Plusieurs milliers de personnes célèbrent à Paris la chute de Ben Ali

LE CONTEXTE — Après un mois de manifestations, et au moins 80 morts, le dictateur Ben Ali a quitté vendredi la Tunisie après 23 ans de pouvoir. Il a trouvé refuge en Arabie Saoudite.

17h45. Le porte-parole du gouvernement François Baroin a assuré qu’il n’avait «jamais été question d’une présence» de Ben Ali «sur le sol français», précisant qu’une telle demande n’avait «pas été formulée» et qu’elle «n’aurait pas été acceptée». Quant aux proches de l’ex-président présents sur le sol français — ils ont été vus dans un hôtel du parc Eurodisney — , ils n’ont «pas vocation à rester» et ils «vont le quitter».

17h30. «Le peuple est dans la rue. Il a donné son sang pour libérer la Tunisie». Reportage dans les rues de Toulouse, où 500 personnes exprimaient leur joie ce samedi après-midi. A lire sur LibéToulouse.

16h10. Ils étaient environ 800 à Lyon à manifester pour célébrer la chute de Ben Ali. Et plusieurs milliers (8000 selon l’AFP) dans les rues de Paris. Beaucoup de Tunisiens, mais aussi des Algériens, des Français, dont beaucoup de militants syndicaux et politiques. L’hymne tunisien est entonné sans cesse, les tunisiens sont en liesse, malgré les inquiétudes qui s’expriment quant aux violences qui se produisent toujours dans le pays.

(A Paris, samedi après-midi/ Elodie Auffray)

«La police de Ben Ali pille actuellement le pays. ce n’est pas le peuple, clame une manifestante sur sa pancarte». «Il faut nous aider, ajoute Kamel, 50 ans. La mafia de Ben Ali est en train de tout brûler et de tout casser. Le peuple tunisien n’est pas tombé dans les pièges qui lui sont tendus. Cette révolution est magnifique, historique et on tient à ce que ça reste comme ça».

15h30. «Tous les Tunisiens sans exception et sans exclusive» seront associés au processus politique, a affirmé le président tunisien par intérim, Foued Mebazaa, dans une brève allocution après sa prestation de serment. Il a également annoncé que le Premier ministre sortant Mohammed Ghannouchi était toujours chargé de former un nouveau gouvernement, ajoutant que «l’intérêt supérieur du pays nécessite un gouvernement d’union nationale».

14h30. Communiqué du gouvernement égyptien: «L’Egypte affirme son respect des choix du peuple tunisien et est confiante que la sagesse des frères tunisiens les incitera à la retenue et empêchera le pays de plonger dans le chaos».

14h10. Conclusion de la réunion interministérielle à l’Elysée ce midi: Paris appelle «à l’apaisement et à la fin des violences» en Tunisie, et demande «des élections libres dans les meilleurs délais», lit-on dans un communiqué de Nicolas Sarkozy. Et aussi: la France apporte un «soutien déterminé» à «la volonté de démocratie» des Tunisiens.

«Tunisiens restez debout le monde est avec vous»

13h45. Rassemblement place de la République à Paris. Plus de mille personnes sont déjà réunies pour participer à la «manifestation de soutien aux luttes des peuples tunisiens et algériens». Concert de klaxons, hymne national chanté à tue-tête, drapeaux tunisiens sur les épaules… L’ambiance est plutôt festive. «Avec mon âme, avec mon sang, je te protège Tunisie», chantent aussi les manifestants qui ont envahi la chaussée, bloquant la circulation, les services d’ordre se mettent peu à peu en place.

