Obama un an après

Il y un an aujourd’hui, Barack Obama prenait officiellement ses fonctions de président américain. Le monde a placé de grands espoirs dans sa politique et a été déçu, estiment certains commentateurs. D’autres recommandent la patience en ce qui concerne la résolution des problèmes mondiaux. » suite

Extraits des publications suivantes:
Hospodá?ské noviny – République tchèque, Der Standard – Autriche, Delo – Slovénie, La Repubblica – Italie

Hospodá?ské noviny – République tchèque

Au cours de sa première année en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama a considérablement amélioré l’image des Etats-Unis, salue le journal économique Hospodá?ské Noviny. Mais son aspiration au dialogue et aux solutions pacifiques n’a pas rencontré de succès notable : « L’Afghanistan peut devenir le Vietnam d’Obama. Les talibans ont salué sa déclaration malheureuse selon laquelle l’Amérique ne mènerait pas une guerre interminable à tout prix en Afghanistan. Une rhétorique plus sévère à l’égard de la Russie ne serait pas de trop non plus. Obama a offert à Moscou un visage plus pacifique que son prédécesseur. Il n’est malgré tout pas parvenu à négocier jusqu’au bout le traité Start pour un nouveau cycle de désarmement. La Russie se révèle être un partenaire auquel on ne peut pas se fier, même en ce qui concerne la demande d’une pression accrue sur l’Iran. » (20.01.2010)


Der Standard – Autriche

Le président américain s’en est bien sorti au cours de sa première année de mandat, estime le quotidien Der Standard. Mais il ne faudrait tirer un bilan qu’à partir de 2012 : « Lors de ses douze premiers mois de mandat, Obama a dû aussi s’attaquer à des questions impopulaires. La réforme de la santé ou le renforcement des troupes en Afghanistan ont fait partie des sujets difficiles à faire passer, même pour Obama. A cela s’ajoute un ‘enthousiasm gap’, une grande désillusion avec laquelle tout président aurait des difficultés. … Outre la critique systématique d’Obama, la comparaison historique avec d’autres présidents est une discipline très en vogue en ce moment à Washington. Il résulte de tout cela que Ronald Reagan est le seul président à avoir disposé d’une côte plus défavorable que celle d’Obama après un an d’exercice. Le Californien avait obtenu sa réélection en 1984 par une large avance. Rien ne dit qu’Obama ne puisse en faire autant. Car on ne fera pas les comptes après sa première année de mandat, mais bien en 2012 seulement. » (20.01.2010)


Delo – Slovénie

Un an après la prise de fonctions du président américain Barack Obama, les problèmes qu’il avait promis de résoudre pendant sa campagne sont toujours là, écrit le quotidien Delo : « Le système capitaliste américain et sa spéculation financière effrénée, les immenses inégalités sociales, la relation servile de la politique avec les grandes entreprises, le non-respect des droits des travailleurs et la terrible tragi-comédie que l’on qualifie de meilleur système de santé du monde : rien de tout cela n’a changé. Les adversaires d’Obama avaient déjà dit, avant son élection à la présidence, qu’il tenait de bons discours mais qu’il n’y avait aucune garantie que ses propos seraient également suivis par des actes. … Obama fait justement partie d’un système duquel il pourrait seulement tirer les forces surnaturelles d’un Baron de Münchhausen. » (20.01.2010)


La Repubblica – Italie

Après la première année de mandat de Barack Obama, le prix Nobel d’économie Paul Krugman, dans le quotidien progressiste de gauche La Repubblica, demande avant tout au président américain une plus grande résistance à ses détracteurs : « Barack Obama ne s’est pas mis à l’abri des critiques de ses opposants. Obama a omis de faire ce qu’avait fait Ronald Reagan au début de son mandat : se préserver de toute critique en expliquant et en rappelant que la responsabilité de ce qui ne fonctionnait pas incombait aux gouvernements précédents. … Quelle qu’en soit la raison, Obama a ainsi toujours toléré que le public oublie très rapidement que les problèmes économiques n’ont pas débuté sous sa présidence. … La seule chose que peut désormais tenter de faire Obama, c’est de présenter les républicains pour ce qu’ils sont : des opposants aux réformes. Les démocrates doivent désormais tout mettre en œuvre pour mener à terme la réforme de la santé. L’adoption de celle-ci ne constituera certes pas leur salut politique, mais son rejet signifierait assurément leur perte. » (20.01.2010)

Voir aussi : Rubrique internationale Ses erreurs vues par Allan Lichtman

Florence Aubenas juge les déclarations de Guéant Très blessantes

La journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak, a jugé lundi « très blessant » le commentaire du secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, qui a estimé, à propos des journalistes de France 3 enlevés en Afghanistan, que le « scoop ne devait pas être recherché à tout prix ». « Je trouve cela très blessant, et pour eux et pour les familles. J’espère très profondément qu’on ne leur fera pas entendre cela, parce que c’est pour eux un motif de désespoir terrible », a-t-elle indiqué lors d’une interview sur Public Sénat. Interrogé dimanche sur le sort des deux journalistes, M. Guéant a assuré qu’ils étaient « en vie ». « Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales », a-t-il ajouté, soulignant le « coût tout à fait considérable » de cet enlèvement.

