Festival Fiest’A Sète 2013

Le Disco n’est pas mort, Nile Rodgers le prouve

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Disco revival au Théâtre de la Mer avec Nile Rogers

Festival. Fiest’à Sète maintient le cap sur le meilleur des musiques du monde. Le festival rejoint ce soir le Théâtre de la Mer de Sète pour 7 soirées d’exception.

Après la semaine nomade et gratuite, le festival des musiques du monde poursuit sa 17ème saison en s’installant ce soir dans le légendaire Théâtre de la Mer. Jusqu’au 8 août on y verra des pointures mondiales venues des quatre coins de la planète. Les soirées offrent deux concerts programmés avec un savoir faire qui pousse à la rencontre inédite, voire à la confrontation.

Demain Orlando Maraca Valle et son rutilant équipage cubain seront mêlés à la sauce piquante du francocubain Sergent Garcia. Dimanche le grand maître malien de la guitare n’goni, Bassekou Kouyate partagera la scène avec la légende vivante du blues caraïbe Taj Mahal.

Lundi, le festival nous transportera au brésil avec la samba João Bosco, qui fêtera à Sète ses 40 ans de carrière et la Bossa muffin de Flavia Coelho. Mardi 6 août, ce sera le contraste entre le rock épicé de Rachid Taha et les fines lames du ‘oud du trio palestinien
Joubran. Mercredi 7 août, l’Europe centrale débarque avec les cinq musiciennes de Rodinka et l’incontournable Goran Bregovic pour un concert volcanique.

La fiesta touchera à son terme le 8 août avec une soirée malienne plus enthousiasmante que le résultat des élections, réunissant la formation de l’excellent chanteur et guitariste Yacoub Afuni et la lady Rokia Traoré.

Ce soir, c’est chic

L’ouverture de Fiest’à Sète au Théâtre de la mer promet d’être tonitruante ce soir avec le groupe culte des années disco funk, Chic et son créateur Nile Rodgers. De Bowie à Madonna, en passant par la reine Diana Ross, le bonhomme est à l’origine des plus gros tubes planétaires des années 70 et 80. Avec son propre groupe, il cartonne avec le hit Le fric c’est chic qui fait un tabac et des émules.

Parmi eux, les membres de Daft Punk, avec lesquels il a collaboré sur leur dernier album.
Le disco s’est éteint officiellement à la fin des années 70 mais tel le phénix, il ne cesse de renaître de ses cendres. Imprégné de l’esprit soul funk, Nile Rogers qui a fait ses classes musicale à Harlem, le sait mieux que quiconque.

JMDH

Source : L’Hérault du jour 02/08/2013

 Le Show plaisir

Rodgers performs with his band Chic on the third day of the Glastonbury music festival at Worthy Farm in Somerset

Le Théâtre de la mer archi comble, le public très éclectique en liesse, debout de la première note à la dernière. vendredi, le concert de Nile Rodger s’est inscrit dans les annales de Fiest’A Sète comme une soirée légendaire.

Au lendemain de cette prestation, on se dit que le disco est bien parti pour reprendre d’assaut les scènes mondiales avec ses chanson entraînante et irrésistiblement dansante. Un signe des temps sans doute qui s’interprète par le désir de légèreté et de partage. A ne pas confondre avec un énième retour du disco recyclé, type orchestre de baloche ou nostalgie délavée sur TF1, avec Nile Rogers on touche à l’original. Le disco du
guitariste culte est enraciné dans le soul et le funk Il lui suffit de quelques riffs de guitare et la machine à faire danser la planète se lance.

Sur scène, le band aligne les pointures : deux claviers, batterie, basse, sax, trompette, sans parler des envoûtantes chanteuses qui s’approprient les tubes de Diana, Ross , Madonna ou Sheila comme on savoure les glaces pendant la canicule. Toutes les qualités du show à l’américaine sont mobilisées, contact, précision, sens de l’enchaînement et de la relation.