Beaucoup de manifestants exigent le départ du Premier ministre Mohammed Ghannouchi qu’ils considèrent comme complice de Ben Ali. Sur les pancartes, on lit aussi: «c’est fini Ben Ali», «Ben Ali assassin, Sarkozy complice», «Tunisiens restez debout le monde est avec vous» Et encore: «Yes we can» au recto, «Yes we did» au verso.  Notre reporter, Elodie Auffray, rapporte aussi ses propos d’une mère expliquant à sa fille: «On est là parce que les Tunisiens ont réussi à se libérer de leur dictateur. Mais, pour l’Algérie aussi ça va venir»

(Place de la République, samedi. / Elodie Auffray)

13h20. «Que va-ton faire à présent en Algérie, alors que Ben Ali est chassé du pouvoir par la rue?». La presse algérienne estime que la révolte des Tunisiens devrait constituer un exemple pour les autres pays arabes. Petite revue de presse ici.

Une prison incendiée, 42 morts

13 heures. Un grave incendie a ravagé une prison de Monastir, dans le centre-est de la Tunisie. Il y aurait au moins 42 morts selon un médecin.

12h32. Les opposants et exilés tunisiens sont libres de rentrer au pays, affirme le Premier ministre tunisien sortant, Mohammed Ghannouchi. «Ils peuvent rentrer quand ils veulent. C’est leur pays», a-t-il déclaré à Al-Jazira.

12h30. En France, Bruno Gollnisch, le vice-président du FN, y va de son petit commentaire. A peine arrivé au congrès du FN qui s’est ouvert à Tours, il juge «minable» que la France n’ait pas accordé l’asile à Ben Ali «avec lequel elle avait eu des relations extrêmement chaleureuses et suivies, au motif que l’on craindrait les réactions des Tunisiens en France». «Je trouve ça assez débectant, assez minable, quel qu’ait été le régime de M. Ben Ali».

Midi. Des proches de Ben Ali à Disneyland… Ils auraient trouvé refuge dans un hôtel de Seine-et-Marne, dans l’un des quartiers VIP du Disneyland Hotel à Marne-la-Vallée, lit-on dans le Parisien. Ils seraient arrivés depuis quelques jours avant que Ben Ali ne quitte le pouvoir hier soir.

Retour sur le mois de contestation en Tunisie. En images et vidéos. C’est par ici…

11h30. Le président du Parlement, Foued Mebazaa, a été proclamé samedi président par intérim par le Conseil constitutionnel écartant ainsi la possibilité d’un retour à la tête de l’Etat de Ben Ali qui a fui en Arabie saoudite.

(Photo de Foued Mebazaa, datant de 2004 / Reuters)

11h15. Tous les aéroports tunisiens sont rouverts au trafic aérien (officiel).

10h30. Sarkozy convoque une réunion interministérielle à l’Elysée samedi à midi «sur l’évolution de la situation en Tunisie et sur celle des ressortissants français» dans ce pays. Sont convoqués le Premier ministre François Fillon et les ministres Alain Juppé (Défense), Michèle Alliot-Marie (Affaires étrangères), Brice Hortefeux (Intérieur) et François Baroin (Budget, porte-parole du gouvernement).

La fuite de Ben Ali passionne la presse française. Revue de presse à lire ici.

9 heures. Les Tunisiens le surnommaient «Benavie». Finalement, il a duré vingt-trois ans. A lire dans Libé d’aujourd’hui, le portrait de Ben Ali.

8h45. L’hypermarché Géant, à la sortie nord de Tunis, a été pillé, a constaté un photographe de l’AFP.

Ce samedi 15 janvier. (AFP)

8 heures. La police a commencé à isoler le cœur de Tunis en fermant les accès à l’avenue centrale Bourguiba. Des barrières métalliques ont été dressées au travers des rues débouchant sur l’avenue Bourguiba, interdisant le passage des rares voitures et piétons.

Ce dispositif de sécurité semble avoir été décidé en application de l’état d’urgence décrété vendredi avec interdiction de tout rassemblement, au lendemain d’une nuit de destruction et de pillages dans plusieurs banlieues de Tunis.

