Le premier ministre japonais présente son gouvernement

Le premier ministre japonais Yoshihiko Noda

Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a présenté vendredi 2 septembre la composition de son gouvernement chargé de conduire la reconstruction du pays éprouvé par le tsunami de mars.

Le gouvernement est composé de 18 membres qui appartiennent tous au Parti démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), présidé par M. Noda, à l’exception de Shozaburo Jimi, ministre délégué aux services financiers et à la réforme postale, un dirigeant du Nouveau Parti du peuple (NPP, nationaliste).

M. Noda, 54 ans, a confié le portefeuille des finances à Jun Azumi, 49 ans, originaire de la préfecture de Miyagi (nord-est) dévastée le 11 mars, un parlementaire qui n’a jamais été membre d’aucun gouvernement.

Sous le premier ministre Naoto Kan, qui vient de démissionner, M. Azumi était responsable des rapports du Parti Démocrate du Japon avec le Parlement, où il s’est employé à chercher la coopération de l’opposition conservatrice dans un pays frappé par une catastrophe naturelle et un accident nucléaire. Il aura la lourde tâche de succéder au ministère des finances à M. Noda lui-même, partisan d’une rigueur budgétaire et d’une réforme fiscale destinée à financer les besoins de la reconstruction du nord-est et à alléger la dette colossale du pays.

Le nouveau premier ministre a choisi, en outre, Koichiro Gemba, 47 ans, pour diriger la diplomatie, mise à l’épreuve en fin d’année dernière par des crises à propos de différends territoriaux avec la Chine et la Russie. M. Gemba devra aussi s’efforcer de ménager les liens du Japon avec son principal allié, les Etats-Unis, sur fond de discussions sans fin à propos du déplacement d’une base militaire américaine de l’île méridionale d’Okinawa. Il était ministre délégué à la stratégie nationale du précédent gouvernement.

Le portefeuille de la défense a, lui, été confié à Yasuo Ichikawa, un sénateur de 69 ans.

A la tête du puissant ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (Meti), le chef du gouvernement a choisi aussi un homme sans expérience gouvernementale, Yoshio Hachiro, 63 ans. Issu de l’aile gauche du PDJ, cet ancien étudiant en agriculture devra notamment orchestrer le redémarrage de l’économie japonaise, engluée dans la récession, et affronter les nouveaux défis de la politique énergétique du pays aujourd’hui privé de 80 % de sa capacité de production nucléaire.

M. Noda s’est enfin associé les services de Osamu Fujimura, 61 ans, pour le poste stratégique de secrétaire général et porte-parole du gouvernement. Spécialiste des problèmes d’éducation, M. Fujimura est un avocat de la décentralisation qui dénonce volontiers la toute-puissance de la bureaucratie.

M. Kan a jeté l’éponge la semaine dernière en raison de vives critiques pour sa gestion du séisme et du tsunami du 11 mars, qui ont fait plus de 20 000 morts et disparus, et pour le suivi maladroit de l’accident nucléaire subséquent à Fukushima Daiichi. Son successeur est devenu mardi le sixième premier ministre du Japon en cinq ans.

AFP

La  composition du nouveau gouvernement
– Premier ministre: Yoshihiko Noda, 54 ans (ex-ministre des finances, député)
– Secrétaire général et porte-parole du gouvernement: Osamu Fujimura, 61 ans (nouveau, député)
– Ministre des affaires étrangères: Koichiro Gemba, 47 ans (change de portefeuille, député)
– Ministre des finances: Jun Azumi, 49 ans (nouveau, député)
– Ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie: Yoshio Hachiro, 63 ans (nouveau, député)
– Ministre de la défense: Yasuo Ichikawa, 69 ans (nouveau, sénateur)
– Ministre de l’environnement et chargé de la gestion de l’accident de Fukushima ainsi que de la prévention des risques nucléaires: Goshi Hosono, 40 ans (nouveau à l’environnement, reconduit pour l’accident nucléaire, député)
– Ministre des affaires intérieures et des communications, chargé du développement d’Okinawa et de la question des Territoires du Nord (îles Kouriles administrées par la Russie, ndlr): Tatsuo Kawabata, 66 ans (nouveau, député)
– Ministre de la justice: Hideo Hiraoka, 57 ans (nouveau, député)
– Ministre de l’agriculture, de la pêche et des forêts: Michihiko Kano, 69 ans (reconduit, député)
– Ministre de la santé, du travail et des affaires sociales: Yoko Komiyama, 62 ans (nouvelle, députée)
– Ministre des transports, de l’aménagement du territoire et du tourisme: Takeshi Maeda, 74 ans (nouveau, sénateur)
– Ministre de l’éducation, de la culture, des sports et des sciences: Masaharu Nakagawa, 61 ans (nouveau, député)
– Ministre délégué à la reconstruction: Tatsuo Hirano, 67 ans (reconduit, sénateur)
– Ministre délégué à la politique économique et fiscale et à la consommation: Motohisa Furukawa, 45 ans (nouveau, député)
– Ministre délégué aux services financiers et à la réforme postale: Shozaburo Jimi, 65 ans (reconduit, sénateur)
– Ministre déléguée à la réforme administrative: Renho Murata (dite Renho), 43 ans (retrouve ce poste, sénatrice)
– Président de la commission nationale de sécurité publique et de la population (chargé des incidents liés aux produits de consommation): Kenji Yamaoka, 68 ans (nouveau, député)