En 1h40 chrono. ce diable de Rogers vous balances un parcours discographique à en danser sur les mains. 40 ans de tubes, et toujours, l’esprit de libération par la fête et le goût de vivre. Comme dirait Franklin «Respect».

JMDH

Source : La Marseillaise 06/08/2013

Roi du blues et griot mandingue

Fiest’A Sète. Intense rencontre entre Bassekou Kouayate et Taj Mahal.

Taj Mahal au source

Taj Mahal aux sources

On pourrait comparer le festival Fiest’A Sète à un grand clavier de couleurs. A chaque soirée sa couleur projetée en phase avec la musique. Dans cette perspective, le concert de dimanche réunissant Bassekou Kouayate & N’Goni Ba et Taj Mahal aura été lumineux.

L’idée de mêler des couleurs de base comme celle de la musique ancestrale mandingue avec le blues enrichi de Taj Mahal a pris tout son sens au sein du festival et de l’histoire de la musique. Sur la scène du théâtre de la mer, le griot malien Bassekou Kouayate a magnifié la culture mandingue avec son orchestre qui fait la part belle aux n’goni. Un instrument traditionnel et sacré dont il a poussé l’exploration hors des gammes classiques en l’utilisant comme une guitare pour s’accorder au blues de Taj Mahal.

Un grand moment de partage entre les deux musiciens qui restera gravé dans la tête des spectateurs. Originaire du Bronx, le blues man Taj Mahal est connu pour avoir remonté les
sources de la black music du delta du Mississipi jusqu’à la boucle du Niger, source sahalienne du blues.

Il n’en a pas fallu beaucoup pour que les intonations onduleuses et nasales de ses frères maliens le poussent à faire le lien entre la musique mandingue et sa pratique ultra roots du blues.

Messiaen dont la musique se veut un vitrail sonore, a approfondi le rapport son couleur. Il pensait la musique comme un perpétuel dialogue entre l’espace et le temps, entre le son et la couleur, ce dialogue a abouti dimanche à une unification, qui restera un moment d’exception de l’édition 2013.

Pour trouver un pendant au proverbe peul qui dit « Un monde sans griot serait fade comme du riz sans sauce », on pourrait avancer qu’une édition de Fiest’A Sète sans rencontre magique serait comme un arc en ciel en noir et blanc.

A chaque touche du clavier une couleur, elles promettent encore d’être chaudes ce soir avec le dernier concert qui réunit Yacoub Afuni et Rokia Traore.

JMDH

Source : La Marseillaise 08/08/2013

Rodinka : Petite famille et grands horizons

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Fiest’A Sète. Un groupe de cinq femmes, deux mères et leurs filles originaires de Prague suivi de Goran Bregovic.

Elles se nomment Drahomira Hejna, Stania, Dita, Kristyna, Mariana et se connaissent par coeur. Elles forment le groupe Rodinka qui sera demain sur la scène du Théâtre de la Mer. Originaires de la région de Prague, ces cinq femmes et filles de la même famille, vont rythmer la soirée Europe centrale du festival de leurs chants magnifiques et contrariés par les incertitudes de la vie et du voyage.

Mélodie de l’errance

La propre histoire des membres du groupe se nourrit à la source d’un élan poétique propre à l’exil. Départ de Pragues en 1983, pour Drahomira qui obtient avec son mari l’asile politique. Sa soeur Hedja la rejoint dans l’Aude en 1997, après l’ouverture des frontières. Elles s’installent ensemble entre Limoux et Carcassonne et forment avec leur mari le groupe Si Zivot qui signifie « La vie des chiens ». L’aventure musicale se poursuit pendant huit ans avant d’être interrompue par un décès et un accident de la vie qui mettra fin au groupe et à la présence masculine au sein des foyers.

