L’univers humoristique d’un trio presque normal

A l’image inversée de la courbe de popularité des deux derniers présidents français, rien ne semble arrêter l’impertinence du duo Renaud Dély (scénario) et Aurel (dessin) qui affinent leur com- plémentarité dans : Hollande et ses 2 femmes*. Journaliste politique de référence, le premier a eu le loisir d’observer l’importance de la vie semi-privé des responsables politiques dans une démocratie d’opinion. Connu à Montpellier comme un justicier humaniste, le second est toujours prompt à dégainer son crayon pour dénoncer la trahison du contrat démocratique. Les deux complices complètent le portrait de C’est dur d’être à gauche qui retraçait l’accession au pouvoir de l’ex-maire de Tulle. Cette fois l’enquête documentée met en perspective la vie sentimentale de François Hollande. A commencer par la relation fondatrice que le petit François entretenait avec sa mère. « Elle le choyait, il l’adorait le gentil petit Fanfan, qui ne s’entendait pas avec son père, aimait sa mômam par-dessus tout... »

Un peu plus tard au sein de la fameuse promotion Voltaire de l’ENA, François flashe sur Ségolène surnommée « miss Glaçon » par ses copains de promo, Michel Sapin, Jean-Pierre Jouyet, de Villepin… En 1981 le couple François Ségolène entre à l’Elysée en tant que conseillés. Ils sont élus députés aux législatives de 1988. Hollande qui soigne ses relations avec la presse, fait la connaissance de Valérie Massoneau (Trierweiler), jeune journaliste à Paris-Match. L’album restitue les moments clés et des anecdotes révélatrices sur la relation entre Ségolène et celle qui s’impose comme sa rivale.

En 1992, tandis que Ségolène, ministre de l’Environnement, met en scène la naissance de son quatrième enfant Flora, en posant pour Match, Valérie refuse de réaliser l’entretien. En 2005, la complicité entre François et Valérie s’est transformée en passion, les choses se gâtent et le comportement de François n’arrange rien. Tous les faits sont réels, ce qui les rend drôles c’est la mise en scène. Merci aux auteurs de nous faire remettre en poche nos mouchoirs. Tweet… !

Jean-Marie Dinh

Hollande et ses deux femmes, Editions Clénat, 15,5 euros

Source : L’Hérault du Jour 28/04/13

Voir aussi : Rubrique Livre,

Interdite de séjour dans l’espace Schengen. Aminata Traoré parle de la déconvenue

Ceux qui voyaient dans la présidence d’Hollande la fin de la Françafrique ou une politique africaine de la France plus équitable, peuvent enfin se faire à la cruelle évidence de la realpolitik. Aminata Traoré, la militante altermondialiste malienne, n’a pas eu son visa Schengen, sur instruction de la France à tous les pays de l’espace Schengen.
Aminata Traoré paierait-elle cash sa prise de position audacieuse, contre l’intervention française au Mali, qui selon elle cacherait à peine de gros intérêts miniers et géostratégiques au Mali et dans la sous région ?
La France n’a pas d’amis elle n’a que des intérêts disait le Général De Gaule, et les intérêts eux, s’accommodent très mal de toutes voix discordantes.
L’ancienne ministre de la culture malienne et porte-flambleau du « Non à l’intervention militaire étrangère au Mali » livre à cameroonvoice son sentiment après cette déconvenue

Cameroonvoice : Nous avons appris avec stupéfaction que les autorités françaises ont refusé de vous accorder un visa d’entrée en France pour participer à une réunion publique le 22 avril dernier. Pouvez vous nous confirmer cette information?

Aminata Traoré : En fait, j’ai été invitée par Die Linke, un parti de gauche allemand, et des militants français. Je devais faire un tour à Berlin et par la suite donner une conférence à Paris et Lille. J’avais un visa de circulation de 4 ans de l’espace Schengen qui a expiré au mois de Février.

Quand je me suis rendue à l’ambassade d’Allemagne pour solliciter un droit d’entrée dans l’espace Schengen, ils m’ont accordé un visa de trois jours uniquement pour leur pays en me notifiant que la France a donné des instructions pour qu’aucun pays de l’espace Schengen ne m’accorde de visa.

Il y avait donc une interdiction de circulation dans l’espace Schengen vous concernant, dont vous ignoriez totalement l’existence?

