Vietnam: appels à un recours prudent à l’énergie nucléaire

Le Vietnam, à la croissance énergivore, s’apprête à franchir une nouvelle étape vers sa première centrale nucléaire, un projet dans l’air depuis plus de dix ans sur lequel scientifiques et députés appellent à la prudence, notamment en matière de sécurité. L’Assemblée nationale du pays communiste a légalisé l’usage du nucléaire civil en 2008 et doit valider, fin novembre, le premier projet de centrale.

Le plan vise la construction de réacteurs d’une capacité totale de 4.000 mégawatts sur deux sites de la province de Ninh Thuan (sud), à partir de 2020. Selon les experts, son coût oscillerait entre 11 à 18 milliards de dollars. Mais avant même le vote, le gouvernement anticipe déjà une deuxième étape, pour doubler cette capacité d’ici à 2025. Le nucléaire assurerait dans un premier temps moins de 5% de la demande énergétique. Le pourcentage pourrait monter jusqu’à 30% d’ici à 2050.

Plus que le principe du nucléaire, ce sont les conditions de sa mise en oeuvre qui inquiètent: trop vite, sans assez de garanties en matière de sûreté. « On ne peut pas considérer les centrales comme des voitures », juge Pham Duy Hien, président du comité scientifique de l’agence vietnamienne de sûreté nucléaire. Défis de main d’oeuvre, législation embryonnaire, garanties insuffisantes sur le traitement des déchets: les experts multiplient les mises en garde.

Si Hanoï avance comme prévu, « la quantité de radioactivité dans ces déchets après dix ans d’opération sera énorme », avertit Pham Duy Hien. Il craint, même si le pays s’engage à du nucléaire civil, des risques de détournement de la matière. « On ne peut pas dire qu’il n’y aurait pas de problèmes », poursuit le scientifique, reconnaissant que le fléau de la corruption — jugée endémique au Vietnam — les accentuait.

Le député Nguyen Minh Thuyet demande aussi d’avancer par étape. Mais à l’Assemblée, les débats sont « tendus », reconnaît-il. « Pas mal de gens soutiennent le projet car ils pensent que le Vietnam va sérieusement manquer d’électricité ». Les réserves du pays en hydrocarbures ne sont pas infinies. L’exploitation de gisements de charbon dans le delta du Fleuve rouge au nord divise parce qu’elle sacrifierait des rizières. L’énergie hydraulique a des impacts écologiques, déloge des populations locales.

Le Vietnam vise une croissance économique de quelque 5% en 2009 et espère rejoindre le clan des pays industrialisés d’ici aux années 2020. Il commence juste à pointer son nez dans celui des pays à revenu intermédiaire. « L’industrie de l’électricité nucléaire est de très haute technologie et demande une gestion disciplinée », résume Pham Duy Hien, qui, face à une demande énergétique en hausse de près de 15% par an, conseille d’abord une chasse aux gaspillages.

Malgré ces débats, plusieurs pays ont depuis longtemps montré leur intérêt pour le projet. La France, dont le Premier ministre François Fillon a paraphé jeudi à Hanoï un accord de coopération nucléaire, mais aussi le Japon, la Russie, la Chine, et dans une moindre mesure la Corée du Sud et les Etats-Unis. Le vote des députés, perçu par certains comme acquis car appuyé par la direction communiste du régime, devrait ouvrir la voie aux études de faisabilité. Le partenaire ne devrait pas être choisi avant 2011-2012.