 » On avait arrêté Si Zivot mais pas la musique, se souvient Stania, ma soeur et moi on continuait à jouer avec nos enfants et les invités de passage à la maison. Dès leur plus jeune âge les trois filles d’Hejna et Stania sont initiées aux chants slaves, tziganes et klezmer des Juifs ashkénazes, à la musique de cet ailleurs indéfinissable au parfum empoisonné de la nostalgie. Des amis qui partageaient parfois nos soirées nous ont encouragé à reformer un groupe. C’est ainsi que l’on a créé Rodinka avec ma soeur et nos filles. »

Rodinka veut dire petite famille », explique Stania. Le fait d’être un groupe féminin s’avère plutôt un atout pour le groupe qui constitue le coeur de son répertoire autour du folklore traditionnel tchèque.

Chants traditionnels

La musique tchèque a des liens particuliers avec la musique traditionnelle de Bohême, de Moravie (anciennes régions austrohongroises) et de Slovaquie. Malgré des frontières changeantes, son caractère central européen s’est toujours affirmé. « Nos chansons parlent du quotidien, des principaux événements de la vie : l’amour, le travail, la jalousie, la tristesse et la joie… Nous nous inspirons aussi des chants traditionnels russes, et tsiganes qui sont très profonds. Le public qui ne comprend pas les paroles ressent le caractère émotif et le coeur qu’il y a dans tout ça. Ce sont souvent des histoires tristes, mais il y a toujours la beauté de la vie. »

Dans ces chansons dont beaucoup font référence aux traditions rurales, le rôle des femmes demeure très codifié. « Nous sommes un groupe de femmes, mais nous ne sommes pas féministes. Moi qui suis née en 1957, j’appartiens à la génération des femmes au foyer. C’est difficile de se débarrasser de ça. On a été élevé dans une société où les filles étaient à marier puis destinées à servir leur mari. Ne pas se marier signifiait rester dans l’insécurité ou d’être à la charge de son frère. Les choses sont bien-sûr différentes pour nos filles qui vivent ici. Au pays aussi, cela a évolué

Stania confie quelques inquiétudes sur le destin de son peuple dans l’Europe d’aujourd’hui, mais elle se refuse à parler de politique. « Petite on m’a obligé à parler le russe. J’avais la caserne juste derrière mon jardin. Cela ne m’empêche pas aujourd’hui de chanter les chansons traditionnelles russes que je trouve très belles.»

Jean-Marie Dinh

Source La Marseillaise 06/08/2013

La musique reflète l’état du monde

Flavia Coelho partage la scène avec Juan Bosco

Flavia Coelho partage la scène avec Joao Bosco

Festival. Depuis 17 ans Fiest’A Sète dresse l’espace de la «géomusique» en
provocant des rencontres inatendues au Théâtre de la mer. A vos calendriers…

C’est sous les auspices d’un vers rimbaldien que le directeur de Fiest’A Sète, José Bel, présente l’édition 2013 du festival. « On n’est pas sérieux, quand on a dix sept ans ». Il est vrai que goût du risque et du voyage, sont des composantes, pour ne pas dire des artères de cette grande fête des musiques du monde.

Pour José Bel, la logique de la programmation est une forme de cuisine expérimentale qui
suppose une bonne connaissance des aliments de base que l’on mêle pour en tirer les meilleurs saveurs. La démarche requiert une dose certaine d’intuition et le résultat n’est jamais assuré. Parfois il est au rendez-vous en terme artistique mais l’affiche n’a pas réussi à convaincre suffisamment de spectateurs.

C’est un paramètre de poids pour un festival qui assure 75% de son budget sur fonds propres mais l’esprit d’ouverture et la nature authentique de la fête qu’il s’agit d’offrir aux spectateurs, ne font pas partie des variables d’ajustement. L’équipe de passionnés ne donne pas dans la mode facile, elle tente d’être en avance, en gardant le sens d’une vraie programmation artistique.

Ce choix suppose de jouer sur des équilibres subtils entre des artistes disposant d’une grande notoriété, d’autres ayant confirmé leur valeurs et une ouverture sur les étoiles émergentes. Parmi les historiques, on attend cette année trois météores avec le monument de la musique afro américaine Nile Rodgers, le Brésilien Joao Bosco et le blues man précurseur de la world music Tal Mahal.

