Plein feu sur le Languedoc-Roussillon à Cannes

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Il est question de la Réforme dans Michael Kohlhass, d’Arnaud des Pallières tourné en Cévennes. Photo DR

Les films tournés en Languedoc-Roussillon génèrent de nombreuses retombées économiques et mettent en valeur le territoire, ce qui fait l’objet de quelques tractations…

Cinq films tournés en Languedoc-Roussillon seront présentés dans les différentes compétitions et sélections du festival de Cannes qui s’ouvre demain. « C’est exceptionnel. Nous vivons un peu ces sélections comme une consécration. Cela montre la dimension qualitative et la diversité de notre travail. Nous le vivons comme un encouragement », se réjouit Marin Rosenstiehl de l’équipe Languedoc-Roussillon Cinéma.

Au sein de la commission du film, Marin oeuvre toute l’année pour faciliter et faire connaître les tournages dans la région. Grâce à cette politique de soutien à la production audiovisuelle, 553 jours de tournage ont eu lieu ici en 2012.

Les cinq films sélectionnés* au grand rendez-vous du cinéma mondial arrivent à point nommé pour démontrer que l’objectif n’est pas seulement quantitatif. L’équipe de Languedoc-Roussillon cinéma se rend chaque année à Cannes pour faire son marché. ?« Le festival est une grand-messe incontournable pour donner de la visibilité à notre potentiel régional. Il y est plus facile de rencontrer les professionnels qu’à Paris. On est assuré d’y trouver les producteurs, les réalisateurs et les journalistes spécialisés. Sur place, on enchaîne sept à huit rendez-vous par jour et généralement on va à l’essentiel », explique Marin.

L’essentiel est de mettre en valeur les atouts de la région comme l’ensoleillement, la variété des décors et des lieux de tournage, ou le travail de valorisation de communication auprès des diffuseurs et autour des films après leur sortie. Il faut aussi tenter de venir à bout des handicaps qui résident surtout dans les coûts. ?« Tourner à 800 km de Paris coûte cher en frais de déplacements. C’est un facteur déterminant pour les producteurs. Nous disposons d’un fonds aide à la production de 1,3 M d’euros à répartir sur une quarantaine de projets. L’autre solution c’est l’association de deux régions comme dans le cas du dernier film de Christophe Honoré qui à lieu en L-R et en PACA

Avec cinq films à l’affiche du Festival, l’édition 2013 du Festival de Cannes s’annonce plutôt comme un bon cru pour l’équipe Languedoc-Roussillon Cinéma qui rêve de faire des petits un peu partout sur le territoire.

JMDH

*Michael Kohlhass, long métrage d’Arnaud des Pallières, (en compétition officielle), long métrage de Suzanne de Katell Quillévéré, (en ouverture de la semaine de la critique), Un voyageur de Marcel Ophüls et Le Guepa sur la vilni de Yann Le Quellec, (à la quinzaine des réalisateurs), et Ô heureux jours ! documentaire de Dominique Cabrera (programmé par l’Acid).

Voir aussi : Rubrique Cinéma

Au Pakistan, la démocratie plus forte que les menaces

Malgré les menaces des talibans, 60 % des 86 millions d’électeurs pakistanais se sont rendus aux urnes samedi pour élire leurs députés. Nawaz Sharif, ancien premier ministre  à la tête de la Ligue musulmane du Pakistan, a revendiqué la victoire.

Elections au Pakistan. AFP

Samedi, à Islamabad, des femmes attendaient pour voter. Les observateurs ont fait état d’une élection « majoritairement pacifique », malgré les cinq attentats qui ont fait 21 morts à travers le pays.

Les talibans avaient prévenu. Quiconque participerait au processus démocratique pourrait y laisser sa vie. Pourtant, dans tout le pays, des files d’attente se formaient samedi devant les bureaux de vote. Les Pakistanais étaient appelés à choisir les 342 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale et ceux des quatre assemblées provinciales. Ils éliront ensuite le premier ministre.

Pour la première fois depuis l’indépendance du Pakistan en 1947, la transition se fait par les urnes et au terme d’un mandat complet de cinq ans. Près de 60 % des 86 millions d’électeurs enregistrés ont pris part à ce scrutin historique, contre 44 % en 2008. Une participation « énorme » selon la commission électorale.

