La destitution de Behxhet Pacolli plonge le Kosovo dans une nouvelle crise politique

01 avril 2011 revue de presse des Balkans –
par  Courrier des Balkans / Jean-Arnault Dérens

Behxhet Pacolli

La Cour constitutionnelle du Kosovo, saisie par l’opposition, a invalidé l’élection de Behxhet Pacolli la présidence de la République. Celui-ci avait été élu par le Parlement le 22 février, au troisième tour de scrutin, sans que le quorum requis ne soit respecté. Depuis l’annonce de cette décision, le 28 mars dernier, la plus grande confusion règne à Pristina. La coalition gouvernementale cherche à éviter la convocation de nouvelles élections générales mais la majorité du Premier ministre Hashim Thaçi est extrêmement fragile. Cette crise institutionnelle risque fort de bloquer une fois de plus le dialogue entre Belgrade et Pristina, qui s’est pourtant bien poursuivi, lors de la seconde session, qui a eu lieu en début de semaine à Belgrade. Les discussions ont un caractère technique et porte sur des aspects concrets, susceptibles d’améliorer la vie des populations, mais la Serbie envisage toujours de rouvrir la question du statut du Kosovo. Pour sa part, le président Tadi? a récemment plaidé en faveur d’un « compromis historique serbo-albanais ».

Les télécommunications et l’énergie au menu du second round de dialogue Belgrade-Pristina

Kosovo : Boris Tadi? pour un « compromis historique » serbo-albanais

Ce 1er avril 2011, le premier recensement de population depuis 1981 devrait commencer au Kosovo. Le recensement sera supervisé par l’UNOPS et une mission de l’Union européenne. Le succès du processus semble pourtant très aléatoire : Belgrade appelle les Serbes du Kosovo à boycotter les opérations de recensement, tandis que les Albanais dénonce l’exclusion de la diaspora. En effet, les personnes qui n’ont pas résidé en continu au Kosovo au cours des douze derniers mois ne seront pas comptabilisées.

Kosovo : un recensement critiqué de toutes parts

La crise politique se durcit en Bosnie-Herzégovine. Le Haut Représentant a tenté de reprendre la main en gelant l’annulation de l’élection du président décidée il y a quelques jours par la Commission électorale. Il a reçu l’appui du Conseil d’application de la paix, qui réunit 55 pays. Les Croates, soutenus par le pouvoir serbe de Republika Srpska, dénoncent « l’ingérence internationale ».

La Bosnie-Herzégovine six mois après les élections : une crise politique sans fin ?

Crise politique en Bosnie : les Croates condamnent « l’ingérence internationale »

Manifestation à Belgrade

En Serbie, l’actualité sociale a dominé la semaine. Plus de 10 000 fonctionnaires ont défilé le 25 mars dans Belgrade, bloquant les rues du centre de la ville. Un dialogue de sourds se poursuit depuis des mois entre le gouvernement et les syndicats, qui ne veulent pas faire les frais de la crise, et subir les mesures d’austérité recommandées par le FMI.

Serbie : le gouvernement va-t-il répondre aux revendications des fonctionnaires ?

La Serbie espérait revendre à bon prix l’entreprise publique de télécoms. Finalement, seul Telekom Austria, déjà propriétaire de VIP l’actuel 3e opérateur serbe, s’est porté acquéreur avec une offre a minima. Un coup dur pour le gouvernement qui avait déjà vendu la peau de l’ours.

Serbie : la privatisation de Serbia Telekom capote, camouflet pour le gouvernement

En Croatie, les cortèges de protestation se succèdent toujours, mais les yeux sont désormais braqués sur La Haye. En effet, l e 15 avril prochain, le TPIY rendra son verdict contre les trois généraux Ante Gotovina, Ivan ?ermak et Mladen Marka?. Le mouvement Stop à la chasse aux combattants croates appelle déjà à la mobilisation. Le HDZ, au pouvoir mais en chute libre dans les sondages, pourra-t-il canaliser les mouvements de protestation ? En 2005, l’arrestation d’Ante Gotovina avait permis de mettre la Croatie sur les rails de l’intégration européenne, aujourd’hui sa condamnation pourrait se muer en obstacle.

Le Courrier des Balkans

 

Voir aussi : On Line TPI : le verdict contre Ante Gotovina pourrait faire chavirer la Croatie , TPI : Ante Gotovina, criminel de guerre et « ami de la France »

Portugal : Crise de la dette démission de José Sócrates

Le 23 mars, le Premier ministre portugais José Socrates, leader du Parti Socialiste, a démissionné. Des élections législatives anticipées sont annoncées pour le 29 mai ou le 5 juin. Mais la spéculation sur la dette portugaise, qui a provoqué cette démission, continue de plus belle et alimente les tractations au sein des partis portugais et de l’Union européenne.