Voir aussi : Rubrique Japon

Montpellier : Les grandes expos à ne pas manquer en ville

Richard Peter, Dresde 1945.Arts. Redon, Garouste, Brassaï, trois grandes pointures illuminent l’été 2011 de Montpellier proposant un itinéraire artistique de choix

Gérard Garouste bat tous les records au Carré St Anne avec plus de 30 000 visiteurs. Attirés par une programmation d’été exceptionnelle, les amateurs d’art (re)découvrent, l’œuvre majeure du peintre français contemporain dont l’une des toiles orne le plafond de l’Elysée. Le Carré St Anne propose notamment  La Dive Bacbuc, une arène fermée de 6 mètres de diamètre. L’installation qui s’inspire de Rabelais renferme des secrets pour sortir des dogmes. En parallèle, à l’œuvre de Garouste, il faut se rendre à la Galerie St Ravy qui expose les travaux de La Source. Une fondation créée par l’artiste pour sensibiliser les enfants issus de milieux sociaux défavorisés à l’art avec le concours d’artistes reconnus. La ville prolonge les deux expos jusqu’au 23 octobre.

Redon « Le Prince du rêve »
L’artiste du mystère et du subconscient Odilon Redon fut surnommé « Le prince du rêve ». L’image sied si bien au peintre symboliste qu’elle donne aussi  le titre à  la grande expo que lui consacre le Musée Fabre, en décentralisant celle du Grand Palais. Cette redécouverte éclaire d’une lumière nouvelle l’œuvre très riche de l’artiste charnière. Plusieurs conférences permettent d’affiner son approche jusqu’au 16 octobre. La prochaine tournera autour de l’usage que fait Redon du pastel (1). L’exposition offre une occasion rarissime d’admirer sa technique.

Le 6 octobre prochain le Musée Fabre poursuit ce passionnant rapprochement entre arts et littérature en accueillant l’exposition : Gallimard, 1911-2011 : un siècle d’édition, qui a quitté la BnF début juillet.

Dans la foule de Brassaï

L’exposition Brassaï en Amérique, 1957 inaugurée le 16 juin au Pavillon Populaire, a déjà suscité l’intérêt de 23 560 visiteurs. C’est une première mondiale, placée sous le commissariat d’Agnès De Gouvion Saint-Cyr. Elle rend compte du travail effectué par le photographe Brassaï lors de son séjour en Amérique en 1957. Aucune de ces images n’a été exploitée du vivant de l’artiste. Une véritable découverte à faire à Montpellier avant que l’expo ne parte courir le monde. Gratuite, elle propose 50 images en couleur et 110 tirages d’époque en noir et blanc.

Apocalypse urbain
Après Brassaï en Amérique, 1957, le Pavillon Populaire accueillera du 11 novembre 2011 au 12 février 2012, l’exposition « Apocalypses, la disparition des villes, de Dresde à Detroit (1944-2010) ». Cette exposition sera inaugurée le jeudi 10 novembre 2011 à 19h. C’est Alain Sayag qui a été choisi par Gilles Mora pour être le commissaire invité de cette 3ème exposition présentée dans le cadre de la programmation 2011 centrée sur la photographie urbaine. « Nos villes, emblèmes de la modernité, sont des organismes fragiles, elles sont mortelles mais ce sont les hommes plus souvent que la nature qui les ont détruites au cours de l’Histoire. La photographie, depuis sa naissance à enregistré ces tragédies. »

Si Montpellier n’a jamais brillé pour ses propositions en matière d’arts plastiques, la ville mène depuis ces dernières années une politique ambitieuse qui commence à porter ses fruits. Espérons que ce travail se poursuive pour le plus grand plaisir des visiteurs et de la population.