Non non, on ne me l’avait pas notifié avant, c’est à la faveur de ce voyage que je l’ai su. J’ai été autorisée à aller en Allemagne et à revenir au Mali directement sans fouler le sol de l’espace Schengen mis à part l’ Allemagne. Je ne sais pas si c’était une exception allemande, ou si les autres pays de l’espace Schengen pourront m’accorder la même « faveur ».

Ma liberté de circuler est maintenant restreinte. Les consulats européens échangent entre-eux, des listes de personæ-non-grata, et les dispositions changent selon la gravité du délit entre guillemets. En ce qui me concerne, je ne sais pas ce que l’on me reproche. Dans mon cas, j’ai eu la chance d’avoir cette ouverture de la part de l’Allemagne, mon compatriote Oumar Mariko( Secrétaire général du SADI, Ndlr), lui il n’a pas pu voyager du tout.

Vos prises de position contre l’intervention militaire des forces étrangères au Mali et notamment celle de la France ne seraient pas la cause de cette interdiction?

Certainement, sinon je ne comprends pas pourquoi, la France et surtout les membres de ce gouvernement de gauche, qui m’ont reçu et qui me connaissent parfaitement le feraient. En principe, nous partageons les même idées.

Sauf que, la France considère son intervention au Mali comme une réussite politique et militaire, c’est le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui l’a dit et ce success story de leur point de vue exige certainement un verrouillage, qu’il n’ y ait pas de critiques, puisque l’unanimité leur réussit si bien! Vous vous souvenez bien que toutes les résolutions concernant cette guerre ont été adoptées à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations Unies, et avant-hier ( mardi 23 avril Ndlr) ils viennent aussi de voter à l’ unanimité à l’ Assemblée nationale et au Sénat français pour la prolongation de l’Opération Serval au Mali.

Le pouvoir politique a changé de main en France voilà bientôt un an et on peut constater pour le déplorer avec cette opération que la politique africaine de la France, demeure toujours la même.

Elle demeure inchangée et il ne nous le cache pas. Le Général De Gaulle l’a dit : « la France n’a pas d’amis mais des intérêts ». Peut-être c’est nous qui nous faisons des illusions, François Hollande l’a d’ailleurs répété récemment en parlant dossier Centrafricain quand François Bozizé l’appelait à l’aide. Il lui a fait savoir que la France défendait ses intérêts et ses ressortissants.

Nous l’apprenons peut-être à nos dépens, parce qu’on se disait aussi que les temps ont changé et puisqu’ils sont confrontés aux mêmes difficultés que nous, liées au même environnement économique international, avec les questions d’aide, de chômage de pauvreté etc. Mais à la lumière de ce qui se passe, il y a une grille de lecture qui s’applique à l’Afrique, on est considéré comme des pays en faillite, pas de d’états, pas d’ armées, ils peuvent faire la pluie et le beau temps et ne tolèrent pas de voix discordantes.

Ils ne tolèrent pas de voix discordantes, pourtant ils se clament chantre de la liberté de la d’expression. Peut-on interpréter cette interdiction de territoire comme une entrave à la liberté d’expression, puisque vous avez un point de vue discordant?

Oui! Pourtant moi je n’ ai pas changé, tout ceux qui me suivent depuis savent que j’ai pas changé de discours ceux sont les mêmes idées que je véhicule. Je ne m’attaque à personne, je condamne tout simplement un système économique mondial cynique et la guerre fait parti de ce système.

Aujourd’hui la militarisation pour le contrôle des ressources de l’Afrique fait parti de l’agenda. C’est ce que j’ai dit et c’est ce qu’ eux mêmes ils reconnaissent!!! Alors moi malienne, pourquoi je n’ai pas le droit de poser ce regard sur les réalités de mon pays en guerre!!!

Comment envisagez-vous l’avenir du Mali et de la sous-région suite à cette intervention militaire française appuyée par des troupes africaines?

Je pense que les troupes africaines sont mises à contribution, et comme je l’ai déjà dit dans mon manifeste ce n’est pas notre guerre, nous sommes entrés dans une phase de la globalisation qui implique la diplomatie économico-offensive et la militarisarisation.

Mais seulement, Al Qaida est une réalité et en même temps une aubaine, elle permet aux dirigeants Africains qui ont mal géré de dire maintenant que la priorité c’est la lutte contre le terrorisme et aux puissance étrangères de dire faisons cause commune luttons d’abord contre le terrorisme.

