Dette américaine: que peut-il se passer ?

Et si la première puissance mondiale ne pouvait plus payer ses dettes? Le scénario paraît de moins en moins invraisemblable, à l’approche du 2 août. Au-delà de cette date, les Etats-Unis ne pourront plus faire face à leurs obligations financières. Ils sont coincés par le plafond de la dette, fixé par la loi à 14.294 milliards de dollars (9950 milliards d’euros). Voilà déjà deux mois qu’ils l’ont dépassé et qu’ils puisent dans les réserves pour financer les dépenses publiques et rembourser leurs créanciers.

Le plafond doit être relevé, mais républicains et démocrates s’écharpent sur le calendrier et sur le plan de réduction des déficits qui doit accompagner le relèvement du plafond.

A quelques jours de la date limite, passage en revue des différents scénarios possible.

Scénario républicain versus scénario démocrate

Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, plaident pour un premier relèvement de 1000 milliards de dollars d’ici au 2 août, puis un nouveau relèvement début 2012… en pleine campagne pour l’élection présidentielle américaine. Une façon, donc, de garder un moyen de pression et de s’assurer que des coupes seront faites, d’ici là, dans les dépenses publiques. Les démocrates, qui tiennent le Sénat, militent pour un relèvement qui permette de tenir jusqu’en 2013. Ce que rejettent les républicains, y voyant un «chèque en blanc» adressé à Barack Obama, candidat à sa réélection.

(Infographie IDE)

Le plan de réduction des déficits est un autre point d’accroche. Les républicains plaident pour des coupes massives dans les dépenses publiques, notamment dans les programmes sociaux. Et rejettent toute hausse d’impôt qui réclament les démocrates. Ces derniers, via le Sénat, ont présenté un autre plan : il prévoit 2700 milliards de dollars de réductions, tout en sauvegardant les grands programmes sociaux.

A l’heure actuelle, aucun compromis ne se dessine entre les deux camps.

Le forcing d’Obama

Jason Reed / Reuters

La Constitution américaine autorise le président à relever d’autorité le plafond de la dette, sans passer par un vote du Congrès. Un procédé «tentant», a plaisanté Obama lundi, mais «ce n’est pas la façon dont marche notre système, ce n’est pas ainsi que fonctionne notre démocratie», a-t-il ajouté. Cela le mettrait surtout en position d’assumer tout seul la décision.

Le défaut de paiement, scénario-catastrophe?

Le Trésor américain estime que le 2 août, le pays sera en défaut de paiement, c’est-à-dire qu’il ne pourra plus faire face à ses dépenses et rembourser ses créanciers.

Le défaut peut entraîner, d’une part, ce qu’on appelle un «governement shutdown», une situation où les autorités fédérales arrêtent toute dépense, sauf les essentielles (urgences médicales, armée, etc.). Ça s’est déjà produit en 1995-96: l’administration Clinton, dont le budget avait été retoqué par le Congrès, avait fermé plusieurs établissements et gelé des salaires de fonctionnaires. La Maison Blanche a reconnu mercredi être en train d’élaborer ses priorités, en cas d’absence d’accord d’ici au 2 août. A savoir qui sera payé et qui ne le sera pas, après la date fatidique. Autant de décisions qui pourraient avoir des répercussions négatives sur l’économie du pays.

D’autre part, sans accord, les Etats-Unis se retrouveraient dans l’incapacité de rembourser leurs créanciers: tous ceux qui, sur le marché des obligations, ont acheté des bons du Trésor américains, considérés comme des investissements sûrs, faciles à échanger au besoin. Et dans cette histoire, tout le monde est mouillé. Les banques américaines (1660 milliards de dollars en juin) et la Chine en tête (1160 milliards en mai). Mais aussi les ménages, les fonds de pension et autres investisseurs privés, les banques centrales asiatiques, russe, arabes, française, etc. En cas de défaut, les créanciers des Etats-Unis seraient amenés à déprécier ces avoirs. Certains, des fonds d’investissement par exemple, pourraient même faire faillite.