Dans le menu des artistes confirmés on assistera au retour de Goran Bregovic, aux premiers pas de Yacoub Afuni en solo au côté de la lumineuse Rokia Traore pour une soirée malienne sans Trierweiler. Raul Castro ayant décliné, Sergent Garcia sera de la partie cubaine. A noter également un cocktail oriental sucré salé composé du trio palestinien Joubran et de Rachid Taha.

Comme chaque année durant la première semaine, du 20 juillet au 1 er août, le festival distillera les couleurs du monde dans le Bassin de Thau avec des concerts gratuits à Poussan, Balaruc, Marseillan et Sète. Pour toutes ces raisons, les 400 adhérents de l’association Métisète le savent, Fiest’A Sète n’est pas un festival comme les autres. Il est attendu parce qu’il convoque toujours l’inattendu.

JMDH

Source : La Marseillaise 27/05/13

Voir aussi : Rubrique Musique,  rubrique Festival,

Festival Voix Vives : Territoires ouverts à la poésie bleue

Le poète syrien Mohamad Fouad accompagné de Ahmed Larfoui Baska Junior (Maroc) : « Nous léchons le sel qui coule des yeux »

Festival. Après la quatrième édition sétoise qui vient de s’achever, le festival
de poésie méditerranéenne Voix Vives, s’apprête à hisser les voiles pour Tolède.

Dans les rues du quartier haut de Sète, les poèmes suspendus ont rejoint la grande bleue. Au grand dam des mouettes et des hommes qui vivent là, de ceux qui sont venus et repartis, le vent semble  avoir transporté d’un coup les poèmes et leur auteur, loin, vers les purs horizons. La magie de ce festival est grande comme les vagues. Une semaine durant la ville portuaire a renoué avec son histoire pour devenir, on ne sait vraiment comment, la cité singulière des origines qui s’y rassemblent. Les 100 poètes invités cette années sont venus de 39 pays différents. Ils ont vécu dans la profusion des langues durant neuf jours et ont emporté avec eux les traces de cette folle expérience.

Samedi soir la ville de Sète a  refermé pour la quatrième fois la semaine poétique et musicale du festival Voix Vives, en gardant à l’esprit, la mélodie des mots, le jeu des langues, la profusion des rencontres, près de 600 rendez-vous, et des mondes brassés.

Un autre temps

Si les chiffres de la fréquentation ne sont pas encore disponibles, (la tendance est à la hausse), il reste comme à chaque clôture un peu de ce présent qui ne l’est plus. Comme si la poésie contemporaine avait le pouvoir de fléchir le temps et l’espace. Ce fut le cas avec l’hommage émouvant rendu  par le festival au contrebassiste disparu cette année Michel Bismut. Ce le fut aussi pour les poètes empêchés, faute d’autorisation de sortie,  cas de la poétesse syrienne Rola Hassan. Grâce à la solidarité des autres poètes, ses poèmes ont été lus pour qu’ils résonnent dans la ville où elle était attendue. Le grand poète palestinien Nasser Rabah* a dû attendre l’ouverture d’une brèche à la frontière entre son pays et l’Egypte, et lorsqu’il est arrivée à Sète avec plusieurs jours de retard, il ne cessait de répéter qu’il était dans « l’âme des choses et du festival ». Ironie du sort, dans l’attente que l’Egypte  lui accorde un visa pour rejoindre la Palestine, Nasser Rabah est toujours en transit à Sète.

En observant les habitants du quartier haut participer aux rencontres ou y assister de leur fenêtre, on mesure l’immense chemin parcouru. En quatre ans, Voix Vives est entré dans la vie de personnes qui n’avaient jamais ouvert un livre de poésie. Le degré de prégnance des dimensions perceptives importe peu. Il varie au grès des esprits et des sensibilités, et pas des bourses, car hormis quelques concerts du soir, tout est gratuit. L’accessibilité des poètes, la parole directe, livrée avec simplicité dans les lieux du quotidien ne peuvent laisser le public indifférent à ce qui se passe.

