Carrefour, le numéro deux mondial de la distribution, est l’objet en Indonésie d’une enquête de la Commission de la concurrence sur des soupçons d’abus de position dominante, des accusations que réfute l’enseigne française.
La direction de Carrefour Indonésie a été auditionnée par la KPPU, la Commission de contrôle de la concurrence, « afin d’apporter des clarifications sur les soupçons d’abus de position dominante », a indiqué Junaidi, porte-parole de la Commission.
Carrefour s’est fortement développé depuis 1998 dans le quatrième pays le plus peuplé au monde, où il contrôle quelque 70 magasins, dont 45 hypermarchés. Le groupe est ainsi devenu l’une des enseignes les plus connues dans un pays où les achats se font traditionnellement dans les marchés en plein air et les petites épiceries. Il a renforcé sa position de leader en acquérant en 2008 l’enseigne Alfa Retailindo, qui comptait 29 magasins, pour un prix de 49 millions d’euros.
Selon M. Junaidi, l’enseigne française contrôlerait désormais 66,7% du marché « en amont » (entre fournisseurs et distributeurs). Elle serait ainsi en « position dominante » et en profiterait pour faire pression sur les fournisseurs.
« Nous rejetons ces allégations. Nous n’avons pas de position dominante car notre part de marché est de 17% » dans le segment de la distribution moderne (en grandes surfaces), répond Irawan D. Kadarman, le porte-parole de Carrefour Indonésie, en citant des chiffres de l’institut AC Nielsen.
Il précise que la société avait obtenu en 2008 le feu vert des autorités boursières et ministérielles au rachat d’Alfa Retailindo.
L’ouverture de l’enquête survient dans un contexte de forte concurrence entre distributeurs en Indonésie, un marché au fort potentiel de développement. « Certaines personnes sont préoccupées par l’importance prise par Carrefour », indique une source du secteur citée par l’hebdomadaire Tempo.
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Le vice-président irakien va discuter d’un contrat pétrolier avec Total
Le vice-président irakien, Adel Abdel Mahdi, va rencontrer des responsables du groupe pétrolier français Total pour discuter d’un contrat de plusieurs milliards de dollars, a-t-il déclaré , en visite de travail en France.
Lors d’une rencontre avec des journalistes , le vice-président et d’autres responsables irakiens ont déclaré souhaiter attirer des investissements français dans le secteur pétrolier de leur pays, dévasté par la guerre.
« Total a fait montre de sa volonté de travailler en Irak, en particulier dans le développement en amont des champs de gaz et de pétrole », a dit un conseiller gouvernemental et ancien ministre du pétrole, Thamer al-Ghabhdan.
Ce responsable a confirmé que Total, en partenariat avec la major américaine Chevron, avait été sollicité pour être candidat au développement de l’un des gisements les plus prometteurs du sud de l’Irak.
« Total, en partenariat avec Chevron, a été sollicité pour concourir directement pour le gisement de Nahr Bin Umar », a-t-il dit.
Le consortium franco-américain sera en concurrence avec les autres candidats, comme le norvégien StatoilHydro, a-t-il précisé.
Nahr Bin Umar est l’un des deux champs pétroliers dont Total négociait déjà l’attribution avec l’ancien régime irakien de Saddam Hussein, a-t-il dit.
« Total est donc dans une position réellement avantageuse », selon lui.
Abdel Mahdi, un ancien opposant à Saddam Hussein qui a passé 25 ans en exil en France, a ajouté: « Je leur ai parlé à de nombreuses reprises, et ils sont réellement intéressés » par le gisement.
Selon les responsables irakiens, le montant des investissements nécessaires pour ce champ n’a pas été fixé, mais un chiffre de 15 millions de dollars a été discuté.
L’ambassadeur irakien à Paris, Mowaffak Abboud, a estimé que les deux champs pétroliers visés par Total avaient un potentiel de production cumulée de plus d’un million de barils de brut par jour pendant 14 ans.