Dans les rues de Tunis, vendredi. (Zohra Bensemra/Reuters)

7 heures. Le centre de Tunis est désert après une nuit de destruction et pillages dans plusieurs quartiers périphériques. La confusion règne sur l’heure de levée du couvre-feu en raison d’informations contradictoires, certains parlant de 6 heures, d’autres de 7 heures.

Des destructions et des pillages ont menés par des bandes de personnes encagoulées, selon les témoignages d’habitants apeurés relayés par les télévisions locales durant la nuit.

2 heures. Communiqué officiel de l’Arabie saoudite: «Le gouvernement saoudien a accueilli le président Zine El Abidine Ben Ali et sa famille dans le royaume». Le détail, ici.

Hier soir: La compagnie Air France a annulé jusqu’à nouvel ordre tous ses vols à destination de Tunis.

Libération

Voir aussi : Rubrique Tunisie, Fillon prolixe sur la coopération muet sur les droits de l’homme,

Le modernisme de Marco le subversif…

 

Marco Ferreri : Dillinger est mort

Rencontre Cinemed : Pour évoquer Marco Ferreri, Noël Simsolo révèle d’autres facettes du réalisateur.

Réalisateur, comédien, scénariste, historien du cinéma et auteur de roman noir, Noël Simsolo est l’invité du Cinemed. L’homme aux yeux doux et espiègles arbore un joli plâtre au bras gauche. Il participait hier à une table ronde dans le cadre de l’hommage rendu à Marco Ferreri qu’il a bien connu en tant qu’acteur et scénariste.

 

Noël Simsolo

Noël Simsolo

 Né en 1944, Noël Simsolo a collaboré avec les grands noms du cinéma français, Eustache, Chabrol, Vecchialli, Godard, Tavernier…  » Je viens d’appeler Mocky avec qui je dois bientôt tourner pour lui dire que j’avais le bras dans le plâtre. Il m’a répondu : très bien je n’aurais pas à t’en mettre un.  » Un certain esprit de répartie qu’affectionne particulièrement Simsolo.  » Ferreri était un peu comme ça, il captait les idées au vol. Il disait : je suis dans la rue. Je vois deux hommes qui se parlent, puis se disputent, ça me suffit pour en faire un film.  » C’est ainsi que naissent des chefs d’œuvre connus comme La Grande Bouffe. Présenté dans la sélection française à Cannes en 1973, le film fait scandale. Avec un goût certain de la provocation, le réalisateur milanais signe des films moins connus, mais tout aussi hallucinant, comme Touche pas à la femme blanche (1974).  » Dans l’appartement que lui avait prêté Piccoli, Marco faisait des concours de pâtes, avec Tavernier et Mocky et après ils regardaient des films. C’est ainsi que lui est venue l’idée de faire un film sur des gens qui meurent en mangeant. Pour Touche pas à la femme blanche, il voulait faire un film différent. Il a vu ce trou des Halls, ça lui a donné envie de faire un western dans une époque contemporaine.  » Le film où l’on voit Custer (Mastroianni) et Buffalo Bill (Piccoli) débarquer dans le Paris des années 7O pour karchériser les Indiens traverse les âges sans en pâtir, ce qui témoigne de sa modernité.  »  Ces Indiens que l’on veut faire disparaître, c’est une parabole pour parler des algériens. Aujourd’hui cela peut très bien s’appliquer aux Roms « , souligne Noël Simsolo qui s’est fait embarquer dans le tournage alors qu’il était simplement venu dire bonjour.