Principaux pays créanciers des Etats-Unis (cliquer sur l’image pour agrandir)

(Infographie IDE)

«Personne ne sait ce qui se passera si la première économie du monde cesse du jour au lendemain de payer les intérêts de sa dette. Cela n’est jamais arrivé. Cela mettrait sens dessus-dessous l’économie mondiale», a prévenu Klaus Regling, le chef du FESF, le Fonds de secours mis en place par la zone euro pour ses membres en difficulté. «Si nous faisons défaut le 2 août, cela ressemblera à ce qui s’est passé lors de la chute de Lehman, mais avec des stéroïdes. Ce sera une apocalypse financière», a lancé l’économiste Larry Summers lors d’une conférence. Ce serait «très, très, très grave», répète Christine Lagarde, la directrice du FMI.

Inna Mufteeva, économiste spécialiste des Etats-Unis à Natixis, relativise. Car il y a défaut et défaut, souligne-t-elle: «Un défaut américain, ce ne serait pas le défaut de l’Argentine. Les Etats-Unis restent solvables, car leur bons du Trésor trouvent toujours preneurs. Ils sont bloqués par un problème administratif. C’est un défaut purement technique.» Ainsi, même en cas de défaut de paiement, «les marchés financiers, s’ils sont raisonnables, peuvent considérer que c’est un événement temporaire, et non un vrai défaut», souligne Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE. «Les politiques vont vite comprendre, tranche Mufteeva, et relever le plafond pour au moins pour un mois ou deux».

Enfin, la banque centrale américaine, ainsi que les banques privées, «peuvent encore fournir des liquidités au gouvernement, en l’aidant à pomper à droite à gauche, comme cela se fait depuis deux mois», estime Henri Sterdyniak.

Sur les marchés, le véritable test sera, estime Natixis, le 15 août, échéance d’un «coupon» estimé à 25 milliards d’euros, à rembourser d’un coup. Le 2 août ne serait donc pas un véritable couperet.

Le défaut est jugé peu probable, mais les banques américaines sont en train d’échafauder des plans de secours, au cas où.

Incertitudes et dégradation, le vrai danger

-> Une visualisation des presque 15 milliards de dollars de la dette américaine, sur le site wtfnoway.com.

Le véritable risque, pour l’économie américaine et pour l’économie mondiale, ce serait que les agences de notation dégradent la note de la dette américaine (de AAA à AA+). Les trois grandes agences – Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch – ont déjà menacé de le faire dans les semaines à venir. Pour cause de discorde sur le relèvement du plafond, mais surtout parce qu’elles exigent, à plus long terme, «un plan de réduction crédible et efficace des déficits publics», assène Inna Mufteeva.

Une telle dégradation serait inédite et «se traduirait par une très forte perturbation sur les marchés financiers, une instabilité, une situation tout à fait fragile à l’échelle mondiale», projette Henri Sterdyniak.

Les taux d’intérêt des obligations américaines ne manqueraient pas de s’envoler. Celles-ci perdraient aussi de leur stature, mais «qu’achèteraient les investisseurs, les fonds de pension, à la place de la dette américaine?», questionne Henri Sterdyniak. «Il n’y a pas tellement d’alternative», ajoute Inna Mufteeva.

Le dollar, lui, perdrait de sa valeur par rapport aux autres monnaies. «Va-t-il y avoir un mouvement de panique, les investisseurs vont-ils se défausser massivement de leurs dollars?», s’interroge Dominique Plihon, qui anticipe une baisse du billet vert et une «volatilité sur le marché des changes». «Pas une crise énorme sur le dollar», ni «l’effondrement total du système monétaire international», prédit-il. Mais cette instabilité serait «très embêtante pour la zone euro». «L’euro est la monnaie qui s’apprécierait le plus par rapport au dollar, cela va nuire à la compétitivité de l’Europe», s’inquiète l’économiste.

La réaction des marchés, très dure à prévoir, repose en partie sur celle de la Chine. «Heureusement, souligne Henri Sterdyniak, pour le moment, ils ne paniquent pas.»

-> A voir: les infographies du New York Times.

-> A lire: cette note, sur le blog de Paul Jorion, cet économiste et anthropoloque qui avait anticipé une possible crise des subprimes.

