De Gauguin aux Nabis : Le renouveau artistique du primitivisme au symbolisme

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Maurice Denis, Adam et Eve, Huile sur toile 1924

 

Le Musée Fleury de Lodève présente jusqu’au 14 novembre une exposition dédiée à l’invention de l’art moderne. De Gauguin aux Nabis offre un riche aperçu de la force et la variété d’expression d’un mouvement de fin de siècle.

L’exposition estivale du Musée de Lodève « De Gauguin aux Nabis » marque une volonté de continuité dans la programmation exigeante du Musée Fleury. Elle a pourtant été montée en un temps record en partenariat avec le Musée-Jardin Maurice Denis de Saint-Germain–en-Laye. Le droit de tout oser, qui tient lieu de sous titre à cette invitation plastique, correspond on ne peut mieux à l’esprit des artistes qui se déploient dans le cadre de ce parcours. On y retrouve les œuvres de Gauguin, Bonnard, Bernard, Denis, Ranson, le cercle s’élargit à Vuillard, Roussel, Rippl-Ronaï, Verkade, Valotton, Lacombe, Maillol, Lautrec et Sérusier.

Dans la dernière décennie du XIXe, après les Impressionnistes, ces jeunes artistes partagent la même volonté de rompre avec l’académisme. Sur un peu plus d’une dizaine d’années, la force et la variété de leur expression sont à l’origine de nouvelles esthétiques et de nouveaux principes picturaux qui ouvrent le champ à un art nouveau. Les Nabis (de l’hébreu Nebiim,  » prophète « ,  » inspiré de Dieu « ) toutes obédiences confondues, s’attachaient à retrouver le caractère sacré de la peinture. Leur travail se caractérisait, entre autres, par l’utilisation de grands aplats de couleurs et la suppression de la perspective.

Maurice Denis le théoricien

L’exposition d’une grande densité rassemble 179 œuvres dont une centaine provient du musée Maurice Denis. L’artiste, dont on apprécie la richesse de l’œuvre à travers un parcours thématique qui part des premières années Nabis au Symbolisme en passant par le Japonisme et les arts décoratifs, est considéré comme une tête pensante du mouvement. Alors que Gambetta a annoncé l’arrivée des « Nouvelles couches », et que les élites bourgeoises de la troisième République n’en finissent plus de trouver des prétextes de rituels commémoratifs, Maurice Denis, le théoricien du mouvement Nabi, joue la rupture avec le cercle magique de la piété que les élites se vouent à elles-mêmes. En 1890, il dénonce :  » Les bons appareils infaillibles de rigoureuses exactitudes, qu’on a voulu fabriquer dans les académies.  »

Gauguin « le barbare » primitiviste

 

Gauguin Idôle à la Perle

Paul Gauguin : L'idole à la Perle, bronze non daté

Gauguin souffre lui aussi de la perte d’intensité du sentiment dans la civilisation européenne. Une civilisation dont il s’échappe à plusieurs reprises à la recherche d’une vie primitive. On connaît son expérimentation picturale à travers la capture des couleurs de l’Océanie. L’expo de Lodève met en lumière la puissance spirituelle du peintre voyageur avec une série de sculptures aux formes frustres mais à la présence intense. On reste en admiration devant l’idole à la perle et sa tête de lion sage. Dans les îles, l’artiste travaille la taille directe sur bois et reprend ses sculptures plus tard en bronze ou en céramique. Dès 1886 Gauguin séjourne régulièrement à Pont Aven, en Bretagne. Il y rencontre Emile Bernard qui a travaillé à Paris avec Lautrec, Van Gogh et Anquetin avec qui il partage l’esprit de rupture, la simplification des formes et des contours. Il aimait être considéré comme un barbare.

Au-delà de Denis et Gauguin, l’exposition du Musée Fleury donne un aperçu de la richesse et de la diversité d’une production éclatée partageant la volonté d’une certaine mise à distance, comme l’exprime la toile de Paul Ranson Regard vers l’avenir où l’on croise le visage effrayé d’une femme à son balcon entre la jungle angoissante des arbres et la ville qui prend l’apparence d’une forteresse.

On mesure de manière diffuse comment l’art se fait vecteur de contestation de la République bourgeoise. C’est une période passionnante, concomitante avec l’apparition de nouvelles forces politiques : anarchisme, socialisme, nationalisme. Une période où peinture et littérature entretiennent un dialogue croisé. La dimension pédagogique de l’exposition explorera cet aspect. Le parcours consacre un espace à la présentation de manuscrits, de livres illustrés et revus anciennes qui témoignent de la correspondance entre les Nabis et Verlaine, Mallarmé, Gide, Jarry ou encore comment ils sont entrés dans l’aventure du théâtre d’avant-garde. Un moment étonnant de l’histoire artistique où la création importait plus que le résultat.

Jean-Marie Dinh

De Gauguin aux Nabis, Musée de Lodève jusqu’au 14 novembre 2010.

41e sommet du Forum des îles du Pacifique

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Le 41e Forum des îles du Pacifique s’est ouvert mercredi à Port Vila, capitale du Vanuatu, pour se concentrer notamment sur le développement économique de la région et le changement climatique dans le monde. Le thème choisi par le Vanuatu pour la rencontre est « Gérer ensemble nos défis et opportunités pour répondre aux besoins des plus vulnérables dans nos communautés ».

Le commerce, l’aide, le changement climatique dans le monde, la gestion de la pêche, la sécurité, ainsi que la situation aux Fidji figurent également à l’ordre du jour de la rencontre. Lors de la cérémonie d’ouverture, le nouveau président tournant du Forum, le Premier ministre du Vanuatu Edward Nipake Natapei a appelé à renforcer la coopération régionale et à promouvoir la capacité de réponse à la crise économique mondiale.

« En agissant ensemble nous serons plus forts et le renforcement de la coopération régionale constitue une condition nécessaire pour l’unité régionale », a-t-il affirmé. Le statut d’Etat membre du forum des Fidji a été suspendu en mai 2009 après que ce pays n’eut pas annoncé de date pour la tenue d’élections législatives avant l’ultimatum qui lui avait été imposé. « En tant que dirigeants des pays des îles du Pacifique, nous avons la responsabilité de continuer à oeuvrer pour que les principes et les pratiques démocratiques puissent être restaurés aux Fidji dès que possible », a souligné M. Natapei.

Le Forum est une organisation intergouvernementale qui vise à renforcer la coopération entre les pays indépendants de l’océan Pacifique et à représenter leurs intérêts. Ce Forum a été fondé en 1971 sous le nom de Forum du Pacifique-Sud avant d’être rebaptisé Forum des îles du Pacifique en 2000. Les pays membres du Forum sont : l’Australie, les Iles Cook, Fidji, Kiribati, les Iles Marshall, les Etats fédérés de Micronésie, Nauru, la Nouvelle-Zélande, Niué, Palaos, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Samoa, Salomon, Tonga, Tuvalu et Vanuatu. Depuis 2006, le Forum compte deux membres associés : la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.

Xinhua