Le président irakien Jalal Talabani à Paris pour conclure une normalisation politique et des contrats

jalal-talabaniLe président irakien Jalal Talabani était attendu lundi à Paris pour une visite d »Etat de quatre jours, destinée à couronner la normalisation des relations entre les deux pays après l »opposition de Paris à l »invasion américaine de l »Irak en 2003 et conclure de nouveaux contrats. Il s »agit de la première visite d »Etat jamais réalisée par un chef d »Etat irakien en France, Saddam Hussein n »y ayant effectué que des visites officielles ou de travail. Pour le Kurde Jalal Talabani, l »avenue des Champs-Elysées et les bâtiments publics ont été pavoisés de drapeaux irakiens rouge-blanc-noir, portant l »inscription « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand).

De premiers entretiens à l »Elysée avec le président Nicolas Sarkozy étaient prévus à 17H00, avant un dîner avec les épouses, Hero Ibrahim Ahmad et Carla Bruni-Sarkozy. « La France bénéficie en Irak d »une très belle image sur laquelle nous essayons de capitaliser« , a résumé lundi l »ambassadeur de France à Bagdad, Boris Boillon. « Les Américains sont sur une logique de départ (…) les Irakiens dans une logique de diversification, cela fait les affaires de la France », a-t-il ajouté sur Europe 1.

Le retour de la France en Irak, partenaire privilégié dans les années 70 et 80, se fait avec la bénédiction des Etats-Unis qui cherchent à montrer que Bagdad a repris toute son indépendance et sa place sur la scène internationale. Depuis le début de l »année, les visites de responsables irakiens et français se sont multipliées de part et d »autre. Nicolas Sarkozy était à Bagdad en février, son Premier ministre François Fillon en juillet.

Alors que le coût de la reconstruction de l »Irak est estimé à 600 milliards de dollars, plusieurs contrats ont déjà été signés en matière de sécurité intérieure et militaire, comme la vente de 24 hélicoptères. Cette semaine, d »autres accords seront conclus, « qui renouvellent complètement la relation bilatérale » dans les domaines de la défense, de la sécurité intérieure, de l »économie, du secteur aérien, culturel et agricole, a précisé Boris Boillon.
Deux accords économiques vont permettre « à l »Agence française de développement (AFD) de venir en Irak » et concerner aussi « la Coface (assureur-crédit français pour le real online pokies commerce extérieur) qui permet de garantir les risques », a ajouté le diplomate. Jalal Talabani aura mercredi des entretiens avec le Medef.

Selon Denis Bauchard de l »Institut français des relations internationales (IFRI), « la France est bien placée pour revenir en force sur le plan économique en Irak », alors que « les Allemands et les Russes restent encore discrets« . Parmi les plus grosses perspectives, le groupe français Total pourrait se voir octroyer l »exploitation de champs pétroliers. Récemment, Aéroports de Paris International (ADPI) a remporté un contrat de 28 millions d »euros pour des études sur un futur aéroport Moyen Euphrate visant à desservir les villes de Kerbala et Najaf. Thales va numériser de son côté les données de l »état civil irakien, un contrat de 12,4 millions de dollars.

Pour la France, la question de la sécurité en Irak, même si elle reste importante, ne doit pas freiner les investisseurs. Il y a en Irak « une véritable amélioration sécuritaire« , a assuré l »ambassadeur français, tout en reconnaissant qu »à Bagdad l »édification de multiples murs pour améliorer la protection avait modifié le visage de la capitale.

Voir aussi : Rubrique Irak :  Pétrole contre nourriture L’Irak demande des réclamations,

Vietnam: appels à un recours prudent à l’énergie nucléaire

Le Vietnam, à la croissance énergivore, s’apprête à franchir une nouvelle étape vers sa première centrale nucléaire, un projet dans l’air depuis plus de dix ans sur lequel scientifiques et députés appellent à la prudence, notamment en matière de sécurité. L’Assemblée nationale du pays communiste a légalisé l’usage du nucléaire civil en 2008 et doit valider, fin novembre, le premier projet de centrale.

Le plan vise la construction de réacteurs d’une capacité totale de 4.000 mégawatts sur deux sites de la province de Ninh Thuan (sud), à partir de 2020. Selon les experts, son coût oscillerait entre 11 à 18 milliards de dollars. Mais avant même le vote, le gouvernement anticipe déjà une deuxième étape, pour doubler cette capacité d’ici à 2025. Le nucléaire assurerait dans un premier temps moins de 5% de la demande énergétique. Le pourcentage pourrait monter jusqu’à 30% d’ici à 2050.

