Qui contrôle Internet ?

En raison de  sa nature décentralisée, Internet n’est pas « contrôlé » par un unique organisme, Etat, ou entreprise. Contrairement à une idée répandue, le réseau n’est pas non plus une « jungle » totalement libre : à tous les échelons, de nombreux organismes exercent ou peuvent exercer un contrôle ou une censure sur les informations qui y circulent.

Les structures les plus fondamentales d’Internet sont sous le contrôle de l‘Icann, l’Internet corporation for assigned names and numbers. Cet organisme a un statut particulier, puisqu’il s’agit d’une société à but non lucratif, soumise au droit californien. Composé de nombreuses commissions, qui gèrent des problématiques structurelles, l’Icann encadre notamment les noms de domaine ou le fonctionnement des adresses IP (Internet Protocol, les « adresses » de machines et de sites sur le réseau).

La gouvernance de cet organisme stratégique fait l’objet de nombreux débats : plusieurs pays lui reprochent notamment la sur-représentation des Américains dans les différentes commissions. L’Europe et la Chine, notamment, demandent depuis plusieurs années une plus grande ouverture dans la gestion de la fonction Iana, la « racine » d’Internet, qui gère par exemple les noms de domaine en .com. Le pouvoir de l’Icann est fondamental, puisque l’organisation peut suspendre des noms de domaines entiers, comme elle l’avait fait pour le .iq irakien ou pour le domaine afghan.

Pour le bon fonctionnement du réseau, un organisme distinct de l’Icann est également chargé de fixer les normes techniques des technologies les plus courantes sur Internet, comme le langage HTML : le World Wide Web Consortium (W3C). Sa gestion est assurée conjointement par des experts américains, européens et japonais.

Au niveau national

S’il est décentralisé, le réseau reste cependant tributaire de la présence de câbles pour son bon fonctionnement : en l’absence de « tuyaux » suffisamment grands, le trafic peut être très fortement ralenti. Or, de nombreux pays sont dépendants, pour leur accès au réseau, d’un ou deux câbles sous-marins ou souterrains. En Afrique, des pays entiers voient leur accès tributaire des décisions des pays voisins ou des choix des entreprises privées.

Surtout, les pays disposent techniquement de la capacité de bloquer ou de censurer tout ou partie d’Internet. Durant les manifestations qui ont précédé la chute de Hosni Moubarak, l’Egypte a pu couper quasi-instantanément l’accès au réseau en faisant pression sur les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). En bloquant deux protocoles d’échange d’information vitaux, le pays a été coupé du reste de la Toile en quelques heures.

Sans aller jusqu’à ces extrémités, de nombreux pays exercent aussi un contrôle très fort sur le réseau. Des contenus contraires aux lois nationales sont ainsi bloqués dans la plupart des pays autoritaires, mais aussi dans des démocraties : en France, la loi sur les jeux d’argent en ligne permet d’ordonner le filtrage des sites qui n’ont pas reçu un agrément. En Australie, un vaste projet de filtre a été repoussé à plusieurs reprises devant les difficultés techniques et politiques. Ces systèmes de filtrage ne sont en effet pas infaillibles, mais les solutions de contournement peuvent être relativement complexes à utiliser.

L’organisation de défense de la liberté d’expression Reporters sans frontières publie chaque année un classement des pays qui censurent Internet. Dix pays sont classés par RSF comme « ennemis d’Internet » en raison de la censure draconienne qu’ils exercent sur le réseau. Parmi eux, la Chine, la Birmanie et l’Iran, où les activités des internautes sont également espionnées. La Russie, le Venezuéla ou la France sont, eux, classés comme « pays sous surveillance » en raison de lois en vigueur qui permettent de filtrer des sites Web.

Pour chaque ordinateur

Au sein d’un même pays, plusieurs acteurs peuvent exercer un contrôle sur la manière dont les utilisateurs accèdent à Internet. Les fournisseurs d’accès disposent théoriquement d’importants pouvoirs : ils peuvent par exemple bloquer ou ralentir certains types de trafic, par exemple le téléchargement en P2P. Depuis la création du Web, une règle non-écrite, dite de « neutralité du Net », prévoit que les opérateurs ne font pas de discrimination des contenus circulant sur le réseau : quel que soit l’utilisateur ou le type de données, toutes les informations doivent théoriquement circuler à la même vitesse.

Mais les FAI, qui se plaignent d’engorgements suite au développement exponentiel du Web, souhaitent pouvoir, dans certains cas, s’affranchir de cette règle. Pour des raisons de gestion du réseau, estiment-ils, il serait par exemple souhaitable de pouvoir donner la priorité à certains « paquets » d’informations au détriment d’autres, comme les vidéos en ligne par exemple. Dans certains pays, et notamment aux Etats-Unis et au Canada, les FAI brident également la vitesse de connexion et la quantité de données téléchargeables par les internautes.

