Le ministre français de la Défense Hervé Morin en Afghanistan

Le ministre français de la Défense Hervé Morin est arrivé jeudi à Kaboul pour une visite de 48 heures en Afghanistan, avant un prochain redéploiement des forces françaises dans l’est et alors que l’incertitude demeure sur l’issue de l’élection présidentielle.

M. Morin, accompagné de l’écrivain et philosophe Bernard Henri-Lévy, doit se rendre sur les trois « bases d’opérations avancées » occupées par les forces françaises, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Kaboul.

Il fera aussi une brève escale à Bagram, la base américaine qui accueille un détachement de drones français, au nord de la capitale afghane. A deux jours de cette visite, M. Morin s’est prononcé contre un « départ précipité » des troupes françaises d’Afghanistan mais pour une « révision de la stratégie » de la coalition militaire internationale passant par des « objectifs » précis.

Quelque 3.700 militaires français sont engagés sur le « théâtre des opérations afghan », dont 3.000 en Afghanistan même. Au total, les forces internationales comptent quelque 100.000 soldats, dont plus des deux tiers américains.

Le 1er novembre, le dispositif français sera officiellement redéployé avec le transfert de l’essentiel des troupes présentes à Kaboul sur les bases de Kapisa et de Surobi.

En 2002, Bernard Henri-Lévy avait signé un rapport sur la contribution de la France à la reconstruction de l’Afghanistan que lui avaient confié le président d’alors Jacques Chirac et son ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine.

Cette visite survient au lendemain de l’annonce des résultats préliminaires de la présidentielle du 20 août. Le président sortant Hamid Karzaï, installé au pouvoir par la communauté internationale il y a huit ans, après la chute du régime des talibans, est en tête, mais il ne peut être proclamé réélu officiellement tant que les enquêtes sur des fraudes apparemment massives en sa faveur n’ont pas abouti.

Intrusion de la tragédie d’Edward Bond en milieu rural

Sweden, un Oedipe des temps modernes. Photo DR

Le crime du XXIème Siècle d’Edward Bond, drame contemporain s’il en est, était à l’affiche la semaine dernière, au Causse de la Selle, petit village de la Vallée de l’Hérault qui compte 320 inscrits sur les listes électorales. Avec plus de 70 spectateurs, la pièce donnée par la compagnie niçoise Sîn a rassemblé près d’un quart de la population adulte. De quoi tordre le cou à bon nombre d’idées reçues sur le théâtre contemporain réputé inaccessible.

L’œuvre du dramaturge anglais pour qui « le théâtre doit se jouer partout où il est possible de faire réfléchir des gens à propos de la guerre et de l’injustice », est rarement jouée dans les réseaux officiels. Trop risquée, trop dure, trop anxiogène, trop proche de nous, et certainement trop politiquement incorrecte… On connaît les arguments des programateurs et leurs effets sur l’implication des artistes.

L’œil qui voit tout sauf lui-même

La cie Sîn s’était déjà distinguée avec succès dans le Gard avec « Les Mangeurs », une pièce montée à partir de témoignages de salariés, librement inspirée de la délocalisation des usines Well et Jallatte. On pense à la pièce « événement » Les vivants et des morts, dont le metteur en scène Julien Bouffier a décliné l’invitation au débat organisé au Causse de la Selle sur le thème « l’imaginaire de l’artiste en déplacement ». Avec la différence que Bouffier a puisé sa matière théâtrale dans un livre.

Cette initiative rurale est intéressante à plus d’un titre. Elle permet d’identifier un public rural, nouveau, plus jeune, qui n’est pas celui du spectacle bourgeois, de droite ou de gauche. Et rappelle que les discours du pouvoir se sont répandus jusque dans les derniers retranchements du système social. Jusque dans les théâtres urbains où le seuil de rentabilité s’assure aujourd’hui la plupart du temps à partir des œuvres figurant dans les programmes de l’Education nationale.