L’appétit des publics
L’aide de l’UE a permis cette année au festival Voix Vives d’accoster trois nouveaux territoires ouvert à la poésie : El Jadida au Maroc en mai, Gènes en Italie en juin et prochainement Tolède en Espagne. « A El Jadida, nous avons été particulièrement touché par le public en attente de beaucoup de choses dans le domaine de la culture, confie la directrice de la manifestation, Maïthé Vallès Bled. Le fait de proposer de la poésie à la disposition de tous dans un jardin public a déclenché une reconnaissance absolue envers les poètes. » L’édition qui se prépare à Tolède du 6 au 8 septembre, ville historiquement marquée par la présence des trois religions monothéistes, ouvre de belles perspectives de rencontres à ce festival unique en son genre qui a trouvé à Sète un port d’attache.

Jean-Marie Dinh

* Nasser Rabah est né en 1963 à Gaza, il a étudié l’Ingénierie agricole à l’Université du Caire et a publié un recueil poétique intitulé Course derrière une gazelle morte

Source : L’Hérault du Jour 31 07 2013

Voir aussi : Rubrique Festival, rubrique Livre, Poésie,, rubrique Méditerranée,

Décentralisation : le projet de loi adopté à l’Assemblée nationale

Nouvel acte de la décentralisation : un engagement de campagne qui profite aux villes

Nouvel acte de la décentralisation : un engagement de campagne qui profite aux villes

Déjà voté en première lecture au Sénat dans des termes très différents, le texte, qui a pour vocation de simplifier le millefeuille territorial et faire la chasse aux doublons dans les services des collectivités, a été adopté par 294 voix contre 235. « A travers ce vote, la gauche a marqué l’histoire, contre les égoïsmes locaux et les conservatismes de tous bords », a réagi la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo.

A droite, UMP et UDI ont voté contre. Au sein de la majorité, les écologistes et les radicaux de gauche ont joint leurs voix à celles du PS mais le Front de gauche a voté « résolument contre ». Les élus communistes estiment qu’une réécriture s’« impose » après la remise en cause par l’Assemblée nationale d’importantes modifications que le Sénat avait adoptées pour respecter le principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.

Seconde lecture au Sénat en septembre

Le texte présenté par la ministre de la réforme de l’Etat, Marylise Lebranchu, a pour ambition de « clarifier les compétences » des différentes strates des collectivités territoriales.

Il ouvre surtout la voie à la création des métropoles de Paris, Lyon et Aix-Marseille-Provence, ainsi qu’à une dizaine d’autres en province. Une partie des conseillers métropolitains seront élus au suffrage universel direct à partir de 2020, y compris pour Paris, Lyon et Marseille. Le projet de loi sera discuté en seconde lecture au Sénat à la rentrée de septembre.

AFP 23/072013

 

Décentralisation : l’Assemblée doit retisser ce que le Sénat a défait

Le Monde 15/07/13

_Marylise lebranchu ministre de la reforme de l'Etat

_Marylise lebranchu ministre de la reforme de l’Etat

Sa mission, Olivier Dussopt, député socialiste d’Ardèche, l’a acceptée : rapporteur du projet de loi de modernisation publique des territoires, il doit remettre d’aplomb cette semaine le texte du gouvernement que le Sénat a généreusement torpillé en juin, lors de la première lecture.

Comment simplifier le millefeuille territorial et faire la chasse aux doublons dans les services des collectivités ? Après une année de travail et de concertations tous azimuts, le projet conduit par Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’État et de la décentralisation, a été taillé en pièces par les sénateurs.

Le plan d’une conférence territoriale de l’action publique (CTAP), que le gouvernement voyait comme le futur centre névralgique de l’action politique dans les territoires, est réduit à un inutile nouvel espace de dialogue ; le pacte de gouvernance territoriale, qui devait être la feuille de route des élus locaux, est jeté aux oubliettes ; enfin, le volet francilien qui engageait la future métropole parisienne à plus de solidarité entre l’est et l’ouest de la capitale est éliminé par l’alliance de circonstance de l’UMP et des élus communistes opposés au projet.