Le jour de sa démission José Socrates présentait au Parlement, où il était minoritaire, un nouveau plan d’austérité. C’était le quatrième en moins d’un an, appelé comme ses prédécesseurs Programme de stabilité et de croissance (PEC). Sous prétexte toujours de réduire le déficit budgétaire et la dette de l’État, il proposait de nouvelles économies sur les retraites, les écoles, les urgences hospitalières et tous les services publics, assaisonnées de privatisations et de gains sur la TVA. Le leader du Parti Communiste portugais a dénoncé à juste titre ce plan qui s’attaquait « toujours aux mêmes » et voulait « chercher de l’argent là où il n’y en a plus ». Les fois précédentes, ce plan d’austérité était passé grâce à l’abstention des députés du Parti Social-Démocrate, principal parti de droite. Cette fois-ci il a voté contre, le plan a été rejeté et José Socrates a démissionné. 

La droite portugaise ne refuse pas les mesures d’austérité contre les couches populaires, répète même qu’elle y est favorable. Mais elle veut maintenant revenir au pouvoir et les sondages lui sont favorables.

Le Parti Social-Démocrate est favorable au prêt de 75 milliards d’euros que l’Union européenne propose avec insistance aux autorités portugaises, alors que José Socrates refusait les milliards de l’Europe, qui auraient selon lui pour conséquence d’augmenter encore l’endettement du pays. Les « marchés financiers », c’est-à-dire les grandes banques internationales, étaient d’un autre avis. C’est leur avis qui l’a emporté, soutenu par les dirigeants européens et par la droite portugaise.

Les travailleurs portugais avaient participé massivement à la grève générale du 24 novembre dernier, exprimant leur refus de l’austérité imposée par le gouvernement socialiste de José Socrates. Ils en ont assez du chômage, des bas salaires, de la précarité qui frappent plus d’un jeune sur deux, des retraites misérables et de l’abandon des services publics, la santé en particulier. Rien d’étonnant à ce que ce gouvernement se soit discrédité auprès de la population. Mais la droite lui réserve le même sort, car elle est autant que le PS au service des capitalistes nationaux et internationaux.

Face à la crise, gouvernements de gauche et de droite sont bonnet blanc et blanc bonnet.

Vincent Gelas (Indymedia)

 

Le Portugal débat sur les possibilités du gouvernement de demander une aide

La pression accrue sur le Portugal, qui semble inévitablement pousser chaque jour un peu plus le pays vers un plan de sauvetage, donne lieu actuellement à un débat sur la légitimité du gouvernement démissionnaire à demander une telle aide.

Depuis la démission la semaine dernière du Premier ministre socialiste José Socrates, la pression sur le Portugal monte: les principales agences de notation ont dégradé de plusieurs crans leurs notes du pays et les marchés exigent des taux historiquement élevés pour le financer.

Dans ce contexte, qui a la « légitimité » pour demander un plan de sauvetage? Le gouvernement démissionnaire? Le président? Le parlement? La question divise. Cette discussion a pris de l’ampleur après les déclarations jeudi du ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos, selon lesquelles un gouvernement démissionnaire n’avait pas la « légitimité pour négocier » les modalités d’un tel plan. « La seule entité qui peut prendre des engagements, c’est le président », avait-il dit.

Le chef de l’Etat conservateur Anibal Cavaco Silva, qui représente une autorité morale mais qui n’a pas de pouvoir exécutif, a aussitôt rappelé qu’il n’incombait « pas au président de gouverner ». Le président, qui a annoncé jeudi la dissolution du parlement et convoqué des élections législatives pour le 5 juin, a indiqué à cette occasion qu’il soutiendrait le gouvernement, dont les pouvoirs sont limités à la gestion des affaires courantes, dans les mesures à adopter « pour assurer les moyens de financement nécessaires » du pays.

D’après les journaux Expresso et Publico , l’une des hypothèses envisagées par le président et l’opposition de centre-droit, serait la possibilité de recourir à « un prêt d’urgence du FMI » qui permettrait au pays de se financer jusqu’à l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement. Pedro Passos Coelho, le chef de l’opposition et futur premier ministre pressenti, s’est déjà dit prêt à soutenir un « prêt spécial » pour garantir la solvabilité du pays.