Besoin d’humanité

Dans cette logique bien pensante, la violence de Sweden, le personnage de la pièce de Bond qui assassine sans compassion Hoxton et Grace (la mère et la fille) ne s’adresse pas au public des lycéens. On se met ainsi dans l’impossibilité de penser l’état de perdition humain. Comme on renvoie un gamin de son école primaire parce qu’il y a volontairement cassé une vitre sans interroger un instant la violence générée par le système scolaire.

Dans « Le crime du XXIème Siècle » le fond signifiant renvoit à la tragédie contemporaine. Sweden est un Oedipe des temps modernes. Les quatre personnages ne luttent pas pour s’approprier le monde, ce que l’on admettrait plus facilement, mais pour survivre. Ils évoluent dans un no man’s land où le système totalitaire ne garantit plus leur citoyenneté ni leur identité humaine. Dans cette société la survie est la seule règle qui vaille.

Conscience des maux sociaux

La mise en scène d’Emilien Urbach plonge efficacement le public au sein de l’espace scènique où il prend part au processus sans pouvoir remédier à la situation. Les quatre comédiens aguerris mettent leur talent au service de l’apocalyptique XXIème siècle. Par moment on pense à la situation des territoires occupés palestiniens où la compagnie a déjà mené plusieurs projets. « On a le sentiment que tout le monde est en train de devenir tiède, confie Emilien Urbach, pour moi le théâtre est un lieu où tous les éléments se retrouvent comme dans le théâtre antique. La pièce de Bond peut évoquer la Palestine avec cette notion de ghetto, surtout depuis la construction du mur, mais cela existe aussi tout près avec le développement des ghettos de riches ultra sécurisés sur la Côte d’Azur où sur la côte marocaine. »

Jean-Marie Dinh

Otan : Le porte-avions Eisenhower accueille le retour de la France Le porte-avions géant de l’US Navy, l’USS

Peu après 10H00, le général des Marines James N. Mattis doit remettre au général Stéphane Abrial le drapeau de l’Otan et, à travers lui, son « Commandement allié de la Transformation » (ACT), chargé de préparer l’Alliance aux menaces émergentes et aux nouvelles exigences opérationnelles.

Pour marquer d’une pierre blanche cette étape dans l’histoire de l’Alliance, son secrétaire général, le Danois Anders Fogh Rasmussen, et les plus hautes autorités militaires américaines assisteront à la cérémonie conçue comme un show d’une heure réglé dans les moindres détails.

« C’est la première fois depuis la création de l’Alliance qu’un commandement de niveau stratégique est confié à un non-Américain », a lui-même relevé le général Abrial devant la presse à la veille de son intronisation.
L’officier français voit dans son arrivée à Norfolk, un « symbole » du « renforcement du rôle des Européens au sein de l’Alliance ». Il en veut pour preuve la présence à ses côtés d’amiraux italien et britannique.

Sans citer la France, il souligne aussi la dimension industrielle de l’européanisation de l’Alliance atlantique, jugeant « extrêmement important que l’ensemble des industries de défense de tous ses pays membres soit représenté ».

Mais il souligne aussi le parallélisme entre la présence « d’un amiral américain en Belgique, sur sol européen, pour assurer le commandement des opérations de l’Otan et d’un général européen sur sol américain pour commander sa transformation ».

« Cette présence croisée est un symbole très fort de ce lien transatlantique qui est au coeur de l’Otan », insiste-t-il.
Le général Abrial entend se mettre à la tâche « dès mercredi midi » avec comme « tout premier dossier, le lancement, côté militaire, des travaux sur le nouveau concept stratégique de l’Alliance atlantique ».

Ces travaux de révision de l’actuel concept, un document « post-guerre froide » remontant à 1999 et jugé largement obsolète, ont été lancés au sommet du 60e anniversaire de l’Otan à Strasbourg/Kehl, en avril. Ils doivent aboutir d’ici à son prochain sommet, fin 2010 à Lisbonne.

Créé pour favoriser la transformation et l’interopérabilité des forces armées des 28 membres de l’organisation, ACT est chargé de l’évolution de ses capacités militaires et de la réflexion sur ses défis, besoins et missions futurs.