Coordonner les politiques des collectivités

Malgré ces trois soufflets sénatoriaux, le gouvernement s’efforce de positiver : « Il reste la métropole lyonnaise, le grand Marseille et le nouveau statut des métropoles. Mais surtout le texte a été voté et il pourra être modifié à l’Assemblée », avance un conseiller du premier ministre. À Olivier Dussopt de faire de la dentelle législative et de recoudre le texte dans la forme que souhaite le gouvernement.

Le « pacte de gouvernance territorial » fait bien son retour à l’Assemblée. Mais pour ne pas représenter l’article supprimé en juin au Sénat, le gouvernement le rebaptise « convention territoriale d’exercice concerté d’une compétence ». « Le mot ‘pacte’ fait peur », justifie Marylise Lebranchu.

Sur le fond, les nouvelles dispositions visent le même objectif : coordonner les politiques des collectivités. Elles seront signées par compétence : transport, logement, tourisme… Pour respecter le principe selon lequel une collectivité ne peut pas être sous la tutelle d’une autre, chacune sera libre de signer ou non la convention. Toutefois, les réfractaires subiront une limitation des financements croisés – un argument incitatif en période de disette budgétaire.

Métropoles : Un coup de pouce à Montpellier

Dès lors, dotée d’un outil contraignant, la conférence territoriale de l’action publique retrouve du sens. Elle sera présidée par les présidents de région, chefs de file de l’action économique. Régions qui se voient confier la responsabilité du développement numérique, auparavant entre les mains des départements, qui verraient leurs compétences recentrées sur les affaires sociales.

Concernant les métropoles, le Sénat avait tenu à limiter leur nombre en décidant d’accorder ce statut aux seules agglomérations qui en feront la demande et comptant plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de 650 000 habitants. Le rapporteur a réintroduit l’automaticité du statut aux villes qui remplissent les critères.

Le statut sera également accordé aux villes de plus de 400 000 habitants chef-lieu de région – une disposition dictée par le souci de ne pas laisser la ville de Montpellier sur le bas-côté de la métropolisation. La capitale du Languedoc-Roussillon pourrait ainsi rejoindre Bordeaux, Rouen, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nantes, Grenoble et Rennes, ainsi que Paris, Lyon et Marseille, métropoles à statut particulier.

Création d’un haut conseil des territoires

Enfin, en adéquation avec les engagements de François Hollande vis-à-vis des patrons de collectivités territoriales, Olivier Dussopt a introduit la création d’un Haut conseil des territoires, instance de concertation entre le gouvernement et les élus locaux.

Une initiative qui fait grincer des dents nombre de sénateurs, qui voient dans cette nouvelle assemblée un concurrent susceptible de gêner leur dialogue privilégié avec l’exécutif. « La création de ce Haut conseil anticipe le vote de la loi sur le non-cumul des mandats qui prévoit que les parlementaires lâchent leurs responsabilités exécutives locales », souligne-t-on à Matignon. Toutefois, son espérance de vie, dès lors que le projet retournera dans les mains des sénateurs, est faible.

Au Palais Bourbon, on a observé la commission parlementaire retisser le projet de loi que le Sénat avait partiellement vidé de sa substance. « Il n’y a pas de contentieux entre sénateurs et députés, affirme Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste du Loiret et président de la commission des lois. Nous avons voulu éviter la construction de structures redondantes. »

La claque administrée par le Sénat, en « retournant » le texte, est encore ressentie douloureusement au gouvernement. « C’est un manque de respect pour le travail réalisé par les équipes ministérielles pendant une année », s’agace un proche de Marylise Lebranchu.

Le gouvernement compte sur sa majorité absolue à l’Assemblée pour remettre son projet sur les rails. Mais ce texte n’est que le premier volet d’une trilogie législative qui ne devrait pas se clore avant 2015, alors que la majorité ne dispose déjà plus que de trois voix d’avance à l’Assemblée.

