La Turquie emprunte la meilleure voie pour devenir une puissance majeure au Proche-Orient. Son importance politique et économique croissante la rend encore plus attractive pour l’UE, estime le quotidien progressiste de gauche Frankfurter Rundschau : « Depuis les années 1960, la Turquie attendait patiemment dans le vestibule de l’Europe. Désormais, elle ne veut plus se contenter plus longtemps du rôle de fidèle partenaire de l’OTAN ni de celui d’éternelle candidate à l’UE. Elle se tourne vers ses voisins orientaux et commence à façonner activement les rapports de force dans la région. Au bout de ce chemin, la Turquie pourrait disposer d’un leadership majeur dans le monde musulman. Cette nouvelle orientation est certainement une réaction à l’attitude indécise des opposants à son adhésion en Europe qui aimeraient claquer la porte de l’UE au nez de la Turquie. Mais interpréter la nouvelle politique étrangère de la Turquie comme une réponse négative d’Ankara à l’Europe ou comme un prétexte justifiant une exclusion du pays de l’UE, serait erroné et dangereux. … Accepter l’adhésion de la Turquie ne sera pas un fardeau pour l’UE ; cela lui conférera au contraire un plus grand poids économique et politique dans le monde. »
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« Berlin: l’effacement des traces »: la disparition de la RDA mise en scène
La disparition d’une société, celle de la RDA, est explorée et mise en scène dans « Berlin: l’effacement de traces, 1989-2009 », exposition originale qui s’ouvre mercredi aux Invalides. Le musée de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) a commandé des oeuvres à des artistes contemporains, afin d’illustrer les procédures de destruction de la capitale de la RDA et leur inscription dans un paysage urbain reconstruit.
L’historienne Sonia Combe, une des commissaires, explique qu' »il ne s’agit ni de faire l’apologie de la RDA, ni de faire une exposition historique. C’est le point de vue de l’artiste sur l’effacement de cet Etat singulier », avertit-elle. Fil conducteur de la déambulation du visiteur: le mur de Berlin, no man’s land photographié pendant 20 ans par Jean-Claude Mouton, devenu souvenir avec un travelling grandeur nature. Empiétant sur cette projection, une installation du plasticien Wolf Leo reproduit les banderoles de la manifestation du 4 novembre 1989 qui avait réuni un million d’Est-allemands, prélude à la destruction du mur quatre jours plus tard.
Un groupe de graffeurs, mené par Gérard Zlotykamien et ses « éphémères », silhouettes évoquant la disparition, ont réinterprété le mur, tandis qu’une voix féminine chantant a cappella, en tremblant, l’hymne national est-allemand, invite à l’émotion.
Les commissaires ont distingué trois modalités d’effacement des traces de RDA: disparition et destruction, détournement et réécriture de l’histoire, muséification. Les rues débaptisées, la destruction de l’énorme Palais de la République, les reconstructions sont évoquées en photos, films et installations, mais aussi la réécriture de l’histoire avec la restauration du Neue Wache, monument dédié « aux victimes du fascisme et du militarisme » sous la RDA puis, après la réunification, « aux victimes de la guerre et de la dictature », mettant sur le même plan SS et victimes juives, soldats de la Wermacht et militants anti-fascistes.
L’exposition montre aussi « la muséification » de la RDA avec un « cabinet des curiosités » où s’amoncellent Trabant en jouet, équipement d’agent de la Stasi (police secrète), cahier de jeune pionnier. Mais « tout n’a pas pu être démoli et l’urbanité spécifique de Berlin Est est encore visible », soulignent les commissaires, ainsi les Amperlmännchen, ces petits bonhommes des feux de signalisation, personnages symboliques de la RDA et qui sont en passe de se substituer à l’ours berlinois comme emblème de Berlin. Ils se tiennent à l’entrée de l’exposition.
« Berlin: l’effacement des traces, 1989-2009 » 21 octobre-31 décembre 2009- hôtel national des Invalides
Voir aussi : Rubrique Actualité locale Le mur de Berlin à Montpellier
Jean Arthuis relève le coût « élevé » de la présidence française de l’UE
La présidence française de l’Union européenne a coûté « 151 millions d’euros », un « coût élevé » comparé au prix moyen des autres présidences, estimé « autour de 70 millions », affirme mardi dans La Tribune Jean Arthuis, président de la commission des Finances du Sénat. Selon une enquête menée par la Cour des Comptes à la demande de la Commission des Finances, le coût de la présidence française « s’établit à 151 millions d’euros, ce qui est élevé », mais représente « 28 millions d’euros de moins que prévu », déclare le sénateur centriste.
La présidence française reste toutefois « dans le même ordre de prix que celles des grands pays », comme l’Allemagne en 2007. « La question est désormais de savoir s’il ne revient pas à l’Union européenne de prendre en charge ce type d’événement. Même remarque pour les sommets du G20 », ajoute-t-il.
La Cour des comptes relève que « certaines dépenses n’ont pas été intégrées: des crédits ont été pris en charge directement par l’Union, d’autres ont été assumés par des collectivités territoriales. Il faut donc ajouter une trentaine de millions qui ont été ainsi +sponsorisés+ », explique M. Arthuis. « Ce manque de transparence vient du fait que beaucoup d’événements ont été montés au dernier moment ». Certains « ont entraîné des dépenses importantes », comme l’organisation du sommet de l’Union pour la Méditerranée à Paris qui s’est soldée par « une facture de 15 millions d’euros », selon M. Arthuis.