L’autre commandement « suprême » de l’Otan, le Commandement allié opérations (Allied Command for Operations, ACO) est installé au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE), près de Mons (Belgique). Gigantesque machine, il gère les engagements en Afghanistan, au Kosovo ou en Méditerranée.

En retrouvant le commandement intégré de l’Alliance au sommet de Strasbourg/Kehl, la France avait obtenu aussi le commandement de l’un des trois quartiers généraux de l’ACO, celui de Lisbonne.

Un général français, Philippe Stoltz, en a pris la tête le 20 juillet. Il a désormais la haute main sur les opérations de lutte anti-piraterie de l’Otan, ses activités en Afrique et sa Force de réaction rapide.
Quelque 1.250 militaires français rejoindront également les états-majors de l’Alliance d’ici à 2012.

Intervention en Afghanistan: Le PS demande un débat au Parlement

Dans un communiqué publié à l’issue de son Bureau national, le PS estime que « la situation sécuritaire et politique en Afghanistan ne cesse de se dégrader ».     Le Parti socialiste « demande une clarification de la stratégie, des objectifs et des modalités de l’intervention internationale. Il demande solennellement au président de la République et au gouvernement l’organisation, dès le début de la session, d’un débat au Parlement sur la nature de l’intervention militaire française en Afghanistan, ses objectifs, ses méthodes, le rôle de la France et de l’Europe dans la coalition internationale ».

Le PS qui « rend hommage aux soldats français tués dans les opérations militaires » affirme que « jamais le nombre de soldats de la force internationale morts au combat n’a été aussi important, jamais le nombre de victimes civiles afghanes n’a été aussi élevé, notamment du fait des bombardements aériens ».

Déplorant « l’impasse politique » qui s’ajoute à l’impasse militaire, le PS juge que « les conditions » dans lesquelles l’élection présidentielle s’est déroulée « ne préfigurent pas la formation d’un gouvernement plus crédible et plus légitime ».

Pour le PS, « l’intervention de la coalition internationale destinée à chasser du pouvoir le régime des talibans et à aider au retour de la paix et de la sécurité en contribuant à l’édification d’un État afghan démocratique, est devenue une guerre interminable aux objectifs politiques non clarifiés ».

Voir aussi : Rubrique politique Hervé Morin Il n’y a pas d’alternative –  Rubrique société civile Trente associations contre l’expulsion des Afghans

Joyandet : Kadhafi a une évolution « de plus en plus positive »

Interrogé sur la chaîne TV5Monde au sujet des propos à l’emporte-pièce et controversés du numéro un libyen sur différents sujets, M. Joyandet s’est refusé à commenter des « déclarations qui lui appartiennent ».

« Tout le monde connaît le président Kadhafi qui a d’ailleurs une évolution qui est plutôt positive, de plus en plus positive », a-t-il observé, en relevant que ce dernier viendrait s’exprimer prochainement à la tribune des Nations unies.

Dans l’entourage du secrétaire d’Etat, on précisait que M. Joyandet avait voulu faire allusion « au fait que le colonel Kadhafi avait renoncé à soutenir le terrorisme international depuis 2003 ».

En réponse à une autre question sur l’engagement français contre le terrorisme en Afghanistan, le ministre français a évoqué à nouveau en passant l’Afrique et le dirigeant libyen, qui, selon lui, peut avoir une influence utile.

« Il faut combattre le terrorisme là-bas en Afghanistan, sinon il viendra chez nous. Vous savez, je vois ce qui se passe en Afrique notamment, dans le Sahel, et pour cela d’ailleurs nous avons besoin du président Kadhafi et de la Libye », a-t-il remarqué.

M. Joyandet a représenté la France la semaine dernière aux cérémonies du 40e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi.

Ces festivités se sont déroulées sur fond de polémique, après le tollé suscité par l’accueil triomphal à Tripoli d’Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, condamné pour l’attentat de Lockerbie (270 morts) et récemment libéré par l’Ecosse pour raisons médicales.