Plus que le principe du nucléaire, ce sont les conditions de sa mise en oeuvre qui inquiètent: trop vite, sans assez de garanties en matière de sûreté. « On ne peut pas considérer les centrales comme des voitures », juge Pham Duy Hien, président du comité scientifique de l’agence vietnamienne de sûreté nucléaire. Défis de main d’oeuvre, législation embryonnaire, garanties insuffisantes sur le traitement des déchets: les experts multiplient les mises en garde.

Si Hanoï avance comme prévu, « la quantité de radioactivité dans ces déchets après dix ans d’opération sera énorme », avertit Pham Duy Hien. Il craint, même si le pays s’engage à du nucléaire civil, des risques de détournement de la matière. « On ne peut pas dire qu’il n’y aurait pas de problèmes », poursuit le scientifique, reconnaissant que le fléau de la corruption — jugée endémique au Vietnam — les accentuait.

Le député Nguyen Minh Thuyet demande aussi d’avancer par étape. Mais à l’Assemblée, les débats sont « tendus », reconnaît-il. « Pas mal de gens soutiennent le projet car ils pensent que le Vietnam va sérieusement manquer d’électricité ». Les réserves du pays en hydrocarbures ne sont pas infinies. L’exploitation de gisements de charbon dans le delta du Fleuve rouge au nord divise parce qu’elle sacrifierait des rizières. L’énergie hydraulique a des impacts écologiques, déloge des populations locales.

Le Vietnam vise une croissance économique de quelque 5% en 2009 et espère rejoindre le clan des pays industrialisés d’ici aux années 2020. Il commence juste à pointer son nez dans celui des pays à revenu intermédiaire. « L’industrie de l’électricité nucléaire est de très haute technologie et demande une gestion disciplinée », résume Pham Duy Hien, qui, face à une demande énergétique en hausse de près de 15% par an, conseille d’abord une chasse aux gaspillages.

Malgré ces débats, plusieurs pays ont depuis longtemps montré leur intérêt pour le projet. La France, dont le Premier ministre François Fillon a paraphé jeudi à Hanoï un accord de coopération nucléaire, mais aussi le Japon, la Russie, la Chine, et dans une moindre mesure la Corée du Sud et les Etats-Unis. Le vote des députés, perçu par certains comme acquis car appuyé par la direction communiste du régime, devrait ouvrir la voie aux études de faisabilité. Le partenaire ne devrait pas être choisi avant 2011-2012.

Bloqué sur le volet palestinien, Israël se tourne vers Damas

Israël s’est dit prêt à des négociations de paix sans condition préalable avec la Syrie, alors que le processus de paix avec les Palestiniens est enlisé. « Le Premier ministre (Benjamin) Netanyahu est d’accord pour des négociations immédiates avec la Syrie, partout dans le monde et sans condition préalable », a déclaré jeudi son conseiller de presse, Nir Hefetz, à la radio militaire.

Mercredi à l’Elysée, M. Netanyahu a demandé au président Nicolas Sarkozy de transmettre un message en ce sens au chef de l’Etat syrien Bachar al-Assad qu’il reçoit vendredi à Paris, selon un responsable israélien. Israël applique ainsi la « méthode du balancier » qui consiste à privilégier un autre interlocuteur lorsque le dialogue est bloqué avec le principal partenaire, comme c’est le cas actuellement avec les Palestiniens, relèvent les médias israéliens.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a déclaré mercredi qu' »il ne faut pas traiter par le mépris les signaux de paix émanant ces derniers temps de Damas ». Le président syrien a récemment pressé la Turquie d’améliorer ses relations avec Israël, allié stratégique d’Ankara, afin de pouvoir jouer à nouveau un rôle de médiateur dans des pourparlers indirects israélo-syriens lancés en mai 2008 et suspendus depuis l’offensive israélienne contre Gaza fin décembre.

Ces développements surviennent au moment où le dialogue israélo-palestinien, interrompu depuis bientôt un an, paraît plus bloqué que jamais, en dépit des efforts du président américain Barack Obama pour le relancer. Le président palestinien Mahmoud Abbas affirme vouloir reprendre les négociations uniquement si Israël gèle d’abord totalement la colonisation en Cisjordanie occupée.

Pour l’analyste Gerald Steinberg, professeur de sciences politiques à l’Université Bar-Ilan de Tel-Aviv, « le blocage sur le volet palestinien favorise une relance avec les Syriens ».
« Obama a ouvert le jeu avec Damas » et « la France peut aussi assumer un rôle, vu son influence historique au Liban », estime-t-il. « Barack Obama a toujours pensé que des négociations de paix avec Damas isoleraient fatalement l’Iran, ainsi que ses alliés, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien) ».