 

Voir aussi : Rubrique Etats-Unis, Obama retrouve les élus du CongrèsObama annonce un plan de réduction de la dette à long termeOui aux cadeaux fiscaux pour les riches non à la  taxe bancaire, La décision de la Fed suscite des critiques de toutes parts, rubrique Finance , Si Pékin cessait d’acheter la dette américaine, Les solutions de sortie de crise se heurtent au vide politique,

Démocratie après les attentats d’Oslo et d’Utøya

Après les attentats d’Oslo et d’Utøya, le gouvernement norvégien a annoncé plus d’ouverture et de démocratie et préserve ainsi ses valeurs démocratiques, contrairement aux Etats-Unis, à la France et d’autres Etats européens, salue le quotidien de centre-gauche Le Monde : « Il n’y aura pas de législation spéciale. On ne cherchera pas à apaiser la douleur du pays en restreignant la démocratie au nom de la sécurité. En musclant le code pénal à des fins politiques conjoncturelles. La Norvège restera un pays de libertés publiques. Cette attitude fait l’unanimité de la classe dirigeante à Oslo. Elle est le contraire de celle adoptée par l’Amérique au lendemain du 11 septembre 2001 ; le contraire de celle, trop fréquente, sous nos cieux où chaque fait divers sanglant est prétexte à un vain durcissement du code pénal aux dépens des libertés. Dans son malheur, la Norvège reste fidèle à elle-même. Elle s’interroge, mais ne se renie pas. Une leçon pour nos démocraties. »

Le Monde (25.07.2011)

Voir aussi : On line Les médias contre la démocratie,

Monde arabe revue de presse

Barrage policier à Roissy. "On ne s'attendait vraiment pas à ce que des compagnies européennes cèdent à la pression du gouvernement israélien, qui n'a aucun droit de nous empêcher d'accéder aux territoires palestiniens. En somme, l'aéroport de Roissy est sous occupation israélienne" s'indigne-t-elle. "C'est incroyable de voir les lignes aériennes de nos pays jouer le jeu d'Israël. Notre vol devait faire Paris-Rome puis Rome–Tel-Aviv. Et même ce premier vol, à l'intérieur de l'espace Schengen, on nous empêche de le prendre ! C'est une entrave à notre liberté de circulation !"

Une centaine de militants pro-palestiniens bloqués à Roissy et à Genève
08/07/2011 – Le Monde

Les autorités israéliennes s’emploient à empêcher l’arrivée à Tel Aviv d’une centaine de sympathisants de la cause palestinienne en dissuadant les compagnies aériennes de leur permettre d’embarquer pour l’État hébreu. Ces activistes se sont vu refuser l’enregistrement de leur vol car leur nom figure sur une liste envoyée par Israël de « personnes indésirables ». Plusieurs associations de soutien aux Palestiniens avaient appelé sur Internet leurs sympathisants à converger vers l’aéroport international de Tel Aviv, afin de se rendre ensuite dans les territoires palestiniens, dont Israël contrôle tous les accès, à l’exception de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte.

Cinq mois après la révolution, des milliers d’Égyptiens retrouvent la place Tahrir
08/07/2011 – France 24

Près de cinq mois après la chute du régime de Moubarak, des milliers d’Égyptiens sont rassemblés sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour exhorter l’armée au pouvoir à accélérer la transition démocratique. Si l’écriture d’une nouvelle Constitution tient toujours à cœur des manifestants, elle n’est plus au centre de leur revendication. Aujourd’hui, les Égyptiens souhaitent nettoyer le ministère de l’Intérieur des anciens caciques du régime, exigent leur jugement et s’opposent aux tribunaux militaires. »

Tunisie : la société civile vent debout
07/07/2011 – Jeune Afrique

Avocats, syndicalistes, enseignants, militants associatifs, ces Tunisiens étaient en première ligne le 14 janvier. À quatre mois de l’élection de la Constituante, ils entendent peser dans le débat national pour sauvegarder les acquis de la révolution et concrétiser ses objectifs. Hier unis contre Ben Ali, les Tunisiens sont aujourd’hui appelés à jeter ensemble les fondements d’une IIe République en faisant l’expérience du débat contradictoire. Car, au-delà de la cacophonie des partis politiques, c’est la société civile qui apparaît comme la garante de la transition démocratique et la pierre angulaire de l’unité nationale.

