Le philosophe qui censure ses critiques

bhl2Le nouveau livre du philosophe et journaliste italien Daniel Salvatore Schiffer, qui enseigne en Belgique, ne sera pas publié en France malgré l’existence d’un contrat. Ce livre critique le philosophe français Bernard Henri Lévy, qui a manifestement usé de sa puissance éditoriale contre son collègue, écrit le quotidien progressiste de gauche La Repubblica. On peut difficilement échapper « à la chemise blanche de Bernard Henri Lévy, à ses livres, à ses entretiens à la radio et la télévision. Et même s’il est accusé de censurer les livres de ses critiques, c’est toujours Bernard Henri Lévy qui occupe le devant de la scène médiatique et culturelle. … Schiffer accuse le monde littéraire français d’omerta. De nombreux livres ont été écrits contre BHL, mais cette censure présumée aidera finalement le livre de Schiffer, qui sortira fin mars pour le salon du livre à Paris, dans une édition belge. »

La Repubblica (Italie)

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L’Hérault et Quangzhou signent un protocole de partenariat

André Vezinhet, président du Conseil général du département de l’Hérault , et Jacques Atlan, vice-président délégué à la culture se rendront dans les prochains jours en Chine pour signer un protocole de partenariat avec Li Jianguo, maire de la municipalité de Quanzhou (sud de la Chine).

Le protocole se fixe comme priorité la dynamisation des échanges économiques, notamment dans le domaine de la viticulture, pour les cinq ans à venir. Outre la viticulture, le protocole permettra de mettre en valeur les produits locaux, le tourisme à travers la culture et le patrimoine des deux territoires, mais aussi des filières comme l’agriculture.

Dernier volet de cette coopération : des échanges à caractère sportif et éducatif avec des rencontres sportives intégrant le handisport ou le jumelage entre établissements scolaires. Les deux élus héraultais participeront également au Festival culturel du Sud Fijuan auquel 800 autres personnalités de Chine et de l’étranger sont invitées.

Ce protocole est l’aboutissement de relations entamées en 1992 avec la Chine dans le cadre culturel avec notamment le Printemps des comédiens.

Xinhua

Voir aussi : Rubrique Coopération Le jumelage Montpellier Chengdu,

Le Conseil constitutionnel valide le redécoupage électoral

Les parlementaires socialistes avaient formé un recours contre le tracé de la nouvelle carte des circonscriptions des députés, établi par le gouvernement, dénonçant un «tripatouillage».

Coups de ciseaux autorisés! Le Conseil constitutionnel a validé, ce jeudi, le redécoupage électoral destiné à remplacer, dès 2012, la carte législative actuelle, quelque peu défraîchie puisqu’en vigueur depuis 1986, rejetant le recours formé par des parlementaires socialistes. Les juges présidés par Jean-Louis Debré ont déclaré conforme à la Constitution la procédure d’adoption de ce redécoupage et le nouveau tracé des circonscriptions qui en résulte. Ils ont même souligné un «progrès» sur la carte précédente, dessinée par Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, accusé, à l’époque, par la gauche d’avoir procédé à un «charcutage électoral». Devenue obsolète, comme l’avait souligné à plusieurs reprises le Conseil constitutionnel, la carte de Pasqua donnait lieu à des écarts démographiques de 1 à 3,6 dans les circonscriptions.

Très remontés contre un «tripatouillage», les élus socialiste avaient notamment dénoncé la méthode des «tranches» pour répartir les nouvelles circonscriptions (un député pour 125.000 habitants) et avaient concentré leurs critiques sur les délimitations dans 28 départements et plusieurs des 11 circonscriptions créées pour représenter les Français de l’étranger. Mais les juges constitutionnels se sont référés à leur jurisprudence constante, mise en oeuvre en 1986 mais aussi pour les sénatoriales de 2003 et la loi d’habilitation de 2009 ayant encadré le redécoupage piloté par le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alain Marleix. «Quel que puisse être le caractère discutable des motifs d’intérêt général invoqués pour justifier la délimitation de plusieurs circonscriptions», notamment en Moselle et dans le Tarn, écrit le Conseil dans un communiqué, il n’apparaît pas «que cette délimitation méconnaisse manifestement le principe d’égalité devant le suffrage».

