Obama lance la campagne des européennes

« (…)Il eût été difficile de le prédire, mais c’est Obama qui vient de lancer la campagne électorale pour les élections européennes du 7 juin, en soulevant de manière si nette la question turque. Le geste a pris à contre-pied Nicolas Sarkozy, à peine rentré de Strasbourg. Mais, sachant l’opinion largement hostile à l’entrée de la Turquie, il n’a pas hésité un seul instant à réaffirmer, tout aussi nettement, son opposition. Animant un débat d’autant plus vif, à droite comme à gauche, que les clivages traversent chaque camp. L’adhésion de la Turquie n’est ni décidée ni nécessairement pour demain. Elle fait l’objet d’un processus long, entamé formellement en 2005 et conditionné au succès de la négociation sur trente-cinq chapitres thématiques. Seuls dix ont été ouverts à ce jour. Pourquoi le soutien d’Obama à cette adhésion déclenche-t-il alors tant d’émotions ? Sans doute parce que l’Europe craint presque autant d’ouvrir la porte à 70 millions de Turcs que de la fermer à une puissance montante de la Méditerranée. »

La Banque de France prévoit une chute du PIB de 0,8% au 1er trimestre 2009

Economie-indicateur-croissance LEAD  PARIS, 8 avr 2009 (AFP) – Le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait baisser de 0,8% au premier trimestre 2009, un recul pour le deuxième trimestre consécutif qui marquerait donc le début de la récession attendue, selon une nouvelle estimation publiée mercredi par la Banque de France (BdF).
Lors d’une précédente estimation en mars, la Banque tablait sur un recul du PIB de 0,6% pour la même période.
Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le PIB a reculé de 1,1% au quatrième trimestre 2008.
Sous l’effet de la crise économique internationale, il devrait encore chuter de 1,5% au premier trimestre 2009 puis de 0,6% au deuxième trimestre, selon les dernières prévisions de l’Insee.
Dans ces conditions, si la croissance devait être nulle au deuxième semestre, la France achèverait l’année 2009 sur un recul du PIB de 2,9%, indique l’Insee.
Le gouvernement prévoit une baisse du PIB de 1,5% en 2009, après +0,7% en 2008 et +2,1% en 2007.
Selon l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), le PIB devrait chuter de 3,3% sur l’ensemble de l’année.
L’indicateur du climat des affaires dans l’industrie, publié conjointement par la BdF, s’est établi à 73 en mars, contre 71 en février. « L’activité industrielle a reculé dans l’ensemble à un rythme comparable au mois précédent » et « la production a reculé dans tous les secteurs », note la BdF.
Le taux d’utilisation des capacités de production, qui a un peu fléchi, a atteint « un niveau historiquement bas » tandis que le flux de commandes nouvelles s’est de nouveau amenuisé, aussi bien sur le marché domestique qu’en provenance de l’étranger.
Les carnets de commandes demeurent dans l’ensemble très inférieurs à la normale, relève la BdF.
Les stocks de produits finis se sont réduits mais restent excédentaires.
« Selon les prévisions, l’activité devrait encore diminuer à court terme, dans les industries de biens intermédiaires et de biens d’équipement notamment », prévient-elle.
Pour le secteur des services, la baisse de l’activité s’est « sensiblement accentuée » par rapport au mois précédent, avec des prix et des effectifs qui ont enregistré un nouveau recul. L’indice de climat des affaires s’y établit à 76 contre 78 en février.
« Les perspectives pour les prochains mois restent défavorablement orientées », conclut la BdF.

Le déficit commercial se creuse

Le déficit commercial de la France s’est creusé en février à 4,107 milliards d’euros, après 3,714 milliards en janvier, les échanges pâtissant toujours de la dégradation économique mondiale, ont annoncé le 8 avril les Douanes.
Dans une précédente estimation, le déficit commercial de janvier était ressorti à 4,549 milliards d’euros.
Le déficit du commerce extérieur a atteint 55,7 milliards d’euros en 2008, battant largement le record de 40,6 milliards établi en 2007, sous le double effet de l’alourdissement de la facture énergétique et de la crise.
En raison de la baisse du commerce mondial, les exportations se sont réduites en février à 28,861 milliards d’euros (après 29,292 milliards en janvier).

« Nous sommes retombés au plus bas niveau depuis mars 2005 », a réagi Alexander Law, du cabinet Xerfi. « Mais le rythme de baisse des exportations a commencé à s’atténuer: cela veut dire que l’on s’approche du fond et qu’un rebond technique sera envisageable d’ici à quelques mois », a-t-il ajouté.

