Entretien Philippe Saurel « Ma vision de la culture à Montpellier »

Philippe Saurel vient de prendre ses nouvelles fonctions en tant qu’adjoint au maire délégué à la Culture suite au remaniement de l’équipe municipale décidé par Hélène Mandroux en juin dernier. Le socialiste (tendance Valls) qui se verrait bien dans le fauteuil du maire en 2014, était auparavant en charge de l’Urbanisme qui revient à Michael Delafosse (tendance Aubry), son prédécesseur à la culture. Philippe Saurel est aussi Conseiller général. Il est Conseiller municipal depuis 1995, (troisième mandat de Georges Frêche), il était alors délégué aux affaires sociales.

Comment s’explique selon vous ce remaniement de l’équipe municipale opéré par Hélène Mandroux à mi mandat ?

« Je pense qu’Hélène Mandroux a voulu booster l’ensemble de l’équipe municipale. Je n’avais pas demandé la culture mais j’ai accueilli cette délégation avec enthousiasme et j’envisage aujourd’hui cette responsabilité avec passion. J’occupe déjà au Conseil général de l’Hérault la vice-présidence de la commission culture.

Quelle est votre relation à la culture ?

Dès le plus jeune âge, j’ai fait du violon. A l’origine mon cursus est littéraire. J’ai par la suite poursuivi des études dentaires, puis j’ai repris l’université pour obtenir un DEA en histoire de l’art..

Quelle différence faite-vous entre art et culture ?

On peut considérer que tout est art. Cela dépend de notre appréhension. Un boulon, une vis, c’est de l’art. L’art pour moi, c’est tirer parti de ce dont on dispose pour arriver au meilleur. A la beauté, et plus encore à l’harmonie, qui est moins subjective que la beauté. J’ai une conception très ouverte de la culture. Je ne l’entends pas sous l’angle d’une accumulation de savoirs mais comme quelque chose qui nous unit, que l’on met en partage dans notre vie quotidienne. Je suis souvent touché par l’émotion que l’on trouve dans l’expression de la vie. Au spectacle ou au cinéma, je suis bon public.

Que vous évoque le concept d’excellence artistique ?

Personnellement pas grand chose, je souhaite conduire une politique culturelle qui ne soit ni élitiste ni populiste. La culture populaire peut être de grande qualité. Je pense au festival des fanfares dans le quartier des Beaux Arts qui est à la fois singulier et populaire. Dans le domaine de la photo, Montpellier a sa place entre Arles et Perpignan. Le travail que mène Gilles Mora au Pavillon populaire est remarquable et doit être poursuivi. Je pense qu’il faut en même temps positionner en réseau tous les acteurs montpelliérains de la photo. Avec Sophie Boniface-Pascale, nous allons signer une convention entre le service culture et les Maisons pour tous pour avancer dans ce sens.

Avez-vous eu le temps de vous plonger dans les grands dossiers ?

C’est en cours, je rencontre les acteurs culturels. Je viens de   faire connaissance avec Jean-Pierre Le Pavec, le nouveau directeur du Festival de Radio France. En 2012 nous ferons deux grands concerts gratuits place de l’Europe avec une soirée musique du monde et une soirée de musique classique et de musique de film. Je vais bientôt me pencher sur la Comédie du Livre. 2012 verra l’ouverture du centre d’art la Panacée. Ce projet de pépinière d’artistes, n’est pas incompatible avec celui d’un Musée d’art contemporain à vocation régionale. Je souhaite développer des relations productives avec les collectivités territoriales. En matière de culture il faut penser à une échelle supérieure à la ville.

Qu’avez-vous envie de dire aux créateurs montpelliérains ?

Les budgets 2011 sont consommés. Mais je serai extrêmement attentif à leurs demandes pour l’avenir. Dans les manifestations liées à la ville comme les Zat, je souhaite que leur participation soit plus grande. Je pense qu’il faut à la fois conserver les bons côtés de Quartier Libres et ceux des Zat. Allier les initiatives locales avec une nouvelle façon d’envisager la ville.

Le type d’alliance vers laquelle tendent toutes les politiques culturelles depuis Malraux sans y parvenir ?

Je suis utopiste. Je veux faire se rencontrer des mondes qui ne se rencontrent pas. Il manque une connexion entre l’institution culturelle et la culture populaire.

Quel regard portez vous sur le projet culturel du Parti socialiste ?

Une politique de gauche doit donner plus de place à la culture. C’est une affaire de cohésion sociale et de solidarité. Ce n’est pas un hazard si Lang a encore une image nationale. Je ne suis pas en accord avec la politique de Frédéric Mitterrand mais je lui reconnais une hauteur d’esprit. La gauche est vraiment la gauche quand les artistes et les intellectuels sont avec elle. Quand ils la désertent, elle est en piteuse état. Moi je suis pour la remise en question ».

recueilli par Jean-Marie Dinh

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