«Coup de pied de l’âne»

Une décision assortie d’un «coup de pied de l’âne», en déduit Bruno Le Roux, chargé, au PS, de répliquer au découpage d’Alain Marleix. Selon le député de Seine-Saint-Denis contacté par Libération.fr, les Sages ont «reconnu, au moins, des délimitations bizarres. Donc forcément partisanes, sinon pourquoi seraient-elles bizarres? Mais le Conseil conclut que le pouvoir dont il dispose ne lui permet pas d’aller à l’encontre» des contours de la nouvelle carte des circonscriptions législatives. En outre, le Conseil explique, dans son communiqué, que le redécoupage n’était pas divisible. A valider en bloc ou à rejeter. Bruno Le Roux ne partage pas cette logique du «tout ou rien». «Il aurait pu censurer des choses choquantes. Il en relève d’ailleurs, il le dit mais décide de ne pas aller contre.»

Directement concernée par les nouveaux contours de la carte électorale, la députée (PS) de Moselle, Aurélie Filippetti, élue aux législatives de juin 2007, confie à Libération son «énorme déception, d’autant plus grande qu’il y a reconnaissance, par le Conseil, du forfait politique commis en Moselle». «Le Conseil constitutionnel reconnaît que le découpage a été effectué au profit d’une personnalité et au mépris des règles d’équité démocratique, mais il a refusé de prendre le risque politique de censurer le texte, après avoir invalidé celui sur la taxe carbone», déplore-t-elle.

Libération

La Chine, la Corée du Sud et le Japon planchent sur un accord trilatéral de libre-échange

La Corée du Sud envisage de lancer un programme conjoint de recherche avec la Chine et le Japon sur la faisabilité d’un accord de libre-échange (ALE) entre les trois pays d’Asie du Nord-Est, a déclaré mercredi le ministre sud-coréen des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, le pays, qui cherche à établir l’intégration économique de la région du nord-est de l’Asie en créant des conditions favorables pour des ALE, lancera une étude conjointe avec les pays concernés, à laquelle participeront des responsables gouvernementaux, des universitaires et des représentants des milieux d’affaires.

Parallèlement à l’ALE trilatéral, le pays poursuivra ses efforts visant à établir des accords de libre-échange bilatéraux séparés avec la Chine et le Japon, précise le communiqué. Jusqu’à présent, la Corée du Sud a passé des accords de libre-échange avec le Chili, Singapour et l’Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi qu’un accord similaire avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le pays est parvenu récemment à un accord de libre-échange avec l’Union européenne et a également conclu des négociations de libre-échange avec l’Inde, qui ont débouché sur la signature de l’Accord global de partenariat économique (CEPA) en août 2009.

Pour ce qui est de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis signé en juin 2007, les deux pays attendent toujours l’approbation du pouvoir législatif. La Corée du Sud cherche également à établir des accords commerciaux similaires avec l’Australie, le Canada et le Mexique.

Xinhua

Niger : Coup d’Etat contre le président Tandja

mamadou Tandja

Un « Conseil suprême pour la restauration de la démocratie » a annoncé à la radio d’Etat nigérienne la suspension de la Constitution, après un coup d’Etat jeudi à Niamey. « Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la Constitution de la sixième république et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues », a annoncé le colonel Goukoye Abdoulkarim (bien Abdoulkarim). Il lisait un communiqué à la radio Voix du Sahel. Le président nigérien Mamadou Tandja, visé jeudi par un coup d’Etat qui a fait plusieurs morts et blessés, a été « emmené » par des militaires qui ont ouvert le feu sur le palais présidentiel à Niamey, ont annoncé plus tôt à l’AFP deux ministres nigériens, eux-mêmes arrêtés.