Forum de coopération sino-africaine : Le boom des investissements chinois

Wen Jiabao

De 520 millions de dollars en 2006 à 5,49 milliards de dollars en 2008, les investissements chinois en Afrique ont été multipliés par plus de dix en trois ans, dans l’intervalle entre le Sommet de Beijing et le Forum sino-africain en Egypte. La quatrième réunion ministérielle du Forum de coopération sino-africaine a eu lieu les 8 et 9 novembre à Charm el-Cheikh, en Egypte, avec la participation de hauts responsables d’une quarantaine de pays africains et du Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Ce dernier a évoqué à cette occasion le renforcement des investissements chinois en Afrique, tout en encourageant les entrepreneurs chinois et africains à saisir ce moment opportun pour développer leurs activités hors de leurs frontières. Selon le dernier rapport annuel sur les investissements directs à l’étranger de la Chine, publié conjointement par le ministère du Commerce, le Bureau d’Etat des Statistiques et l’Administration d’Etat des Devises étrangères, l’Afrique est devenue en 2008 la deuxième destination des investissements chinois à l’étranger, derrière l’Asie, avec un taux de croissance sans précédent de 200% par an, depuis le Sommet de Beijing.

Sur le plan politique, une amélioration de la situation générale en Afrique a renforcé la confiance des investisseurs chinois. Et les besoins locaux pour le développement et la diversification économique exigent la prise de dispositifs préférentiels pour attirer les capitaux étrangers vers les secteurs de la construction des infrastructures, de l’électricité, de l’agriculture, du tourisme et de l’exploitation des matières premières.

Sur le plan économique, en plus de la présence depuis de longues années de plusieurs grandes entreprises d’Etat chinoises, dont la Sinohydro Corporation, les deux géants des télécommunications, ZTE et Huawei Technologies, se sont rapidement développés ces dernières années en Afrique.

Force est de constater un enthousiasme sans précédent des capitaux privés. En 2008, les activités des entreprises chinoises ont couvert 80% des pays africains. « Dans les années 1980 et 1990, certaines entreprises chinoises ont réalisé leurs premiers bénéfices en vendant des produits de la vie quotidienne aux pays africains. Aujourd’hui, la marge de profit pour ce genre de commerce est devenue très mince, sans parler de la concurrence acharnée », a expliqué Wang Wenming, PDG du site web « African-Invest.net » (www.invest.net.cn). « Dans le même temps, un afflux d’entrepreneurs privés et qualifiés est apparu sur le marché africain pour profiter de la reprise économique locale. Mais la majorité des grandes entreprises sont plus discrètes vis-à-vis des risques encourus. » Pour Wang Wenming, le secteur immobilier et l’exploitation des ressources touristiques offrent une belle perspective pour les investisseurs chinois. De plus, le soutien du gouvernement chinois pour le développement africain sera favorable à l’environnement local des investissements.

Parmi les huit engagements chinois pris dans le cadre du forum sino-africain figurent un prêt de 10 milliards de dollars accordé aux pays africains dans les trois prochaines années, et un fonds d’un milliard de dollars consacré aux petites et moyennes entreprises africaines. L’ambassadeur togolais en Chine, Nolana Ta-Ama, qui travaille à Beijing depuis une dizaine d’années, avait indiqué, à la veille du forum, que les investissements et le transfert de technologies avancées depuis la Chine étaient les bienvenus en Afrique, qui faisait face à une diminution considérable des investissements des pays développés.

Xinhua/Chine Information

Obama appelle le Sénat à voter sa réforme de la santé

Le président américain Barack Obama lors d'un discours sur la fusillade au Texas, le 5 novembre

La Chambre des représentants a adopté samedi soir, à l’issue d’un vote serré, le plan de réforme de la couverture santé qui devrait permettre à 36 millions d’Américains d’être assurés. La Chambre des représentants américaine a adopté samedi soir — par un vote serré — un plan de réforme de la couverture santé aux Etats-Unis, offrant au président Barack Obama une première victoire au Congrès sur cet ambitieux projet politique. Le projet de loi devra encore franchir l’obstacle du Sénat, où la bataille s’annonce plus difficile. Lors d’une une courte allocution dimanche, le président américain Barack Obama a félicité « un vote courageux de la part de nombreux membres du Congrès » et a estimé que les Etats-Unis étaient « plus proches que jamais de la plus vaste réforme de l’assurance maladie » que le pays ait jamais connue. Les élus de la chambre basse ont approuvé le texte d’environ 2.000 pages, par 220 voix contre 215, à l’issue de 12 heures de débats. Un seul républicain, Anh « Joseph » Cao, a voté pour le projet de loi à la Chambre.

