Etats-Unis : « Les plus pauvres vont faire les frais de la crise de la dette »

Au terme d’une âpre bataille entre démocrates et républicains, le relèvement du plafond de la dette américaine à été voté mardi 2 août par le Sénat. Le président Barack Obama a promulgué le texte dès son adoption par les deux chambres du Congrès. L’accord autorise le Trésor à relever de 2 100 milliards de dollars le plafond de la dette, repoussant ainsi le risque d’un défaut de paiement. Le plan de réduction des dépenses publiques de 2 500 milliards d’euros, approuvé par le Congrès, n’a pourtant pas rassuré les marchés.

Henri Sterdyniak est directeur du département « Economie de la mondialisation » à l’OFCE et professeur à l’université Paris-IX Dauphine. Il dénonce un texte qui « fait supporter l’ajustement aux plus pauvres ».

Le compromis trouvé entre républicains et démocrates est-il de nature à rassurer les marchés et les agences de notation ?

Il y a peu de risques pour que les agences de notation baissent la note (AAA, la plus élevée) attribuée aux Etats-Unis. Ces agences savent que le risque de défaut de paiement et de faillite est purement théorique : en cas de menace de faillite, la Fed (réserve fédérale) a les moyens d’intervenir pour financer la dette. En outre, le pays peut créer de la monnaie.

En réalité, le danger pourrait être politique : on peut imaginer qu’à l’avenir le mouvement conservateur du Tea Party paralyse le système en refusant tout compromis. Une agence pourrait prendre cette possibilité en compte pour dégrader la note américaine. Mais il y a peu de chances que cela arrive. Normalement, un pays qui crée sa propre monnaie a les moyens de rembourser sa dette.

Toutefois, une autre conclusion de ces quelques semaines de crise est que les Etats-Unis ont révélé leur fragilité à la face du monde : ils sont désormais moins fiables pour les investisseurs et auront du mal à encaisser un nouveau choc. Cet épisode a mis certains risques en évidence, accentués lorsque le Parlement et le président ne sont pas de la même couleur politique.

Sur le fond, l’accord vous paraît-il bon ?

Non, car il enferme la politique budgétaire américaine dans un carcan. Le texte ne prévoit pas de hausse d’impôt, ce qui enlève toute marge de manœuvre aux gouvernants pour soutenir l’économie, développer l’assurance maladie, lutter contre le chômage. Au final, ce sont les plus pauvres qui vont supporter l’ajustement, alors même que l’une des causes de la crise aux Etats-Unis, c’est la trop faible consommation, ou plutôt la trop forte consommation à crédit.

La tendance est même plus à la baisse de la protection sociale qu’à l’augmentation des impôts visant les plus riches. A court terme, il n’y a aucune chance pour que les impôts augmentent. C’est le point sur lequel la majorité des républicains ne céderont pas.

L’existence des aides sociales comme le programme Medicare peut-elle être menacée ?

La sécurité sociale américaine est fragile car elle ne suscite pas d’adhésion populaire massive. La crise a montré que ce système était protecteur et facteur de cohésion sociale, mais son poids sur les finances publiques l’affaiblit dans l’opinion.

Aux Etats-Unis, le système des aides sociales est remis en cause lors de chaque élection. Le pays n’est donc pas protégé contre un accident politique qui verrait la droite républicaine les supprimer. Les démocrates sont des défenseurs timides du système, ce qui rend l’équilibre fragile.

La solution de long terme face aux difficultés budgétaires serait une reprise de la croissance. En prend-on de le chemin ?

Les Etats-Unis sont dans une impasse. On l’a dit, l’économie américaine a besoin d’une plus grande consommation des plus pauvres, ce que ne va pas favoriser l’accord conclu sur la politique budgétaire.

Ils ont aussi besoin d’une croissance impulsée de l’extérieur, ce qui passe par une demande plus forte de la part de la Chine et des pays asiatiques. La seule marge de manœuvre des Etats-Unis pour être plus compétitifs en Asie est de faire baisser le dollar, de chercher un rééquilibrage des taux de change à l’échelle mondiale. Ils n’ont pas toutes les cartes en main.