Le Conseil demande à « la population de garder son calme et de rester unie autour des idéaux qui animent le CSRD et qui pourront faire du Niger un exemple de démocratie et de bonne gouvernance à l’instar des autres Etats épris de paix et de stabilité », a poursuivi le porte-parole à la radio. La Constitution que le CSDR affirme suspendre est celle adoptée en août dernier à l’issue d’un référendum très contesté qui a accordé une prolongation d’au moins trois ans du mandat du président Tandja, après deux quinquennats à la tête du pays sahélien.

La précédente Constitution, qui limitait à deux le nombre des mandats présidentiels consécutifs, prévoyait qu’il quitte le pouvoir le 22 décembre dernier. Pour arriver à ses fins, M. Tandja avait dissous le parlement et la Cour constitutionnelle qui s’étaient opposés à son projet de référendum sur une nouvelle Constitution. « C’est une situation difficile. Le président Tandja a essayé de rallonger son mandat », a réagi jeudi le porte-parole du département d’Etat américain Philip Crowley, en affirmant que les Etats-Unis avaient exprimé des « inquiétudes » à ce propos. « Et il est évident que cela a très bien pu précipiter ce qui s’est passé aujourd’hui », a estimé le porte-parole. M. Crowley a toutefois précisé que les Etats-Unis ne défendaient « en aucune façon » la violence qui s’est exercée contre le pouvoir. « Mais cela souligne le fait que le Niger doit organiser des élections et former un nouveau gouvernement », a indiqué le porte-parole qui a précisé que Washington disposait encore de peu d’informations sur la situation sur place.

AFP

Un coup d’Etat prévisible

nigerDepuis trois mois, bon nombre de Nigériens prévoyaient une réaction de l’armée. La date du 22 décembre dernier a marqué l’expiration du deuxième mandat de Mamadou Tandja qui, pour se maintenir au pouvoir au-delà de cette date, avait dissous le Parlement et fait adopter par référendum une nouvelle Constitution. D’autres facteurs ont aussi compté dans la décision de renverser Mamadou Tandja.

L’armée a visiblement voulu donner une dernière chance à la négociation menée par la CEDEAO. Mais, mardi 16 février, le sommet des chefs d’Etats de l’organisation sous-régionale n’a pu faire qu’un constat d’échec. Les cartes du dialogue épuisées, les militaires ont renversé 48 heures après ce sommet le président Tandja. Plusieurs facteurs les y ont incités. Après la rupture du dialogue avec l’opposition, les militaires ont probablement craint un durcissement du régime Tandja avec à la clef la mise à l’écart au sein de l’armée d’éléments jugés suspects. Les putschistes ont peut-être également décidé d’agir rapidement pour ne pas être pris de vitesse par un autre groupe : des officiers supérieurs, par exemple, qui auraient pu faire le coup avant eux.

Selon une source bien informée de la région, au sein des forces armées nigériennes un ou deux autres groupes de militaires se préparaient aussi. Ceux qui ont pris le pouvoir sont pour la plupart issus de la jeune génération et font partie des cadres intermédiaires qui seraient, selon un diplomate de Niamey, moins compromis avec le régime Tandja et moins corrompus. La junte, qui a dû prendre quelques assurances chez les voisins, ne peut pas échapper aux condamnations formelles. Mais l’éviction de Mamadou Tandja est sans aucun doute perçue comme un soulagement, en tout cas comme une potentielle solution pour ramener le Niger sur les rails de la démocratie, à condition bien sûr que les putschistes jouent le jeu.

RFI

Voir aussi :  Rubrique Politique étrangère Sarkozy en tournée dans la région des grands lacs, La guerre oubliée de l’Uranium,