Interdictions des fonds publics pour les avortements

Exceptionnellement réunis au Capitole un samedi, les élus de la Chambre des représentants ont approuvé vers 23H15 (04H15 GMT dimanche) le texte visant à fournir une couverture maladie à des millions d’Américains qui en sont dépourvus. La Chambre a également rejeté une contre-proposition de loi présentée par l’opposition républicaine. En revanche, elle a adopté par 240 voix contre 194 un amendement proposé par un groupe de démocrates anti-avortement, visant à renforcer l’interdiction de l’utilisation de fonds publics pour les avortements, une mesure appréciée côté républicain. La querelle sur l’IVG a failli coûter cher à la majorité qui, jusque très tard samedi, n’avait pas la certitude d’avoir les 218 voix sur 435 nécessaires à l’adoption du texte.

Forte opposition

Ce plan, d’un coût net de près de 900 milliards de dollars sur 10 ans (2010-2019), ferait économiser 129 milliards sur la même période, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO). Barack Obama s’était déplacé en personne samedi pour exhorter les démocrates, dans un discours d’environ 30 minutes, à voter pour sa réforme, l’une de ses promesses de campagne. M. Obama s’était ensuite exprimé depuis la Maison Blanche en expliquant avoir dit aux élus que « des opportunités comme celles-ci se présentent peut-être une fois à chaque génération ». Devant les parlementaires, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré en s’adressant aux Américains: « Ce projet de loi vous donne, à vous et à votre docteur, le contrôle de votre santé, les compagnies d’assurances ne se trouveront plus en travers du chemin ». Cette réforme est attendue depuis une centaine d’années, a souligné Mme Pelosi qui a cité les premières initiatives du président Theodore Roosevelt. Jusqu’au bout, l’opposition républicaine n’a pas désarmé. Samedi, des militants anti-réforme se sont rassemblés devant le Capitole aux cris de « Tuez le projet de loi » (« Kill Bill »). Pour le chef de la minorité républicaine, John Boehner, le projet va coûter 1.300 milliards de dollars. « Il va tuer des millions d’emplois (…), il va augmenter les impôts, il va faire grimper les primes d’assurances », a dit M. Boehner.

Résistance attendue au Sénat

Le projet de loi permettrait à 36 millions d’Américains qui n’en ont pas de s’offrir une couverture santé. Au total, 96% d’Américains seraient couverts dans le cadre du plan démocrate, qui cherche à faire baisser les coûts de la santé. Par ailleurs, le plan prévoit la création d’un système d’assurance maladie géré par le gouvernement qui doit être mis en concurrence avec les compagnies privées. Les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé qui n’assure pas à ses citoyens une couverture maladie. Mais l’horizon n’est pas aussi dégagé que le souhaiterait M. Obama. Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid, s’est plaint récemment des clivages internes qui divisent les élus de son parti et qui risquent fort de repousser à 2010 l’adoption de la réforme. « Nous ne pouvons nous permettre d’être pieds et poings liés par une date-butoir. Nous devons oeuvrer au bien du peuple américain », a prévenu M. Reid. Or, un vote en 2010, année des élections parlementaires de mi-mandat, pourrait encore compliquer la donne. Un tiers du Sénat et la totalité des sièges de la Chambre des représentants doivent être renouvelés. Parmi les sièges à renouveler au Sénat se trouve celui de M. Reid, talonné de près dans les sondages par un adversaire républicain. En général, le Sénat adopte sa propre version, qui bien souvent diverge de celle votée par la chambre basse. Une fois le texte approuvé au Sénat, les parlementaires des chambres se réunissent en conférence pour se mettre d’accord sur un texte de compromis. Et c’est seulement là qu’intervient le vote final des sénateurs et représentants sur un texte amplement remanié. Pour réussir à faire adopter le texte en toute sérénité, les démocrates ont besoin des voix de 60 des 100 sénateurs américains. Sur le papier, 58 sièges sont occupés par des démocrates, et deux par des indépendants qui votent généralement avec la majorité. Problème: un certain nombre de démocrates modérés rechignent à voter « oui », et l’un des deux indépendants, Joe Lieberman, a déjà fait part de son opposition au texte en l’état. En outre, au Sénat comme à la Chambre, les chefs démocrates se heurteront à l’opposition républicaine qui dénonce un plan d’un coût de 1.000 milliards de dollars, qui selon eux, ne fera pas baisser les coûts de la santé.