Hugo Domenach (Le Monde)

 

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Le monde ignore les massacres en Syrie

L’armée syrienne a selon des témoins tué des dizaines de personnes dimanche lors d’une offensive à Hama, le bastion des rebelles, et dans d’autres villes. Depuis des mois, la communauté internationale se contente d’observer les méfaits du président Bachar Al-Assad, critique la presse, qui redoute la fin du printemps arabe.

Süddeutsche Zeitung – Allemagne

Après le massacre de l’armée syrienne à Hama, le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung appelle l’Occident à ne pas se détourner de la Syrie : « Les Etats-Unis, l’Allemagne et la Grande-Bretagne condamnent la violence à Hama, mais Al-Assad n’a pas beaucoup plus à craindre de l’Occident. Les récents évènements en Libye ont très certainement ôté à l’Occident toute envie de s’engager davantage. A Benghazi, bastion des rebelles, les combattants se jettent les uns sur les autres depuis quelques temps, ce qui réduit les chances de parvenir bientôt à une victoire sur Kadhafi, le dictateur sanglant de Tripoli. On peut regretter, maudire, déplorer tout cela. Mais il y a une chose que l’Occident ne doit pas faire : se détourner, par frustration, d’un été arabe qui implose lentement. » (01.08.2011)

» informations complémentaires (lien externe, allemand)

El País – Espagne

La communauté internationale ne réagit pratiquement pas à la violence du dictateur syrien Bachar Al-Assad contre son propre peuple, déplore le quotidien de centre-gauche El País : « La communauté internationale n’envisage en aucune manière d’intervenir comme elle l’a fait en Libye. La peur de déstabiliser davantage le Proche-Orient – une région sur laquelle Damas exerce une influence déterminante – et le blocage exercé par la Chine et la Russie, qui gênent les initiatives d’envergure contre le régime, laissent à Assad le champ libre pour continuer à s’opposer à son peuple. La seule chose qui désespère le tyran, sûr jusque-là de bénéficier du soutien de l’armée et de la police, c’est la colère de milliers de citoyens. Après Damas, Deraa ou Banias, ceux-ci défient désormais à Hama les soi-disant ‘forces de sécurité’, et ce sans aucune arme. » (01.08.2011)

» article intégral (lien externe, espagnol)

La Stampa – Italie

La violence du président syrien contre son peuple pourrait marquer la fin du printemps arabe, redoute le quotidien libéral La Stampa : « Le moment est bien choisi. La communauté internationale est distraite. Le président américain Barack Obama est affaibli par le spectre de la faillite. … Le Premier ministre turc Erdo?an, chargé par l’Occident de tirer les oreilles à son frère Assad déchaîné est empêtré dans une crise conflictuelle avec ses généraux, lesquels ont démissionné en masse vendredi. Au Caire, le procès contre [l’ex-président] Moubarak doit commencer dans deux jours. … La révolution de la place Tahrir pourrait être officiellement confisquée par les Frères musulmans. … Bachar Al-Assad sait que le moment est opportun. Il veut probablement aussi une place dans les livres d’histoire. S’il devait réussir à réprimer la révolte en Syrie, Damas pourrait prétendre – à raison – avoir enterré en automne les révolutions initiées au printemps. » (01.08.2011)

» article intégral (lien externe, italien)

De Morgen – Belgique

Après l’attaque portée contre son peuple dans le bastion des rebelles de Hama, le président syrien Bachar Al-Assad doit être déféré devant la Cour pénale internationale, demande le quotidien de centre-gauche De Morgen : « La violence montre que le régime d’Assad est dos au mur. Il se cramponne avec acharnement au pouvoir et mène une guerre sale contre sa propre population. Le pire a été le meurtre du jeune Hamza Al-Khatib, âgé de 13 ans. Un enfant torturé pendant un mois avant de recevoir trois balles dans la poitrine. … On a retrouvé sur son corps des traces de brûlures aux électrochocs sur les pieds, les coudes et les genoux, et son pénis avait été coupé. Si la communauté internationale ne veut pas intervenir pour des raisons géopolitiques ou autres, nous ne pouvons qu’espérer que les manifestants parviendront à renverser Bachar – et que le dictateur ne finira pas, comme son oncle, dans un chic quartier londonien, mais devant la Cour pénale internationale. » (01.08.2011)

