Scandale politico-financier en Indonésie: le président en difficulté

susilo-bambang-yudhoyonoLe président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a été désavoué mercredi par le parlement qui a approuvé des poursuites judiciaires contre son vice-président et sa ministre des Finances, mis en cause dans le sauvetage controversé d’une banque locale. Après des mois de débats, une majorité de 325 députés, dont ceux de deux partis de la coalition gouvernementale, ont voté mercredi soir pour qu’une enquête judiciaire soit diligentée contre le vice-président Boediono et la ministre des Finances Sri Mulyani Indrawati. Considérés comme les membres les plus réformistes du gouvernement, ils sont mis en cause pour abus de pouvoir et irrégularités dans l’affaire de Century Bank, une banque de taille modeste sauvée de la faillite fin 2008, en pleine crise financière mondiale, par l’intervention de l’Etat. Ce dernier y a injecté au total plus de 700 millions de dollars, soit dix fois plus qu’initialement prévu.

M. Yudhoyono a défendu l’action de M. Boediono, gouverneur de la banque centrale à l’époque, et de sa ministre en affirmant que le sauvetage était indispensable pour éviter un effet domino dans le secteur bancaire indonésien, qui aurait pu provoquer la panique des investisseurs. Pour de nombreux experts, l’affaire Century Bank a été orchestrée pour affaiblir les partisans des réformes et de la lutte anti-corruption, qui inquiètent les tenants de l’ordre établi dans l’un des pays les plus corrompus d’Asie. M. Yudhoyono pourrait être contraint de choisir entre sa coalition et les deux membres de son gouvernement, estime Pande Raja Silalahi, commentateur politique. « Cette coalition menace de se désintégrer quatre mois seulement après le début du second mandat présidentiel », note-t-il. Si les tensions actuelles débouchaient sur une crise politique, la réputation de l’Indonésie, considérée comme l’un des pays d’Asie les plus prometteurs aux yeux des investisseurs étrangers, en patirait.

AFP

Commentaire :  Susilo Bambang Yudhoyono est président de la République d’Indonésie depuis octobre 2004, et le premier à être élu au suffrage universel direct. Son vice-président est Muhammad Jusuf Kalla, du Golkar, parti de l’ancien président Soeharto. Yudhoyono est membre du Parti démocrate. Le 20 septembre 2004, Susilo Bambang Yudhoyono a obtenu 61 % des voix au deuxième tour face à la présidente sortante Megawati Soekarnoputri. Un mois plus tard, il a prêté serment devant le parlement à Jakarta et son mandat de cinq ans a officiellement débuté. Il a prononcé le texte suivant :

« Au nom de Dieu, je jure de remplir mes obligations de président de la République de l’Indonésie de manière aussi complète et juste que possible. […] Je respecterai à la lettre la Constitution, appliquerai les lois de la façon la plus honnête possible et me dédierai au pays et à la nation »…

La Chine, la Corée du Sud et le Japon planchent sur un accord trilatéral de libre-échange

La Corée du Sud envisage de lancer un programme conjoint de recherche avec la Chine et le Japon sur la faisabilité d’un accord de libre-échange (ALE) entre les trois pays d’Asie du Nord-Est, a déclaré mercredi le ministre sud-coréen des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, le pays, qui cherche à établir l’intégration économique de la région du nord-est de l’Asie en créant des conditions favorables pour des ALE, lancera une étude conjointe avec les pays concernés, à laquelle participeront des responsables gouvernementaux, des universitaires et des représentants des milieux d’affaires.

Parallèlement à l’ALE trilatéral, le pays poursuivra ses efforts visant à établir des accords de libre-échange bilatéraux séparés avec la Chine et le Japon, précise le communiqué. Jusqu’à présent, la Corée du Sud a passé des accords de libre-échange avec le Chili, Singapour et l’Association européenne de libre-échange (AELE), ainsi qu’un accord similaire avec l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN). Le pays est parvenu récemment à un accord de libre-échange avec l’Union européenne et a également conclu des négociations de libre-échange avec l’Inde, qui ont débouché sur la signature de l’Accord global de partenariat économique (CEPA) en août 2009.

Pour ce qui est de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis signé en juin 2007, les deux pays attendent toujours l’approbation du pouvoir législatif. La Corée du Sud cherche également à établir des accords commerciaux similaires avec l’Australie, le Canada et le Mexique.

Xinhua

L’Arabie saoudite, l’Angola et l’Iran restent les trois plus grands fournisseurs de pétrole de la Chine

L’Arabie saoudite, l’Angola et l’Iran sont restés en 2009 les trois plus grands fournisseurs de pétrole de la Chine et les importations en provenance de ces trois pays ont représenté 47,7% du total de celles de la Chine, a indiqué mercredi l’Administration générale des douanes (AGD). En 2009, la Chine a importé 41,86 millions de tonnes d’Arabie saoudite, 32,17 millions de tonnes d’Angola et 23,15 millions de tonnes d’Iran, soit des hausses respectives de 15,1%, 7,6% et 8,6% par rapport à l’année précédente, a précisé l’AGD.