Jean-Marie Dinh

(1) Redon et le Pastel, conférence animée par Jérôme Fanigoule, le 15 septembre prochain, à 18h au musée, entrée libre
(2) Alain Sayag a été conservateur pour la photographie au Centre Georges Pompidou durant plus de trente ans.
Richard Peter, Dresde (1945). A partir du 11 novembre au Pavillon Populaire

Voir aussi : Rubrique  Exposition, Rubrique Montpellier,

Monde Arabe revue de Presse 08/11

 

 

Printemps dans le Sinaï – The Economist, 27/08/2011

Suite aux attentats commis le 18 août aux alentours de la frontière égyptienne, le gouvernement israélien est sur le point d’autoriser un redéploiement de troupes dans le Sinaï. Or les accords de Camp David avaient exclu toute présence militaire égyptienne dans la péninsule. Mais l’insécurité grandissante dans le Sinaï depuis le départ de Moubarak oblige Israël désormais à consentir à un redéploiement égyptien, malgré le risque d’un changement de régime imminent au Caire.

 

Mauritanie : report des élections parlementaires et locales à une date inconnue – Jeune Afrique, 26/08/2011

Suite à une demande de l’opposition, le ministère de l’Intérieur mauritanien a annoncé le report des élections sénatoriales, législatives et municipales qui devaient se tenir le 25 septembre et 16 octobre dans le pays. Le pays est sous tension depuis l’élection, déclarée frauduleuse par l’opposition, du Président Mohammed Ould Abd el Laziz. L’opposition réclamait des discussions préalables aux élections afin de rétablir la confiance entre les partenaires politiques.

 

Alger pose sa condition pour reconnaitre le CNT : Les rebelles doivent s’engager contre Al Qaïda –  Dernières Nouvelles d’Algérie, 25/08/2011

Alger a posé ses conditions pour reconnaître le CNT, ne laissant rien augurer de bon pour les relations entre les deux pays. Les relations entre le gouvernement algérien et le CNT sont froides depuis le début de l’insurrection libyenne, les rebelles libyens accusant le régime d’Alger de fournir en armes l’armée de Kadhafi ainsi que d’adopter une attitude diplomatique conciliante envers le despote libyen.

 

La révolution exclusive d’Israël – Alternet, 24/08/2011

Le mouvement de protestation israélien pour davantage de justice sociale est décrypté par Joseph Dana et Max Blumenthal au regard de ses relations avec la question palestinienne. Les manifestants refusent de lier leur lutte pour la justice sociale à celle de l’occupation qu’ils estiment être uniquement une question de sécurité. Ainsi le « mouvement du 14 juillet » a approuvé la participation de participants venus de la colonie d’Ariel. La manifestation des tentes serait donc davantage un mouvement marquant le renouveau de la gauche sioniste.

 

Tribunal des NU : la « vision en tunnel » du procureur – Al Akhbar english, 24/08/2011

Omar Nashabe analyse l’actualité du Tribunal Spécial sur le Liban (TSL) dont la mise en accusation a été rendue publique le 17 août. Selon l’analyse, la manière dont l’accusation est écrite peut laisser croire qu’elle est politiquement motivée, et donc manquer d’impartialité. Traitant le Hezbollah d’organisation terroriste, le procureur du TSL, Daniel Bellemare, a outrepassé les interprétations internationales sur le sujet. Par conséquent, il est plus que probable que le procès mène une inculpation du Secrétaire Général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en tant que responsable de l’organisation.

Source Medea

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La poésie sensible et silencieuse de Juan Gris au Musée Paul Valéry

Le joueur de Guitare (1918)

L’exposition Juan Gris, « Rime de la forme et de la couleur », appelle une escale sétoise cet été.  A proximité du cimetière marin, le bleu azur inonde la partie haute de la ville. Tout là haut perché, le Musée Paul Valéry répond aux principes architecturaux peu esthétiques de Le Corbusier. Il lui permet cependant de disposer d’intéressants volumes intérieurs. Jusqu’au 31 octobre on peut y (re) découvrir l’œuvre rare de Juan Gris (1887/1927).