« On parle de la liberté d’informer et on vient leur dire que l’addition est lourde. Elle est d’abord lourde pour eux (les otages, NDLR) », a réagi Florence Aubenas. « Je suis très surprise parce jusqu’à présent il avait été recommandé à toute la profession d’être très discrète sur ce dossier, et ne même pas donner le nom des journalistes enlevés », a-t-elle ajouté. « Tout le monde s’y est tenu. Je suis très étonnée que cette discrétion soit rompue par ceux qui la demandent, par le gouvernement lui-même, et profitent que deux personnes soient en détention pour instruire un procès contre eux, un procès que je trouve malvenu en ce moment », a-t-elle dit. Florence Aubenas, à l’époque journaliste à Libération, a été enlevée et détenue en otage en Irak de janvier à juin 2005.

AFP

Soutien aux deux journalistes détenus en Afghanistan.

Après les propos controversés de Claude Guéant, sur «l’imprudence coupable» des deux reporters de France 3 enlevés en Afghanistan, leurs amis et confrères demandent aux responsables politiques de «faire preuve de retenue». Le vent se lève soutient cet appel.

«Nous, amis et soutiens des deux journalistes et de leurs accompagnateurs afghans comprenons et respectons les consignes de silence et de discrétion autour de leur enlèvement afin de ne pas gêner les négociations qui s’engageraient avec les ravisseurs. Pour autant, nous ne pouvons pas admettre que des responsables politiques mettent en cause la probité professionnelle de nos confrères et amis. Les journalistes de France Télévision enlevés sont tous deux très expérimentés, avec chacun plus de vingt ans d’expérience professionnelle sur de nombreux théâtres d’opération. Afghanistan, Proche Orient, conflit de l’ex-Yougoslavie, Rwanda, guérillas du Cambodge, ex-URSS, ils ont effectué de nombreux reportages dans des pays en guerre. C’est à ce titre que la rédaction de France 3 leur a confié cette mission d’information en Afghanistan.

Journalistes et amis, nous n’accepterons pas que la réputation de nos confrères soit salie et diminuée alors même qu’ils sont encore aux mains de leurs ravisseurs et qu’ils n’ont pas encore livré le récit de leur enlèvement. Les propos tenus sont outrageants au regard du parcours professionnel de nos confrères, des risques qu’ils ont encourus avec certains d’entre nous pour informer le public lors d’autres conflits et des motivations profondes qui les guident dans l’accomplissement de leur métier. Le dénigrement de nos confrères est en outre très blessant pour les familles. Et puisque la recommandation est à la discrétion, nous aurions souhaité que les responsables politiques soient les premiers à faire preuve de retenue. Loin des contre-vérités et des polémiques. L’Etat doit assistance à tout citoyen français, fût-il journaliste.»

Vous pouvez signer l’appel ici, ou rejoindre le groupe de soutien, .

Voir aussi : Rubrique Médias , Montpellier soutien, rassemblement de soutien aux otages ,exemple pratique d’un petit soldat du journalisme , entretien avec Florence Aubenas,

Sebastian Pinera remporte l’élection présidentielle au Chili

 

Sebastian Pinera

Le milliardaire de droite Sebastian Pinera a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Chili face à Eduardo Frei, mettant fin à 20 ans de domination de centre gauche sur la vie politique du pays. Pinera a récolté près de 52% des suffrages contre à peine plus de 48% à Frei, candidat de la coalition de gauche, qui a rapidement reconnu la victoire de son adversaire. « Je tiens à féliciter Sebastian Pinera », a dit l’ancien président, au pouvoir de 1994 à 2000. « Je lui souhaite de réussir pendant son mandat. » La victoire de Pinera, âgé de 60 ans, marque un retour de la droite sur la scène politique en Amérique du Sud, où la gauche a enchaîné les victoires électorales ces dernières années, de Montevideo à Buenos Aires et de Caracas à La Paz. « Nous avons besoin d’un État fort et efficace avec plein de muscles et peu de graisse », a déclaré Pinera devant des milliers de partisans en liesse dimanche soir à Santiago. « Nous avons besoin d’un État qui aide les gens dans le besoin et les classes moyennes à aller de l’avant », a ajouté le milliardaire, qui prendra ses fonctions au mois de mars.