Sur les 500 manifestations organisées, « toutes n’étaient pas indispensables » et « leur nombre n’a pas contribué au succès de la France, qui se juge sur deux ou trois événements, comme la gestion de la crise ou de la guerre en Géorgie », estime le sénateur de la Mayenne. « L’organisation globale (…) a été mieux coordonnée que dans le passé », avec notamment la création du secrétariat général de la présidence française de l’UE, dont le coût de fonctionnement, « très maîtrisé » n’a pas dépassé « 1,5 million d’euros », note également M. Arthuis.
Quelle mise en perspective pour le modèle culturel français ?
Colloque. Un temps de réflexion pour les acteurs à l’occasion des 50 ans du ministère de la Culture au théâtre de la Vignette de Paul Valéry.
La Drac a impulsé son second rendez-vous autour de la célébration du cinquantenaire du ministère de la Culture. Après le patrimoine monumental et avant la recherche archéologique des rivages méditerranéens (fin octobre à Arles), le colloque du théâtre de l’université Paul Valéry a permis aux acteurs du patrimoine, du livre, du cinéma et du spectacle vivant en région d’échanger sur l’évolution des politiques culturelles et de les confronter aux regards de leurs voisins européens.
Etat central
Sur le plateau, les acteurs français s’accordent sur le bien fondé du chemin parcouru cinquante ans après André Malraux. Le politologue Emmanuel Négrier pose la particularité d’un ministère qui « fait de la culture avec la politique et fait de la politique avec la culture ». Et les deux invités espagnol et germaniste expliquent comment l’impact de l’héritage historique lié au totalitarisme les a conduits à une certaine méfiance à l’égard de l’Etat. « Le système français reste une référence. Il a fait des émules à l’étranger », se félicite le directeur régional de la Drac Didier Deschamps. « En France, on observe une certaine permanence d’approche sur les grands axes de la politique culturelle française, souligne son homologue de la région Loraine Jean-Luc Bredel. Il n’y a pas de réelle fracture entre la politique culturelle de gauche et de droite. »
Décentralisation
La question de l’intervention publique dans le champ de la culture continue de se poser notamment à travers la montée en puissance des collectivités territoriales renforcée par les lois de décentralisation. « On a beaucoup progressé, indique le directeur de la culture du Conseil régional Fabrice Manuel, qui ne cache pas l’échec du transfert de l’enseignement artistique aux régions en 2004. « La spécificité de la Région est qu’elle se trouve à la croisée des volontés politiques, des acteurs culturels et des citoyens. Beaucoup aimeraient que l’on rejoue la partition de l’Etat. Ce ne pourra être le cas parce qu’à un moment, il y a un retour de la dimension politique. » Face aux nouveaux défis posés par l’industrie culturelle, les nouvelles attentes des usagers ou l’intrusion du numérique, « la Région a un rôle de coordination avec l’Etat, mais elle ne pourra pas tout assumer. » prévient Fabrice Manuel.
Microcosme
Un peu plus tôt, évoquant la préciosité d’une œuvre comme La princesse de Clèves lors d’un succinct mot d’accueil, la présidente de Paul-Valéry Anne Fraisse a subtilement souligné la conception culturelle du Président de la République et la place des femmes dans la vie culturelle mettant en exergue, leur sous-représentation à la tribune. Comme les oraisons funèbres, les commémorations se prêtent aux discours honorifiques et font taire la critique.
Le patrimoine apolitique
Les questions du public ayant trait au nouveau Conseil pour la création artistique, à l’abandon des associations d’éducation populaire, ou à l’enjeu d’accompagnement que représente une vraie prise en compte de la société civile, sont restées sans réponse. Sans doute trop politiques … Les parures de la culture française sont-elles immortelles ? Certainement au regard des crédits consommés par le patrimoine. Le pays est déjà un musée et le premier budget que vient de faire connaître Frédéric Mitterrand entend clairement favoriser le patrimoine historique.
Qu’en est-il du renouveau ? « La véritable école du commandement c’est la culture générale » disait De Gaulle. Encore une question : Au-delà de la gloire passée et des belles pierres, comment perçoit-on la culture française à l’étranger, après le coup de boule de Zidane et le « Casse-toi pauvre con ! » du Président de la République ?
Jean-Marie Dinh
Voir aussi : Rubrique Politique culturelle, Elections régionales 2010 l’enjeu culturel, rubrique lecture, les 14 travaux de Frédéric, Rapport pour avis du député Marcel Rogemont sur les crédits création; transmission des savoirs et démocratisation de la culture du Ministère de la Culture et de la Communication présenté au nom de la commission des affaires culturelles et de l’éducation sur le projet de loi (n° 1946). Il contient de nombreuses critiques et propositions afin d’améliorer la situation.
Le prix Nobel de littérature attribué à Herta Müller

L’écrivaine germano-roumaine Herta Müller s’est vue décerner le prix Nobel de littérature. Le comité suédois du prix Nobel a ainsi rendu hommage jeudi à Stockholm à l’œuvre d’une femme qui a grandi dans la région de Banat en Roumanie au temps du régime communiste, est ensuite passée en Allemagne fédérale en 1987, et y a été poursuivie par les services secrets roumains, la Securitate. Le jury l’a récompensée pour avoir « dessiné les paysages de l’abandon » dans ses œuvres.
Voir aussi : Roumanie littérature Mircea Cartarescu élément biographique Editions Metailie