Voir aussi : Rubrique Politique, rubrique Politique culturelle, L’effet domino,

Gleizes et Metzinger : Approfondir le cubisme au Musée Fleury

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Peinture. Le Musée de Lodève consacre son exposition d’été à deux figures marquantes du mouvement : Gleizes et Metzinger. Du 22 juin au 3 novembre.

Le cubisme s’expose sous tous les angles au Musée de Lodève jusqu’au 3 novembre. Entre 1907 et 1914, ce mouvement bouleverse la notion de représentation. Il renvoie généralement à Picasso et à Braque : « Mais ce que retient l’histoire de l’art et ici lié au cé- lébre marchant Kahnweiler qui avait signé un contrat d’exclusivité avec ces deux artistes, précise la conservatrice du Musée Fleury, Ivonne Papin-Drastik, la notoriété de Gleizes et Metzinger en a un peu pâti alors que ces deux peintres dont nous présentons 80 oeuvres
jouèrent un rôle prépondérant dans la propagation du cubisme. » L’exposition de Lodève retrace les trois périodes clés des deux artistes. Leurs premiers pas dans le cubisme à travers un choix des œuvres réalisées avant 1911. Les deux artistes qui ont des parcours forts différents se rencontrent en 1910, date à partir de laquelle ils ne cesseront de confronter leur travaux.

La seconde partie de l’expo rend compte de la diversité du cubisme. Après la formation du groupe de Puteaux qui fédère les artistes autours des frères Duchamps (Raymond et Marcel), Metzinger développe les préoccupations psychologiques liées au cubisme qui s’exprime par l’interpénétration et la transparence des êtres et des choses. De cette confrontation naîtra l’exposition de la Section d’Or. Gleizes et Metzinger qui en sont les chefs de file publieront leur traité sur le cubisme en 1912. Ce manifeste a été suivi en 1913 par les Peintres cubistes dont l’exposition donne un aperçu. Une collection de réflexions et de commentaires de Guillaume Apollinaire montre l’attention qu’il portait à Metzinger, Gleizes, comme à Delaunay, Picabia et Duchamp.

La troisième section de l’expo s’attache à la trajectoire des deux artistes après 1914. Durant l’Entre deux-guerres, les deux artistes suivent le mouvement général qui se traduit par une forme de retour à l’ordre. Gleizes dont les influences pré-cubistes tendaient vers l’impressionnisme évolue vers l’abstraction tandis que Metzinger plus influencé par le fau- visme se réorientera vers la figuration.

JMDH

Source : L’Hérault du Jour 22/05/2013

Voir aussi : Rubrique Expositions, rubrique Art,

Entretien avec Emanuel Gat chorégraphe invité de Montpellier Danse 2013

 

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Emanuel Gat découvre la danse à l’âge de 23 ans. Il fonde sa compagnie en 2004 au Suzanne Dellal center à Tel-Aviv avant de s’établir en 2007 en France à la Maison intercommunale d’Istres. Emanuel Gat est l’invité régulier de prestigieuses compagnies comme le Ballet de l’Opéra de Paris. C’est sa quatrième participation au festival Montpellier Danse où il officie cette année en tant que chorégraphe associé.

L’idée de mémoire émerge pour cette 33e édition. J.P Montanari évoque la mémoire comme « une des conditions de l’émergence de la réalité », partagez-vous cette vision ?
Personnellement je pense être trop dans le présent pour regarder en arrière ou me projeter vers le futur, c’est ce qui se passe dans l’instant qui capte l’essentiel de mon attention. La mémoire permet d’actualiser des idées. Elle informe le présent. On ne peut y échapper mais je l’assume de manière assez passive.

A propos de la danse, c’est le corps qui garde en mémoire, et qui peut se révéler un handicap dans la création. Comment perdre cette mémoire ? Comment s’en débarrasser pour ouvrir sur autre chose ?
C’est une vraie difficulté, en effet, de lutter contre les habitudes corporelles qui s’installent. Mon travail de chorégraphe consiste en partie à les perturber pour trouver des schémas qui innovent. Je me débrouille pour mettre les danseurs dans l’impossibilité de reproduire. Je les oblige à se remettre en question. Le fait d’avancer est lié à la capacité de perturber.