la-grande-bouffeA propos de la dimension politique de Ferreri, Simsolo met en lumière le réalisme du réalisateur italien.  » Il était de gauche. Mais il restait lucide sur sa condition d’artiste bourgeois. D’ailleurs dans la plupart de ses films ses personnages principaux sont des bourgeois en rupture. Un peu comme Chabrol qui démonte la bourgeoisie de l’intérieur.  » Un réalisme qu’il exprime aussi à travers son style :  » C’était un amis d’Antonioni, de Pétri, de Rossellini et de Pasolini avec qui il entretenait une relation plus complexe, mais au niveau stylistique il est plus proche de l’éthologie de Godard dans son approche des motivations comportementales humaines. Il s’intéressait à la petitesse du désespoir. On l’a pris pour un comique, mais ce n’est pas ça. Il allait jusqu’au bout. A quel moment on met une balle dans le revolver et on tue sa femme comme dans Dillinger est mort. » Comme tous les grands réalisateurs modernes et subversifs, Ferreri n’a pas d’héritier même si certains cinéastes comme Mocky poursuivent leur chemin dans la même veine.  » Ferreri était un moraliste pessimiste, pense Simsolo, Mais les pessimistes, on le voit actuellement avec les mouvements sociaux, sont les seuls à agir. Tout le monde savait que le gouvernement ne reculerait pas sur les retraites, les optimistes pensent que tout est pourri et qu’il n’y a rien à faire. Les pessimistes y vont quand même, ce sont les seuls qui ont de l’espoir. L’avenir leur appartient. « 

Jean-Marie Dinh

Angoisse

 Journée Dario Argento 

Dario Argento

Dario Argento

Aujourd’hui un hommage est rendu au Maître du thriller italien, Dario Argento qui a présenté hier le film de Sergio Léone Il était une fois dans l’Ouest auquel il est associé en temps que scénariste. On retient de ce réalisateur sa période dite des années surnaturelles avec Suspiria, sorti en 1977, qui est un thriller surnaturel extrêmement violent considéré par beaucoup comme son meilleur film. Libéré des contraintes du format plus conventionnel, Suspiria est un essai irréel où l’histoire et les personnages ont moins d’importance que le son ou l’image. Argento avait prévu que ce film serait le premier opus d’un trilogie sur les trois mères (Mater suspiriarum, Mater tenebrarum et Mater lachrimarum), trois anciennes sorcières vivant dans 3 villes modernes différentes. Le second volet fut Inferno en 1980, va encore plus loin dans l’art pur. La trilogie des trois mères est aujourd’hui achevée grâce au troisième opus sorti en Italie le 2007 intitulé la troisième mère que l’on pourra voir ce soir à 21h suivi de quatre autres de ses films lors de Une nuit d’enfer au Centre Rabelais. A noter également une table ronde en présence du réalisateur à 17h espace Joffre au Corum.

Cinemed : Un film politique sur le système berlusconien

Triple peine pour les victimes du séisme, privés de leur maison et de démocratie

Avec Draquila, l’Italie qui tremble, Sabrina Guzzanti dénonce l’instrumentalisation politique du tremblement de terre de l’Aquila en Italie.

sabina_guzzanti_02Licenciée de la télévision italienne pour son « impertinence », la journaliste Sabina Guzzanti dénonçait dans Viva Zaparero (2005) l’anéantissement de la liberté d’expression dans l’Italie berlusconienne. Avec Draquila, l’Italie qui tremble, elle revient sur la gestion politique du tremblement de terre de L’Aquila, qui a détruit, le 6 avril 2009, cette ville des Abruzzes. Au-delà du lourd bilan qui a fait 308 morts, on découvre comment celui que l’on surnomme il Cavaliere a su mettre la détresse à son profit en sacrifiant une ville de 70 000 habitants pour les besoins de sa notoriété. Très documenté, ce film politique prend l’effarante mesure du dénie de démocratie qui règne en Italie. La présentation du film à Cannes cette année est à l’origine de l’annulation de la venue du ministre de la culture italien, Sandro Bondi.