Le Congrès américain adopte une résolution menaçant de suspendre l’aide aux Palestiniens (U.S. House passes resolution threatening to suspend aid to Palestinians)
08/07/2011 – Haaretz

Dans une écrasante majorité, la Chambre des représentants américaine a adopté jeudi soir une résolution exhortant l’administration Obama à suspendre l’aide financière destinée à l’Autorité palestinienne si ses dirigeants persistent à faire pression pour un vote des Nations Unies pour la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien en Septembre 2011. La résolution, qui a été adopté par le Sénat la semaine dernière, a été votée par une majorité de 407 sur 435 représentants, et appelle à la reprise des négociations directes entre Israël et les Palestiniens.

L’OTAN nie avoir aidé les rebelles libyens dans leur avancée (NATO denies aiding Libyan rebel advance)
08/07/2011 – Al Jazeera

L’OTAN a nié avoir volontairement effectué des raids aériens pour faciliter l’avancée des rebelles, affirmant se conformer au mandat de l’ONU de protection des civils. L’OTAN a annoncé la semaine dernière qu’il avait acceléré les raids sur des cibles militaires dans la partie ouest de la Libye, ciblant les forces gouvernementales dans les villes et le long de « grandes lignes de communication».

Les forces syriennes a tué 14 activistes à Hama (Syrian forces shoot dead 14 in Hama: activists)
05/07/2011 – Reuters

La France a appelé les Nations Unies à adopter une position plus ferme contre la répression féroce de Assad, alors même que les troupes gouvernementales intensifient leur campagne d’arrestation dans les villes au nord-ouest de Hama près de la frontière turque. Des groupes de défense des droits de l’homme estiment à au moins cinq cents les détentions arbitraires à travers la Syrie dans les derniers jours.

Monde arabe : on n’est jamais mieux servi que par soi-même

1er juillet 2011 – Jeune Afrique

Alors que la région entière est secouée par des révolutions, certains relancent l’idée de l’unité arabe. Au panarabisme nassérien, ils préfèrent la vision plus réaliste de la solidarité arabe et plus concrètement la création d’une banque de développement arabe sur le modèle européen de la Berd. L’idée a été lancée par le premier ministre Qatari, Hamad Ibn Jassem, lors d’un discours au Centre des études islamiques d’Oxford. Ce projet pourrait être une solution adaptée aux difficultés économiques ayant poussé tellement de gens à descendre dans les rues arabes.

 

Washington approuve les attaques sur un bateau américain non armé (Washington Okays Attack on Unarmed U.S. Ship)

30 juin 2011 – Foreign Policy in Focus

Stephen Zunes souligne le manque de fondement des arguments repris par la Maison Blanche pour soutenir l’action envisagée par Israël contre la flottille internationale en route vers Gaza. La secrétaire d’Etat Clinton qualifie en effet la flottille d’une action de provocation « lorsque la flottille entre dans les eaux israéliennes et crée une situation dans laquelle  les Israéliens ont le droit de se défendre ». Or il s’agit d’une action inoffensive, non-violente et qui plus est dans les eaux de Gaza et non les eaux israéliennes.

 

L’exception marocaine’ dans le contexte des révolutions arabes

30 Juin 2011 – El Païs

Dans une tribune publiée dans El Païs, Khadija Mohsen-Finan s’interroge sur les réformes introduites par le nouveau projet de constitution. Depuis Hassan II, l’alternance a été introduite au Maroc, sans pour autant entamer l’autorité du roi. Le projet de constitution présenté par Mohammed VI le 17 juin dernier et soumis à un référendum en ce vendredi 1er juillet laisse à nouveau au roi la plupart de ses prérogatives.

 

Des actes d’accusation sont émis dans l’enquête sur l’assassinat d’Hariri (Indictments issued in Hariri death probe)

30 Juin 2011 – Al Jazeera English

Le Tribunal spécial des Nations Unies a issu des actes d’accusation concernant quatre membres du Hezbollah dans l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafik Hariri. Cette décision intervient alors que le nouveau Premier Ministre Najob Mikati venait de mettre en place le nouveau gouvernement. L’instabilité menace donc à nouveau le Liban, alors que la région est en ce moment secouée par de nombreuses crises.