Interrogé samedi par des journalistes, lors d’une manifestation publique, sur une possible intervention du FMI, M. Cavaco Silva s’est limité à répondre avec humour: « Je crois que vous devriez arrêter de parler de FMI. C’est erroné. Il faut parler de Fonds européen de stabilité financière (FESF) ». Le FESF, qui jouit des garanties de tous les pays de la zone euro, a été créé au printemps 2010 au lendemain de la crise de la dette grecque, pour doter la zone euro d’un fonds apte à venir en aide aux pays en difficulté.

Une autre solution, également évoquée par plusieurs spécialistes de la constitution portugaise, passerait par le parlement qui pourrait autoriser le gouvernement démissionnaire à demander une aide. Face à cette situation, le gouvernement a fait le choix pour l’instant de continuer de se financer sur les marchés avec des émissions à court terme, dont les taux sont moins élevés.

Vendredi, le Portugal a levé 1,6 milliard d’euros de dette à un peu plus d’an, à un taux plus élevé que lors de précédentes émissions comparables, mais en deçà des prévisions, et prévoit de retourner sur les marchés dès mercredi.  Le ministre des Finances, qui a écarté cette semaine le risque d’un défaut de paiement, avait toutefois observé que le pays devrait être « plus créatif » dorénavant pour se financer.

Selon les médias portugais, le gouvernement aurait déjà négocié avec certains pays, comme la Chine ou le Brésil, l’achat de dette pour les prochaines émissions.

Levi Fernandes (AFP)

 

Démission de José Sócrates

Le Premier ministre portugais José Sócrates a annoncé le 23 mars dernier sa démission car le programme d’austérité de son gouvernement minoritaire a été refusé au Parlement. Cela a provoqué une augmentation record des intérêts pour les emprunts publics portugais et la chute de l’euro. La presse s’insurge sans interroger les finalités politiques de l’Europe néolibérale.

El País – Espagne
Nouvelle menace pour la zone euro

La démission du chef du gouvernement portugais a déstabilisé le pays, ce qui doit pousser l’UE à aider le pays le plus vite possible, exige le quotidien de centre-gauche El País : « La zone euro est menacée depuis hier par un nouveau facteur de risque important. … Face à la grave situation que rencontre le Portugal, le sommet de l’UE a le devoir de réagir rapidement. Tout d’abord les détails de l’élargissement du fonds de sauvetage devraient être clarifiés dès que possible afin que la capacité d’emprunt soit élargie à 500 milliards d’euros. Il faudrait dans l’idéal que ces changements soient décidés rapidement pour permettre au Portugal d’en profiter. Dans ce sens tout retard dans la prise de décision serait inquiétant. Le gouvernement espagnol a réagi de manière trop optimiste en assurant que la crise portugaise ne se répercuterait pas sur l’Espagne. » (24.03.2011)

Público – Portugal
Tant d’efforts pour rien

La démission du Premier ministre portugais José Sócrates a déclenché une crise politique sévère, estime le quotidien Público : « Le Portugal ne voulait pas endurer le même destin que la Grèce mais cela semble être devenu inévitable. Nos partenaires à Bruxelles et à Berlin penseront désormais de nous : ‘Ces gens sont fous. Nous faisons tous les efforts pour trouver une solution qui corresponde à leurs besoins et ils se tirent eux-mêmes une balle dans la tête.’ … Ils voient un pays suicidaire et désorienté qui provoque une crise politique au moment le moins opportun. … Nous ignorons encore comment nos partenaires réagiront face au nouveau statut de notre Premier ministre lorsqu’il arrivera à Bruxelles. Nous ne connaissons pas non plus les répercussions que cela aura sur les négociations au Conseil européen. Mais une chose est sûre, la crise politique a anéanti d’un coup tous les efforts réalisés jusqu’alors. » (23.03.2011)

 

Voir aussi : UE sous pression, L’europe répond au marché, crise de la zone euro mode d’emploi , rubrique Portugal, rubrique Grèce Plan d’austérité inefficace et dangereux, rubrique Livre Kerviel dénonce sa banque , Susan Georges de l’évaporation à la régulation, Aux éditions la Découverte La monnaie et ses mécanismes, Les taux de change,

Sarkozy s’emballe contre Kadhafi

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"Sarkozy semble avoir complètement changé d'avis. Et cela sent l'improvisation."