A travers cette enquête autour de la catastrophe, j’ai voulu faire comprendre pourquoi les gens votent pour Berlusconi, explique la réalisatrice, Sur place, tout a été militarisé. On a déporté et changé le mode de vie des gens sans la moindre décision démocratique. Les médias ont été muselé et l’opposition est restée autiste. » Le documentaire démonte l’argument sécuritaire invoqué par la protection civile dont la privatisation a été bloqué suite aux révélations du film. Sabina Guzzanti pointe le programme de relogement onéreux lancé à grand renfort médiatique par le président du Conseil comme une manœuvre ayant permis d’ouvrir la manne des fonds publics au réseau politico-industriel et mafieux. Sur le petit écran, Silvio Berlusconi apparaît comme un sauveur au yeux d’une minorité de sinistrés. On mesure la force de la propagande à travers de multiples témoignages dont celui d’un journaliste local qui a persuadé ses propres enfants de rester sagement dans leur chambre juste avant de les perdre dans la catastrophe.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Festival, Cinemed 2010, Salvadori : l’émotion complexe des vrais mensonges, Avédikian Palme d’Or pour Chienne de Vie, Ligne éditoriale, Cinemed 2009 , Cinemed 2008, Rencontre Pierre Pitiot “sont méditerranéens ceux qui ont envie de l’être, Cinéma , Languedoc-Roussillon Cinéma, Portrait d’Italie, rubrique Italie,L’Italie à l’avant garde de la xénophobie, rubrique UE, L’Europe en mode rigueur

L’émotion complexe des vrais mensonges

Le 32e Cinemed est déclaré ouvert a lancé sa marraine Carmen Maura vendredi dans un Corum plein d’effervescence.

Photo David Maugendre.

Nathalie Bayle. Photo David Maugendre.

Le contraste apparaît saisissant entre les deux films de cette première soirée : le court métrage de Serge Avedekian « Chienne de Vie » qui a décroché cette année La Palme d’or à Cannes, et la comédie de Pierre Salvadori De vrais Mensonges projetée en avant première en présence du réalisateur de Nathalie Baye et Audrey Tautou. Deux films en relation avec le Languedoc-Roussillon puisque le premier est Co-Produit par La Fabrique basée dans les Cévennes et le second a été tourné à Sète. Deux films réussis qui portent tant dans la forme que dans le fond, la diversité d’expression que nous donne à voir jusqu’au 30 octobre à Montpellier ce fantastique rendez-vous du cinéma.

Le mensonge mène parfois à la vérité

Salle Berlioz, on a pu mesurer vendredi la première réaction « du vrai public« , selon les mots d’Audrey Tautou, lors de la projection du film de Pierre Savaldori. Les rires durant le film et l’acclamation finale augurent plutôt d’un bel avenir à cette subtile comédie. « C’est une histoire d’amour où l’on accède à la vérité par le mensonge explique Pierre Savaldori qui co-signe un scénario à la fois fin et rigoureux avec Benoît Graffin. Emilie reçoit une belle lettre d’amour anonyme qu’elle jette, avant d’y voir le moyen de sauver sa mère, qui a sombré dans la déprime depuis le départ de son mari.

Pierre Salvadori. Photo DM

Pierre Salvadori. Photo DM

« Dans le film, le personnage d’Emilie (Audrey Tautou) incarne un peu la dictature du bonheur. Elle ne laisse aucun libre arbitre aux autres. Elle est persuadée qu’elle sait ce qui va faire leur bonheur. C’est elle qui introduit la contagion des sentiments par le mensonge. Avec cette question : peut-on aimer quelqu’un et le trahir dans un même élan ? Après de multiples rebondissements, elle prend une leçon. » souligne le réalisateur. Avec ses quiproquos sentimentaux, l’intrigue emprunte au théâtre de Marivaux et de Musset.  » Ce sont des auteurs qui me paraissent inatteignables mais qui nous ont stimulé dans la manière exaltante qu’ils ont de vouloir combler le spectateur « , confie Pierre Savaldori.