 

La réunion de l’opposition syrienne était un exercice de relations publiques (Syria’s opposition meeting was a PR exercise)

28 juin 2011 – The Guardian (Comment is free)

Fadwa al Hatem considère la réunion de l’opposition syrienne, qui s’est tenue à l’hotel Sémiramis de Damas avec l’approbation du régime comme une formule creuse. Elle souligne néanmoins quelques points positifs issus des déclarations du jour, même si les intéressés ont eux-mêmes exprimés un doute sur les possibilités d’initier un quelconque dialogue avec le gouvernement. La syrienne termine en précisant que le futur du pays serait écrit dans les rues et non dans une salle d’un hotel.

Source Medea

Voir aussi : Rubrique Méditerranée, rubrique Revue de presse,

Dette : Obama retrouve les élus du Congrès et veut un accord sous dix jours

Pour Barack Obama, c’est une course contre la montre qui s’engage pour parvenir à plafonner l’endettement des Etats-Unis. Le président américain a affirmé qu’il était nécessaire de parvenir dans les dix jours à un accord avec le Congrès sur la dette, faute de quoi l’Etat fédéral ne pourra plus emprunter pour financer son déficit.

Les négociations, destinées à empêcher un défaut de paiement du pays, doivent reprendre ce lundi 11 juillet avec les parlementaires. Le président américain a prévu de tenir une conférence de presse à 11 heures (15 heures heure de Paris). Il a précisé que les discussions porteront « sur les efforts en cours pour trouver une approche équilibrée à la réduction du déficit », a dit un conseiller de la présidence.

Les discussions ont débuté dimanche à la Maison-Blanche et ont duré environ soixante-quinze minutes en présence des principaux chefs de file du Congrès, ses alliés démocrates contrôlant le Sénat comme ses adversaires républicains majoritaires à la Chambre des représentants. Aucune information n’en a filtré dans l’immédiat.

DÉFAUT TECHNIQUE SUR LA DETTE

Le département du Trésor a prévenu que ses capacités d’emprunt seraient épuisées à la date du 2 août, et les Etats-Unis risquent de se trouver dans une situation de défaut technique sur leur dette. Le plafond actuel est fixé à 14 300 milliards de dollars et les républicains rechignent à le relever sans, en contrepartie, d’importantes réductions des dépenses publiques. Or, l’endettement des Etats-Unis a atteint la somme record de 14 294 milliards de dollars et continue de gonfler au rythme du déficit budgétaire, qui doit s’afficher cette année à 1 600 milliards.

Des responsables du Trésor et des économistes ont exliqué qu’à défaut d’un accord avant le 2 août, les Etats-Unis risqueraient de connaître une nouvelle récession. L’exécutif a toutefois prévenu qu’un accord serait nécessaire avant le 22 juillet pour permettre à la procédure législative de parvenir à son terme.

OPPOSITION ENTRE DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS

Tentant de parvenir à un compromis, l’administration Obama a proposé en avril de réduire le déficit de 4 000 milliards de dollars sur dix ans en combinant réduction des dépenses et hausse des impôts.

Mais dans un communiqué diffusé samedi soir, le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, a rejeté cette proposition. « En dépit des efforts de bonne foi pour trouver un socle commun, la Maison-Blanche ne cherchera pas à obtenir un accord plus grand de réduction de la dette sans des hausses d’impôts. Je crois que la meilleure approche pourrait être de se concentrer sur une mesure plus limitée », a-t-il dit. Cela signifie un retour à un projet précédent de réduction du déficit limité à 2 400 milliards de dollars sur dix ans.

Les élus républicains sont en effet opposés à un relèvement des impôts dans le cadre d’un accord budgétaire. Ils demandent en outre une réduction des prestations sociales versées dans le cadre du Medicare, du Medicaid et de la sécurité sociale. Mais les démocrates refusent de réduire les dépenses sociales et plaident au contraire pour un relèvement des impôts sur les plus riches.

« MOMENT GRAVE »

Invité dans l’émission « Meet the Press », le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a estimé que le pays connaît « un moment grave » et qu’Obama et les démocrates vont tenter de trouver « l’accord le plus large possible ». Il a prévenu que l’absence d’un compromis pourrait provoquer des « dégâts catastrophiques » pour l’économie américaine.