Et moi je dis que le véritable terrorisme c’est la misère, c’est les injustices, parce que je sais qu ’une bonne partie des combattants des djihadistes sont avant tout, des jeunes désespérés sans boulot, ils n’ont pas de visas et se font recruter à la fois par les narcotrafiquants et les djihadistes. C’est cette réalité qu’il nous faut regarder maintenant de près.

Quelles leçons devrons nous tirer de la situation au Mali et de ce qui vous arrive à vous?

Je souhaite que les Maliens et les Africains s’ouvrent grandement les yeux et les oreilles et se disent qu’en réalité, il n’y a pas un cas malien. Ce qui se passe aujourd’hui au Mali est l’illustration d’une nouvelle étape de la politique de mainmise sur les ressources du continent, notamment les ressources énergétiques, sans lesquelles la sortie de crise, la croissance et la compétitivité ne sont pas envisageables par l’Occident.

Au lieu de jouer cartes sur table et changer les règles du jeu on préfère, nous écrire un autre histoire, nous humilier, nous culpabiliser. Avec tout ce qui se passe je considère que le Mali est humilié, il y a donc aucune raison d’en ajouter en gardant le silence et c’est ce que tout le monde fait, et les occidentaux le savent pertinemment.

Raison pour laquelle, je me réjouis aujourd’hui de ce soutien international parce qu’il y a énormément de gens qui ne comprennent pas, quelque soit la différence de lecture qu’un tel traitement me soit réservé. C’est donc une nouvelle phase de la décolonisation de l ‘Afrique. Il nous appartient maintenant à nous mêmes de voir ou sont les véritables défis.

La rédaction de cameroonvoice.com/

 

source : Autre Presse du 27 avr 2013
Voir aussi : Rubrique Afrique, ,

Les Classiques ou les fondements de la science économique moderne

 

La pensée Classique est à l’origine de la science économique moderne

 

Introduction:

La pensée économique existe probablement depuis l’Antiquité. Le terme économie a pour origine le grec «oicos» «nomos» signifiant littéralement «les règles d’administration de la maison». Mais jusqu’au XVIIIème siècle celle ci ne disposait d’aucune autonomie. Son étude était liée aux autres types de savoirs, tantôt dépendante de la vision philosophique, tantôt de la vision politique ou encore de la vision religieuse. Mais jamais avant le XVIIIème siècle elle n’avait été étudiée en tant que sphère autonome.

La tradition économique tend à faire commencer l’analyse de l’économie comme discipline à part entière avec la parution en 1776 de l’ouvrage qui deviendra par la suite le plus célèbre de l’histoire économique, nous voulons bien sur parler des Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations de l’économiste écossais, Adam SMITH. Ce courant de pensée, qui sera qualifié par la suite, par Marx puis par Keynes de « Classique », dominera largement le XVIIIème siècle et la première moitié du XIXème, jusqu’à l’apparition dans les années 1870 du courant néoclassique.

Cependant, si l’œuvre de Smith constitue un évènement marquant, il ne faut pas croire pour autant à l’absence totale d’analyse économique avant le XVIIIème siècle. Bien au contraire, les physiocrates et notamment leur chef de file, le médecin François Quesnay, posent les jalons de ce que sera l’économie Classique notamment en ce qui concerne la croyance au libéralisme et a l’existence d’un ordre spontané du monde, d’où une hostilité à l’égard de toute intervention étatique dans la sphère économique.

Nous venons ici d’évoqué assez rapidement plusieurs courants de pensée, il s’agira donc dès lors de nous demander en quoi est-ce que, au sein de l’histoire de la pansée économique, la pensée Classique est à l’origine de la science économique moderne?

Nous ferons donc dans une première partie l’analyse de la pensée classique et verrons en quoi elle constitue un tournant dans l’histoire économique, puis dans une deuxième partie nous verrons la postérité de cette pensée, dans l’étude d’autres analyses économiques qui, que ce soit pour revendiquer une filiation ou pour la critiquée, ce sont construits par rapport à la pensée classique, ce qui prouve bien qu’elle est effet fondatrice de la science économique moderne.

I – Les classiques : La naissance d’une pensée économique indépendante.

A – Une recherche sur la nature de la richesse des nations.

1 – Approche dichotomique et la neutralité de la monnaie.

2 – Le problème de la valeur. W incorporé, W cumulé.

B – Une recherche sur la cause de la richesse des nations.