La bombe qui a explosé plus tôt ne semble pas les avoir découragés

À Peshawar, les prospectus menaçants distribués avant les élections par les talibans n’ont pas dissuadé les habitants. Nichée dans la province conservatrice du Khyber Pakhtunkhwa (KP), la ville est souvent touchée par les violences des terroristes logés dans les zones tribales frontalières de l’Afghanistan. « Mais peu de personnes ont vraiment peur des menaces ici », estime Ijaz Khan, officier de police chargé de la sécurité d’un bureau de vote.

De fait, le préau du lycée transformé pour l’occasion ne désemplit pas?; l’un des nombreux hommes présents est en fauteuil roulant. « Il est la preuve que les Pakistanais croient en la démocratie malgré les obstacles?! », plaisante un jeune de 24 ans venu apporter sa voix à Imran Khan, ancien joueur de cricket reconverti dans la politique. À quelques pas de l’urne, Mohammad attend son tour. « Nous voulons une révolution?! », s’emballe-t-il. « Je vote pour que nous ayons tous les mêmes droits. » La bombe qui a explosé plus tôt dans la matinée près d’un bureau de vote ne semble pas les avoir découragés.

Quelques kilomètres plus loin, dans une rue à l’abri des regards, femmes et enfants sont réunis dans une cour d’école. Trois pièces sommairement transformées, quatre officiers de police et près de 1 500 femmes déjà venues voter à la mi-journée. « Je ne pensais pas qu’elles seraient aussi nombreuses à venir », se ravit Naheeda Wasim, responsable du bureau de vote. « La plupart d’entre elles ne savent pas comment ça marche », reconnaît-elle.

Partout, l’affluence était telle que les bureaux de vote ont dû rester ouverts une heure de plus que prévu.

« C’est la première fois que je vote, explique une femme de 60 ans qui en paraît vingt de plus. Je le fais pour la prospérité du pays. J’espère que quelqu’un viendra et nous aidera », explique-t-elle. Dans d’autres circonscriptions du KP, certaines femmes ont toutefois été empêchées d’aller voter selon la Fafen, un organisme indépendant chargé de surveiller la campagne et le scrutin. Les observateurs ont fait état d’une élection « majoritairement pacifique », même si cinq attentats ont eu lieu dans la journée dans plusieurs endroits du pays faisant 21 morts.

Partout, l’affluence était telle que les bureaux de vote ont dû rester ouverts une heure de plus que prévu. Dès la tombée de la nuit, les slogans de victoire de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) et du Mouvement pour la justice (PTI) résonnaient dans la capitale. Selon des résultats partiels, le PML-N mené par Nawaz Sharif raflerait près de 120 sièges à l’Assemblée. S’il n’obtient pas de majorité, l’ancien premier ministre de centre droit, déchu du pouvoir en 1999 après le coup d’État de Pervez Moucharraf, devra former une coalition.

Le PTI, dont le leader Imran Khan avait beaucoup misé sur les nombreux jeunes primo-votants, a réussi son coup. Il emporte près de 35 sièges, alors qu’il n’en avait qu’un lors des élections de 2002. En revanche, la défaite est cuisante pour le Parti du peuple pakistanais, à la tête de la coalition sortante. Le parti de l’ancien président Ali Asaf Zardari semble avoir payé les frais de son mauvais bilan économique et siégera probablement sur les bancs de l’opposition.

Source La Croix le 12/05/13

 

Pakistan : Victoire de la droite libérale aux législatives

Nawaz Sharif brigue un troisième mandat de Premier ministre.

La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) est sortie victorieuse des élections législatives de samedi. Son leader, le magnat de l’acier Nawaz Sharif, brigue un troisième mandat de Premier ministre. Le scrutin a été marqué par une participation atteignant 60 %, un record depuis les législatives de 1977, et ce malgré les menaces des talibans. Le Mouvement des talibans du Pakistan s’était opposé aux élections, les jugeant « non islamiques ». Résultat : une série d’attentats dans plusieurs villes du pays, faisant 26 morts et plusieurs dizaines de blessés. Nawaz Sharif, qui avait prôné le dialogue avec les talibans lors de la campagne, soutient maintenant les États-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme ». Le double jeu du Pakistan continue…
Source : Politis 16/05/13

 

Voir aussi : Rubrique Pakistan,

La BCE abaisse son principal taux directeur à 0,5 %, plus bas historique

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. | Reuters/Kai Pfaffenbach

La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé son principal taux directeur, dit le « refi », à 0,5 %, atteignant ainsi un nouveau plus bas historique. Ce taux est celui avec lequel les banques se refinancent. Le président de l’institution, Mario Draghi , a assuré que cette décision avait fait l’objet d’un « fort consensus » au sein du conseil des gouverneurs, mais n’avait pas été prise à l’unanimité.