Un scénario béton

Dans le rôle de Maddy, Nathalie Baye, interprète le rôle de la mère d’Emilie. Une femme déprimée qui a dédié sa vie à l’art et à la beauté et qui devient manipulatrice.  » Ce qui me plait dans ce personnage, c’est qu’elle est complètement barrée, explique l’actrice, Le fait qu’elle puisse se sentir désirable produit un déclic qui révèle une autre facette de sa personnalité. Ce rôle était très intéressant pour la richesse et la diversité des sentiments auxquels il fait appel, la mélancolie, la colère, la folie, le plaisir, la vengeance, l’épanouissement… Tous les personnages sont travaillés en profondeur, le jeux semble juste, sans être appuyé. C’est la situation qui prime.  » Souvent dans le cinéma, les producteurs ne mettent pas assez d’argent en amont pour rémunérer les scénaristes. Dans ce film le travail est exemplaire. « 

Pierre Salvadori, aborde cette comédie avec beaucoup de sérieux. On rit beaucoup mais pas à n’importe quel prix.

Jean-Marie Dinh

Voir aussi : Rubrique Festival, Cinemed 2010 Ligne éditoriale, Cinemed 2009 , Cinemed 2008, Rencontre Pierre Pitiot « sont méditerranéens ceux qui ont envie de l’être, Cinéma , Languedoc-Roussillon Cinéma,

Sarkozy au Proche-Orient

Une courte visite officielle au Caire (2007)

 
Essai.
Un recueil de textes de journalistes spécialisés et d’historiens démontre que la politique française au Proche -Orient est loin de débloquer le processus de paix israélo-arabe.

Pas simple dans l’hexagone de se faire une idée sur la politique étrangère française. Celle-ci, en vertu de notre constitution, reste l’apanage exclusif du chef de l’État. L’ouvrage Sarkozy au Proche Orient* fait le point sur la politique française dans l’espace complexe du conflit israélo-palestinien. Est souligné d’entrée de jeu, que la politique menée au Proche-Orient depuis l’élection de Sarkozy répond de manière basique au projet du président avant son élection?:  » Rompre avec la politique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis et raviver l’idylle franco-israélienne « . Les deux objectifs pouvant aux yeux du chef de l’État, apparaître liés.

 Le livre propose un ensemble de textes de journalistes spécialisés et d’historiens sous la direction de Farouk Mardam-Bey, ancien conseiller culturel de l’Institut du monde arabe qui dirige chez Actes-Sud l’intéressante collection Sindbad. Il en ressort que la rupture a consumé la remarquable constance à laquelle la diplomatie française se tenait depuis quarante ans. Ce que l’on a baptisé, en dépit de nombreuses entorses, la politique arabe de la France, reposait sur trois principes fondamentaux, rappelle Mardam-Bey dans le propos introductif : le droit de tous les États du Proche-Orient, y compris Israël, à vivre dans des frontières sûres et reconnues. Le refus d’entériner tous  » les changements réalisés sur le terrain par l’action militaire « . La nécessité, enfin, d’une intervention commune de toutes les grandes puissances afin de garantir la mise en application des deux premiers principes.

On découvre à travers différentes analyses comment Nicolas Sarkozy affiche un pragmatisme à la petite semaine qui, comme le souligne l’universitaire Alain Chenal,  » stupéfie plus d’un diplomate par la vacuité de ses propos « . Et on conclut, que sur ce terrain aussi, le locataire actuel de l’Élysée qui voit la scène internationale comme un moyen de soutenir son image intérieure a beaucoup de chemin à faire pour reconduire son bail en 2012.

Jean-Marie Dinh

Sarkozy au Proche-Orient, Actes Sud, 17 euros

Voir aussi : rubrique Rencontre Elias Sambar, Israël Le rapport de l’ONU sur Gaza , Le discours de Netanyahu torpille les initiatives de paix, Documentaire, Mort de Rachel à Rafah, conflit israélo-palestinien Repère sur la guerre de Gaza, Livre, Edward Saïd la question de Palestine, Histoire Accords de Camp David,