Israël rompt avec le Conseil de l’ONU pour les droits de l’homme

La colonie de givat zeev en cisjordanie. Photo Reuter

Israël a annoncé lundi 26 mars avoir rompu tout contact avec le Conseil des Nations unies pour les droits de l’homme (CDH) à la suite de sa décision d‘ouvrir une enquête internationale sur les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens. La décision israélienne a été jugée « regrettable » par la présidente de la CDH, Laura Dupuy Lasserre, qui n’avait toutefois pas reçu de confirmation officielle.

Cette rupture, annoncée par le ministère des affaires étrangères, signifie que la mission d’information que le CDH espérait envoyer sur le terrain ne sera pas autorisée à entrer en Cisjordanie ainsi qu’en Israël. « Nous ne collaborons plus avec eux, a indiqué Yigal Palmor, porte-parole de la diplomatie israélienne. Fini les participations à des rencontres, des discussions ainsi que l’organisation de visites en Israël ». Cette mesure n’a pas encore été notifiée au Conseil, a-t-il précisé. Israël ne fait pas partie de ce Conseil, mais a le droit de s’y exprimer dans certaines conditions. Il ne peut ni voter ni présenter de motions. L’Etat hébreu dispose par ailleurs d’une mission permanente auprès des Nations unies à Genève.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a immédiatement fustigé la décision israélienne, qualifiée de « tentative sioniste de faire chanter » les institutions qui critiquent Israël. « C’est bien la preuve de la vulnérabilité des sionistes confrontés aux organisations des droits de l’homme et de l’ONU, ce qui va créer un large consensus international sur l’oppression du peuple palestinien et la justesse de sa cause », a commenté un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, dans un communiqué.

Une initiative « hypocrite » de la CDH

Le 22 mars, le CDH a condamné la construction annoncée par Israël de nouveaux logements pour les colons juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, y voyant une entrave au processus de paix et une menace pour la solution à deux Etats et la création d’un Etat palestinien indépendant.

Sur Le Monde.fr, « Une résolution de l’ONU pour enquêter sur les colonies israéliennes »

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a dénoncé une initiative « hypocrite », ajoutant que le CDH disposait d’une « majorité automatique hostile à Israël ». « Cet organisme hypocrite n’a rien à voir avec les droits de l’homme. Son parti pris et son manque d’objectivité sont évidents, et nous n’avons aucune raison de coopérer avec lui », avait affirmé dimanche le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman. « Nous ne serons pas acteurs dans ce théâtre de l’absurde car 70 % des décisions de ce Conseil sont hostiles à Israël. Nous envisageons de demander aux pays libres, comme les Etats-Unis, de s’en retirer », avait ajouté M. Lieberman.

« Je n’ai aucun doute qu’il est dans l’intérêt d’Israël de coopérer avec le Conseil des droits de l’homme sur cette mission d’enquête, au moins pour qu’il puisse expliquer ses propres politiques et actions aux commissaires indépendants une fois qu’ils seront nommés », a commenté la présidente de la CDH. La présidente a aussi fait valoir que la résolution adoptée jeudi dernier a été adoptée par une large majorité « transrégionale » des 47 membres du Conseil.

« Victoire » pour l’autorité palestinienne

Ce forum, qui siège à Genève et compte 47 pays membres, a voté en faveur de cette proposition par 36 voix pour, dont celles de la Chine et de la Russie. Les Etats-Unis ont été le seul pays à voter contre. Le texte avait été présenté par le Pakistan au nom de l’Organisation de coopération islamique (OCI), avec le soutien d’Etats comme Cuba et le Venezuela. La résolution du Conseil a été saluée comme « une victoire » par l’Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.

Un demi-million d’Israéliens et 2,5 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires capturés par l’Etat hébreu lors de la guerre des Six-Jours en 1967.

Reuter, Le Monde et AFP

Voir aussi : Rubrique Israël, rubrique Palestine,

Le poids de l’info internationale dans les JT

L’INA a calculé le poids de l’information internationale dans les JT en 2011, une année propice.