La LDH dénonce un « recul des droits et libertés » en France en 2008
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce dans son rapport annuel sur « l’Etat des droits de l’Homme en France » la poursuite d’un « recul des droits et libertés » en 2008, en soulignant la « surveillance » de « tous les citoyens » et le renforcement du « contrôle social ». « Le recul des droits et libertés qu’avait accéléré l’arrivée au sommet du pouvoir politique de Nicolas Sarkozy en mai 2007, a continué sans désemparer tout au long de l’année 2008 », écrit le président de la LDH Jean-Pierre Dubois dans ce rapport, publié jeudi aux éditions La Découverte. La LDH insiste sur l’avènement de ce qu’elle appelle « l’ère des miradors invisibles », quand « puces, caméras, lecteurs d’empreintes, bases de données et fichiers (…) pullulent », soulignant que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a elle-même « alerté sur la mise en place d’une +société de la surveillance+ ».
Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, ce sont « tous les citoyens, partout et toujours » qui sont « surveillés », et « tout particulièrement » (…) les défenseurs des droits et les lanceurs d’alerte ». Plus « l’Etat pénal avance », plus « l’Etat social recule », poursuit-elle, citant l’exemple du « fichage des chômeurs » qui « s’enrichit d’une surveillance de plus en plus inquisitoriale sur leur train de vie ». L’organisation parle également d’un renforcement du « contrôle social », en particulier à travers « des entraves à la liberté d’expression », s’inquiétant de ce que « le nombre de poursuites intentées pour outrage à l’autorité publique et pour injure et diffamation explose ».
Evoquant des « dérives sécuritaires », la LDH cite notamment à ce propos la loi sur la rétention de sûreté, qui « prive de liberté après la prison ». Elle condamne « une gestion de la police génératrice de dérives de plus en plus préoccupantes », particulièrement dans l’affaire de Tarnac où présomption d’innocence et secret de l’instruction ont été selon elle « piétinés »: des sabotages de lignes ferroviaires « qui n’ont mis en danger aucune vie humaine » y ont été « présentés » comme « une menace +terroriste+ de grande ampleur ». L’association parle d’une « dérive xénophobe de plus en plus ouvertement assumée », notamment concernant les sans-papiers, mais se réjouit de l’émergence en 2008 de « résistances et réveils civiques face aux +contre-réformes+ », au cours de la campagne contre le fichier Edvige ou du mouvement de grèves de sans-papiers salariés.
Selon la LDH, « nul n’échappera au choix entre une société de solidarités durables, de prééminence démocratique du politique sur l’économique, de construction de libertés et d’égalités réelles » et « une société de surveillance dans laquelle des pouvoirs de plus en plus autoritaires chercheront à toujours plus +surveiller et punir+, pour réduire les citoyens à l’état de consommateurs et d’administrés dociles ».
Voir aussi : Rubrique Justice Affaire Villiers-le-Bel,
Bois illégal: le projet de réglementation européenne est trop frileux
Le projet de réglementation européenne sur le bois illégal manque d’ambition, estime le Fonds mondial pour la nature (WWF-France) qui rappelle que 39% des importations françaises de bois sont présumées d’origine illégale.
Le WWF appelle dans un communiqué les parlementaires français à renforcer ce projet de réglementation lors de son examen par le Parlement européen le 23 avril.
Ce projet de règlement ne définit pas ce que sont des activités d’exploitation illégales du bois et n’établit pas clairement ce qui constitue un délit, souligne notamment le WWF dans un communiqué.
De même, elle ne garantit pas la traçabilité du bois jusqu’au consommateur, elle ne prévoit pas de système indépendant de contrôle et ne fixe pas non plus de cadre européen de sanctions avec des peines plancher, ce qui présente un risque de contournement via les pays les moins exigeants, regrette l’ONG.
Le WWF, en collaboration avec Greenpeace, les Amis de la terre et France nature environnement (FNE), a établi une liste de 10 recommandations pour combler les lacunes de cette réglementation.
La plupart de ces recommandations ont été reprises dans le rapport proposé par la Commission Environnement du Parlement européen, indique le WWF qui a écrit aux parlementaires français pour les inviter à soutenir ces modifications.