» article intégral (lien externe, néerlandais)

Voir aussi : Rubrique Syrie, Syrie: fiche pays, rubrique Méditerranée Regards croisés sur la révolution de jasmin, rubrique Revue de presse, rubrique Livre Sarkozy au Proche Orient, Europe et Méditerranée,

Après le printemps arabe, l’été israélien ?

«Un miracle!» C’est vrai qu’on est en Terre Sainte, mais il est rare d’entendre des dizaines de milliers de manifestants parler de «miracle». Dans une foule laïque où l’on n’aperçoit aucune kippa ou chapeau noir à l’horizon.

C’est donc un miracle? Samedi soir, ils sont sortis joyeux des tentes où ils campent depuis quinze jours sur le boulevard chic de Tel Aviv, le boulevard Rothschild, où poussent les gratte-ciels design des banques et s’ouvre chaque semaine un nouveau restaurant branché dans un immeuble Bauhaus rénové. Là aussi où, au numéro 16, David Ben Gourion a signé en 1948 la déclaration de naissance de l’Etat d’Israël.

La tente, tout un symbole

En deux semaines, les timides premières tentes installées sous les arbres au milieu du boulevard pour montrer que les gens ne peuvent plus se loger décemment à Tel Aviv —plus de 50% d’augmentation des loyers en 5 ans en Israël quand les salaires n’augmentaient que de 17% — ont proliféré. On les voyait gagner petit à petit le kilomètre entier du boulevard attirant des milliers de visiteurs et passants à toute heure du jour et de la nuit, venus de Tel Aviv et d’ailleurs. La tente, tout un symbole, chaque Israélien en a une à la maison, une institution dans ce pays où les jeunes commencent par camper dans la nature et finissent par camper dans les bases militaires.

(Le 26 juillet, le boulevard Rothschild/Reuters)

Les protestataires des tentes — jeunes gens modernes qui travaillent sur leur ipad et surfent sur Facebook sous une vraie toile — en pleine forme après leurs deux semaines de fête, de musique, de débats infinis où le boulevard Rothschild rappelait les nuits de mai 68 quand des inconnus pouvaient se parler pendant des heures, ont quitté le boulevard Rothschild pour marcher jusqu’à l’esplanade de l’Opéra et du Musée d’art moderne de Tel Aviv, autres symboles des bobos de la ville.

Rejoints par les motards qui protestent contre la hausse du prix de l’essence, les parents qui manifestent depuis plusieurs jours avec leurs enfants dans les poussettes pour demander les moyens de les élever et les éduquer, les médecins en grève, des habitants des villes arabes de Galilée où la construction de logements s’est arrêtée, une foule avec des drapeaux israéliens, sans étiquette politique, sans parti, sans leaders, estimée à près de 100.000 dans les rues de Tel Aviv.

A la même heure, une foule identique marche à Jérusalem (10.000 manifestants, un record pour une manifestation non religieuse), Haifa, Beer Sheva, Nazareth, en tout une douzaine de villes.

(Le 30 juillet, Tel Aviv /Reuters)

Une nouvelle génération qui se découvre avec stupeur et marche pour «la justice sociale». L’égalité, la démocratie. Qui a fait son service militaire, des études, a un boulot et n’arrive pas à vivre bien dans un pays moderne. «Les gens travaillent et ils n’ont plus assez d’argent pour avoir une vie normale», explique un couple de cadres supérieurs à ses trois enfants, venus ensemble à la manifestation depuis Herzlyah, le Neuilly de Tel Aviv. Classe moyenne, ou majorité silencieuse, dénoncée par la droite comme «les jouisseurs hédonistes de Tel Aviv», cette «bulle» sans valeurs et sans morale. En opposition aux soi-disant vraies valeurs nationalistes et religieuses de cette droite au pouvoir qui investit lourdement dans la construction de maisons dans les colonies en territoires occupés et subventionne les ultra-orthodoxes religieux.