« Pour M. Netanyahu, il peut être avantageux tactiquement de reprendre des négociations avec Damas. D’autant qu’il ne risque pas de devoir payer le prix de la paix avec les Syriens dans l’immédiat », explique M. Steinberg à l’AFP. La Syrie réclame la restitution totale du plateau du Golan occupé par Israël depuis la guerre israélo-arabe de juin 1967 et annexé en 1981.

« Depuis 1992, tous les chefs de gouvernements israéliens, hormis Ariel Sharon, ont envisagé d’évacuer le Golan en échange d’un accord de paix, et Ehud Olmert (le prédécesseur de M. Netanyahu) était même prêt à cela », souligne le professeur Moshé Ma’oz, orientaliste à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Il estime cependant que « ni la Turquie, ni la France ne peuvent remplacer les Américains comme médiateurs car, en fin de compte, ils seront les garants de cet accord et veulent ramener la Syrie dans leur orbite pour préserver leurs intérêts en Irak et au Liban ».
Pour l’heure, les sondages révèlent qu’une majorité écrasante de l’opinion israélienne est hostile à un retrait du Golan.

« Le dossier israélo-syrien peut attendre. En revanche, Israël ne doit pas rater le train avec les Palestiniens, car il est de plus en plus isolé sur la scène internationale, et la menace plane d’une nouvelle explosion de violence », dit le professeur Ma’oz.

Premières déclarations de Barack Obama avant sa visite au Japon

Barack Obama est attendu vendredi au Japon, où il rencontrera le nouveau Premier ministre de centre-gauche Yukio Hatoyama, avec lequel il devrait évoquer le dossier très sensible de la base américaine d’Okinawa. Le président américain Barack Obama a estimé que l’alliance militaire avec les Etats-Unis et l’accord sur les bases américaines servaient les intérêts du Japon, dans une interview diffusée mardi par la télévision publique NHK.

Le nouveau gouvernement de centre-gauche, qui a mis fin en septembre à un demi-siècle de domination des conservateurs sur le Japon, a entamé le réexamen d’un accord conclu en 2006 entre les deux pays sur la présence de quelque 47.000 soldats américains dans l’archipel. « Le Premier ministre (Yukio) Hatoyama a initié un changement au Japon qui est vraiment sans précédent. C’était un séisme politique », a dit M. Obama. « Je pense qu’il est tout à fait normal pour le nouveau gouvernement de vouloir réexaminer la façon de progresser dans un nouvel environnement », a-t-il poursuivi. « Je pense qu’une fois ce réexamen terminé, les autorités japonaises parviendront à la conclusion que notre alliance, les décisions sur les bases que nous avons négociées, que tout ceci sert l’intérêt du Japon et se poursuivra. » M. Hatoyama s’est engagé à rééquilibrer les relations nippo-américaines, trop inféodées à Washington selon lui.

Un dossier sensible

La question au coeur du différend entre Tokyo et Washington porte sur le déménagement de la base aérienne de Futenma, située actuellement dans la ville de Ginowa, sur l’île d’Okinawa, vers une baie isolée de l’île, mais protégée par les défenseurs de l’environnement. L’administration américaine exige que la base soit reconstruite à l’endroit prévu d’ici 2014, mais le gouvernement japonais souhaite la déplacer vers une autre région de l’archipel ou même vers un autre pays.

Dimanche, plus de 20.000 personnes ont manifesté sur l’île d’Okinawa contre les bases américaines, en dénonçant les nuisances sonores, la pollution, le risque d’accidents et la hausse de la criminalité engendrés par la présence des soldats. L’archipel d’Okinawa, situé à quelque 1.600 km au sud-ouest de Tokyo, a été le théâtre d’une des batailles les plus sanglantes de la Deuxième Guerre Mondiale. L’armée d’occupation américaine n’a restitué ce groupe d’îles au Japon qu’en 1972, mais y stationne encore plus de la moitié de son contingent. Les deux anciens ennemis sont devenus des alliés très proches, liés par un traité de sécurité qui place le Japon sous la protection de l’armée américaine.

Le souvenir de Hiroshima et Nagasaki

Le président américain Barack Obama a également fait part de son désir de visiter Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises détruites par des bombes atomiques américaines, pendant son mandat, ce qui n’a jamais été fait par un président en exercice. M. Obama a déclaré qu’il n’aurait « malheureusement pas la possibilité » de se rendre dans ces deux villes martyres lors de sa courte visite visite au Japon.