M. Draghi a ajouté que la BCE restait « prête à agir » et poursuivrait sa politique accommodante « aussi longtemps que nécessaire ». Dans cette optique, les opérations de refinancement des banques, avec prêts à taux fixes et montants illimités sur une semaine, vont continuer « aussi longtemps que nécessaire » et au moins jusqu’à juillet 2014. La même opération sur une durée de trois mois se poursuivra, elle, jusqu’à la fin du deuxième trimestre 2014, à taux fixe et pour des montants illimités.

Le patron de la BCE s’est également positionné dans le débat entre austérité et relance, qui fait rage entre les pays de l’UE. « Le message de la BCE est : ne détricotez pas les progrès que vous avez faits. Il n’y a pas de doute, des progrès significatifs ont été faits », a-t-il dit en référence au redressement des finances publiques, qui se traduit, selon lui, par une contraction de l’économie « à court et à moyen terme ». « Ce qu’il faut faire c’est prendre des mesures qui adoucissent cette contraction », a recommandé M. Draghi, c’est-à-dire « consolider en réduisant les dépenses, pas en augmentant les impôts « .

Lire notre décryptage : Concilier austérité et croissance : le difficile équilibre européen

MARASME ÉCONOMIQUE

Cette décision, annoncée jeudi 2 mai par l’institution monétaire européenne, était attendue dans un contexte de marasme économique persistant en zone euro. Le chômage a ainsi atteint un nouveau record en mars, touchant 12,1 % de la population active de la zone euro , avec des pics extrêmement hauts en Espagne (26,7 %) ou en Grèce (27,2 %). L’inflation, elle, a atteint 1,2 % en avril alors que la BCE visait un niveau proche mais légèrement inférieur à 2 %.

Ce nouvel assouplissement monétaire amène désormais le taux européen non loin du niveau quasi nul du taux de la Réserve fédérale américaine depuis 2008. La dernière baisse remonte à juillet, avec un taux porté à 0,75 %.

« PRÊTE À AGIR »

Début avril, M. Draghi, avait déjà assuré que l’institution était « prête à agir » par des instruments conventionnels ou non pour combattre la faiblesse économique persistante en Europe . De nombreux responsables de la BCE avaient également laissé entendre ces derniers mois ne pas pouvoir envisager de le baisser davantage, ce qui l’aurait conduit en terrain négatif.

Le taux des dépôts au jour le jour, auquel les banques privées peuvent placer de l’argent pour vingt-quatre heures auprès de la BCE, a été maintenu à 0,5 %. Quant au taux de prêt marginal au jour le jour, auquel les banques peuvent emprunter pour la même durée, il a été abaissé à 1 %.

Source : Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 02.05.2013

Voir aussi : Rubrique Finance, La règle d’or ou les rois de l’esbroufe, Reprendre le pouvoir à la finance, Contes publics : La crise des ânes,Les dirigeants de gauche valets des conservateurs,rubrique UE, sous pression, L’europe répond au marché, crise de la zone euro mode d’emploi , rubrique Actualité International,

Rubrique Livre Kerviel dénonce sa banque , Susan Georges de l’évaporation à la régulation, Aux éditions la Découverte La monnaie et ses mécanismes, Les taux de change,

Hannah Arendt : De la banalité du mal

 

Actuellement sur les écrans, le film de Margarethe von Trotta Hannah Arendt ne retrace pas la vie de la philosophe allemande. Pour se borner à l’essentiel et le rendre accessible, il ne s’attarde pas non plus sur l’élucidation des concepts de pouvoir et la théorie politique d’envergure qu’elle a posé face à l’émergence du totalitarisme. L’action se situe au début des anneés 60, au moment où Arendt se rend à Jérusalem assister au procès hyper médiatisé d’Eichmann pour le compte du New Yorker. Les extraits des enregistrements au tribunal exercent toujours un pouvoir de fascina- tion, d’autant plus que soixante ans plus tard les mécanismes qu’elle décrivait comme le refus de penser par soi-même sont, dans un autre contexte, plus que jamais d’actualité.

Face à l’idéologie sioniste et au choc émotionnel suscité par ce procés, la philosophe met le doigt sur le déni d’intelligence qui s’impose de manière plus ou moins calculé à tous. Pour développer sa pensée, Arendt s’en tient à la raison. Un des mérites du film est de montrer la grande humanité qui l’habitait par ailleurs.