C’est la première fois que la droite devance la gauche dans une présidentielle au Chili depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet et le retour de la démocratie en 1990. La très populaire présidente sortante, la socialiste Michelle Bachelet, ne pouvait légalement briguer un nouveau mandat. Mais nombre de Chiliens s’étaient dit déçus par la coalition de centre-gauche « Concertacion », estimant que le gouvernement aurait pu mieux utiliser les milliards de dollars de revenus tirés de l’exploitation du cuivre. Ils semblaient également lassés par la vieille garde politique du pays. « DE L’AIR FRAIS » « Les gens voulaient du changement. Ils voulaient respirer après 20 ans de règne de la Concertacion », a déclaré Patricia Acosta, une publiciste de 39 ans célébrant la victoire de Pinera.

Formé à l’université américaine de Harvard, Pinera est classé 701e fortune mondiale par le magazine Forbes. Il était le favori des marchés financiers. Soucieux de faire entrer « de l’air frais » et d’apporter du « changement » au pays, le candidat de la droite a su se démarquer de l’héritage de la dictature militaire, endeuillée par la mort ou la « disparition » de plus de 3.000 personnes et quelque 28.000 cas de torture. L’un de ses frères fut ministre de Pinochet et une partie de son entourage a travaillé pour la dictature. L’homme d’affaires, qui a fait fortune en introduisant les cartes de crédit au Chili, s’est engagé à relancer l’économie en créant un million d’emplois. Il promet un taux de croissance annuel de 6% grâce à des allègements fiscaux pour inciter les entreprises à recruter. L’économie du Chili, qui repose sur le cuivre et les exportations de saumon, d’agrumes et de vins, émerge de sa première récession en dix ans. Ses détracteurs estiment que le projet de Pinera dépend trop largement de la capacité du secteur bancaire à créer des emplois et d’une reprise générale progressive assortie d’une demande maintenue pour le cuivre. Il risque aussi d’avoir des difficultés à faire adopter ses réformes à un Congrès divisé. Il a promis par ailleurs de céder ses parts dans la compagnie aérienne LAN avant sa prise de fonctions en mars. Certains analystes estiment que le ralliement à Frei du producteur de films Marco Enriquez-Ominami – arrivé en troisième position au premier tour avec 20% des voix -, mercredi, a été trop tardif et trop tiède pour lui permettre une victoire qui aurait été autrement arithmétiquement logique.

Reuter

Voir aussi : Rubrique Amérique Latine , Chili,En finir vraiment avec l’ère Pinochet , On Line, Du retour des Chicago boys,

Venezuela: Chavez exproprie une chaîne d’hypermarchés franco-colombienne

hugo-chavezLe président socialiste du Venezuela Hugo Chavez a ordonné dimanche l’expropriation de la chaîne d’hypermarchés franco-colombienne Exito (groupe Casino), accusée d’avoir augmenté ses prix à des fins « spéculatives » après la dévaluation de la monnaie locale le 8 janvier.
« La chaîne Exito passe sous contrôle de la République, en raison de nombreuses infractions aux lois vénézuéliennes », a déclaré M. Chavez sous les applaudissements lors de son programme radio-télévisé hebdomadaire, « Alo Presidente » (Allo Président). « Jusqu’à quand allons-nous permettre qu’une multinationale vienne faire cela ici? J’ordonne que l’on ouvre une enquête et j’attends la nouvelle loi pour entamer une procédure d’expropriation de la chaîne Exito », a ajouté le chef de file de la gauche radicale latino-américaine. M. Chavez a demandé au parlement, où ses partisans sont largement majoritaires, d’adopter « en urgence » une réforme de la loi de défense du consommateur, afin de permettre à l’Etat d' »exproprier » les commerces qui augmentent leurs prix à des fins « spéculatives ».

La chaîne colombienne Exito, dont l’actionnaire majoritaire est le groupe français Casino, possède plusieurs grands magasins au Venezuela.     « Cela doit passer sous contrôle de la nation. Cela peut faire partie de Comerso », a affirmé M. Chavez, en faisant référence à la Corporation de Marchés socialistes, un nouveau réseau de commerces vendant à des prix cassés divers types de produits. Il y a dix jours, le gouvernement a dévalué le bolivar, qui s’échangeait depuis 2005 au taux de 2,15 bolivars pour un dollar, et instauré un double taux de change pour stimuler la production nationale, dans un pays largement importateur.