La Chine a importé 204 millions de tonnes de pétrole brut l’année dernière, en hausse de 13,9% sur 2008, avec un prix moyen de 438 dollars la tonne. Ces importations ont coûté à la Chine 89,26 milliards de dollars, soit une baisse de 31% en glissement annuel, grâce à la chute des prix de l’or noir. Selon les statistiques de l’AGD, les importations en provenance d’Arabie saoudite, le plus grand fournisseur de pétrole de la Chine, ont représenté 20,5% du total des importations pétrolières chinoises en 2009, suivies par celles en provenance d’Angola (15,8%) et d’Iran (11,3%).

Parmi les autres fournisseurs de la Chine, ont figuré notamment la Russie, Oman et le Soudan. L’AGD a attribué la hausse de la demande de pétrole de la Chine à l’industrialisation, à l’urbanisation et à l’augmentation du nombre des voitures individuelles. La Chine est de plus en plus dépendante de ses importations de pétrole. En 2009, ces dernières ont représenté 52% du total de la consommation du pays, alors que la production domestique de pétrole de la Chine était d’environ 189,5 millions de tonnes.

La Banque de Chine resserre ses taux hypothécaires

hong-kong-immobillier

Chine immobilier : la forme olympique

La Banque de Chine a décidé de réduire les avantages dont bénéficiaient les particuliers qui demandaient un crédit hypothécaire, indique-t-on, mercredi, de source de la filiale de Shanghai de cette banque. La même source indique que la filiale de Shanghai a déjà reçu, du siège de Beijing, la consigne de réduire à 15%, contre 30% précédemment, la bonification d’intérêt dont bénéficiaient les acheteurs de leur premier logement. Cette décision, entrée en vigueur depuis février, semble être une réponse aux précautions demandées la semaine dernière aux émetteurs de crédit par le régulateur bancaire du pays. Ce dernier a recommandé qu’en 2010, les banques maintiennent l’augmentation de leur offre de crédits dans des limites raisonnables et évitent de prendre des risques financiers. L’année dernière, en effet, les nouveaux crédits ont atteint un record de 9 590 milliards de yuans, presque le double de ceux de 2008.

Parmi ces nouveaux crédits, les prêts hypothécaires consentis aux particuliers ont représenté 1 400 milliards de yuans et ceux accordés aux promoteurs 576,4 milliards de yuans. En 2009, le secteur de l’immobilier a connu un boom historique. Les ventes immobilières ont bondi de 75% à 4 400 milliards de yuans. Selon les données publiées par le Bureau d’Etat des statistiques, les prix des logements ont enregistré la hausse la plus importante en 15 ans à 4 695 yuans par mètre carré, en augmentation de 24% en base annuelle. Depuis décembre 2009, le gouvernement chinois a pris une série de mesures pour refroidir le marché de l’immobilier. Ces mesures comprennent la taxation du produit de la revente de logements si celle-ci intervient moins de cinq ans après la date d’achat et l’obligation pour les particuliers achetant un ou plusieurs logements supplémentaires de verser immédiatement 40% du prix d’achat.

Xinhua

Voir aussi : rubrique finance, La réévaluation du yuan en question, Si Pékin cessait d’acheter la dette américaine,

Washington renforce son arsenal anti-missiles autour de l’Iran

Les Etats-Unis accélèrent le déploiement de systèmes anti-missiles dans le Golfe afin de parer à une éventuelle attaque iranienne, rapporte samedi le New York Times. Le quotidien, qui cite des responsables militaires et de l’administration Obama, précise que Washington déploie des navires spécialisés au large des côtes iraniennes ainsi que des intercepteurs de missiles dans quatre pays : le Qatar, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït. Oman a également été approché, mais aucun missile anti-missile n’a encore été installé dans ce pays, indique le journal. Selon le NYT, les pays arabes sont de plus en plus enclins a accueillir des équipements de défense américains par crainte des ambitions et des capacités militaires de l’Iran. Notre premier objectif est de dissuader les Iraniens » de s’en prendre à leurs voisins, a déclaré un haut fonctionnaire cité par le journal. « Le deuxième est de rassurer les Etats arabes afin qu’ils ne se sentent pas obligés de se procurer eux-mêmes l’arme nucléaire. Mais il s’agit aussi en partie de calmer les Israéliens », a-t-il dit.

Ces préparatifs militaires visent à prévenir d’éventuelles représailles iraniennes qui suivraient un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran. Ils pourraient aussi dissuader Israël de frapper militairement les installations nucléaires iraniennes. Le Sénat américain a adopté jeudi un projet de loi permettant au président Barack Obama de sanctionner les importations d’essence iraniennes pour obliger Téhéran à se conformer à ses obligations internationales concernant son programme nucléaire. L’Iran refuse depuis des mois une offre de l’Agence internationale de l’énergie atomique de faire enrichir son uranium à l’étranger. La communauté internationale soupçonne Téhéran de développer des capacités militaires sous couvert d’un programme nucléaire civil. Washington et cinq autres pays (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) tentent de se mettre d’accord sur des sanctions accrues contre l’Iran, mais la Chine affirme vouloir poursuivre la négociation avec Téhéran.

Voir aussi : Rubrique Politique internationale Iran nucléaire Pékin sous pression , rubrique France défense défense anti-missiles française et européenne