1 – Les vertus du Libre- échange.

2 – Le penchant naturel des hommes à l’échange.

3 – Une contrainte sur l’offre mais pas sur les débouchés.

  • L’état stationnaire et le pessimisme classique.

C – La répartition de la richesse comme ressort de la dynamique capitaliste.

1 – Une société de classes aux intérêts contradictoires

2 – La dynamique de l’accumulation freinée par la baisse des profits.

  • La dynamique grandiose des classiques

  • La science lugubre de Thomas Malthus.

  • État stationnaire

3 – Une contrainte sur l’offre mais pas sur les débouchés.

II – Héritage, hétérodoxie et remise en question de la pensée classique.

A – La révolution marginaliste: héritage et approfondissement de la pensée Classique

1 – Le raisonnement à la marge: La résolution du paradoxe de l’eau et du diamant.

  • rejet de la valeur travail.

2 – Loi de Say, neutralité de la monnaie: approfondissement de la pensée classique, par l’utilisation systématique de modèles mathématisés.

B – L’hétérodoxie marxiste, le dernier des classiques?

1 – l’analyse en termes de classes

  • Baisse tendancielle du taux de profit.

2 – La théorie de la valeur chez Marx.

  • Critique du fonctionnement du système capitaliste.

  • Contre la théorie de la neutralité de la monnaie.

C – La remise en question Keynésienne

1 – Remise en question de la loi de Say.

2 – Remise en question de la neutralité de la monnaie

3 – Intervention nécessaire de l’état dans l’économie.

II Héritage, hétérodoxie et remise en question de la pensée classique

A. Les néoclassiques : révolution marginaliste, héritage et approfondissement

Les néoclassiques dans les années 1870, trois auteurs qui ne se connaissent pas et ne se sont pas concertés écrive chacun des ouvrages qui fondent le néoclassicisme : l’autrichien Carl Menger, l’anglais William Stanley Jevons et le suisse Léon Walras.

Ils sont dans une démarche micro-économique dans la mesure où ils s’intéressent aux comportements individuels.

  1. Le raisonnement à la marge dans un univers de rareté

Abandon de la théorie de la valeur travail et adoption de la théorie de la valeur utilité.

L’utilité mesure la satisfaction globale qu’un individu retire de la consommation d’un bien. Le niveau d’utilité dépend donc de la quantité consommée et de la rareté d’un bien.

Raisonnement à la marge : la valeur économique résulte de l’utilité marginale.

Utilité marginale : accroissement de l’utilité procuré par la consommation d’une unité supplémentaire d’un bien. Elle est décroissante.

Exemple : J’achète un short. Je suis très contente j’ai enfin le short que je voulais. Si j’en achète un deuxième ma satisfaction (l’utilité marginale) sera moindre que celle que m’a procuré l’achat du premier c’est cool mais j’en avais déjà un.

Cela explique le paradoxe de l’eau et du diamant : l’eau étant en quantité illimitée, sa valeur marginale est très faible (j’obtiendrais peu de satisfaction à consommer une 15ème bouteille d’eau) tandis que le diamant est rare, lui aussi m’apporte une satisfaction (celle de posséder un diamant) je serais prête à offrir beaucoup pour en avoir un deuxième donc l’utilité marginale est élevée et la valeur aussi.

  1. La loi de Say / loi des débouchés et la neutralité de la monnaie : adhésion et mathématisation des théories classiques.

Les néo-classiques y adhèrent et approfondissent ces théories. Classiques sont essentiellement théoriques tandis que les néoclassiques instaurent l’utilisation systématique des modèles mathématisés (courbes, fonctions…) qui donnent au modèle une dimension empirique.

Le modèle de Solow et les autres modèles de croissance (croissance endogène) sont les plus caractéristiques des modèles mathématisés : modèle de la croissance avec une fonction de production à deux facteurs (capital et travail) plus progrès technologique mais sans savoir d’où provient ce progrès.

B. L’hétérodoxie marxiste : « le dernier des classiques » (Marx :1818-1883)

C’est Marx qui donne le nom de « classiques ».

  1. Marx reprend les classiques

Raisonne comme eux en terme de classes même si ce ne sont pas les mêmes classes. Ouvriers / Capitalistes / Entrepreneurs (théorie de répartition classique) différent de Prolétaires / Bourgeois (bourgeois exploitant les prolétaires et accaparant le surplus).