En bout de chaîne, l’internaute est également soumis au contrôle de son réseau local, s’il n’est pas directement connecté à Internet. En pratique, ce sont souvent les entreprises qui détiennent le plus de pouvoir sur la connexion d’un internaute. Il est en effet plus simple de filtrer un réseau de petite taille que de le faire à l’échelle d’un pays.

Damien Leloup

 Voir aussi : Rubrique Internet, Internet la révolution de l’info, rubrique Rencontre Ignacio Ramonet : L’info ne circule plus à sens unique,

Mediator, un scandale français

Poison

Par Nicolas Demorand

Les nouvelles révélations de Libération confirment que le laboratoire Servier avait bien érigé le mensonge et la manipulation en modèle économique. Sinistre manière de transformer des poisons violents en machine à cash ; de multiplier les écrans de fumée pour masquer le rapport entre les médicaments et des patients qui décèdent ; de faire taire ceux dont les doutes, puis les certitudes, menaçaient le chiffre d’affaires. Comme si le Mediator ne suffisait pas, c’est désormais le Protelos qui fait scandale : là encore des effets secondaires potentiellement ravageurs, là encore la manipulation de l’information, là encore des morts suspectes passées sous silence. Chez Servier, seul le cynisme se concevait dans une chimie d’une telle pureté. A côté du dysfonctionnement total de la chaîne censée empêcher les empoisonneurs de vendre leurs inventions sur ordonnance, une autre question reste entière : Servier est-il un mouton noir au milieu de blanches brebis ou un laboratoire qui a poussé à l’extrême, au-delà de toute mesure, de toute raison, des «logiques» et des processus communs à l’industrie pharmaceutique ? Espérons que le double scandale du Mediator et du Protelos permette enfin de fissurer les murailles qui entourent un secteur dont seuls des romanciers, de Le Carré à Boyd, ont su imaginer la potentielle nocivité. A ce stade, l’enquête judiciaire sur Servier démontre que la réalité est parfaitement en phase avec la fiction.

(Libération)

Voir aussi : Rubrique Affaire, Guerre mortelle aux kilos superflus, rubrique  Société, Santé, Derrière les morts du Médiator, rubrique EditionsCharles Kermarec, l’éditeur que le Médiator a failli couler, On line, D’autres scandales sanitaires

Allemagne : le camp Merkel panse ses plaies après une sanction électorale

 
 Par Yannick PASQUET 
  
  BERLIN, 5 sept 2011 (AFP) – La coalition gouvernementale d’Angela Merkel pansait ses plaies lundi après un nouveau vote sanction pour les conservateurs et une débâcle des libéraux dans l’Etat régional de la chancelière allemande.

Dans le Land du Mecklembourg-Poméranie antérieure les chrétiens-démocrates (CDU) de Mme Merkel n’ont recueilli que 23,1% des suffrages dimanche, soit un recul de 5,7 points par rapport au scrutin de 2006, selon des résultats officiels provisoires.

Le Parti libéral (FDP), avec lequel il gouverne l’Allemagne depuis deux ans, subit une nouvelle humiliation. Avec seulement 2,7% des suffrages, il est éjecté du Parlement régional de Schwerin. C’est la quatrième fois cette année qu’il ne passe pas la barre des 5% nécessaires pour avoir des députés régionaux.

Le parti du ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle fait même moins bien que les néo-nazis du NPD (6%) dans ce land pauvre d’ex-RDA, situé le long de la Mer Baltique et de la frontière polonaise.

Mme Merkel était attendue à 11H30 GMT pour commenter devant la presse ce qui ressemble à une série noire. Au cours de cette « super année électorale » marquée par sept scrutins régionaux, la CDU a perdu deux territoires au profit de l’opposition fédérale social-démocrate (SPD) : Hambourg et surtout le Bade-Wurtemberg où elle a dû passer la main après plus de 50 ans de règne dans cette riche région du sud-ouest.

A l’exception de la Saxe-Anhalt dont elle a gardé les commandes, la droite a été sanctionnée dans cinq régions. Et Berlin, le 18 septembre, ne saurait la consoler car dans la ville-Etat traditionnellement de gauche le maire SPD Klaus Wowereit à l’issue du dernier scrutin de l’année.

Le parti d’Angela Merkel paie notamment la facture du mécontentement populaire lié à la crise de l’euro. De nombreux Allemands se montrent déçus par la manière dont la chancelière a géré cette crise.

« Nous sommes dans une situation où les gens sont très inquiets concernant la crise en Europe (…) et ils veulent un gouvernement en qui ils peuvent avoir confiance, qui manifeste du calme et qui sache où il va. Or, ce n’est pas ce que fait Mme Merkel », a souligné Andrea Nahles, la secrétaire générale du SPD, sur la chaîne de télévision ntv.

