation entre modérés et radicaux [dans ses propres rangs]. » (29.09.2009)

Voir aussi : La chute du mur a 20 ans