Le scandale provoqué par ses articles où elle affirme le concept de « banalité du mal »* allant jusqu’à souligner que nombre des dirigeants de la communautés juives ont, pour de complexes raisons, participé au processus d’extermination, est largement abordé. Il est bien sûr question de la violente controverse que ses propos ont provoqué au sein de cette communauté juive qui l’a accusée d’antisémitisme.

On peut voir dans le rapport à l’histoire qui nous est proposé dans le film un moyen d’apaiser les mémoires blessées et une bonne manière de vaincre l’oubli en se prémunissant des excès mémoriels. Mais le fond de sa pensée était de décrire un système monstrueux et de ne pas considérer l’homme comme un monstre. Pour la philosophe, comme pour son maître à penser Heidegger, dont elle condamne les erreurs politiques, l’homme est un homme. Hannah Arendt recherche les fondements et dévoile des impensés en se confrontant aux problèmes existant.

Jean-Marie Dinh

* Eichmann à Jérusalem, Folio histoire, éditions Gallimard.

Source : La Marseillaise L’Hérault du Jour, 28/04/13

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Interdite de séjour dans l’espace Schengen. Aminata Traoré parle de la déconvenue

Ceux qui voyaient dans la présidence d’Hollande la fin de la Françafrique ou une politique africaine de la France plus équitable, peuvent enfin se faire à la cruelle évidence de la realpolitik. Aminata Traoré, la militante altermondialiste malienne, n’a pas eu son visa Schengen, sur instruction de la France à tous les pays de l’espace Schengen.
Aminata Traoré paierait-elle cash sa prise de position audacieuse, contre l’intervention française au Mali, qui selon elle cacherait à peine de gros intérêts miniers et géostratégiques au Mali et dans la sous région ?
La France n’a pas d’amis elle n’a que des intérêts disait le Général De Gaule, et les intérêts eux, s’accommodent très mal de toutes voix discordantes.
L’ancienne ministre de la culture malienne et porte-flambleau du « Non à l’intervention militaire étrangère au Mali » livre à cameroonvoice son sentiment après cette déconvenue

Cameroonvoice : Nous avons appris avec stupéfaction que les autorités françaises ont refusé de vous accorder un visa d’entrée en France pour participer à une réunion publique le 22 avril dernier. Pouvez vous nous confirmer cette information?

Aminata Traoré : En fait, j’ai été invitée par Die Linke, un parti de gauche allemand, et des militants français. Je devais faire un tour à Berlin et par la suite donner une conférence à Paris et Lille. J’avais un visa de circulation de 4 ans de l’espace Schengen qui a expiré au mois de Février.

Quand je me suis rendue à l’ambassade d’Allemagne pour solliciter un droit d’entrée dans l’espace Schengen, ils m’ont accordé un visa de trois jours uniquement pour leur pays en me notifiant que la France a donné des instructions pour qu’aucun pays de l’espace Schengen ne m’accorde de visa.

Il y avait donc une interdiction de circulation dans l’espace Schengen vous concernant, dont vous ignoriez totalement l’existence?

Non non, on ne me l’avait pas notifié avant, c’est à la faveur de ce voyage que je l’ai su. J’ai été autorisée à aller en Allemagne et à revenir au Mali directement sans fouler le sol de l’espace Schengen mis à part l’ Allemagne. Je ne sais pas si c’était une exception allemande, ou si les autres pays de l’espace Schengen pourront m’accorder la même « faveur ».

Ma liberté de circuler est maintenant restreinte. Les consulats européens échangent entre-eux, des listes de personæ-non-grata, et les dispositions changent selon la gravité du délit entre guillemets. En ce qui me concerne, je ne sais pas ce que l’on me reproche. Dans mon cas, j’ai eu la chance d’avoir cette ouverture de la part de l’Allemagne, mon compatriote Oumar Mariko( Secrétaire général du SADI, Ndlr), lui il n’a pas pu voyager du tout.

Vos prises de position contre l’intervention militaire des forces étrangères au Mali et notamment celle de la France ne seraient pas la cause de cette interdiction?

Certainement, sinon je ne comprends pas pourquoi, la France et surtout les membres de ce gouvernement de gauche, qui m’ont reçu et qui me connaissent parfaitement le feraient. En principe, nous partageons les même idées.

Sauf que, la France considère son intervention au Mali comme une réussite politique et militaire, c’est le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui l’a dit et ce success story de leur point de vue exige certainement un verrouillage, qu’il n’ y ait pas de critiques, puisque l’unanimité leur réussit si bien! Vous vous souvenez bien que toutes les résolutions concernant cette guerre ont été adoptées à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations Unies, et avant-hier ( mardi 23 avril Ndlr) ils viennent aussi de voter à l’ unanimité à l’ Assemblée nationale et au Sénat français pour la prolongation de l’Opération Serval au Mali.