Révolutions arabes, catastrophe de Fukushima, guerre en Libye… Il y avait amplement de quoi remplir les JT d’information sur la planète en 2011. Selon l’INA, le poids de l’étranger a été de 45,5 % dans les journaux télévisés, dont 13 % sur la zone Europe. Arte demeure la chaîne la plus ouverte sur le monde avec 82 % des sujets tournés vers l’étranger (dont 30 % sur l’Europe). Canal+ la suit avec 58,7 % de reportages sur les pays étrangers, dont 15,7 % sur la zone européenne. Naturellement, ces deux chaînes sont les moins accros à l’audience.

TF1 et France 2 ne se distinguent pas vraiment l’une de l’autre : 57,8 % pour la Une et 58 % sur France 2 de l’offre d’information concernent uniquement la France. La part de l’Europe est de 8,8 % sur TF1 et de 12,2 % sur France 2. L’information internationale hors l’Europe est de 33,3 % sur TF1 et de 29,6 % sur France 2. France 3, plus marquée vers sa vocation régionale, est davantage tournée vers la France avec 65,8 % des sujets. M6 conserve la première place des JT franco-français : 67,6 %.

Dans le top 20 des pays traités en 2011, toutes chaînes confondues, les États-Unis s’imposent largement en tête avec 2 141 sujets, devant la Libye (1 522 sujets), le Japon (876 sujets). L’Égypte, premier pays des révolutions arabes, se classe en quatrième position avec 825 sujets. La Tunisie arrive seulement à la septième place (613 sujets). L’Afghanistan, où les soldats français sont tombés, a suscité 774 sujets (cinquième pays). Notre partenaire allemand se hisse à la sixième place avec 732 sujets. La Grèce, pourtant à l’origine d’une crise financière majeure, n’apparaît qu’assez loin : douzième place avec 360 sujets. Dans l’Europe des 27, la Lettonie est le seul pays à n’avoir suscité aucun reportage en 2011.

Emmanuel Berretta (Le point)

 

Voir aussi Rubrique Médias, rubrique Actualité internationale,

Au Sénégal, Abdoulaye Wade admet sa défaite face à Macky Sall

Macky Sall a été félicité par son adversaire, le président sortant Abdoulaye Wade, pour sa victoire à la présidentielle sénégalaise.

« Un démocratie Majeure »

« Ceci montre que notre pays est une démocratie majeure. Nous avons une population mature qui est capable de choisir de manière lucide et responsable, et cela est un encouragement pour moi », a déclaré de son côté Macky Sall après avoir voté, commentant le bon déroulement du scrutin.

Son programme électoral prévoit un renforcement des institutions démocratiques du pays et une réorganisation du secteur de l’énergie pour lutter contre les pannes de courant chroniques. Il promet aussi de réduire les taxes sur les produits de première nécessité, tels que le riz.

Macky Sall veut également relancer les initiatives visant à mettre un terme à la rébellion rampante en Casamance, naguère destination touristique de premier choix.

Le futur président sénégalais est un ancien proche d’Abdoulaye Wade, dont il fut tour à tour ministre de l’Energie et des Mines puis de l’Intérieur avant d’être nommé Premier ministre et de devenir, après la réélection de Wade en 2007, président de l’Assemblée nationale.

Il était tombé en disgrâce après s’être publiquement heurté au fils du président sortant, Karim Wade. Il est entré dans l’opposition en créant son propre parti, l’Alliance pour la République (APR-Yakaar).

Ce géologue et géophysicien de formation, qui a étudié à Dakar et à Paris, s’apprête désormais à devenir le quatrième président du Sénégal depuis l’indépendance, après Léopold Sédar Senghor (1960-1981), Abdou Diouf (1981-2000) et Abdoulaye Wade.

Jean-Loup Fiévet et Henri-Pierre André (Reuter)

Voir aussi : Rubrique Afrique Sénégal,

Coup d’Etat au Mali :les première sanctions économiques

La banque africaine de développement et la Banque mondiale ont conjointement suspendu leur aide au Mali, alors que la Commission européenne a mis entre parenthèses ses activités dans le pays.

Après les condamnations unanimes de la communauté internationale, les premières sanctions économiques. Au lendemain du putsch militaire dont a été victime le président malien Amadou Toumani Touré, la Banque africaine de développement (BAD) et le Groupe de la Banque mondiale ont annoncé vendredi 23 mars dans un communiqué commun qu’elles suspendaient leurs opérations dans le pays à l’exception de l’aide d’urgence.