Sur un autre plan, que vous évoque le concept politique de devoir de mémoire ?
Il me paraît lié au fait de ne pas revenir sur nos pas, d’empêcher le retour de conditions ayant abouti à de grandes souffrances. Cela participe à améliorer notre compréhension pour évoluer, ce qui suppose un vrai travail.

Le chemin semble long, comment expliquer par exemple, que le festival Montpellier Danse a consacré deux éditions au thème de la Méditerranée en mettant à l’honneur Israël dans l’une d’entre-elles et les autres pays dans la suivante ?
Ma réponse sera purement pragmatique. On ne peut pas aujourd’hui réunir l’ensemble de ses représentants, tant du point de vue protocolaire que de celui du financement.

Passons de l’idée de mémoire à celle de continuité dans votre œuvre. Que conservez-vous d’une pièce à l’autre ?
Il n’y a pas de processus de répétition dans mon travail, ni de rupture. Cela évolue en permanence, sur une même pièce, tout est différent entre la première et la vingtième ou la centième représentation. Les choses changent, on se remet en question par rapport à ce qui se passe. Mon travail ne vise jamais à parvenir à une forme stable.

Vous attachez une importance particulière à la structure. Quelle place prend-elle dans votre processus de création ?
La structure est centrale dans ma démarche. Je suis à la recherche de structures qui engendrent des systèmes y compris humains, elle dessinent des formes. L’émotion ne repose pas sur la structure, c’est la structure qui génère des émotions. J’attends des danseurs une implication individuelle. Le champs de jeux est complètement libre dans un environnement déterminé. A partir de cela, j’analyse la situation dans laquelle se font leurs choix, puis j’esquisse et je clarifie.

L’image canonisée d’Emanuel Gat vous agace-t-elle ?
On porte sur moi un regard que je comprends, mais qui ne me correspond pas toujours. Il suffit d’utiliser une musique ou une autre pour être classé dans un tiroir. Il faut du temps pour développer et approfondir une oeuvre dans ses subtilités.

En tant qu’artiste invité, quel regard portez-vous sur le public de Montpellier Danse ?
Un regard extrêmement positif. Montpellier est l’endroit, avec Berlin, où j’ai le plus de plaisir à revenir. Un dialogue avancé est possible avec le public d’ici. Cette évidence dans l’échange est non seulement agréable, mais aussi productive dans le sens artistique.

Vous avez la volonté d’inscrire le public dans le processus de la création ?
Oui dans Corner études qui regroupe quatre pièces de 15 mn, une partie se fera avec le public qui participera par sa présence à l’échange. Toutes les phases de répétition sont ouvertes pendant la période de création où j’inclurai ce regard dans le processus.  200 personnes seront autour du plateau lors du spectacle. Je n’ai jamais fait cela et suis curieux de  savoir ce qui va se passer.

Corner études s’inspire de  Brilliant corners créé à Montpellier en 2011 ?
L’idée est d’entrer dans un processus d’approfondissement. Nous avons éjecté certains aspects pour les travailler de manière indépendante. Chacun des éléments participera à la construction d’une pièce unique.

Vous ouvrez le festival avec la création The goldlandbergs  sous la forme d’une fugue…
C’est une pièce pour huit danseurs qui adopte une configuration plus classique. Elle intègre La variation de Goldberg de Bach interprétée par Glenn Gould, et The quiet in the land, une composition, de Gould également, qu’il a réalisée en 1977 en s’immergeant dans une communauté mennonite aux Etats-Unis. Ce regard sur un groupe de personnes, une famille, une communauté, rejoint une recherche sur le fonctionnement des relations que j’ai entrepris depuis vingt ans. Je crois qu’il s’est passé quelques chose d’intime dans cette pièce qui a débloqué les choses.

Recueilli par Jean-Marie Dinh

Source : L’Hérault du Jour, 22/06/2013

Voir aussi : Rubrique Danse,  rubrique Festival, rubrique Rencontre