Le pouvoir politique a changé de main en France voilà bientôt un an et on peut constater pour le déplorer avec cette opération que la politique africaine de la France, demeure toujours la même.

Elle demeure inchangée et il ne nous le cache pas. Le Général De Gaulle l’a dit : « la France n’a pas d’amis mais des intérêts ». Peut-être c’est nous qui nous faisons des illusions, François Hollande l’a d’ailleurs répété récemment en parlant dossier Centrafricain quand François Bozizé l’appelait à l’aide. Il lui a fait savoir que la France défendait ses intérêts et ses ressortissants.

Nous l’apprenons peut-être à nos dépens, parce qu’on se disait aussi que les temps ont changé et puisqu’ils sont confrontés aux mêmes difficultés que nous, liées au même environnement économique international, avec les questions d’aide, de chômage de pauvreté etc. Mais à la lumière de ce qui se passe, il y a une grille de lecture qui s’applique à l’Afrique, on est considéré comme des pays en faillite, pas de d’états, pas d’ armées, ils peuvent faire la pluie et le beau temps et ne tolèrent pas de voix discordantes.

Ils ne tolèrent pas de voix discordantes, pourtant ils se clament chantre de la liberté de la d’expression. Peut-on interpréter cette interdiction de territoire comme une entrave à la liberté d’expression, puisque vous avez un point de vue discordant?

Oui! Pourtant moi je n’ ai pas changé, tout ceux qui me suivent depuis savent que j’ai pas changé de discours ceux sont les mêmes idées que je véhicule. Je ne m’attaque à personne, je condamne tout simplement un système économique mondial cynique et la guerre fait parti de ce système.

Aujourd’hui la militarisation pour le contrôle des ressources de l’Afrique fait parti de l’agenda. C’est ce que j’ai dit et c’est ce qu’ eux mêmes ils reconnaissent!!! Alors moi malienne, pourquoi je n’ai pas le droit de poser ce regard sur les réalités de mon pays en guerre!!!

Comment envisagez-vous l’avenir du Mali et de la sous-région suite à cette intervention militaire française appuyée par des troupes africaines?

Je pense que les troupes africaines sont mises à contribution, et comme je l’ai déjà dit dans mon manifeste ce n’est pas notre guerre, nous sommes entrés dans une phase de la globalisation qui implique la diplomatie économico-offensive et la militarisarisation.

Mais seulement, Al Qaida est une réalité et en même temps une aubaine, elle permet aux dirigeants Africains qui ont mal géré de dire maintenant que la priorité c’est la lutte contre le terrorisme et aux puissance étrangères de dire faisons cause commune luttons d’abord contre le terrorisme.

Et moi je dis que le véritable terrorisme c’est la misère, c’est les injustices, parce que je sais qu ’une bonne partie des combattants des djihadistes sont avant tout, des jeunes désespérés sans boulot, ils n’ont pas de visas et se font recruter à la fois par les narcotrafiquants et les djihadistes. C’est cette réalité qu’il nous faut regarder maintenant de près.

Quelles leçons devrons nous tirer de la situation au Mali et de ce qui vous arrive à vous?

Je souhaite que les Maliens et les Africains s’ouvrent grandement les yeux et les oreilles et se disent qu’en réalité, il n’y a pas un cas malien. Ce qui se passe aujourd’hui au Mali est l’illustration d’une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent, notamment les ressources énergétiques, sans lesquelles la sortie de crise, la croissance et la compétitivité ne sont pas envisageables par l’Occident.

Au lieu de jouer cartes sur table et changer les règles du jeu on préfère, nous écrire un autre histoire, nous humilier, nous culpabiliser. Avec tout ce qui se passe je considère que le Mali est humilié, il y a donc aucune raison d’en ajouter en gardant le silence et c’est ce que tout le monde fait, et les occidentaux le savent pertinemment.

Raison pour laquelle, je me réjouis aujourd’hui de ce soutien international parce qu’il y a énormément de gens qui ne comprennent pas, quelque soit la différence de lecture qu’un tel traitement me soit réservé. C’est donc une nouvelle phase de la décolonisation de l ‘Afrique. Il nous appartient maintenant à nous mêmes de voir ou sont les véritables défis.

La rédaction de cameroonvoice.com/

 

source : Autre Presse du 27 avr 2013
Voir aussi : Rubrique Afrique, ,