« En très fort repli au dernier trimestre 2008, les échanges commencent à se stabiliser », commente aussi le ministère des Finances sur son site internet.
Après le creux de janvier, les livraisons d’équipements aéronautiques « reprennent nettement » et « les ventes de produits pétroliers raffinés redémarrent », selon le ministère.
Par ailleurs, les exportations de produits de l’industrie automobile, secteur touché de plein fouet par le ralentissement économique mondial, « cessent de reculer ».
Mais chez Xerfi, les analystes pointent « la faiblesse extrême des ventes tricolores outre-Atlantique », en raison du repli de la consommation et de l’investissement américains.
Ils relèvent aussi l’effondrement des échanges avec deux des principaux clients français: l’Espagne et le Royaume-Uni.
L’Allemagne, numéro un mondial des exportations, a également vu celles-ci s’effondrer en février, de 23,1% sur un an et de 0,7% sur un mois, selon des chiffres provisoires publiés mercredi.
En France, les importations ont commencé à se stabiliser, atteignant 32,968 milliards d’euros en février (après 33,006 milliards en janvier).
Si la France « importe moins, c’est parce que les ménages font attention à la dépense et que les entreprises ont gelé leurs investissements et les achats de machines qui vont avec », a souligné Alexander Law.

Paris et Pékin se réconcilient, mais des ambiguïtés demeurent

La réconciliation franco-chinoise scellée par une rencontre à Londres des présidents Nicolas Sarkozy et Hu Jintao a été accueillie avec prudence en Chine, où les commentateurs relèvent que le communiqué conjoint publié in extremis avant le G20 ne lève pas toutes les ambiguïtés. Près de quatre mois après l’entretien entre Sarkozy et le dalaï lama, qui avait provoqué la colère de Pékin, les deux pays ont réussi à trouver un terrain d’entente à l’issue de négociations ardues.

« On a l’impression que pour arriver à ce consensus, il a fallu parcourir un long chemin, il y a sûrement eu des discussions pénibles », juge Xing Hua, chercheur à l’Institut chinois des relations internationales à Pékin.
A propos du Tibet, ce communiqué souligne que « dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit ». « Si ces principes sont mis en pratique, la Chine et la France pourront retrouver des relations qui étaient traditionnellement bonnes » depuis l’établissement des relations diplomatiques il y a 45 ans, dit Xing Hua.

Chaque mot du communiqué conjoint — qui souligne aussi l’attachement des deux capitales au « partenariat stratégique global » –, a sûrement été soigneusement pesé. Car si la France y manifeste son refus de soutenir l’indépendance du Tibet, rien n’est dit sur le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, lequel plaide, depuis plusieurs années, pour une autonomie au sein de la Chine. « On doit se contenter pour le moment de ce résultat, des principes ont été réaffirmés, c’est une bonne nouvelle, on ne doit pas être excessivement  exigeant », affirme Xing Hua.

Cependant, pour Ding Yifan, chercheur dans un centre de recherches dépendant du Conseil d’Etat (gouvernement), « la Chine doit rester extrêmement vigilante » sur la question tibétaine. Le dalaï lama se livre à ses activités en Occident depuis de nombreuses années. Il a une influence qui n’est pas négligeable et les pays occidentaux, notamment la France, ont des divergences compliquées depuis longtemps avec la Chine sur la question tibétaine », relève-t-il. Pour le chercheur Xing Hua, les deux pays doivent surtout reprendre le fil des discussions au plus haut niveau pour « réellement et solidement trouver des bases fortes pour leurs futures relations ».

Propos hors antenne de Sarkozy: trois journalistes entendus par la police

Trois journalistes convoqués après une plainte de France 3 concernant la diffusion sur internet de propos tenus hors antenne par Nicolas Sarkozy, sont arrivés ce matin dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) à Paris pour y être entendus.Augustin Scalbert du site Rue89, Joseph Tual et  Karine Azzopardi de France 3, sont arrivés vers 9H10 devant le siège de la BRDP, accompagnés par une cinquantaine de journalistes venus manifester leur solidarité.
Peu avant, les représentants syndicaux de France Télévisions avaient dénoncé cette convocation « extrêmement grave » et « une tentative de mise au pas des journalistes que nous n’accepterons pas ».  Pierre Haski, directeur du site Rue89, rappelant pour sa part aux manifestants « nous sommes là pour défendre le droit à l’information » et jugeant les images diffusées sur internet d’éléments « parfaitement légitimes et intéressants d’information ».

Les trois journalistes ont été escortés par leurs confrères jusqu’à l’immeuble de la BRDP situé rue du Château des Rentiers (XIIIème) aux cris de « liberté d’information » certains brandissant des cassettes vidéo. Cette convocation fait suite à une plainte déposée le 8 juillet par France 3 pour « vol, recel et contrefaçon » après la diffusion sur internet, en particulier sur Rue89, d’une vidéo montrant Nicolas Sarkozy hors antenne, avant un passage au journal « 19/20 » le 30 juin.

Sur cette vidéo, qui avait été visionnée à plusieurs centaines de milliers de reprises, M. Sarkozy semblait irrité parce qu’un technicien de France 3 ne lui avait pas rendu son salut avant l’interview. Il avait également demandé au journaliste de France 3 Gérard Leclerc combien de temps il était resté « au placard ».

France 3 avait immédiatement lancé une enquête interne et « condamné avec la plus grande fermeté le piratage des images tournées pendant la mise en place de l’édition spéciale du 19/20 ». « Je suis serein, je ne suis ni un voleur, ni un contrefacteur, ni un receleur, je suis un journaliste du service public qui informe le public », a déclaré à son arrivée Joseph Tual.