« En l’état actuel, le règlement proposé ne mettra pas réellement un terme au commerce de bois illégal en Europe », estime le WWF dans ce courrier.
Selon l’ONG, environ 13 millions d’hectares de forêt tropicale disparaissent chaque année, soit environ l’équivalent de la superficie de la forêt française.
L’exploitation illégale du bois en est une des principales causes, souligne le WWF, précisant que près d’un quart des importations européennes de bois sont présumées d’origine illégale, dont 39% pour la France.
Le Contrôleur des prisons dresse un implacable « portrait de la France captive »
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a dressé mercredi un panorama sans concession de « l’arbitraire » que subit « la France captive » dans les 5.800 lieux d’enfermement de l’Hexagone.
Nommé en juin 2008 pour exercer un contrôle indépendant sur les prisons, locaux de garde à vue, dépôts de palais de justice ou hôpitaux psychiatriques, Jean-Marie Delarue a rendu public son premier rapport annuel.
Ce conseiller d’Etat, connu pour ses engagements contre les abus de la détention provisoire, a pris d’emblée à coeur sa nouvelle mission en multipliant les contrôles, inopinés pour certains.
En tout, 52 établissements ont reçu la visite de contrôleurs sur les quatre derniers mois de 2008, de quoi brosser le premier « portrait de la France captive » et « la description froide d’une réalité qui ne se laisse pas voir », selon les mots de M. Delarue au cours d’une conférence de presse à Paris.
Cet état des lieux opéré par une équipe de vingt contrôleurs a permis de constater « un déséquilibre entre les besoins de sécurité et les droits de la personne » enfermée, source de « tensions, souffrances, rapports de force et violences ».
Jean-Marie Delarue a comparé la sécurité à « un ogre jamais rassasié (qui) mange trop les droits de la personne ».
Ce « sentiment d’arbitraire », on le ressent en garde à vue, où on retire lunettes ou soutien-gorge de toute personne arrivant (578.000 en 2008), où aucun budget n’est prévu pour acheter des médicaments en cas de besoin et où les locaux sont « exigus et mal entretenus ». « Ce n’est pas digne de la France de 2009 », a jugé le Contrôleur Delarue.
Dans les centres de rétention pour étrangers en situation irrégulière, « le port d’armes par les fonctionnaires (…) ne s’impose pas d’évidence ». Plus ubuesque, « on vous retire tout instrument pour écrire ». En revanche, « quand on arrive en prison, on vous remet de quoi écrire »… Dans les établissements pénitentiaires, justement, dominent « les tensions, les menaces, les rackets ». Un paradoxe dans des « lieux où la règle est omniprésente, où la puissance publique est sur votre dos 24 heures sur 24 mais où tout peut arriver ».
Jean-Marie Delarue égrène les suicides (115 en 2008), les tentatives, dix fois plus nombreuses (1.200), les automutilations « jamais décomptées, pas plus que l’angoisse ou le désespoir » qui saisissent les détenus entassés les uns sur les autres.
Il y avait au 1er mars, 62.700 détenus pour 52.535 places dans les 200 prisons françaises. « Le surpeuplement, ce n’est pas seulement les matelas par terre », insiste le Contrôleur. C’est aussi « la croissance de la pauvreté » avec des accès aux activités et au travail « chichement mesurés. C’est encore « la diminution des parloirs avec les familles » et enfin un accès difficile aux soins .
Les dépôts de tribunaux, les hôpitaux psychiatriques qui manquent de lits et de personnel… Aucun type de structure n’a échappé aux premiers contrôles. Ceux-ci vont s’intensifier avec un objectif de 150 par an. Ils seront de plus en plus inopinés et le Contrôleur veillera à ce que soit préservée la sécurité des personnes qui se confient à lui.
Jean-Marie Delarue, au « travail objectif » pour la CGT-pénitentiaire et « pertinent » aux yeux de Christine Boutin, a jugé la situation « mauvaise, grave ». Il attend désormais « des réponses » du gouvernement.