Le peindre espagnol est le moins connu des trois grandes figures du cubisme. Après avoir suivi la voie ouverte par ses aînés, Braque et Picasso, Gris a  indéniablement contribué au mouvement par son apport personnel. En France, la dernière exposition que lui a consacré le Musée Cantini de Marseille remonte à une quinzaine d’années. Plus récemment, la rétrospective du Musée national de la Reina Sofia à Madrid en 2005, fait référence au niveau international. L’exposition de Sète rassemble une cinquantaine d’œuvres provenant de nombreux musées tel le Minneapolis Institut off Art, le Musée néerlandais d’Art d’Otterlo, le Musée d’Arts moderne de Paris… Elle a également sollicité plusieurs collectionneurs particuliers. « L’exposition s’apparente à une mise en relation d’œuvres permettant de cerner le propos de Gris sur la poésie », indique la Directrice du Musée Paul Valéry, Maïthé Vallès Bled, qui assure le commissariat général de l’exposition.

Fin du culte de la nature

Le parcours propose quelques œuvres de jeunesse, époque où l’artiste se trouve un atelier au Bateau Lavoir sur la butte Montmartre qu’il a rejoint en 1906.  A Paris, pour gagner sa vie, Juan Gris réalise des dessins humoristiques qu’il place dans les journaux illustrés comme L’assiette au beurre ou Le cri de Paris. Avec Picasso dans son voisinage, le jeune homme qui a suivi une formation d’ingénieur, s’imprègne  des procédés cubistes tel le renversement des plans, ou la variation des angles de vue.

Dès 1907, dans la perspective de solidifier les formes ouvertes par Cézanne, Les Demoiselles d’Avignon (ou Bordel d’Avignon) opposent des volumes cubiques aux effets lumineux des impressionnistes. A partir de 1910, Picasso et Braque consomment la rupture avec la vision classique en vigueur ouvrant jusqu’en 1912 la seconde phase du cubisme dite analytique. Ils abandonnent définitivement l’unicité du point de vue de la perspective albertienne. Leur démarche reçoit le soutien d’Apollinaire qui associe à cette évolution picturale la fin du culte de la nature (celle du Dieu créateur terrestre), auquel il oppose la grandeur des formes métaphysiques, les deux artistes multiplient les angles de vision des objets pour en donner une nouvelle représentation. Ne cherchant pas à affirmer une esthétique personnelle, Juan Gris se distingue dès cette époque de ses initiateurs par une construction plus affirmée. Mais c’est vraiment dans la troisième phase du mouvement, le cubisme synthétique qui voit jour à partir de 1913, que la sensibilité de Gris s’illustre.

 

Verre et journal (1916)

Chemins oniriques

Désormais, la technique cubiste est explorée dans la capacité qu’elle offre de concevoir les rapports du sujet à l’objet. La majeure partie des œuvres de Gris présentées à Sète sont issues de la décennie 1916-1926. Une période où l’artiste est à la recherche d’un contenu spirituel. « Ce côté sensible et sensuel qui, je pense, doit exister toujours, je ne lui trouve pas de place dans mes tableaux » écrivait-il en 1915 à son marchand Daniel-Henry Kahnmeiler. Pourtant, une toile comme Verre et journal (1916), apparaît au visiteur fortement empreinte de la conscience de l’objet de celui qui le représente. De même, Le joueur de guitare (1918) dont la musique qui le traverse fait vibrer le corps et l’espace, démontre la sensibilité tactile et fantaisiste qui habitent l’artiste.

Gris n’a de cesse de trouver l’équilibre parfait entre la richesse du contenu spirituel et les nécessités architecturales. Il se distingue de ses illustres aînés dans l’usage de la couleur en poussant le regard par le jeu des contrastes. La vue sur la baie  (1921) offre une idée de son champ de recherches qui part d’une maîtrise pour s’ouvrir sur des chemins oniriques. Dans ce télescopage des espaces intérieur extérieur, on peut voir la liberté saisir l’âme des objets qui s’échappent. Sur la toile Mère et enfant, 1922, les personnages ne se donnent pas à l’image. Les lignes ondulantes et les masses rondes s’entrecroisent mettant en évidence l’intériorité fusionnelle de la relation par la lumière.