Rejoint les classiques sur la théorie de la valeur travail. Distinction de la valeur d’usage (subjective) et de la valeur d’échange qui ne peut être déterminée que par la valeur travail.

Rejoint les classiques sur la baisse tendancielle du taux de profit.

  1. Divergences et critiques du classicisme

Capitalisme : parce qu’il s’appuie sur la propriété privée des moyens de production, et recherche le l’accumulation du capital par le biais du profit repose sur la théorie économique classique.

Il est selon Marx voué à l’échec car contient des contradictions en son sein qui le mèneront à une autodestruction.

But du capitalisme : augmenter le profit sans cesse. Donc course à la productivité et concurrence sur le marché. Le développement continu des techniques, permet de produire de plus en plus mais :

  • La technique offre la possibilité d’une distribution quasi gratuite de plus en plus de services (surtout dans les domaines de la connaissance et de l’information) : contradictoire avec la propriété privée des moyens de leur production… Droit de propriété = enjeu majeur du capitalisme avec la création d’une rareté artificielle nécessaire au bon fonctionnement du marché et à la réalisation des profits. Si les produits ne sont pas rares, ils n’ont plus de valeur.

  • Le progrès technique augmente la productivité. Les prix diminuent alors et font disparaître les entreprises les moins rentables, augmentant la classe prolétarienne. Cette classe a de plus en plus de mal à acheter les marchandises produites par le système.

  • Donc machinisation du capital.Or le profit repose sur la différence entre la valeur produite par le travail et le salaire est la extorquée par le capitaliste.Les machines ne produisent pas de sur-valeur…Baisse tendancielle du taux de profit. Donc la logique capitaliste conduit à son autodestruction.

Marx s’oppose aux classiques sur la question de la neutralité de la monnaie. Cette critique est plutôt développée par Keynes.

C. La remise en question keynésienne (Keynes :1883-1946)

Contexte de la crise de 1929. Pourquoi il y a une crise si la théorie des néoclassiques et des classiques est infaillible ?

  1. Remise en cause de la loi de Say

L’économie n’est pas un circuit fermé autorégulateur où l’offre crée sa propre demande.

Théorie classique : l’argent de l’épargne réinjectée dans le la dynamique économique et devient source d’investissement qui devient source de distribution de salaires qui devient source de conso.

Trop d’épargne n’est pas forcément réinvestie. Dans ce cas baisse de la demande. Les entreprises anticipent une diminution continue de la demande et baissent leur investissement. Elles embauchent moins donc chômage. Donc baisse de la consommation : prophétie auto réalisatrice.

Crise !!!

De plus en tant de crise les gens ont une préférence pour l’épargne liquide. C’est une fuite dans le circuit.

  1. Neutralité de la monnaie

Dans un monde économique dominé par l’incertitude il est rationnel de désirer l’argent en lui-même. La monnaie prend donc une valeur (valeur-refuge).

Pour empêcher une précipitation vers la liquidité monétaire le taux d’intérêt intervient. Selon qu’il est plus ou moins élevé les gens préfèrent tésoriser (épargner en monnaie liquide) ou épargner à la banque.

Si il y a trop de tésorisation il n’y a pas assez de demande donc l’entreprise n’entreprend pas donc équilibre de sous-emploi.

  1. L’intervention de l’État

Le marché est faillible, il ne peut pas s’auto-réguler et échapper aux crises. Il mène parfois à un équilibre de sous emploi. C’est l’État qui doit jouer le rôle de régulateur.

Il doit soutenir la demande :

  • Par la politique monétaire

  • Par la politique budgétaire : dépenses publiques qui génèrent des revenus et donc augmentent indirectement la demande. Par ex : politique des grands travaux.

Conclusion.

Au terme de cette analyse la réponse à la question posée est évidente: oui les classiques sont bien les fondateurs de la science économique moderne. Ils en jettent les bases, en définissent les pourtours. Leur apport, notamment en matière d’émancipation de la science économique est considérable. Et si le coté scientifique est surtout développé dans l’analyse néoclassiques, il n’en demeure pas moins que la démarche et la pensée Classique avait la rigueur de la démonstration scientifique.

Enfin, si leurs conclusions ont souvent été réfutées, il convient tout de même de remarquer que tous les grands auteurs, ou courant de pensée qui viendront après les classiques, se définiront ou se positionneront toujours par rapport à eux: soit pour s’inscrire dans une filiation, soit pour les critiquer, soit pour complètement les remettre en question.