« Le souvenir de Hiroshima et Nagasaki est ancré dans la mémoire du monde et je serais honoré d’avoir l’occasion de visiter ces villes pendant ma présidence », a-t-il dit. L’armée américaine a largué la première bombe atomique de l’histoire sur Hiroshima (ouest) le 6 août 1945, puis une deuxième bombe trois jours plus tard sur Nagasaki (sud-ouest). Le Japon a annoncé sa reddition le 15 août. Au total, 140.000 morts ont été dénombrés à Hiroshima et 75.000 à Nagasaki. Les Etats-Unis n’ont jamais présenté d’excuses pour les victimes innocentes et aucun président américain en exercice ne s’est rendu dans ces villes. Jimmy Carter a visité Hiroshima mais après avoir quitté la Maison Blanche.

Selon un récent sondage, six Américains sur dix continuent de penser que leur pays a eu raison de larguer des bombes atomiques sur le Japon. Lors d’un discours en avril à Prague, M. Obama a appelé à un monde dénucléarisé, suscitant une vague d’espoir parmi les habitants de Hiroshima et Nagasaki, qui l’ont invité à visiter leur ville. Selon les médias, le président américain pourrait effectuer ce voyage en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) qui se tiendra à la fin de l’année prochaine à Yokohama (sud de Tokyo).

Forum de coopération sino-africaine : Le boom des investissements chinois

Wen Jiabao

De 520 millions de dollars en 2006 à 5,49 milliards de dollars en 2008, les investissements chinois en Afrique ont été multipliés par plus de dix en trois ans, dans l’intervalle entre le Sommet de Beijing et le Forum sino-africain en Egypte. La quatrième réunion ministérielle du Forum de coopération sino-africaine a eu lieu les 8 et 9 novembre à Charm el-Cheikh, en Egypte, avec la participation de hauts responsables d’une quarantaine de pays africains et du Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Ce dernier a évoqué à cette occasion le renforcement des investissements chinois en Afrique, tout en encourageant les entrepreneurs chinois et africains à saisir ce moment opportun pour développer leurs activités hors de leurs frontières. Selon le dernier rapport annuel sur les investissements directs à l’étranger de la Chine, publié conjointement par le ministère du Commerce, le Bureau d’Etat des Statistiques et l’Administration d’Etat des Devises étrangères, l’Afrique est devenue en 2008 la deuxième destination des investissements chinois à l’étranger, derrière l’Asie, avec un taux de croissance sans précédent de 200% par an, depuis le Sommet de Beijing.

Sur le plan politique, une amélioration de la situation générale en Afrique a renforcé la confiance des investisseurs chinois. Et les besoins locaux pour le développement et la diversification économique exigent la prise de dispositifs préférentiels pour attirer les capitaux étrangers vers les secteurs de la construction des infrastructures, de l’électricité, de l’agriculture, du tourisme et de l’exploitation des matières premières.

Sur le plan économique, en plus de la présence depuis de longues années de plusieurs grandes entreprises d’Etat chinoises, dont la Sinohydro Corporation, les deux géants des télécommunications, ZTE et Huawei Technologies, se sont rapidement développés ces dernières années en Afrique.

Force est de constater un enthousiasme sans précédent des capitaux privés. En 2008, les activités des entreprises chinoises ont couvert 80% des pays africains. « Dans les années 1980 et 1990, certaines entreprises chinoises ont réalisé leurs premiers bénéfices en vendant des produits de la vie quotidienne aux pays africains. Aujourd’hui, la marge de profit pour ce genre de commerce est devenue très mince, sans parler de la concurrence acharnée », a expliqué Wang Wenming, PDG du site web « African-Invest.net » (www.invest.net.cn). « Dans le même temps, un afflux d’entrepreneurs privés et qualifiés est apparu sur le marché africain pour profiter de la reprise économique locale. Mais la majorité des grandes entreprises sont plus discrètes vis-à-vis des risques encourus. » Pour Wang Wenming, le secteur immobilier et l’exploitation des ressources touristiques offrent une belle perspective pour les investisseurs chinois. De plus, le soutien du gouvernement chinois pour le développement africain sera favorable à l’environnement local des investissements.

Parmi les huit engagements chinois pris dans le cadre du forum sino-africain figurent un prêt de 10 milliards de dollars accordé aux pays africains dans les trois prochaines années, et un fonds d’un milliard de dollars consacré aux petites et moyennes entreprises africaines. L’ambassadeur togolais en Chine, Nolana Ta-Ama, qui travaille à Beijing depuis une dizaine d’années, avait indiqué, à la veille du forum, que les investissements et le transfert de technologies avancées depuis la Chine étaient les bienvenus en Afrique, qui faisait face à une diminution considérable des investissements des pays développés.

Xinhua/Chine Information