Pour Christine Lagarde, nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), un défaut technique des Etats-Unis aurait des répercussions mondiales. « Si vous déroulez tout le scénario d’un défaut technique, oui, bien sûr, vous avez tout cela, une hausse des taux d’intérêt et des conséquences vraiment graves sur les marchés », a dit l’ancienne ministre de l’économie française dans l’émission « This Week » sur ABC.

Le Monde AFP et Reuter

Voir aussi : Rubrique Etats-Unis, Dette Américaine : les scénarios, Obama annonce un plan de réduction de la dette à long termeOui aux cadeaux fiscaux pour les riches non à la  taxe bancaire, rubrique Finance , rubrique Actualité France L’impunité économique s’accroît,

Le Parlement débattra mardi de l’intervention française en Libye

Le Parlement doit se prononcer mardi sur la poursuite de la participation française à l’opération militaire de l’Otan en Libye, dont l’issue reste très incertaine quatre mois après le début des frappes aériennes.

Cette consultation est rendue obligatoire par la réforme institutionnelle de 2008, qui stipule que toute opération militaire engagée par l’exécutif doit faire l’objet d’un débat assorti d’un vote si elle n’est pas terminée au bout de quatre mois.

Peu de surprises en vue, puisque UMP et PS considèrent l’opération contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi légitime dans le cadre de la résolution 1973 de l’ONU et devraient voter sa prolongation.

L’opération a débuté le 19 mars à l’initiative de Paris et Londres. Mais quatre mois plus tard, la coalition multinationale passée sous commandement de l’Otan peine à trouver une issue, notamment à se débarrasser de Kadhafi, qui continue de narguer la communauté internationale et bloque toute solution politique. «La question n’est pas de savoir s’il doit quitter le pouvoir, mais comment et quand», martèle le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Si quatre mois de frappes aériennes ont considérablement réduit le potentiel militaire libyen et permis aux insurgés de ne pas être balayés, l’absence de troupes de la coalition au sol prolonge la durée des opérations. «Les forces du colonel Kadhafi sont affaiblies. L’attrition (leur épuisement) est lente, trop lente sans doute, mais elle est régulière. Les gains du Conseil national de transition (CNT) sont réels (…) C’est pour cette raison que la coalition doit poursuivre son effort», a fait valoir le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, le 29 juin devant les députés.

Le coût en débat

L’avancée actuelle des rebelles sur Tripoli à partir des montagnes du sud montre un régime de plus en plus acculé autour de la capitale libyenne. «On voit bien que le régime de Kadhafi est à bout de souffle. Il continue à tenir grâce à quelques fidèles et à ses mercenaires, mais l’issue fait peu de doute. La situation idéale, c’est que cette affaire se termine pendant l’été», estime Axel Poniatowski (Val-d’Oise), le président UMP de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Le coût de l’opération et les conditions de l’engagement français, avec la décision d’envoyer des hélicoptères de combat et le largage en juin d’armes aux rebelles libyens, devraient être au coeur du débat à l’Assemblée puis au Sénat.

Pour le budget de l’Etat, le surcoût, selon l’amiral Guillaud, «peut être décomposé en deux parties : la première représente 100 millions d’euros et la deuxième, qui correspond au maintien en condition opérationnelle (MCO) de nos matériels, ne peut être chiffrée qu’a posteriori. On peut néanmoins l’estimer à 60 millions d’euros». Ce chiffre de 160 milliards d’euros est confirmé dans le JDD par la ministre du Budget, Valérie Pécresse. Elle estime qu’au regard du «budget de la Défense, qui est de 40 milliards d’euros» le pays «peut l’absorber».

A gauche, les députés PS soutiennent la poursuite des opérations. «Aujourd’hui», y renoncer, «serait permettre à Kadhafi de regagner le terrain perdu», estime Bernard Cazeneuve (PS) de la Commission de la Défense. Il n’entend pas moins être «très critique sur certains aspects», comme la coordination au sein de l’Otan.

Droite et gauche réclament par ailleurs une issue politique. «Nous demandons qu’on rende lisible très rapidement la suite de l’opération en créant les conditions d’une issue politique», souligne Cazeneuve. Axel Poniatowski juge, lui, «souhaitable que puisse être trouvée le plus rapidement possible une solution s’agissant de la famille Kadhafi».

AFP

Voir aussi : Rubrique Libye, rubrique Politique international