«C’est l’Etat de Tel Aviv qui gagne contre l’Etat des colons», se réjouit l’écrivain arabe israélien Sayed Kashua, d’habitude très sceptique sur ses concitoyens israéliens. «Enfin on trouve plus sympa l’Etat de Tel Aviv.»

«La nuit où j’ai été fier d’être israélien»

Et un autre virulent critique de la société israélienne, le journaliste Gideon Levy célèbre pour ses reportages très durs sur l’occupation en Palestine, publie dimanche dans Haaretz un article au titre plus que surprenant de sa part: «La nuit où j’ai été fier d’être israélien» expliquant que «ceux qui se moquaient du mini Woodstock sur Rothschild doivent maintenant reconnaître que c’est le détonateur  d’un mouvement, le plus important mouvement de protestation de l’histoire israélienne.»

(30 juillet à Tel Aviv /AFP)

De gauche le mouvement ? Pas seulement. Des maires, des conseillers municipaux de droite ont aussi apporté leur soutien aux tentes. Des politiciens du Likoud, le parti de Benyamin Nétanyahou sont passés, discrètement. Certes à part la justice sociale, les seuls mots d’ordre dans la foule demandaient le départ de «Bibi». Du genre : «Rentre chez toi, on te paie l’essence».

Justement le prix de l’essence doit augmenter aujourd’hui, cela tombe mal pour le gouvernement de «Bibi». Le ministre des finances, Youval Steinitz, sert de fusible, le directeur de son ministère Haim Shani vient déjà de démissionner, le ministre devrait suivre. Nétanyahou avait promis des « mesures rapides », son discours n’a pas fait retomber le mouvement, au contraire.

Depuis, cette semaine, des habitants arabes ont planté des tentes dans leurs villes, les Bédouins s’y sont mis, le «peuple» de Facebook appelle à une grève ce lundi: 10.000 signataires… «Un miracle», dit aussi Noam Segal, 30 ans, jeune femme blonde qui dirige deux galeries d’art sur le boulevard Rothschild. «On ne pensait plus que quelque chose allait bouger dans ce pays, et voilà, ça arrive.» «Un miracle», dit également Daoud Khoury, avocat palestinien, qui, depuis trois jours, a fermé son cabinet de Jérusalem pour passer son temps avec les manifestants de Tel Aviv: «Je suis venu voir la révolution! On entend enfin les mots de « riches » et de « pauvres » qu’on n’entendait plus dans ce pays. Et on peut parler de tout… C’est ma place Tahrir»

Où va le mouvement ? Aucune élection en vue avant 2013. L’éventuelle reconnaissance de l’état palestinien aux Nations Unies en septembre pourrait détourner l’attention de la crise sociale mais la crise politique est profonde. «Oubliez le deux-pièces cuisine, s’écrit Gideon Levy, la question est déjà dépassée.» Après le printemps arabe, un été israélien?

Annette Levy Wyllard (Libération)

Voir aussi : Rubrique Israël, rubrique Société Le mouvement des jeunes gagne l’Europe , rubrique Mouvement sociaux, Relle democratie revue de presse et Manifeste,

Démocratie après les attentats d’Oslo et d’Utøya

Après les attentats d’Oslo et d’Utøya, le gouvernement norvégien a annoncé plus d’ouverture et de démocratie et préserve ainsi ses valeurs démocratiques, contrairement aux Etats-Unis, à la France et d’autres Etats européens, salue le quotidien de centre-gauche Le Monde : « Il n’y aura pas de législation spéciale. On ne cherchera pas à apaiser la douleur du pays en restreignant la démocratie au nom de la sécurité. En musclant le code pénal à des fins politiques conjoncturelles. La Norvège restera un pays de libertés publiques. Cette attitude fait l’unanimité de la classe dirigeante à Oslo. Elle est le contraire de celle adoptée par l’Amérique au lendemain du 11 septembre 2001 ; le contraire de celle, trop fréquente, sous nos cieux où chaque fait divers sanglant est prétexte à un vain durcissement du code pénal aux dépens des libertés. Dans son malheur, la Norvège reste fidèle à elle-même. Elle s’interroge, mais ne se renie pas. Une leçon pour nos démocraties. »