Le président français Nicolas Sarkozy a reconnu le Conseil national de transition des insurgés libyens comme la représentation officielle du pays. Il veut en outre présenter ce vendredi à ses partenaires européens des plans d’attaque aérienne contre le régime de Kadhafi. La presse déplore ce cavalier seul qui nuit à tous les protagonistes.

De Volkskrant – Pays-Bas

Paris nuit à Bruxelles

La reconnaissance par Paris du Conseil national de transition des rebelles libyens est précipitée et nuit à l’UE, estime le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « La France a été pendant des années le pays européen qui a entretenu les relations les plus étroites avec les régimes autocratiques d’Afrique du Nord. Cela a généré des situations embarrassantes ces dernières semaines lorsque la vague de protestations a balayé la région comme un tsunami. Avec ces bouleversements, Paris semble désormais privilégier la fuite en avant. L’initiative française est fort maladroite, notamment parce que la situation en Libye est extrêmement confuse. … Il s’avère une fois de plus que si les Français parlent beaucoup de l’Europe, ils préfèrent affûter leur propre image au moment décisif. Sur l’initiative de Paris également, les chefs de gouvernement de l’UE se rassemblent aujourd’hui pour évoquer la situation en Libye. En raison de l’intervention unilatérale de la France, la portée de la conférence semble d’emblée limitée. » (11.03.2011)

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Der Standard – Autriche

Le mauvais service rendu par la France

En reconnaissant le Conseil national libyen et en présentant des plans d’attaque, le président français Nicolas Sarkozy agit trop vite, estime le quotidien de centre-gauche Der Standard : « Ce qui a été déterminant dans l’initiative de Sarkozy, c’est sans aucun doute la tentative de redorer l’image écornée de la France au Maghreb – et remédier en même temps à sa grande impopularité politique en France. La question d’une opération militaire hante Sarkozy depuis des jours : au début de la semaine encore, il avait rejeté une zone d’exclusion aérienne en indiquant que l’Occident ‘ne pouvait se permettre un nouvel Afghanistan’. Il semble avoir complètement changé d’avis. Et cela sent l’improvisation. Des décisions rapides sont parfois nécessaires en temps de guerre. Mais il serait sans doute préférable que les membres de l’UE s’entendent sur cette situation de crise avant que les projets ne soient rendus publics. Une aide inappropriée ne peut que nuire aux rebelles. » (11.03.2011)

Tages-Anzeiger – Suisse

Le come-back d’une ex-puissance mondiale

Le revirement soudain du président français Nicolas Sarkozy dans le conflit libyen s’avère crispé et impuissant, estime le quotidien de centre-gauche Tages-Anzeiger, pour lequel Sarkozy n’atteindra pas son objectif réel : « Sa brusque initiative est probablement censée profiter d’abord au rôle géopolitique grandement diminué de son pays. Parmi les grands pays occidentaux, c’est la France – caractérisée et gênée par la vieille double morale dans le traitement des despotes – qui a semblé la plus effacée et parfois même la plus étriquée ces trois derniers mois face au tournant historique dans le monde arabe. … Aujourd’hui Sarkozy entreprend donc surtout de redorer l’image du pays. En ce moment historique, il fait revenir sur la scène internationale un pays qui a toujours eu une représentation embellie et exagérée de son propre rôle international. En solo. Dans un revirement spectaculaire et imposant, pour ne pas dire risqué, mais assurément intense et hypocrite. » (11.03.2011)

Voir aussi :  Rubrique Lybie, Déssaccord à l’OTAN sur l’option militaire, La France et l’Italie premier fournisseur d’armes à Kadhafi, rubrique UE, rubrique Politique internationale,

Livre numérique: les éditeurs, « surpris », confirment la visite d’inspecteurs de l’UE

Les éditeurs Albin Michel, Hachette, Flammarion et Gallimard ont confirmé, la visite surprise d’inspecteurs des services de la concurrence de la Commission européenne enquêtant sur des soupçons d’entente sur les prix des livres numériques.

livre-numeriqueLa direction d’Hachette a déclaré avoir reçu « une visite d’agents de la Commission européenne dans le cadre d’une enquête sur les politiques commerciales sur le marché du livre numérique ». « Nous avons accédé à leurs demandes dans un esprit de coopération et de transparence », a-t-elle ajouté sans donner davantage de précisions. Les enquêteurs « sont venus , a assuré de son côté Agnès Fruman, secrétaire générale d’Albin Michel. « On est surpris, a-t-elle poursuivi. Les éditeurs se sont déjà exprimés à plusieurs reprises pour dire qu’il était très important d’avoir un prix unique sur le livre numérique. Mais il n’y a pas d’entente sur les prix. Et tout se fait dans la transparence ». Deux autres maisons d’édition françaises ont été visitées dans le cadre de cette enquête menée à l’échelle européenne: Gallimard, qui n’a pas souhaité faire de commentaire, et Flammarion, qui a seulement précisé que, tout comme chez Albin Michel, le travail des inspecteurs se poursuivait.