> > Lire le récit des événements de la journée du jeudi 22 mars, et une synthèse de la situation au début de la journée de vendredi.

Les deux institutions « se joignent à l’Union africaine et à la Cedeao dans leur condamnation du coup d’État militaire ; ils en appellent à une résolution rapide de la crise et au rétablissement d’un gouvernement constitutionnel, en vue de préserver les acquis en matière de développement de ce pays et de son peuple », indique le communiqué.

Le commissaire au Développement de la Commission de l’Union européenne, Andris Piebalgs a de son côté  « décidé de suspendre temporairement les opérations de développement de la Commission européenne dans le pays jusqu’à ce que la situation se clarifie ». Mais « cette décision ne concerne pas l’aide humanitaire », a indiqué le commissaire au Développement, rapporte l’AFP.

Washington réexamine son aide

Bruxelles avait décidé d’allouer 583 millions d’euros d’assistance au développement pour le Mali sur la période 2008-2013. Une aide destinée à des programmes de lutte contre la pauvreté, d’amélioration de l’accès à l’eau potable, ainsi que de soutien au renforcement de la sécurité. Jeudi, les États-Unis ont annoncé avoir avoir débuté le réexamen de leur aide annuelle de 137 millions de dollars (près de 103,5 millions d’euros), dont la moitié est humanitaire. Selon la porte-parole du département d’État, Victoria Nuland, aucune décision n’est pour le moment arrêtée.

Sur le plan politique, le Niger a ajouté son nom à la longue liste de pays condamnant l’action des putschistes. « Le Niger suit avec préoccupation et une totale désapprobation l’évolution de la situation au Mali (…) condamne tout changement anticonstitutionnel et en l’occurrence la remise en cause du processus démocratique en république sœur du Mali », déclare le communiqué du gouvernement lu à la radio publique nigérienne.

« Le gouvernement du Niger exige le retour de l’ordre constitutionnel, la libération des personnalités arrêtées, l’arrêt des violences et la préservation de la sécurité publique » au Mali, ajoute le texte.

AFP
Voir aussi : Rubrique Afrique, rubrique Mali, rubrique Niger,

Démocratie locale : Le T A juge illégales deux mentions du règlement intérieur de la région

Le tribunal administratif de Montpellier a fait annuler le 28 février 2012 deux mentions du règlement intérieur du conseil régional Languedoc-Roussillon restreignant les droits d’amendement et d’expression des conseillers régionaux.

France Jamet, présidente du groupe d’élus Front National au conseil régional Languedoc-Roussillon, demandait depuis août 2010 à la justice administrative l’abrogation de quatre paragraphes de l’article 27 du règlement intérieur du conseil régional du 13 avril 2010. Le 28 février, le tribunal administratif de Montpellier a considéré que certains des points contestés permettaient la « rationalisation » des travaux des commissions et du débat en assemblée mais il a jugé illégaux deux passages et exigé leur abrogation dans les deux mois. « Le droit d’amendement, rappelle le tribunal, est un droit inhérent au pouvoir de délibérer des élus locaux. S’il appartient à la collectivité territoriale de réglementer ce droit, il ne saurait légalement le faire qu’à la condition de ne pas porter atteinte à son exercice effectif. »

Inscription des amendements – Selon le règlement intérieur contesté, le président décide de l’inscription des amendements examinés par les commissions à l’ordre du jour de la session plénière, et si un amendement peut être présenté directement en séance, le président a le droit de le renvoyer en commission. Le règlement ne précise pas, relève le tribunal, si le texte concerné est alors renvoyé ou examiné… Ces éléments combinés donnent au président de la région la « maîtrise totale sur les projets d’amendement pouvant être admis à la délibération », ce qui « porte une atteinte excessive au droit d’amendement des conseillers régionaux ». A aussi été jugée illégal un alinéa interdisant toute explication de vote sur un amendement, pour méconnaissance du droit d’expression des conseillers régionaux.

La région n’a pas tardé à obtempérer : elle a fait voter l’abrogation du paragraphe et de l’alinéa illégaux à sa session du 2 mars.

Voir aussi : Actualité Locale, rubrique Politique locale, rubrique Société Justice, rubrique  citoyenneté,