Le Monde (25.07.2011)

Voir aussi : On line Les médias contre la démocratie,

Monde arabe revue de presse

Barrage policier à Roissy. "On ne s'attendait vraiment pas à ce que des compagnies européennes cèdent à la pression du gouvernement israélien, qui n'a aucun droit de nous empêcher d'accéder aux territoires palestiniens. En somme, l'aéroport de Roissy est sous occupation israélienne" s'indigne-t-elle. "C'est incroyable de voir les lignes aériennes de nos pays jouer le jeu d'Israël. Notre vol devait faire Paris-Rome puis Rome–Tel-Aviv. Et même ce premier vol, à l'intérieur de l'espace Schengen, on nous empêche de le prendre ! C'est une entrave à notre liberté de circulation !"

Une centaine de militants pro-palestiniens bloqués à Roissy et à Genève
08/07/2011 – Le Monde

Les autorités israéliennes s’emploient à empêcher l’arrivée à Tel Aviv d’une centaine de sympathisants de la cause palestinienne en dissuadant les compagnies aériennes de leur permettre d’embarquer pour l’État hébreu. Ces activistes se sont vu refuser l’enregistrement de leur vol car leur nom figure sur une liste envoyée par Israël de « personnes indésirables ». Plusieurs associations de soutien aux Palestiniens avaient appelé sur Internet leurs sympathisants à converger vers l’aéroport international de Tel Aviv, afin de se rendre ensuite dans les territoires palestiniens, dont Israël contrôle tous les accès, à l’exception de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte.

Cinq mois après la révolution, des milliers d’Égyptiens retrouvent la place Tahrir
08/07/2011 – France 24

Près de cinq mois après la chute du régime de Moubarak, des milliers d’Égyptiens sont rassemblés sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour exhorter l’armée au pouvoir à accélérer la transition démocratique. Si l’écriture d’une nouvelle Constitution tient toujours à cœur des manifestants, elle n’est plus au centre de leur revendication. Aujourd’hui, les Égyptiens souhaitent nettoyer le ministère de l’Intérieur des anciens caciques du régime, exigent leur jugement et s’opposent aux tribunaux militaires. »

Tunisie : la société civile vent debout
07/07/2011 – Jeune Afrique

Avocats, syndicalistes, enseignants, militants associatifs, ces Tunisiens étaient en première ligne le 14 janvier. À quatre mois de l’élection de la Constituante, ils entendent peser dans le débat national pour sauvegarder les acquis de la révolution et concrétiser ses objectifs. Hier unis contre Ben Ali, les Tunisiens sont aujourd’hui appelés à jeter ensemble les fondements d’une IIe République en faisant l’expérience du débat contradictoire. Car, au-delà de la cacophonie des partis politiques, c’est la société civile qui apparaît comme la garante de la transition démocratique et la pierre angulaire de l’unité nationale.

Le Congrès américain adopte une résolution menaçant de suspendre l’aide aux Palestiniens (U.S. House passes resolution threatening to suspend aid to Palestinians)
08/07/2011 – Haaretz

Dans une écrasante majorité, la Chambre des représentants américaine a adopté jeudi soir une résolution exhortant l’administration Obama à suspendre l’aide financière destinée à l’Autorité palestinienne si ses dirigeants persistent à faire pression pour un vote des Nations Unies pour la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien en Septembre 2011. La résolution, qui a été adopté par le Sénat la semaine dernière, a été votée par une majorité de 407 sur 435 représentants, et appelle à la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens.