De l’intentionnalité

Le parcours propose également une captivante série de natures mortes réalisées entre 1924 et 1925 où l’on mesure l’interprétation qu’a pu faire Gris du phénoménologue Husserl notamment sur le rôle de l’intentionnalité dans la perception des objets quotidiens. On n’y trouve pas de coquillage même si Gris y développe une poésie silencieuse qui le rapproche du poète montpelliérain Francis Ponge. Il faut pousser la porte du Musée Paul Valéry pour découvrir l’intuition sensible de Gris qui prolonge la pensé cubiste et quelque part l’aboutit. Le mérite de « Rime de la forme et de la couleur » pourrait être de réconcilier certains amateurs d’art éloignés du cubisme par l’intransigeante rigueur de ses premiers pas.

Jean-Marie Dinh

« Rimes de la forme et de la couleur » Musée Paul Valéry, jusqu’au 31 octobre.

Voir aussi : Rubrique  Exposition, rubrique Art,

Les pratiques des agences immobilières épinglées par l’UFC-Que Choisir

Les pratiques peu louables des agences immobilieres

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé mardi 23 août les « pratiques bien peu louables » des agences immobilières françaises, dénonçant de nombreuses violations de la loi. Se basant sur les résultats d’une enquête effectuée auprès de 1 056 agences, l’association de défense des consommateurs affirme que nombre d’entre elles ne respectent pas les informations obligatoires qui doivent être portées à la connaissance des clients.

Selon l’association, près des deux tiers des agences n’hésitent pas à demander des documents strictement interdits : attestation de l’employeur (46 %) ou du précédent bailleur (10 %), ou encore photographie d’identité (10 %). Les honoraires des agences n’étaient pas visibles depuis l’extérieur pour 21 % des agences, alors que cette obligation est vieille de vingt ans. De plus, près de quatre mois après l’entrée en vigueur de l’obligation d’affichage du DPE (diagnostic de performance énergétique), seules 72 % des agences respectaient la loi.

 

« La profession est en pleine illégalité »

Les honoraires acquittés par les locataires (en moyenne 93 % du loyer mensuel hors charge) sont également jugés prohibitifs alors que, selon UFC-Que Choisir, le locataire ne doit à l’agence que la seule rédaction du bail. Une affirmation démentie par le président du réseau d’agences Century 21, Laurent Vimont, qui rappelle que « comme l’indique la loi, les honoraires sont répartis uniformément entre locataire et bailleur ».

Enfin, alors que la situation financière du candidat locataire était confortable, l’absence de garant a posé problème dans 28% des cas. Pour Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, « la profession d’agent immobilier est en pleine illégalité et dans une immunité totale ».

L’enquête d’UFC-Que Choisir a été menée par des bénévoles du 14 mars au 2 avril auprès de 1 056 agences autour d’un scénario unique : aider un jeune membre de sa famille dans sa recherche d’un 2 pièces de 40 m2 à louer. Le soi-disant candidat locataire avait un dossier répondant aux obligations légales et gagnait trois fois le montant du loyer mais n’avait pas de garant.

LA Fnaim ne nie pas des abus

La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) ne nie pas « le fait que des abus existent mais cette quête excessive de garanties de la part des agences n’est pas un excès de zèle mais bien pour garantir les bailleurs », affirme à l’AFP son président, René Pallincourt.

M. Pallincourt « s’insurge contre tout honoraire fixé réglementairement », une demande de l’UFC-Que Choisir, car « cela reviendrait à remettre en cause le principe de la liberté des prix et des services mis en place en 1986 ».

La Fnaim rappelle qu’elle va présenter, lors des états généraux des professions immobilières le 13 septembre, « des mesures en faveur d’une organisation de l’ensemble de la profession, fidèle au respect des intérêts des consommateurs ».

 

Bientôt des mesures gouvernementales ?

« Les dérives relevées par UFC-Que Choisir ne sont pas acceptables mais les constatations ne portent que sur un échantillon de professionnels. Il faut donc se garder de jeter l’opprobre sur toute une profession qui consciente de certaines dérives a organisé une réflexion pour lutter contre ces abus », déclare à l’AFP le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu.

M. Apparu annonce que « le gouvernement prépare des mesures », non détaillées, « pour protéger les consommateurs et soutenir ceux des professionnels qui s’engagent sur la qualité du service rendu ».
Mais le projet de loi du ministère de la justice sur les professions immobilières, qui à l’origine prévoyait la création d’un ordre chargé notamment de la déontologie et des exclusions pour les membres indélicats, n’a plus aucune chance d’être examiné par le Parlement avant l’élection présidentielle de 2012, selon des sources proches du dossier.

AFP

Voir aussi : Rubrique Société, Consommation,