« Les services de la concurrence ont mené des inspections dans des maisons d’éditions de plusieurs pays de l’Union européenne à cause de soupçons de pratiques anticoncurrentielles sur le prix des livres numériques », avait déclaré Amelia Torres, porte-parole du commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia.

« Nous ne sommes qu’au début de l’enquête. Nous n’accusons personne et nous n’avons pas de preuves », avait-elle précisé.

Le prix du livre est fixé par la loi en France depuis la « loi Lang » de 1981. La Commission avait accepté à l’époque que les gouvernements puissent fixer le prix du livre, à condition que cela n’affecte pas les échanges entre les Etats membres. Le livre numérique n’était naturellement pas concerné car il n’existait pas à l’époque. Toutefois, une entente entre éditeurs pour fixer le prix des livres est une pratique totalement interdite par les règles européennes, et peut être passible de très lourdes amendes si elle démontrée.

AFP

La France et l’Italie, premiers fournisseurs européens d’armes à Kadhafi

Les membres de l’Union européenne ont vendu pour plus de 343 millions de dollars de matériels militaires à la Libye, en 2009.

Des membres de l'opposition à Ajdabiya, le 27 février.

Des membres de l’opposition à Ajdabiya, le 27 février. (REUTERS)

De 2005 à 2009, l’Italie, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont été les quatre premiers vendeurs d’armes à la Libye de Kadhafi, selon des données récoltées par le blogueur Dan O’Huiginn et relayées par le journal anglais The Guardian.

(Thomas Guillembet, Liberation.fr)

Soumises à l’embargo jusqu’en 2004, les ventes d’armes des Européens en direction de la Libye sont strictement recensées par l’Union européenne (ici, les données pour 2009). Pour l’ensemble de ses membres, le montant total des ventes s’élève en 2009 à 343 millions de dollars, en constante augmentation depuis 2005. L’utilisation de ces armes par les forces armées fait polémique depuis le début des révoltes, notamment en Belgique et en Italie.

L’Italie est le plus important vendeur, avec plus de 111 millions de dollars pour l’année 2009, loin devant Malte et l’Allemagne.

Sur le total des années 2005-2009, l’Italie est toujours devant (276 millions), suivie de la France (210 millions), de la Grande-Bretagne (119 millions) et de l’Allemagne (83 millions). Ce n’est pas très surprenant que ces pays soient en tête, puisqu’ils font partie des principaux vendeurs mondiaux.

La France a «fait son chiffre» essentiellement grâce à l’année 2008, où elle a vendu des équipements d’armement pour plus de 112 millions de dollars. Pour l’industrie militaire hexagonale, la visite officielle de Kadhafi en décembre 2007 semble donc avoir été une affaire bénéfique.

The Guardian note toutefois que les chiffres ne sont pas totalement sûrs pays par pays, des entreprises anglaises pouvant par exemple obtenir des permis de vente en passant par la France.

Si l’on regarde de manière plus précise pour la France, en 2009, sur 30 millions de dollars de chiffre d’affaires, notre pays a vendu principalement du matériel pour l’aviation pour plus de 17 millions.

Dans les tableaux de l’Union européenne, la catégorie Ml10 concernée désigne ainsi les avions non-habités et les équipements aériens modifiés car destinés à un usage militaire. Le tableau ci-dessous indique le total des ventes sur 2005 à 2009 pour la France:

(Thomas Guillembet, Liberation.fr)

Jean Guisnel, journaliste et auteur du livre Armes de corruption massive, secrets et combines des marchands de canon, interrogé le 25 février par Rue89, expliquait alors: «Ceux qui sont concernés par des contrats récents, ce sont MBDA, filiale d’EADS, pour les missiles anti-char Milan, EADS Défense et Sécurité pour des réseaux de télécommunication, et le pool Dassault-Thales-Snecma Sofema pour la rénovation des Mirage. A mon avis, ce sont les plus importants».

Les chiffres des ventes d’autres pays non-européens, notamment ceux de la Russie et la Chine, ne sont pas connus.

Thomas Guillembet, (Liberation.fr)

Voir aussi : Rubrique Libye, rubrique Défense, rubrique Affaires,