L’OTAN nie avoir aidé les rebelles libyens dans leur avancée (NATO denies aiding Libyan rebel advance)
08/07/2011 – Al Jazeera

L’OTAN a nié avoir volontairement effectué des raids aériens pour faciliter l’avancée des rebelles, affirmant se conformer au mandat de l’ONU de protection des civils. L’OTAN a annoncé la semaine dernière qu’il avait acceléré les raids sur des cibles militaires dans la partie ouest de la Libye, ciblant les forces gouvernementales dans les villes et le long de « grandes lignes de communication».

Les forces syriennes a tué 14 activistes à Hama (Syrian forces shoot dead 14 in Hama: activists)
05/07/2011 – Reuters

La France a appelé les Nations Unies à adopter une position plus ferme contre la répression féroce de Assad, alors même que les troupes gouvernementales intensifient leur campagne d’arrestation dans les villes au nord-ouest de Hama près de la frontière turque. Des groupes de défense des droits de l’homme estiment à au moins cinq cents les détentions arbitraires à travers la Syrie dans les derniers jours.

Monde arabe : on n’est jamais mieux servi que par soi-même

1er juillet 2011 – Jeune Afrique

Alors que la région entière est secouée par des révolutions, certains relancent l’idée de l’unité arabe. Au panarabisme nassérien, ils préfèrent la vision plus réaliste de la solidarité arabe et plus concrètement la création d’une banque de développement arabe sur le modèle européen de la Berd. L’idée a été lancée par le premier ministre Qatari, Hamad Ibn Jassem, lors d’un discours au Centre des études islamiques d’Oxford. Ce projet pourrait être une solution adaptée aux difficultés économiques ayant poussé tellement de gens à descendre dans les rues arabes.

 

Washington approuve les attaques sur un bateau américain non armé (Washington Okays Attack on Unarmed U.S. Ship)

30 juin 2011 – Foreign Policy in Focus

Stephen Zunes souligne le manque de fondement des arguments repris par la Maison Blanche pour soutenir l’action envisagée par Israël contre la flottille internationale en route vers Gaza. La secrétaire d’Etat Clinton qualifie en effet la flottille d’une action de provocation « lorsque la flottille entre dans les eaux israéliennes et crée une situation dans laquelle  les Israéliens ont le droit de se défendre ». Or il s’agit d’une action inoffensive, non-violente et qui plus est dans les eaux de Gaza et non les eaux israéliennes.

 

L’exception marocaine’ dans le contexte des révolutions arabes

30 Juin 2011 – El Païs

Dans une tribune publiée dans El Païs, Khadija Mohsen-Finan s’interroge sur les réformes introduites par le nouveau projet de constitution. Depuis Hassan II, l’alternance a été introduite au Maroc, sans pour autant entamer l’autorité du roi. Le projet de constitution présenté par Mohammed VI le 17 juin dernier et soumis à un référendum en ce vendredi 1er juillet laisse à nouveau au roi la plupart de ses prérogatives.

 

Des actes d’accusation sont émis dans l’enquête sur l’assassinat d’Hariri (Indictments issued in Hariri death probe)

30 Juin 2011 – Al Jazeera English

Le Tribunal spécial des Nations Unies a issu des actes d’accusation concernant quatre membres du Hezbollah dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafik Hariri. Cette décision intervient alors que le nouveau Premier Ministre Najob Mikati venait de mettre en place le nouveau gouvernement. L’instabilité menace donc à nouveau le Liban, alors que la région est en ce moment secouée par de nombreuses crises.

 

La réunion de l’opposition syrienne était un exercice de relations publiques (Syria’s opposition meeting was a PR exercise)

28 juin 2011 – The Guardian (Comment is free)

Fadwa al Hatem considère la réunion de l’opposition syrienne, qui s’est tenue à l’hotel Sémiramis de Damas avec l’approbation du régime comme une formule creuse. Elle souligne néanmoins quelques points positifs issus des déclarations du jour, même si les intéressés ont eux-mêmes exprimés un doute sur les possibilités d’initier un quelconque dialogue avec le gouvernement. La syrienne termine en précisant que le futur du pays serait écrit dans les rues et non dans une salle d’un hotel.

Source Medea

Voir aussi : Rubrique Méditerranée, rubrique Revue de presse,