Toutefois, relativise pour l’AFP le politologue Gerd Langguth, « ces scrutins régionaux sont un peu comme les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Traditionnellement les partis au pouvoir y subissent des pertes ».

Le chercheur, qui est également le biographe de la chancelière, estime que la personnalité sans charisme du candidat local de la CDU a aussi joué un grand rôle dans ce revers.

Pour lui, le recul de la CDU devrait « se confirmer » au cours du scrutin berlinois dans deux semaines mais aussi l’an prochain dans la région du Schleswig-Holstein, seul rendez-vous électoral de poids avant les élections législatives de 2013.

Plus inquiétant pour la chancelière, le FDP « doit maintenant se battre pour sa survie », relevait le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung.

De son côté, le SPD est sorti vainqueur avec 35,7% des voix, en progression de 5,5 points. Un score qui va lui permettre de continuer à gouverner au niveau régional avec la CDU dans une « grande coalition » ou de s’allier à la gauche radicale Die Linke (18,4%), traditionnellement forte dans les ex-régions communistes de RDA.

Il pourrait aussi décider de former une alliance avec les Verts. Avec 8,4% des suffrages, les écologistes disposeront désormais d’élus dans le « Meck-Pom ». Pour la première fois de leur histoire, ils sont maintenant représentés dans les 16 parlements régionaux du pays.

Voir aussi : Rubrique Allemagne  Politique Le SPD un pas à gauche,  Election législative en Allemagne  Rubrique UE Les Européens protestent contre les mesures d’austérités, Merkel Sarkozy arroseurs arrosés, Sous pression l’UE répond aux marchés, Histoire entretien avec Markus Meckel

La réforme de la dépendance « est reportée », explique Bachelot

Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, souligne que la réforme sur le financement de la dépendance « n’est pas annulée, elle est reportée », dans une interview publiée par Libération.

« Cette réforme viendra », a insisté la ministre, en expliquant que « la crise financière mondiale que nous rencontrons nous empêche, pour le moment, de mettre en œuvre un financement massif pour les années à venir ».

Mme Bachelot indique « qu’un nouveau point sera fait début 2012 », mais que d’ici là, « la politique en direction des personnes âgées ne s’arrête pas. Nous restons mobilisés, l’Etat continue à agir », affirme-t-elle dans cet entretien.

« Chaque année, nous créons 7 500 places supplémentaires dans les maisons de retraite. Et cet effort va augmenter en 2012 », promet-elle.

Cependant, interrogée sur le besoin immédiat d’un milliard d’euros pour les départements chargés de la dépendance, la ministre répond qu' »il faut adapter nos dispositifs » et qu’il est possible de fournir « davantage d’information » ainsi que « des structures de répit, mais aussi des structures de jour » aux familles qui les réclament.

Selon un sondage CSA pour l’assureur Axa publié vendredi, les trois quarts des Français pensent que c’est à l’Etat d’assumer le coût de la prise en charge des personnes dépendantes.

A la question « selon vous, qui devrait assumer le coût de la prise en charge des personnes dépendantes ? » (plusieurs réponses possibles), 75 % des sondés citent l’Etat, 50 % les assureurs, 44 % les personnes dépendantes elles-mêmes, 34 % l’Etat et les assureurs, 32 % l’Etat et les personnes dépendantes, 24 % les assureurs et les personnes dépendantes.

Par ailleurs, 80 % des personnes interrogées disent connaître actuellement ou avoir connu un cas de dépendance dans leur famille ou entourage. Parmi elles, 64 % ont joué un rôle d’aidant auprès de cette personne. Sondage réalisé par téléphone du 18 au 23 avril sur un échantillon de 1 210 personnes de 25 ans et plus (méthode des quotas).

Voir aussi : Rubrique Société, Dépendance: les nouveaux gisement de l’or gris, rubrique Santé,

Le premier ministre japonais présente son gouvernement

Le premier ministre japonais Yoshihiko Noda

Le premier ministre japonais, Yoshihiko Noda, a présenté vendredi 2 septembre la composition de son gouvernement chargé de conduire la reconstruction du pays éprouvé par le tsunami de mars.

Le gouvernement est composé de 18 membres qui appartiennent tous au Parti démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), présidé par M. Noda, à l’exception de Shozaburo Jimi, ministre délégué aux services financiers et à la réforme postale, un dirigeant du Nouveau Parti du peuple (NPP, nationaliste).

M. Noda, 54 ans, a confié le portefeuille des finances à Jun Azumi, 49 ans, originaire de la préfecture de Miyagi (nord-est) dévastée le 11 mars, un parlementaire qui n’a jamais été membre d’aucun gouvernement.