Bibliographie:

La pensée économique 1 / Des mercantilistes aux néoclassiques.

Daniel Martina

Auteurs et grands courant de la pensée économique.

Guillaume Vallet

La pensée économique classique 1776-1870.

Joël-Thomas Ravix.

Les grandes théories économiques.

Bernard et Dominique Saby.

L’économie aux concours des grandes écoles.

Sous la direction de C.-D Echaudemaison

Analyse économique et historique des sociétés contemporaines.

Sous la direction de Marc Montoussé.

Chronologie économique mondiale XX siècle

 

Août 1914 Suspension de la convertibilité or des monnaies des

belligérants

1915 Dans les pays en guerre les pouvoirs économiques de l’Etat

s’accroissent considérablement ; les Etats s’endettent fortement

novembre 1917 La révolution soviétique débouche sur la nationalisation de

l’économie russe

1921 Fin de la crise de reconversion de l’économie de guerre et

début des années de « prospérité »

10 avril 1922 Conférence de Gênes, qui pose les principes du Gold

Exchange Standard

1923 Le tremblement de terre de Tokyo dévaste l’économie

japonaise

1924 Début du retour à la convertibilité or des monnaies

européennes (achevé en 1928)

1928 Début du premier plan quinquennal soviétique

24 octobre 1929 Krach de Wall Street (jeudi noir). La « grande dépression »

qui s’ensuit se propage rapidement au monde entier, et touchera les économies nationales pour une durée variable (« crise économique des années trente » ), sans terme unique et précis

1931 Moratoire Hoover sur les réparations allemandes

21 septembre 1931 Suspension de la convertibilité or de la livre sterling, remettant profondément en cause l’ordre monétaire de l’après-guerre

20 août 1932 Les accords d’Ottawa créent une zone sterling

1933 L’Allemagne hitlérienne organise une zone mark en Europe centrale

9 mars 1941 Loi prêt-bail, qui évite l’endettement extérieur de guerre pour les pays alliés

1942 Apogée territorial de la « sphère de coprospérité asiatique »

9 février 1942 L’Allemagne se lance dans la guerre totale

22 juillet 1944 Accords de Bretton-Woods 1945 Adoption dans la plupart des pays développés d’Europe de l’Etat-providence

1er janvier 1948 Premières négociations commerciales dans le cadre du GATT. Jusqu’en 1994 se succèdent les cycles de Genève (1947), Annecy (1949), Torquay (1950-1951), puis le Dillon Round (1961-1962), Kennedy Round (1961-1967), Tokyo Round (1973-1979), Uruguay Round (1986-1994)

1949 Création du CAEM

14 février 1961 Mise en place du « pool de l’or »

30 décembre 1964 Création de la CNUCED, émanation de l’AG/ONU, expression des intérêts économiques du Tiers Monde

15 août 1971 Suspension de la convertibilité or du dollar, pilier du SMI de Bretton-Woods

17 octobre 1974 Début du premier choc pétrolier (le baril passe de 3 à 12 dollars)

28 février 1975 Accord de Lomé entre la CEE et les pays ACP

13 mars 1979 Entrée en vigueur du SME (système monétaire européen, avec l’ECU comme monnaie de compte)

27 mars 1979 Début du second choc pétrolier (le baril passe de 16 à 32 dollars)

20 janvier 1981 L’arrivée de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis amorce le tournant néolibéral des pays développpés

1er avril 1986 Contre-choc pétrolier (le baril est à 10 dollars)

6 octobre 1987 Début du krach boursier mondial

1989 L’effondrement des pays à économie planifiée ouvre la voie à la transition vers l’économie de marché

septembre 1992 Premières attaques spéculatives contre les monnaies européennes et le SME : s’ensuivent deux autres en janvier 1993 et août 1993, disloquant le mécanisme de solidarité monétaire du SME

1er janvier 1995 Entrée en vigueur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « successeur » du GATT

23 août 1997 Krach de la bourse de Hong Kong, étape dans la crise financière et monétaire en Asie du Sud-Est

1er janvier 1999 Création de la zone euro : gel des parités des monnaies nationales des pays participants

avril 2000 Effondrement boursier de la bulle technologique

1er janvier 2002 L’euro devient la monnaie commune de 12 pays de l’Union

européenne

 

2008 Crise des subprimes

 

Voir aussi : Rubrique Economie, rubrique Histoire

Jean-Marie Besset Le frondeur insoumis

 

Depuis l’annonce de sa non-reconduction au CDN, le directeur du théâtre des Treize vents mène un combat d’homme libre » contre une décision politique.