Le bolivar s’échange désormais à 2,60 bolivars pour un dollar pour les importations des produits de base (santé, alimentation, équipements) et à 4,30 bolivars pour les autres (voitures, télécommunications, électronique…). Les économistes redoutent que cette dévaluation n’alimente l’inflation dans un pays où les prix ont augmenté de 25% en 2009. Par peur d’une valse des étiquettes, bon nombre de Vénézuéliens se sont rués dans les magasins au lendemain de l’annonce gouvernementale pour acheter notamment des appareils électroménagers importés.     En réaction, le président Hugo Chavez avait menacé d’exproprier les commerçants qui augmenteraient les prix de manière abusive.     Peu après, un hypermarché de Caracas appartenant au groupe Exito avait été le premier magasin investi par la garde nationale. Des dizaines d’autres commerces ont depuis subi le même sort.

M. Chavez, arrivé au pouvoir en 1999, a déjà exproprié plusieurs entreprises vénézuéliennes et étrangères depuis 2007 dans le cadre de sa politique de nationalisations de plusieurs secteurs stratégiques, comme le pétrole, l’électricité, les télécommunications, la sidérurgie, le ciment ou les banques.

Nucléaire civil: tour du monde des nouvelles puissances

Les prix élevés du pétrole appelés à perdurer et la chasse aux gaz à effet de serre sont les moteurs de la relance mondiale du nucléaire. La concurrence sera rude, en particulier sur le créneau des réacteurs de moyenne puissance destinés aux pays émergents. Revue des exportateurs potentiels et des historiques, concurrents de la France.

• L’Argentine

C’est le petit nouveau qui pourrait surprendre. L’Argentine a vendu récemment un réacteur nucléaire, certes destiné à la recherche, à l’Australie. Le pays andin avait déjà exporté des modèles similaires au Pérou, à l’Égypte et à l’Algérie. Ses deux seules centrales sont de fabrication allemande et canadienne. Mais l’État argentin ambitionne de produire son premier réacteur de puissance « 100 % argentin », ­Carem, de 200 à 300 MW à l’horizon 2016.

• L’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud exploite depuis un quart de siècle deux réacteurs construits par le français Framatome. Ses chercheurs ont repris une technique conçue puis abandonnée par les Allemands, le « réacteur modulaire à lit de boulets », de petite puissance, où le combustible prend la ­forme de boules. Le premier réacteur à boulets ne devrait pas être opérationnel avant 2018.

• L’Inde

Sur son marché intérieur, l’Inde projette de porter à 25 % la part de l’atome dans sa production électrique à l’horizon 2050. Le géant asiatique exploite 17 réacteurs et en construit 5. L’Inde affiche l’ambition de devenir un leader mondial dans la technologie des réacteurs à neutrons rapides alimentés en thorium, métal plus abondant que l’uranium.

• La Chine

Sur les onze réacteurs mis en chantier l’an dernier dans le monde, neuf l’ont été en Chine. Mais, pour l’heure, les Chinois « achètent toujours de la technologie étrangère et leur priorité est leur marché intérieur », pointe Hans-Holger Rogner, responsable des études économiques à l’AIEA.

• La Russie

La Russie participe à un appel d’offres en République tchèque face à Areva et Westinghouse et se prépare pour la Turquie et le Maroc. En dehors de ses frontières, la Russie a construit deux réacteurs encore en service en Bulgarie, en Finlande et en Chine, et termine la très controversée centrale iranienne de Bouchehr.

• L’Allemagne

Le géant Siemens, qui a construit toutes les centrales d’Allemagne de l’Ouest, a noué l’an dernier un partenariat straté­gique avec le russe Rosatom. Ensemble, ils comptent conquérir un tiers du marché mondial.

• Le Japon

Le japonais Hitachi était en lice pour Abu Dhabi, allié à l’américain GE. Avec Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba (désormais propriétaire de l’historique Westinghouse), l’Archipel compte trois grands groupes à l’affût des marchés ­extérieurs, en général dans le cadre de consortiums.

• Les États-Unis

La Maison-Blanche a évoqué lundi la relance du nucléaire. En octobre dernier, l’État fédéral a reçu 19 demandes de prêts de la part des compagnies d’électricité pour construire autant de réacteurs. Le constructeur Westinghouse, qui concéda des licences à l’origine des programmes nucléaires civils français et sud-coréens, est aujourd’hui contrôlé par le japonais Toshiba. GE reste le seul vendeur américain de réacteurs.

Le Canada

Avec sa filière Candu, dont huit réacteurs sont opérationnels en Roumanie, en Argentine, en Chine, en Inde et en Corée du Sud, le Canada reste un des grands ­acteurs du nucléaire.

Voir aussi : rubrique Politique internationale, Sarkozy nucléaire civil  « ciment d’une nouvelle solidarité », rubrique Japon  L’accident nucléaire