Sous le premier ministre Naoto Kan, qui vient de démissionner, M. Azumi était responsable des rapports du Parti Démocrate du Japon avec le Parlement, où il s’est employé à chercher la coopération de l’opposition conservatrice dans un pays frappé par une catastrophe naturelle et un accident nucléaire. Il aura la lourde tâche de succéder au ministère des finances à M. Noda lui-même, partisan d’une rigueur budgétaire et d’une réforme fiscale destinée à financer les besoins de la reconstruction du nord-est et à alléger la dette colossale du pays.

Le nouveau premier ministre a choisi, en outre, Koichiro Gemba, 47 ans, pour diriger la diplomatie, mise à l’épreuve en fin d’année dernière par des crises à propos de différends territoriaux avec la Chine et la Russie. M. Gemba devra aussi s’efforcer de ménager les liens du Japon avec son principal allié, les Etats-Unis, sur fond de discussions sans fin à propos du déplacement d’une base militaire américaine de l’île méridionale d’Okinawa. Il était ministre délégué à la stratégie nationale du précédent gouvernement.

Le portefeuille de la défense a, lui, été confié à Yasuo Ichikawa, un sénateur de 69 ans.

A la tête du puissant ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie (Meti), le chef du gouvernement a choisi aussi un homme sans expérience gouvernementale, Yoshio Hachiro, 63 ans. Issu de l’aile gauche du PDJ, cet ancien étudiant en agriculture devra notamment orchestrer le redémarrage de l’économie japonaise, engluée dans la récession, et affronter les nouveaux défis de la politique énergétique du pays aujourd’hui privé de 80 % de sa capacité de production nucléaire.

M. Noda s’est enfin associé les services de Osamu Fujimura, 61 ans, pour le poste stratégique de secrétaire général et porte-parole du gouvernement. Spécialiste des problèmes d’éducation, M. Fujimura est un avocat de la décentralisation qui dénonce volontiers la toute-puissance de la bureaucratie.

M. Kan a jeté l’éponge la semaine dernière en raison de vives critiques pour sa gestion du séisme et du tsunami du 11 mars, qui ont fait plus de 20 000 morts et disparus, et pour le suivi maladroit de l’accident nucléaire subséquent à Fukushima Daiichi. Son successeur est devenu mardi le sixième premier ministre du Japon en cinq ans.

AFP

La  composition du nouveau gouvernement
– Premier ministre: Yoshihiko Noda, 54 ans (ex-ministre des finances, député)
– Secrétaire général et porte-parole du gouvernement: Osamu Fujimura, 61 ans (nouveau, député)
– Ministre des affaires étrangères: Koichiro Gemba, 47 ans (change de portefeuille, député)
– Ministre des finances: Jun Azumi, 49 ans (nouveau, député)
– Ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie: Yoshio Hachiro, 63 ans (nouveau, député)
– Ministre de la défense: Yasuo Ichikawa, 69 ans (nouveau, sénateur)
– Ministre de l’environnement et chargé de la gestion de l’accident de Fukushima ainsi que de la prévention des risques nucléaires: Goshi Hosono, 40 ans (nouveau à l’environnement, reconduit pour l’accident nucléaire, député)
– Ministre des affaires intérieures et des communications, chargé du développement d’Okinawa et de la question des Territoires du Nord (îles Kouriles administrées par la Russie, ndlr): Tatsuo Kawabata, 66 ans (nouveau, député)
– Ministre de la justice: Hideo Hiraoka, 57 ans (nouveau, député)
– Ministre de l’agriculture, de la pêche et des forêts: Michihiko Kano, 69 ans (reconduit, député)
– Ministre de la santé, du travail et des affaires sociales: Yoko Komiyama, 62 ans (nouvelle, députée)
– Ministre des transports, de l’aménagement du territoire et du tourisme: Takeshi Maeda, 74 ans (nouveau, sénateur)
– Ministre de l’éducation, de la culture, des sports et des sciences: Masaharu Nakagawa, 61 ans (nouveau, député)
– Ministre délégué à la reconstruction: Tatsuo Hirano, 67 ans (reconduit, sénateur)
– Ministre délégué à la politique économique et fiscale et à la consommation: Motohisa Furukawa, 45 ans (nouveau, député)
– Ministre délégué aux services financiers et à la réforme postale: Shozaburo Jimi, 65 ans (reconduit, sénateur)
– Ministre déléguée à la réforme administrative: Renho Murata (dite Renho), 43 ans (retrouve ce poste, sénatrice)
– Président de la commission nationale de sécurité publique et de la population (chargé des incidents liés aux produits de consommation): Kenji Yamaoka, 68 ans (nouveau, député)

Voir aussi : Rubrique Japon