Nommé il y a trois ans sans appel d’offres à la tête du CDN avec la bénédiction active du ministre de la Culture, Freédéric Mitterrand et le soutien de Georges Frêche, Jean-Marie Besset devrait être éconduit par les services d’Aurélie Filippetti à l’issue de son premier mandat. Depuis l’annonce de cette nouvelle, courroucé par cette « inique » décision, le directeur des 13 Vents oublie ses bonnes manières pour se dévoiler sous la facette de l’insoumission. Il menace d’attaquer la ministre en justice et prend à partie les tutelles locales. Le 11 avril dernier lors du comité de suivi réunissant les différentes tutelles du CDN, figurait à l’ordre du jour un appel à candidature pour un nouveau directeur. « Cela m’a contraint à réagir, affirme Jean-Marie Besset actuellement sur le tournage du dernier film d’Alain Resnais dont il a signé l’adaptation. Dans le Figaro du 2 avril la ministre de la Culture se disait prête à me rencontrer…»

La position des tutelles

J-M Besset décide de passer à l’offensive. Il assigne Aurélie Filippetti devant le Conseil d’Etat « pour sanctions disciplinaires déguisées et non fondées », et entame une campagne médiatique pour dénoncer une chasse aux sorcières en prenant les tutelles locales à partie. « Je n’ai pas démérité. Habituellement, la reconduction est tacite. Ce débarrasser ainsi d’un directeur sans faute grave, on n’avait jamais vu ça.» Le président de Région, Christian Bourquin reconnait le travail mené par Jean-Marie Besset en direction du public mais déclare qu’il a suivi la position de l’Etat et de l’Agglo, compte tenu de la hauteur de l’implication financière régionale*. « L’Etat pèse de façon conséquente et peut jouer les gendarmes, concède la responsable culturelles de l’Agglo, Nicole Bigas. Mais sur le fond je pense que la raison l’emporte et que M. Besset va trop loin. Il ne peut prendre en otage les spectateurs. »

Le directeur régional des affaires culturelles, Alain Daguerre de Hureaux évoque « une position partagée par l’ensemble des tutelles, et confirme, qu’elles travaillent à la définition du profil pour l’appel à candidature qui est fermement établi.» Concernant la procédure, le Directeur des affaires culturelles qui a fait une courte carrière dans les tribunaux administratifs précise : « on ne peut assigner ainsi un ministre devant le Conseil d’Etat qui juge des actes et pas des personnes. La juridiction compétente c’est le tribunal administratif. Pour l’heure l’acte est exécutoire. » Jean-Marie Besset a finalement dépose? un référé au TA de Montpellier qui devrait statuer d’ici la fin du mois de mai. S’il obtient l’annulation de la décision, l’appel d’offres serait suspendu pour un an.

Dans son combat digne du grand héros de Cervantès, Jean-Marie Besset s’appuie sur quelques maladresses. « Dans le rapport, on me reproche d’être incapable de corriger ma façon de penser. Je n’aime pas les conflits mais l’injustice ne passe pas. Les fonctionnaires doivent être nommés aux service des artistes et pas l’inverse. Je suis un homme de théâtre au service de la liberté. Je suis libéral en matière d’économie et en matière de moeurs. Je ne fais pas de politique. Je défends la liberté de l’individu. »

L’évaluation du travail artistique demeure, on le sait, subjective. On doit reconnaître à Jean-Marie Besset d’avoir ouvert certains pans de sa programmation à un théâtre innovant et peu joué dans le réseau des CDN. Il a aussi opéré des choix confortant le public bobo et bourgeois. Mais s’il a raison de dénoncer certaines orientations tortueuses de l’institution , ce diplômé de sciences-po n’est pas un homme ingénu. En ce sens, les conditions de sa nomination peuvent paraître aussi exceptionnelles que celles de sa non reconduction.

Jean-Marie Dinh

* L’Etat concourt au financement du CDN à hauteur de 1,5 M, l’Agglo de 750 000 euros et la Région de 300 000 euros.

voir  aussi : Rubrique Théâtre, Besset donne le change, Rubrique Politique culturelle,