Source : AFP,08 11 09

Assises de la consommation : le patronat reste opposé aux actions de groupe

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) s’est déclarée opposée, lundi, à l’instauration en France d’une procédure d’action collective, à l’occasion de l’ouverture des Assises de la Consommation.²La CGPME « ne souhaite pas l’instauration en France +d’actions collectives+ (class action), qui, sous couvert de conflits de consommation de masse avec certains grands groupes, risqueraient, au final, de pénaliser également les PME », affirme-t-elle dans un communiqué. Estimant que « la France dispose d’un droit de la consommation particulièrement protecteur », le syndicat patronal dit vouloir éviter « une judiciarisation excessive de l’économie » et « milite en faveur des voies amiables de règlement des litiges ».

Une représentante du Medef, Véronique Discours-Buhot, a également exprimé son opposition aux actions de groupe, lundi à Bercy, où le gouvernement a réuni les Assises de la consommation pour examiner les moyens de « mieux protéger » le consommateur. La création d’une procédure d’action collective (« class action ») à la française est réclamée depuis plusieurs années par les associations de consommateurs. Son introduction dans le droit français permettrait aux associations de consommateurs agréées de porter plainte contre une entreprise au nom d’un groupe de consommateurs. La ministre de l’Economie Christine Lagarde a indiqué lundi qu’elle restait « ouverte » à terme à une discussion sur les actions de groupe, promise par les gouvernements successifs. Elle a toutefois ajouté qu’il faudrait « prévoir un mécanisme qui permette de parler avant de tirer pour éviter les actions tous azimuts sans fondement sérieux ».

Attentat de Karachi: les sénateurs PS demandent une mission d’information

Les sénateurs socialistes ont à nouveau demandé la création d’une mission d’information sur l’attentat de Karachi (Pakistan) contre un bus de la Direction des constructions navales qui a fait 14 morts le 8 mai 2002, a annoncé jeudi le groupe. Ils souhaitent une mission pour « étudier les conditions dans lesquelles a été conclu et exécuté le contrat signé par la France, le 21 septembre 1994, pour un montant de 826 millions d’euros, pour livrer et fabriquer trois sous-marins de type Agosta au Pakistan ».

Les sénateurs Didier Boulaud et Jean-Pierre Godefroy, au nom de leur groupe, indiquent n’avoir reçu aucune réponse à une première demande déjà formulée en juin. Ils soulignent que l’Assemblée nationale a créé une mission de ce type et « qu’il ne faudrait pas que le Sénat reste à l’écart d’un dossier qui a profondément commotionné l’opinion publique française ». »Il apparaît que ce contrat a été conclu dans des conditions +hors-normes+ tant sur le plan financier que sur le plan de l’assistance technique », ajoutent-ils.

Après avoir privilégié la piste d’islamistes radicaux dans l’attentat, les juges Yves Jannier et Marc Trévidic ont réorienté leur enquête vers un contentieux franco-pakistanais qui pourrait être lié « à un arrêt des versements de commissions » en 1996 de la France au Pakistan dans le cadre de ce contrat, selon les parties civiles.